Archives de Shoah

Aurélien Ducoudray et Eddy Vaccaro – Young

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, [Accessible], [DL 2013] with tags , , on 15 janvier 2014 by Yvan

KO à Auschwitz !

Aurélien Ducoudray et Eddy Vaccaro - YoungAlors que le neuvième art est acculé dans les cordes, quoi de plus normal de s’intéresser à la boxe. Après avoir réalisé la biographie de Battling Siki, le premier africain champion du monde de boxe, dans « Championzé », Aurélien Ducoudray et Eddy Vaccaro remettent les gants pour s’attaquer à un autre grand boxeur d’avant guerre : Victor Young Perez, le plus jeune champion du monde des poids mouches. À noter qu’une autre biographie du personnage, « A l’Ombre de la gloire », réalisée par Denis Lapierre et Aude Samama a déjà été éditée par Futuropolis mi-2012. Et ceux qui veulent encore ajouter un petit round face au champion, peuvent aller voir le film réalisé par Jacques Ouaniche, avec Brahim Asloum dans le rôle principal.

Ce one-shot va évidemment bien au-delà d’un simple récit sportif car il dresse le portrait poignant d’un homme passionné par la boxe qui, malgré sa générosité et son courage, finit assassiné durant l’hiver 1945, alors que les Allemands fuient l’armée russe. Le scénario d’Aurélien Ducoudray multiplie les allers-retours entre le déroulement chronologique de la vie du boxeur et ses dernières années à Auschwitz. Il y a donc d’un côté le parcours ascendant de cet enfant juif qui grandit dans les rues de Tunis avant de connaître la gloire et l’amour à Paris, ainsi qu’un titre de champion du monde qui fera de lui un véritable héros pour les tunisiens. Puis, de l’autre, il y a les horreurs subies dans l’enfer des camps de concentration et ses ultimes combats entre déportés triés sur le volet.

L’opposition entre ces deux époques est assez intéressante car elle permet de comprendre que le petit « youpin » de Tunis gardera cette étiquette jusqu’à Auschwitz et que la montée de l’antisémitisme finiront par transformer les railleries de l’enfance en l’horreur des camps. Si la dualité du destin de Victor Perez est parfaitement rendue, le récit est cependant parfois un peu trop elliptique et ne s’attarde par exemple pas suffisamment sur les détails de son arrestation ou sur sa relation avec l’actrice Mireille Balin.

Visuellement, le trait charbonneux d’Eddy Vaccaro restitue avec brio le passé du champion. Des ruelles de Tunis aux hivers glacials d’Auschwitz, en passant par le glamour de Paris et les affrontements sur le ring, le crayonné très expressif du dessinateur accompagne l’incroyable destin de Victor Young Perez avec grande efficacité.

Un très bon one-shot !

Ils en parlent également: Yaneck

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Ignacio Minaverry – Dora

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Comics, l'Agrume, Séries, [DL 2012], [En cours], [Sans super-héros] with tags , on 19 décembre 2012 by Yvan

Journal intime d’une future espionne !

Ignacio Minaverry - DoraJ’étais totalement passé à côté de cet album publié par cette nouvelle maison d’édition : l’Agrume. C’est en le voyant parmi plusieurs sélections de fin d’année, que j’ai décidé de m’attaquer à ce récit d’Ignacio Minaverry, initialement publié en épisodes dans la revue argentine Fierro.

« Dora » raconte l’itinéraire d’une jeune fille discrète et indépendante, qui décide de devenir espionne et qui se lance même dans une chasse aux nazis. C’est en 1959, dans le Berlin Ouest de l’après-guerre, que le lecteur fait la connaissance de Dora Bardavid. Fille d’un père déporté et mort dans un camp dont elle héritera le prénom, elle est employée au Berlin Document Center, où elle classe les documents saisis aux nazis à la fin de la guerre. Le lecteur la retrouve ensuite en banlieue parisienne, à Bobigny, en tant que traductrice de manifestes politiques pour un groupe de jeunes communistes. Photographiant d’abord clandestinement plusieurs documents à l’aide d’un vieux Minox, elle se retrouve finalement embarquée pour Buenos Aires, sur les traces de Josef Mengele, le célèbre médecin nazi d’Auschwitz.

