Loisel & Tripp – Magasin Général T5


Loisel & Tripp – Magasin Général T5Loisel et Tripp nous servent ici le cinquième volet d’une série initialement prévue en trois tomes. Tout comme Serge (et le lecteur), les auteurs ont donc du mal à quitter la petite paroisse rurale de Notre-Dame-des-Lacs et décident de prolonger ce séjour empli de bonheur au fin fond du Québec des années 1920-30. Et je trouve que pour la première fois, cet effet de rallonge se ressent lors de la lecture. Les passages intéressants semblent un peu plus dilués qu’auparavant et les conversations un peu trop allongées.

Même au niveau de la construction, la reproduction d’un même schéma à chaque tome commence à créer une certaine lassitude. Il y a chaque fois ce cliff-hanger en fin de tome précédent qui met le feu aux poudres et plonge le village en émois lors du tome suivant. Cette fois, c’est la Marie Ducharme qui a couché avec le Marceau Allaire, alors qu’il devait épouser Clara. La nouvelle se répand à vive allure et vient à nouveau briser quiétude et la solidarité au sein de cette microsociété pourtant si harmonieuse en temps normal. Mais, malgré les tensions au sein du village et les quelques baffes qui se perdent, on reste bel et bien au milieu d’une chronique sociale gentillette. Une histoire qui continue de mettre en avant le caractère des différents personnages hauts en couleurs et, malgré tout, remplis d’humanité et de générosité. C’est à nouveau le passage consacré à une discussion entre Noël et le curé qui m’a le plus plu. Au fil des pages, cette histoire profondément humaine continue donc d’allier simplicité, humour, bonne humeur, tolérance et générosité. Et afin d’augmenter l’authenticité de ce petit village dans la prairie, les auteurs (avec l’aide du montréalais Jimmy Beaulieu) ont également opté pour une narration franco-québécoise compréhensible des deux côtés de l’Atlantique et riche en expressions locales savoureuses. Hostie !

Le dessin hybride Loisel – Tripp continue de faire mouche, avec Régis Loisel (« Peter Pan », « La quête de l’oiseau du temps », « Le grand Mort ») au crayonné des planches et Jean-Louis Tripp à l’encrage et à la finalisation des dessins. Une alchimie magnifique entre ces deux grands talents, qui nous reproduisent cette tranche de vie québécoise avec brio et nous livrent plusieurs planches muettes merveilleuses. De plus, ce cinquième tome permet également aux auteurs de changer de décor et d’emmener le lecteur à Montréal, le temps de quelques planches.

Vivement le dernier tome de cette succulente saga !

Retrouvez cet album parmi les titres sélectionnés au Festival d’Angoulême 2010 !

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