Cromwell – Le dernier des Mohicans


Un superbe hommage au célèbre roman de James Fenimore Cooper !

mohicans cromwell1757, Français et Anglais se disputent l’appropriation des territoires indiens. Au cœur de cette guerre, un jeune officier est chargé de conduire les filles du colonel Munro jusqu’à leur père. Sur la route vers le fort William Henry, les deux sœurs et leur escorte sont victimes d’une embuscade et ne doivent leur salut qu’à l’intervention de trois hommes : Œil-de-Faucon, le chasseur blanc élevé par les indiens, et ses deux amis mohicans, le chef Chingachgook et son fils Uncas.

Après l’inauguration réussie de cette collection Noctambule des éditions Soleil par le superbe A Bord de l’étoile Matutine de Riff Reb’s, basé sur l’œuvre éponyme de Pierre Mac Orlan, c’est à présent au tour de Cromwell de proposer une nouvelle passerelle entre les romans et la bande dessinée. Assisté par Catmalou, l’auteur choisit de rendre hommage au célèbre roman de James Fenimore Cooper.

De par ses nombreuses adaptations au septième ou au neuvième art, l’histoire du dernier des mohicans est connue de tous et propose une immersion en pleine guerre de Sept Ans. Hurons, Mohicans, Iroquois et Ottawa sont les victimes indirectes de ces rivalités franco-anglaises et de ce conflit importé en leurs terres qui scelle lentement le destin de tout un peuple. Découpé en trois actes et en plusieurs chapitres consacrés aux personnages charismatiques de cette aventure, cette libre adaptation de Cromwell distille les moments forts de l’œuvre de Cooper. C’est l’errance du corps de John Greenwood, soldat anglais chargé de transmettre une missive aux filles de Munro et au général Webb, qui sert de fil rouge à ce récit rythmé par une voix-off qui gagne en importance au moment où le nombre de pages (dé)limité de l’album semble rappeler les auteurs à l’ordre. Mais, malgré ce changement de cadence ponctué d’une fin magistrale et une version condensée de l’histoire originelle qui pourrait déstabiliser les néophytes, le graphisme somptueux de ce one-shot ne manquera pas de séduire.

Avec des allures de livre d’illustrations, ce roman très graphique propose des peintures de toute beauté, qui restituent admirablement l’hostilité et la splendeur de ce territoire sauvage que se disputent Anglais et Français. Des tableaux qui laissent entrevoir les vestiges d’une civilisation ancienne qui s’est éteinte dans la barbarie et le sang. Au cœur de la forêt, tapies dans l’obscurité, des silhouettes prennent vie, tels des souvenirs lointains que l’on voudrait garder enfouis, mais dont l’intensité et la violence semblent difficile à contenir. Dans cet environnement très suggestif, l’auteur abandonne au lecteur le soin de combler les vides et de deviner des passages volontairement obscurcis par le temps. L’absence de blancs, que ce soit au niveau des phylactères ou des bords de pages, ne laisse d’ailleurs que très peu de choix au lecteur, qui se laisse immédiatement happer par la densité des sous-bois. Une ambiance menaçante et terriblement angoissante, accentuée par des tons sombres, qui renforcent encore le caractère oppressant de cet univers où le danger et la mort semblent guetter à tout moment.

Une adaptation personnelle et innovante, fidèle à l’œuvre originale et d’un esthétisme rare !

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