L’auteur livre tout d’abord la quête identitaire d’une fille de seize ans qui passe à l’âge adulte, mais mêle habilement la petite histoire à la grande. Grâce à son travail d’archiviste, Dora découvre en effet les dessous de la Shoah et se retrouve même confrontée à son douloureux passé familial en croisant la fiche du prisonnier 20.784, son père, parmi la comptabilité macabre des nazis. De l’organisation de la solution finale à la fuite des anciens nazis en Amérique du Sud, en passant par la situation politique de la France embourbée dans la guerre d’Algérie, l’ancrage historique est particulièrement bien intégré à cette histoire qui vogue entre le journal intime et récit d’espionnage.

Visuellement, le dessin sobre et élégant de l’argentin offre une grande lisibilité à l’ensemble. Le style ligne claire paraît fort classique, mais il est accompagné de cadrages originaux et d’insertions intelligentes d’éléments particulièrement didactiques, tel que l’organigramme d’un camp de concentration, les insignes des prisonniers des camps ou des fiches de renseignements de la Waffen SS. Des passages instructifs, qui font ressortir toute l’horreur et la minutie de la machine de guerre nazie et de sa solution finale.

Vivement la suite !

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Tardi – Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Casterman, Festival BD Angoulême, Franco-Belge, Guerre, Séries, [Angoulême 2013], [Avancé], [DL 2012], [En cours] with tags , , , , on 12 décembre 2012 by Yvan

Après Spiegelman, un autre survivant raconte…

Tardi - Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIBAprès avoir multiplié les ouvrages sur la Der des Ders, Jacques Tardi se penche pour la première fois sur la Seconde Guerre Mondiale. À l’origine de cette saga, il y a trois cahiers d’écolier datant des années 80, minutieusement remplis par René Tardi à la demande de son fils. C’est sur base de ces souvenirs écrits, ponctués de petits croquis pour mieux visualiser les choses, que l’auteur revient sur les évènements que son père a vécus pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Si la première partie de l’album s’attarde brièvement sur le passé militaire de René et sur ses quelques faits d’armes anecdotiques, il se concentre ensuite sur ses cinq années de captivité dans un camp de prisonniers : le Stalag II B, au nord de l’Allemagne en Poméranie. René Tardi y raconte son quotidien en tant que prisonnier de guerre : la faim, le froid, les projets d’évasion, les problèmes de salubrité, les brutalités, les souffrances physiques et psychologiques, les appels quotidiens, la surpopulation, les travaux proches de l’esclavagisme, le marché noir, les maladies,… l’enfer de la guerre et de ses prisonniers.

Je ne suis pas trop fan de l’approche narrative qui consiste à inclure l’auteur dans l’histoire, sous forme d’un enfant en culottes courtes qui accompagne son paternel tout en le questionnant tout au long de son périple. Si ce questionnement dynamise le récit, tout en permettant d’y ajouter quelques touches d’humour, cette présence m’a dérangé tout au long de l’album. D’un autre côté, cette démarche permet à Tardi d’enfin poser les questions qu’il n’a jamais réussi à lui poser de son vivant. Son père a en effet toujours tenté d’enfouir ce passé de prisonnier, qui semble tellement ridicule face aux exploits du grand-père Tardi dans les tranchées de 14-18. Pourquoi parler de ses années de souffrance, alors qu’il vivait comme un roi comparé aux victimes des camps de concentration et qu’il ne faisait qu’attendre sa libération pendant que les résistants menaient le véritable combat ?

Découpant ses planches en trois cases horizontales panoramiques, Tardi plonge le lecteur dans un rôle de spectateur, décrivant avec minuties le supplice enduré par tous ces prisonniers de guerre. C’est Rachel Tardi, la fille de l’auteur, qui se charge de la colorisation, rehaussant le travail de son père d’aplats gris et de quelques touches de couleur (pour les drapeaux par exemple). On peut même parler de saga familiale, car c’est Oscar (le fils), qui s’occupe de la documentation, alors que dans un des camps décrit dans l’album, René Tardi croise un certain Jean Grange, le futur beau-père de son fils Jacques.

