Nine Antico – Coney Island Baby


Biographie romancée de deux icônes sexuelles !

Nine Antico - Coney Island BabyDerrière ce titre qui réfère à la célébrissime chanson de Lou Reed, Nine Antico propose une double biographie romancée.

Le narrateur de ces deux destins croisés n’est autre que Hugh Hefner himself, le célèbre créateur du magazine Playboy. C’est vêtu de son légendaire peignoir et inévitablement accompagné de deux jeunes filles coiffées d’oreilles de lapin, qu’il nous conte l’histoire de deux icônes de la révolution sexuelle américaine des années 50 et 70. C’est donc en parallèle que le lecteur découvre ainsi l’histoire de Bettie Page, célèbre pin-up du magazine Playboy dans les années 50, et celle de Linda Lovelace, première star du cinéma porno, dont le don pour la fellation fut révélé dans le célébrissime « Gorge Profonde » en 1972. Si l’on a d’abord droit à l’ascension et au succès de ces deux symboles de l’érotisme et de la pornographie, on a ensuite droit à leur déclin … avant de se prendre une pirouette scénaristique totalement inutile dans la tronche, qui vient remettre la crédibilité de l’entièreté du récit en question.

Si l’on fait abstraction de ces dernières pages qui viennent gâcher l’entièreté du récit, l’album s’avère cependant tout sauf inintéressant. Il y a d’abord deux trajectoires totalement distinctes, mais qui s’avèrent toutes les deux finalement tragiques. Deux vies brisées par l’industrie du X, deux icônes sexuelles aveuglées/attirées par une gloire éphémère et destructrice. Il y a également une immersion intéressante dans le monde du X et la décadence des célèbres soirées de la Playboy Mansion. Mais il y a surtout une critique acerbe du mythe du rêve américain et du l’univers porno. Car si l’ascension se veut fulgurante, le déclin n’est que plus douloureux. Manipulés, instrumentalisés, exploités à des fins strictement commerciales, ces deux objets de désir finissent par renier leur passé, l’une cherchant son salut dans la religion et l’autre devenant militante anti-porno. Le récit est bien construit, les dégâts humains évidents, puis vient cette fin totalement inattendue, qui tombe comme un cheveu dans la soupe et gâche toute l’histoire.

Au niveau du graphisme, même si ce dessin assez simpliste parvient à aller à l’essentiel sans jamais sombrer dans la vulgarité, je ne suis quand même pas trop fan. Je trouve également que la collection Ciboulette aurait pu attendre encore un volume avant de publier celui-ci, qui est le soixante-huitième volume de la Collection.

Un one-shot à la fin exécrable, nommé au festival d’Angoulême 2011.



Retrouvez cet album parmi les titres sélectionnés au Festival d’Angoulême 2011 !

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