Kaare Andrews – Spider-Man, L’Empire


Kaare Andrews - Spider-ManSituée en dehors de la continuité Marvel, cette minisérie écrite et dessinée par Kaare Andrews et mise en couleurs par José Villarrubia, se déroule une trentaine d’années dans le futur de l’homme araignée. Fortement influencé par le génialissime « Batman – Dark Knight« , « Spider-Man: Reign » montre en effet plusieurs parallèles avec le chef-d’œuvre de Frank Miller. Un environnement sombre et pessimiste, des criminels costumés qui ont fait place à un régime totalitaire, un héros déchu qui a rangé son costume au placard et un récit entrecoupé d’images télévisées. Un hommage d’ailleurs avoué, à travers deux reporters (« Miller Janson » et « Varr »), nommés d’après le trio d’auteurs du « Batman – Dark Knight« . Mais, malgré une ressemblance poussée jusqu’au niveau de la narration, cette histoire classique de comeback parvient tout de même à tisser sa propre toile.

Andrews dresse le portrait d’un Peter Parker émotionnellement ravagé, hanté par ses souvenirs et la perte de ses proches. Il permet ainsi de s’immiscer dans l’esprit torturé d’un vieillard marqué par le poids des années. Partant d’un héros humilié, brisé et isolé, complètement mis à nu, Andrews va confronter Spider-Man à l’essence même de ce qui fit sa force : son sens des responsabilités ! L’auteur utilise également à bon escient les ennemis les plus connus de Spidey et attribue à son ancien employeur furibond un rôle clef assez brillantissime.

A l’instar de « V pour Vendetta« , le lecteur retrouve également une trame de fond abordant la prise de conscience et le pouvoir individuel face à l’intolérance du pouvoir en place. Dans cet univers «post 9/11», Spider-Man apparaît comme le Messie revenu d’entre les morts, montrant la voie à suivre à ceux qui veulent combattre la terreur afin de faire à nouveau retentir le son de l’espoir à travers les rues de Manhattan.

Le graphisme d’Andrews, mélangeant des arrière-plans établis à l’ordinateur et des protagonistes dessinés à la main, sied parfaitement au récit, affichant un Peter Parker fragile, portant son costume à même les os. Le dessinateur parvient à alterner les planches sombres qui transmettent la noirceur de l’Empire à des pages au fond entièrement blanc, qui permettent de propulser le lecteur dans les pensées du héros.

Bien plus qu’une pâle copie du travail de Miller sur Batman et nullement un septième tome de quelconque collection, cette histoire, qui devrait même combler les non-fans, est probablement l’une des meilleures dédiées à l’homme araignée.

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