Mais, « Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB » n’est pas vraiment une saga familiale, ni une biographie, mais plutôt un témoignage historique bouleversant, restituant avec brio le calvaire vécu par près de 1,8 millions de prisonniers français durant le conflit 40-45. Une survie dans les camps et une relation père/fils que l’on rangera d’ailleurs fort précieusement auprès de l’inégalable « Maus » d’Art Spiegelman.

Vivement la suite !

Un excellent album que vous retrouverez également dans mon Top de l’année, ainsi que dans ma sélection du Festival d’Angoulême 2013.

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Christian Lax – L’écureuil du Vel’d’Hiv

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, [Accessible], [DL 2012] with tags , , , on 12 octobre 2012 by Yvan

La piste des exploits… et de la honte !

Christian Lax - L’écureuil du Vel’d’HivAprès un one-shot sur le tour de France dans les années 1910 (L’Aigle sans orteils) et un diptyque sur le Paris-Roubaix dans les années 1920 (Pain d’Alouette), Christian Lax termine sa trilogie dédiée au vélo avec l’Ecureuil du Vel’d’Hiv, un récit dédié au vélo sur piste durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Vel d’Hiv (le vélodrome d’Hiver à Paris) est donc au centre de ce one-shot, en tant qu’endroit mythique pour la pratique du sport, mais également en tant que théâtre de l’une des pages les plus sombres de la guerre 40-45. C’est au Vel d’Hiv, du 16 au 17 juillet 1942, sous le régime de Vichy, qu’eu lieu la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale : près de 30.000 hommes, femmes et enfants furent arrêtés, internés et déportés vers des camps de concentration.

Le vélo n’est donc qu’un prétexte pour s’attarder sur la vie quotidienne à Paris sous l’occupation allemande. Christian Lax brosse ainsi le portrait d’une famille de l’époque : Serge Ancelin, le père, joueur de poker invétéré et plutôt collabo. La mère qui aide clandestinement les Juifs persécutés et dont on regrette que la destinée soit trop brièvement évoquée. Sam, le fils aîné champion de cyclisme, surnommé l’Écureuil du Vel’ d’Hiv et la grande fierté de son père. Eddie, le deuxième fils, dédaigné par son paternel du fait de son infirmité et signant ses articles de presse antinazis sous le pseudonyme de “L’écureuil”, en témoignage de son amour fraternel. C’est à travers le quotidien de la famille Ancelin, que l’auteur restitue toute l’ambigüité de l’époque, tout en abordant les exploits sportifs du Vel d’Hiv.

Visuellement, Christian Lax parvient à donner vie à cette page de l’histoire du cyclisme et de la France avec beaucoup de réalisme. Ce dessin, alliant dynamisme et charge émotionnelle, est admirablement rehaussé par une colorisation toute en douceur, qui renvoie immédiatement le lecteur dans les années 40.

Un témoignage réussi et une histoire profondément humaine !
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Romain Slocombe – Monsieur le commandant

Posted in Littérature with tags , , , on 5 septembre 2012 by Yvan

Un beau salaud !

Romain Slocombe - Monsieur le commandant« Monsieur le commandant » de Romain Slocombe est un récit épistolère, genre dont je ne suis pourtant pas fan à la base. Cette longue lettre que l’auteur invite à lire est celle de Paul-Jean Husson au sturmbannführer H. Schöllenhammer, chef de la Kreiskommandantur de la sous-préfecture d’Andigny.

Dans cette collection « Les Affranchis », qui invite les auteurs à « Ecrire la lettre qu’ils n’ont jamais écrite »,  Romain Slocombe choisit d’écrire une lettre de confession, qui permet de partager les réflexions et l’intimité d’un homme instruit, un écrivain loué par la critique et membre de l’Académie française. Ce courrier extrêmement personnel permet d’entrer dans la vie familiale complexe d’un héros de la Première Guerre mondiale et d’un père de famille qui tombe éperdument amoureux de cette belle-fille dont il se rapproche beaucoup trop lorsque son fils part rejoindre la résistance à Londres.

