Brian Michael Bendis – Torso


Brian Michael Bendis - TorsoCette brique bien sombre de plus de 250 pages va nous plonger dans l’histoire du premier serial killer américain en compagnie d’Eliot Ness, fraîchement nommé chef de la sûreté à Cleveland après ses succès à Chicago avec l’arrestation d’Al Capone.

Cette histoire s’inspire de faits réels et on retrouve d’ailleurs en fin d’album la documentation d’époque (photos, articles), dont se sont inspiré Brian Michael Bendis (« Sam and Twitch », « Daredevil », « Powers », « Goldfish », « Ultimate Spider-Man ») et Marc Andreyko (« Dr Strange », « Blade »).

J’aurais certainement du apprécier ce one-shot car il retrace une partie intéressante de l’histoire des Etats-Unis. Une société américaine qui au début des années 30 tente de se relever du grand crash boursier, et qui baigne dans la corruption et la misère. Une ville de Cleveland qui accueille un personnage emblématique de l’histoire des Etats-Unis en la personne d’Eliot Ness, afin d’y faire le ménage comme à Chicago. Et finalement le quartier de Kingsbury Run, bidonville de Cleveland, qui, à l’image de Londres et son Jack L’Eventreur, va faire découvrir au peuple américain une nouvelle sorte de criminel : le serial killer !

Et pourtant ce récit, dont l’auteur gagna déjà plusieurs Eisner Awards, et qui fut choisi pour une adaptation cinématographique, m’a plutôt déçu. L’histoire n’ennuie pas, mais ne fait pas vibrer non plus. Est-ce le côté documentaire ou l’abus de dialogues qui empêchent le récit de plonger vers le thriller haletant ? Où reste donc cette voix-off prenante qui nous plonge au plus profond des personnages, quand l’abondance de dialogues nous éloigne de l’essentiel ? Et quand on tient un personnage comme le leader des Incorruptibles et qu’on parvient à le faire croiser la route du premier serial killer américain : pourquoi alors donner le rôle principal à deux flics dont personne ne retiendra les noms (Walter Myrlo et Sam Simon)? Tant de questions et une seule conclusion : dommage !

Côté graphisme, on peut difficilement reprocher un manque d’inventivité à Bendis, qui va insérer des photos et documents d’époque à son dessin et va faire preuve d’ingéniosité dans la mise en page. Malheureusement, il va un peu abuser de ses trouvailles et s’il est amusant de devoir tourner son album dans toutes les directions lors de la lecture, après 200 pages cela devient lassant. Quant à l’usage abusif de photos en arrière-plan, on finit par se demander s’il ne s’agit pas d’une technique de camouflage pour éviter de dessiner des décors. En plus, l’utilisation répétitive d’une même case lors d’un dialogue a, tout comme l’abondance de dialogues, tendance à freiner le récit et à l’empêcher de décoller.

Bref, prenez un lecteur qui est sensé prendre son pied, le scénario haletant du film ‘Seven’ que vous décapitez, et Frank Miller au dessin, dont vous amputez les deux mains … et il vous restera « Torso » : un chef-d’œuvre amputé, au fond intéressant et au graphiquement audacieux.

Brian Michael Bendis - TorsoLisez également l’avis de David sur K.BD !

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Une Réponse to “Brian Michael Bendis – Torso”

  1. […] Yvan est sorti du bureau en faisant la gueule, pas très enthousiaste face à ce « chef d’œuvre […]

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