Hayao Miyazaki – Nausicaä T7


nausicaäSeptième et dernier tome de cette merveilleuse saga post-apocalyptique dans laquelle Hayao Miyazaki pose un univers très riche, cohérent et reposant sur des considérations écologiques. Un ultime volet qui marque la fin des péripéties d’une jeune fille à la personnalité prononcée et au caractère pourtant nuancé. Nausicaä est une héroïne sensible et fragile, mais également courageuse et combattive qui au fil des tomes va incarner tous les espoirs de l’humanité et se profiler comme le messie de ce monde au bord du gouffre. La conclusion d’une œuvre aussi aboutie qu’originale et qui développe de nombreux thèmes, comme la nature, les croyances, la guerre, les hommes, la tolérance et la survie.

Si le rôle déterminant du Dieu-guerrier était à prévoir dans ce tome, la relation qu’il développe avec Nausicaä est par contre assez surprenante et renforce encore la dualité que l’on retrouvait chez notre héroïne. D’un côté cette sagesse et générosité qui la pousse à remettre en question tout acte de violence et de l’autre, ce courage et cette détermination qui la pousse à brandir l’épée et à utiliser les pouvoirs du Dieu de la mort. Une dualité que l’on retrouve également chez ce Dieu-guerrier qui malgré son goût du combat, va tenter d’être bon et juste.

Dans ce dernier album, Nausicaä va non seulement se rapprocher du côté dévastateur du Dieu-guerrier, mais également se rapprocher de Selm, le jeune homme de la forêt, qui incarne son côté pacifique et écologique. Nausicaä se laissera non seulement guider par les pensées et la philosophie de Selm dans le jardin de Shuna et lors de l’affrontement final, mais utilisera également la force du Dieu de la mort. Cette volonté d’essayer de trouver un juste milieu au sein de ce monde chaotique, fait de Nausicaä un personnage vraiment intéressant : un juste milieu sur lequel repose la destinée du monde. Un mélange entre tendresse et violence, ainsi qu’une capacité à ne jamais sombrer dans le manichéisme ou à devenir moralisateur, qui font la grande force de cette merveilleuse aventure humaine.

Hayao Miyazaki continue donc de dénoncer la stupidité, l’égoïsme et la soif de puissance d’une Humanité incapable de ne pas foutre le bordel dans le monde, tout en mettant en avant une Nature que l’on se doit de respecter afin de survivre. Avec cet ultime volet, Hayao Miyazaki lève entièrement le voile sur les enjeux et le fonctionnement de cet univers extrêmement dense et permet à Nausicaä de découvrir les secrets du passé et la voie du futur.

Le graphisme d’Hayao Miyazaki, fort détaillé et hachuré, ne correspond pas au reste de la production japonaise et continue de surprendre. Un souci du détail au niveau des décors qui est assez rare en manga et un dessin d’une grande finesse qui parvient à dégager de la poésie ou de la violence selon les situations.

Un petit chef-d’œuvre qui gagne en force au fur et à mesure que notre monde se dégrade.

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