Bendis & Maleev – Daredevil, Hardcore


Ce huitième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe cinq épisodes publiés aux Etats-Unis entre juin 2003 et octobre 2003 (Daredevil Vol.2 46 à 50).

Alors que Brian Michael Bendis avait magistralement évincé le Caïd du crime organisé de la cité new-yorkaise dans le quatrième volume (Underboss) de cette collection, voilà qu’il réintègre l’impressionnant Wilson Fisk dans l’underground de Hells Kitchen. Et afin de pouvoir reconstruire son empire mafieux impunément, le roi de la pègre, n’ayant plus d’emprise sur l’homme sans peur à travers son identité secrète, va faire appel à des vieux ennemis de Daredevil (Le Tueur et Typhoïd Mary) afin d’occuper ce dernier.

Les super-héros perdant une grande partie de leur raison d’être sans leurs plus grands ennemis, les comics ont parfois le vilain défaut de réintégrer continuellement les vilains récurrents d’une série. On pourrait donc reprocher à Bendis de tomber dans ce piège, mais d’un autre côté, on a beau retrouver les mêmes personnages, le vrai talent de Bendis est de tellement travailler sur la psychologie de ses personnages, que l’état d’esprit et les rapports psychologiques sont totalement différents.

La réintégration du Caïd est donc finalement une réussite, tout comme le fait de développer en parallèle l’histoire de ces deux personnages qui essayent de réintégrer leur place dans l’univers sombre d’Hells Kitchen. D’un côté, un Wilson Fisk plus déterminé que jamais, bien décidé à ne pas répéter les erreurs du passé, et de l’autre, un Matt Murdock traqué, faussement accusé, acculé au plus profond de son identité secrète et tentant de reconstruire une vie affective après la perte de ses grands amours (Elektra et Karen Page) dans les tomes précédents. Deux batailles physiques et psychologiques qui vont se rejoindre dans un affrontement final entre les deux ténors, avec Hells Kitchen comme enjeu.

Le retour du Tueur (Bulls Eye), même s’il est bref et donne l’impression de ne pas avoir été pleinement utilisé, est également plutôt réussi et quasi indispensable afin d’instaurer un climat de peur autour de la nouvelle relation affective qu’entretient Matt Murdock avec la jeune aveugle, Milla.

Par contre, l’arrivée de Typhoïd Mary tombe comme un gros cheveu dans la soupe et n’était vraiment pas indispensable au récit. Cette schizophrène aux pouvoirs de pyrokinésie dont les personnalités multiples (Mary la victime, Typhoïd la sociopathe et Bloody Mary la psychopathe) furent contenu grâce à l’hypnose, vient peut-être enflammer Matt Murdock, mais pas le lecteur. De plus, son apparition engendre également l’intervention des super-héros Luke Cage and Jessica Jones, créant une overdose de come-backs.

Côté graphisme, l’art ombragé d’Alex Maleev supplée à merveille les pensées de Bendis. Par contre, la participation de Gene Colan, Lee Weeks, Klaus Janson, John Romita Sr., Joe Quesada, Mike Avon Oeming et David Mack dans le cinquième épisode, a beau avoir un côté ‘guests-stars suprise’ intéressant, cette cassure au niveau du dessin à tout de même la fâcheuse tendance à nous sortir de l’histoire et de l’affrontement final entre Daredevil et le Caïd.

Bref, malgré l’exagération des come-backs et les guests-stars de l’épisode final, cette nouvelle histoire permet à Bendis de nous abandonné dans un quartier de Hells Kitchen où règne un nouvel équilibre, avec un super-héros à la psychologie modifiée.

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