Warren Ellis – No Hero


Jusqu’où iriez-vous pour devenir un super-héros ?

Warren Ellis No HeroCela fait maintenant plusieurs générations qu’ils surveillent nos arrières ! Créés dans les années soixante par un chimiste de génie, les «Levellers» influencent désormais la politique mondiale. Rebaptisés «Front Line» après un changement de look à la fin des années septantes, ils continuent de combattre le crime, de protéger les innocents, d’influencer le déroulement des guerres et de modifier l’avenir du monde. Mais la roue tourne car, depuis peu, quelqu’un s’attaque au groupe dirigé par Carrick Masterson depuis plus de quarante ans. Afin de combler les pertes au sein de l’effectif, il est même temps de penser au recrutement. Un jeune homme, Joshua Carver, semble d’ailleurs tout désigné pour intégrer l’équipe, mais … est-il prêt à prendre du FX7, cette drogue miracle qui est à l’origine des pouvoirs surhumains ?

Revoilà donc Milady, le nouveau label des éditions Bragelonne qui, bien décidé à ne plus se cantonner dans la Fantasy, publie un nouveau récit super-héroïque signé Warren Ellis et Juan Jose Ryp. Dans la lignée du très bon Black Summer, les deux compères posent cette fois une question qui ne manquera pas d’interpeller les fans de comics : «Jusqu’où iriez-vous pour devenir un super-héros ?». Si l’excellent Kick-ass apportait déjà un semblant de réponse, la conclusion de Warren Ellis est tout aussi douloureuse !

Exploitant à merveille les effets de la substance psychotrope à l’origine des super-humains, Warren Ellis associe la conversion super-héroïque à un processus de transformation physique et mental périlleux, loin d’être agréable. Si cette thématique de la drogue permet une nouvelle fois à l’auteur de The Authority de mettre à mal le mythe du super-héros, il livre également une nouvelle critique acerbe envers les dérives du pouvoir. Si Black Summer démarrait très fort, en déchiquetant Georges W. Bush et son administration dans le bureau ovale dès les premières pages, mais laissait finalement un goût d’inachevé, No Hero n’y va pas non plus de main morte, mais s’avère plus équilibré. Outre un aspect politique toujours omniprésent, accompagné d’une réflexion cynique, moderne et intelligente sur les super-pouvoirs, le scénario réserve également quelques rebondissements intéressants en deuxième moitié de l’album.

Au diapason d’une violence assez gore, faite d’ongles arrachés et de super-tortures, la précision chirurgicale du dessin de Juan José Ryp ne manquera pas de marquer les esprits. Un graphisme détaillé et dynamique qui accompagne d’ailleurs à merveille les hallucinations de Joshua Carver après sa prise de FX7.

S’inscrivant dans la foulée de Black Summer, sans être sa suite, No Hero devrait permettre à Milady de se faire un nom parmi les fans du genre, car nul doute que le troisième volet de cette trilogie thématique, Supergod, sera du même acabit.

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