Run – DoggyBags


Hommage réussi au cinéma Grindhouse !

Run - DoggyBagsAprès quelques petites perles telles que Mutafukaz, Run continue de prendre son pied au sein de ce Label 619 des éditions Ankama. Son dernier brin de folie s’intitule « DoggyBags » et réunit trois auteurs différents qui réalisent chacun une histoire complète d’une trentaine de pages mêlant thriller, frisson et horreur !

En proposant un mix d’auteurs et un concept série B, axé sur la violence et l’horreur, « DoggyBags » rend hommage au cinéma Grindhouse des années 60-70 et s’inspire du concept de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez pour leur diptyque Boulevard de la mort (Death Proof) / Planète terreur (Planet Terror).

La première histoire, intitulée « Fresh flesh & hot chrome », rentre tout de suite dans le vif du sujet et plonge immédiatement le lecteur dans le feu de l’action. L’histoire est celle d’une bande de motards loups-garous poursuivant une jeune fille. Cette course poursuite endiablée se déroule à cent à l’heure et ne laisse pas le temps au lecteur de s’ennuyer une seule seconde. Le fait de ne pas s’attarder sur la présentation des personnages permet certes d’insuffler un rythme infernal au récit, mais rend difficile de s’attacher au personnage principal, voire de s’intéresser au sort que lui réservent ces bikers lycanthropes. Cette première histoire, signée Guillaume Singelin (« King David » et « Pills » chez KSTR), permet néanmoins d’installer le lecteur dans une ambiance très rock’n’roll et sa conclusion résume parfaitement l’état d’esprit de cette nouvelle saga.

Le deuxième épisode, « Masiko », est l’œuvre de Florent Maudoux (« Freaks’ Squeele ») est raconte l’histoire d’une jeune maman et son bébé essayant d’échapper à des yakuza envoyés à ses trousses. Ce récit au parfum de « Kill Bill » est également une sorte de préquelle à la série « Freaks’ Squeele », car le bébé de la tueuse à gages essayant d’échapper à la mafia n’est autre que Xiong Mao, alias Petit Panda, l’une des héroïnes de la série. Rythmé par des combats à l’arme blanche et ponctué par un final superbement saupoudré de fantastique, ce deuxième volet est une belle réussite. Ce cocktail de violence, d’action et d’humour qui lorgne vers le manga fait mouche, tout comme le c…harisme de cette héroïne qui, à la « Lone Wolf and Cub », se bat en portant son bébé sur le dos.

Et pour conclure cet album « 100 % de violence graphique », c’est Run (« Mutafukaz ») himself qui nous propose « Mort ou vif », un règlement de comptes sanglant à quelques kilomètres de la frontière mexicaine. Cette chasse à l’homme entre un policier et un gangster sans foi ni loi au sein d’un décor désertique et inhospitalier respecte à merveille le cahier des charges de cette saga. À l’inverse de la première histoire, la traque est ici plus posée et permet donc de donner de l’épaisseur aux personnages à l’aide d’une voix-off incisive. De plus, ce récit sombre et impitoyable est accompagné d’un excellent dessin et de cadrages brillants.

L’ambiance est d’ailleurs soignée jusque dans les moindres détails, de la maquette du livre au style rétro et usé de l’ensemble, en passant par les fausses publicités, les posters, les mini-coupons à découper ou ce documentaire sur les vautours, qui sont insérés avec minutie dans l’album, rappelant au bon souvenir des vieux comics périodiques US.

Un très bon premier tome, entièrement dans l’esprit de l’excellent Apocalypse sur Carson City de Guillaume Griffon !

Retrouvez cette BD dans MON TOP 2011 !

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