Emmanuel Guibert – La guerre d’Alan T3


Emmanuel Guibert - La guerre d'Alan T3Ce tome clôture le triptyque consacré à une partie de la vie d’un vétéran de la guerre : Alan Ingram Cope. Scrutant sa mémoire parfois défaillante, cet ancien G.I. nous raconte les anecdotes d’une vie pas vraiment comme les autres.

Après l’apprentissage d’Alan à l’armée dans le premier tome et une expérience de guerre sur un front sans ennemis dans un deuxième tome qui avait tout d’un voyage à travers l’Europe sur le compte du gouvernement américain, Alan nous raconte ici ses souvenirs d’après-guerre. Après avoir croisé le Continent Européen d’Ouest en Est sans rencontrer l’ennemi dans le tome précédent, Alan se prépare maintenant à rentrer aux Etats-Unis. Un retour qui a tout d’une excuse afin de pouvoir à nouveau partager son amour pour l’Europe et pour les gens qu’il y croisa.

Le premier tome était tout simplement sublime. Le deuxième tome, malgré l’inactivité, l’ennui et l’absence de combats, m’avait tout de même emballé de par cette vision absurde d’un peloton gambadant au sein d’une fin de guerre désorganisée. Ce troisième tome reste très bon, mais m’a pourtant moins enthousiasmé. L’histoire se détache de l’armée et de la guerre pour se recentrer sur un Alan Ingram Cope qui a certes eu une vie intéressante, mais pas autant qu’une Marjane Satrapi par exemple. De plus, l’auteur agrémente cet ultime volet de lettres, de cartes postales et partitions musicales, ce qui a tendance à ralentir le rythme de lecture et renforce l’impression que ce récit se traîne un peu.

Rien d’extraordinaire ne se passe, c’est tout simplement le récit honnête d’un type qui a certes eu une existence mouvementée et passionnante, mais sans événements extraordinaires. On prend pourtant un réel plaisir à lire les nombreuses anecdotes de ce type comme les autres qui confie ici ses souvenirs à Emmanuel Guibert (« Le photographe »). Alan Ingram Cope souligne d’ailleurs à la fin de son récit que toutes les parties d’une vie ont leur importance et ont le droit d’être évoquées quand on brosse le tableau d’une existence.

Les sauts de mémoire, les morceaux de discussions, les bribes de rencontres pourront peut-être agacer les amateurs de récits plus structurés, mais donnent l’impression de vivre la narration en « live ». Cette impression de côtoyer cet ancien militaire qui scrute sa mémoire, se souvient, s’égare, pour mieux repartir sur autre chose, apporte cependant beaucoup de réalisme et de force à ce récit. Le graphisme aux tons sépia renforce le côté attachant et paisible du récit et contribue à restituer l’ambiance d’époque.

La deuxième partie de cet album au code barre amovible m’a également fait réaliser à quel point il était difficile de retrouver d’anciennes connaissances à cette époque où tout se faisait encore par écrit. Comme quoi le désir de retrouver quelqu’un importe souvent plus que le moyen utilisé pour le retrouver.

Retrouvez cet album parmi les titres sélectionnés au Festival d’Angoulême 2009 !

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