Mais « Monsieur le Commandant » est surtout une lettre de dénonciation écrite par un pétaniste convaincu, un antisémite et un collabo zélé, partisan d’un rapprochement entre l’Allemagne nazi et cette nation française gangrenée par les juifs, protestants, métèques et francs-maçons, qu’il considère responsables de la dégradation de son pays. Slocombe n’invite donc pas seulement à se glisser dans la peau d’un homme distingué qui manie la plume avec une aisance qui séduit, mais également dans celle d’un monstre qui utilise son talent pour étaler sa haine envers les juifs.

Seul ombre au tableau de ce type immonde qui défend des théories détestables: celle qu’il aime est juive! Partagé entre cet amour interdit et un antisémitisme viscéral, l’homme exerce une certaine fascination sur le lecteur, mais également une répulsion écoeurante.

Cette histoire qui se déroule pendant l’Occupation s’avère prenante de la première à la dernière page et multiplie les rebondissements, jusqu’à cet épilogue qui abandonne le lecteur avec une seule pensée: mais quel salaud ce type!

Il s’agit certes d’une fiction, mais l’auteur parvient à l’ancrer dans la réalité de ce temps-là de manière tellement efficace, que le lecteur ne sait parfois plus très bien où se situe la frontière. L’Histoire, parfaitement documentée, rattrape alors la fiction et précipte le sentiment de nausée qui accompagne les dernières lignes de cette lettre, dont le contenu abjecte prend constamment le dessus sur la beauté des mots et sur la justesse des phrases.

Une superbe lettre, écrite par le pire des salopards!

Loïc Dauvillier & Marc Lizano – L’enfant cachée

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, DIVERS, Franco-Belge, Guerre, Lombard, One-shots, [Accessible], [DL 2012] with tags , , , , on 18 janvier 2012 by Yvan

Comment expliquer les horreurs de la Shoah à une enfant ?

Loïc Dauvillier & Marc Lizano - L'enfant cachée2012 vient à peine de débuter que voilà déjà mon premier gros coup de cœur l’année !

Située en France, sous l’occupation allemande, au début des années 40, l’histoire contée par Loïc Dauvillier est probablement connue de tous : le port obligatoire de l’étoile, les humiliations, les changements de mentalité, l’exclusion progressive, la clandestinité, les milices, les rafles et…les camps de la mort. Mais comment narrer cette page sombre de l’Histoire à une enfant ? Comment expliquer les pires horreurs dont est capable le genre humain à un petit bout de cinq ans qui doit probablement encore apprendre la vérité concernant le Père Noël ?

Dès les premières pages, le lecteur est inévitablement attendri par cette petite qui s’assied sur les genoux de sa grand-mère en lui demandant de lui raconter son cauchemar… afin qu’il disparaisse…comme sa maman fait quand elle en a un. Même si les atrocités commises sont souvent indescriptibles et que le cauchemar est bien trop horrible pour être narré à une enfant, la grand-mère prend son courage à deux mains et s’élance, utilise des mots simples et se contente de suggérer l’horreur, mais entre les lignes de cette histoire qu’elle a tue pendant trop longtemps et à travers le regard innocent d’une enfant, le récit de Dounia devient encore plus bouleversant.

À travers les craintes et les angoisses de cette fillette juive séparée de ses parents et cachée pour éviter la déportation, le lecteur découvre non seulement les atrocités de cette page sombre de l’Histoire, mais également quelques actes de bravoure de la part de voisins, de paysans et de résistants… comme une sorte de lueur d’espoir qui laisse entrevoir l’autre facette du genre humain.

Visuellement, Marc Lizano s’installe également dans l’univers des enfants, accentuant cette fausse légèreté qui permet de rendre la confrontation avec la dureté des évènements encore plus terrifiante. Ce style graphique fait de grosses bouilles rondes, parfaitement mis en valeur par la colorisation experte de Greg Salsedo (lisez Ratafia !!!), contribue également à rendre Elsa et Dounia extrêmement attachantes.

