J.M DeMatteis – Brooklyn Dreams


Brooklyn dreamsPublié aux Etats-Unis en 1994, cet ouvrage de J.M DeMatteis et Glen Barr aura tardé à franchir l’Atlantique. Grâce aux éditions Futuropolis c’est maintenant chose faite et cela fait toujours plaisir de découvrir des récits américains de grande qualité et dénués de super-héros.

Pendant près de 400 pages l’auteur nous conte l’année de terminale de Vincent Carl Santini. Le lecteur se retrouve donc à Brooklyn, dans les années 70, en compagnie d’un adolescent qui n’a finalement rien de vraiment spécial, excepté une ascendance particulièrement hétéroclite. Ce jeune homme épris de littérature qui est à la recherche de soi-même se découvre des sentiments amoureux et n’hésite pas à avoir recours à des substances illicites qui prolifèrent dans le quartier où il vit. Le cadre familial du jeune homme est pour le moins original, probablement à l’origine de son adolescence mouvementée et la principale source d’humour de cet album. Il faut dire que les scènes décrivant sa situation au milieu d’une mère juive hypocondriaque, un père italien colérique, un oncle mafieux et une tante tyrannique sont assez jubilatoires et la caricature de cette famille plutôt réussie.

Servi sous forme de longue psychanalyse d’un adolescent recherchant la clef de son existence et le but d’une vie d’adulte qu’il s’apprête à entamer, le récit combine une force narrative impressionnante à une étonnante fluidité malgré les nombreuses digressions. L’auteur a en effet tendance à passer d’un sujet à l’autre, mais sans perdre de vue le fil rouge de son histoire. Ballotté d’une anecdote à l’autre, le lecteur explore les méandres de la mémoire de ce narrateur d’une quarantaine d’années qui se remémore son année de terminale sous forme d’auto-psychanalyse. De l’adoption d’un chien à l’enterrement de son oncle, en passant ses démêlés avec la justice, ces petits bouts de vie sont admirablement liés par un narrateur qui, tout en faisant mine de se perdre au fil des histoires, raconte comment l’adolescent qu’il était a fini par se trouver.

Le graphisme noir et blanc de Glenn Barr sert admirablement le récit. Passant d’un style réaliste à un style proche du « super déformé » utilisé dans les manga afin d’accentuer à outrance les sentiments des protagonistes, le dessinateur procure beaucoup d’humour et de légèreté à ce one-shot.

Excellent !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :