Paul Pope – Batman, Année 100


Batman année 100Gotham City, 2039. Batman est pourchassé par une meute de chiens sur les toits de la ville. Blessé par balle, il lutte pour échapper à des molosses équipés de caméras qui enregistrent la poursuite. Le chaos est total. Essoufflé, ensanglanté et traqué en live pour le meurtre d’un policier fédéral, ses aptitudes physiques laissent les agents secrets de Washington perplexes. Qui est ce suspect masqué qu’ils ne parviennent pas à identifier, dans un pays où plus rien n’est sensé être privé ou secret ? L’inspecteur James Gorden, petit-fils de l’ancien commissaire mène sa propre enquête et découvre que l’homme pourchassé ne devrait même pas exister. Cette créature mythique qui apparaît sur les écrans n’est qu’une rumeur, une fable, un symbole, … Batman n’est qu’une légende !

Batman – Année 100 se déroule un siècle après la première apparition du héros de Bob Kane en 1939 et regroupe les quatre épisodes de la minisérie de Paul Pope, couronnée de deux Eisner Awards en 2007. Les super-vilains n’existent plus dans l’univers sombre et réaliste de Paul Pope. Le véritable ennemi est ce gouvernement qui ne laisse pas de place pour une identité secrète. A l’instar de V dans V pour Vendetta, Batman est une anomalie qu’il faut extraire de ce système totalitaire qui fonctionne à l’intimidation. Malgré quelques accents futuristes, principalement au niveau de la surveillance et de la communication, l’auteur dépeint finalement un monde qui ne diffère pas trop du nôtre au niveau technologique.

Le Batman de Paul Pope saigne, transpire et n’est pas invincible. Pas de manoir, pas de Bat-Mobile ou de Bat-Copter, ni d’accessoires mirobolants ; juste un guerrier urbain aux gadgets réalistes, qui n’est pas sans rappeler la version marginalisée de l’homme chauve-souris dans Superman – Red Son. Une version épurée au maximum qui, tout comme l’original, utilise son déguisement (agrémentée ici d’une denture animale artificielle impressionnante) afin de terroriser ses adversaires. L’origine de ce Batman centenaire est l’un des mystères entretenu par le scénariste et laissé à la libre interprétation du lecteur. Ce personnage aux talents de détective étonnants, entouré du petit-fils de James Gordon, d’un jeune homme répondant au nom de Robin et d’une jeune femme qui remplit le rôle d’Oracle, est-il le vrai Bruce Wayne ? Une légende peut-elle vieillir?

L’intrigue principale assez conventionnelle, construite autour d’un complot gouvernemental dans un état policier strict, n’est finalement qu’un prétexte au développement d’un récit extrêmement rythmé, qui baigne le lecteur dans l’action et les courses poursuites. Car, si le trait de ce maître de la bande dessinée underground déforme trop l’apparence de Batman, l’impression de puissance et de mouvement qu’il installe au fil des pages est impressionnante. Ce dessinateur qui sort des sentiers battus livre une ambiance sombre et sale, un découpage cinématographique et des protagonistes palpables.

Récit fade à la fin frustrante et pourvu d’acteurs qui ne sont que des pâles copies des originaux, ou l’un des meilleurs albums dédiés au futur du Dark Knight ? Plutôt une œuvre essentiellement graphique qui n’apporte peut-être pas de réponses concrètes au personnage principal qu’elle anime, mais qui tient en haleine du début à la fin. Batman est bien vivant !

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