Réalisé en collaboration avec l’APJN (Anonymes, Justes et Persécutés durant la période Nazie), ce témoignage s’avère d’une justesse incroyable.

Un cauchemar qu’il ne faut jamais oublier…

Si, comme moi, vous avez aimé ce récit, je vous invite à lire un autre récit qui questionne le lecteur quant à l’utilité de cacher certaines vérités aux enfants et à visionner le film de Marc Herman qui propose de découvrir les mêmes horreurs, mais à travers le regard d’un gosse de 8 ans dont le père vient d’obtenir le commandement d’un camp de concentration :

Jean Regnaud – Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill Mark Herman – The Boy in the Striped Pyjamas
Jean Regnaud et Emile Bravo
Ma maman est en Amérique,
elle a rencontré Buffalo Bill
____ Mark Herman
The Boy in the Striped Pyjamas

Retrouvez cet album dans mon Top de l’année !

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Shigeru Mizuki – Hitler

Posted in BANDES DESSINÉES, Cornélius, Guerre, Manga / Manhwa, One-shots, [DL 2011] with tags , , , on 10 novembre 2011 by Yvan

Portrait réussi du monstre !

Shigeru Mizuki - HitlerCe manga des éditions Cornélius est une biographie de près de 300 pages sur Adolf Hitler, signée Shigeru Mizuki. Ce mangaka qui perdit le bras gauche durant la Seconde Guerre mondiale et qui apprît ensuite à dessiner de la main droite, a déjà accumulé de nombreuses récompenses, dont un prix du meilleur album pour NonNonBâ en 2007, et le prix patrimoine pour « Opération mort » en 2009 au festival d’Angoulême. L’auteur propose ici un récit particulièrement didactique et très fidèle à la réalité, sur un sujet qui l’a touché personnellement.

Si le premier chapitre s’ouvre sur la persécution des juifs et des résistants durant la Seconde Guerre mondiale, le deuxième chapitre entame véritablement l’imposante biographie de ce dictateur qui plongea l’Europe dans l’horreur. Si la fin du récit, connue de tous, a du mal à surprendre, les premiers chapitres, dédiés à la jeunesse d’un loser sans moustache ne manquent pas de surprendre. De ses échecs à l’examen d’entrée de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne à son engagement volontaire dans la Première Guerre mondiale, en passant par plusieurs années de galère, proche de la mendicité, où il se forge son antisémitisme, le début de carrière de cet orphelin n’a rien de bien glorieux.

C’est seulement après la signature de l’armistice de 1918 que ce valeureux soldat décoré de la Croix de fer se lance dans la politique et se découvre des talents d’orateur qui feront de lui un personnage charismatique capable de séduire les foules. De son adhésion au « Parti national-socialiste des travailleurs allemands » à sa nomination en tant que Chancelier de la République de Weimar, en passant par le putsch manqué de Munich, l’ascension politique de ce mégalomane hors pair est aussi surprenante que fulgurante. Une fois au sommet du pouvoir, l’auteur de Mein Kampf se lance à la conquête de l’Europe afin de construire son empire qui durera mille ans et d’écrire l’une des pages les plus sombre de l’Histoire de l’Europe.

L’auteur dresse donc différents portraits du célèbre nazi : l’artiste peintre admirateur de Wagner, le clochard, le soldat, le politicien, le chancelier du Reich et le stratège militaire. Ces nombreux visages permettent de dresser le portrait d’un personnage énigmatique, imprévisible, narcissique, rusé et cruel, mais qui demeure malgré tout humain, …alors qu’on aimerait tant se débarrasser de cette dernière étiquette qui le lie encore à nous.

Le fait d’accompagner cet homme durant les différentes étapes de sa vie permet également à l’auteur de distiller de nombreuses informations historiques sur l’évolution de la deuxième guerre mondiale et rend cet album particulièrement didactique. Le fait d’utiliser des photos d’archives pour réaliser les décors, accentue encore le réalisme de cette ascension tragique.

Une œuvre déjà incontournable !

Retrouvez ce manga  dans mon Best Of 2011 !

Lisez également l’avis de Marion !

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