Springer – Les funérailles de Luce


A l’instar de Pascal Rabaté dans « Les petits ruisseaux », Benoît Springer nous livre une chronique villageoise qui jette un regard attendrissant sur le troisième âge, tout en abordant un sujet extrêmement difficile. Alors que Rabaté traitait avec humour de la sexologie des vieux, Springer livre un récit plus pessimiste à propos d’une petite fille qui prend conscience de la mort lors de vacances passées chez son Papy.

Plus que l’histoire touchante et le sujet poignant, c’est également l’authenticité du cadre et des personnages qui font la réussite de cet album. Springer nous plonge dans une ambiance de terroir, un cadre campagnard avec ses personnages de comptoir qui respirent l’authenticité, mais également l’harmonie et les rituels d’une petite communauté villageoise. Springer nous emmène dans le monde du troisième âge, celui de la solitude et de l’enchaînement de petites tâches quotidiennes qui rythment la vie paisible et monotone des sexagénaires. Avec d’un côté ceux qui ont conscience que leur vie n’est pas totalement derrière eux et de l’autre, ceux qui, à la porte de la mort, vivent une vieillesse qu’ils craignent sans avenir. Tous, sont cependant d’une justesse et d’un réalisme incroyable.

Et dans l’ombre de ce quotidien rural attendrissant, la mort se promène, fauchant la vie sur son passage, ainsi que l’innocence de la petite Luce. La prise de conscience de Luce est poignante et l’approche de l’auteur métaphorique est pleine de sensibilité.

Graphiquement, le rendu est parfait. Un dessin, souvent muet, capable de plonger le lecteur dans un cadre campagnard plein de quiétude, mais également apte à figer le temps. Une capacité à saisir l’instant, les non-dits et ces scènes où tout verbe est superflu. Et que dire de la représentation efficace de la grande faucheuse ? Tout simplement parfait !

Un regard plein de justesse et de tendresse sur les vieux et sur la mort et un auteur qui mélange un cadre rural, des personnages réalistes et un sujet universel afin de nous produire un petit chef-d’œuvre.

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Une Réponse to “Springer – Les funérailles de Luce”

  1. […] les conseils d’Yvan, de Mitchul et de David (les liens de leurs chroniques respectives sont accessibles en cliquant sur […]

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