Brecht Evens – Les Noceurs


Entrez dans la danse !

Brecht Evens - Les NoceursPour une fois qu’une bande dessinée louangée de tous sort dans la langue que je maîtrise le plus, je me devais donc de lire ce récit du néerlandais Brecht Evens, intitulé « Ergens waar je niet wil zijn » (« Les Noceurs » en français).

Les trois parties de cet album s’articulent autour de Robbie, véritable icône de la nuit, qui illumine chaque soirée de sa présence. Le lecteur, lui, sera surtout illuminé par le graphisme particulièrement original de cette œuvre. Dépourvu de cases et de bulles, le graphisme fourmille de détails et mélange les couleurs de manière aussi éblouissante que surprenante. Un dessin fait de couleurs directes et d’aquarelles qui plonge le lecteur dans une atmosphère nocturne envoûtante, à la rencontre de personnages très humains, dont le virevoltant Robbie et son opposé grisâtre Gert, qui semble inodore, incolore et presque transparent au milieu de cette profusion de couleurs.

Visuellement, ce graphisme novateur peut rebuter et faire croire à une œuvre extrêmement complexe et difficilement abordable. Rien n’est pourtant moins vrai car ce récit s’avère finalement très facile à lire et invite le lecteur à plonger dans l’univers de la fête, la où Robbie s’est forgé une solide réputation. Mais ce côté festif n’est finalement qu’un leurre, qui permet à l’auteur de dresser un portrait peu réjouissant d’une génération de trentenaires désabusés. De l’attente absurde de Robbie à la solitude de personnages qui se noient dans la foule d’une boîte de nuit, le bonheur semble aussi éphémère qu’artificiel et la boisson finalement incapable de combler tous les vides et l’ennui de cette immersion éthylique.

Si le graphisme a tout pour séduire, ce n’est pas forcément le cas de ces tranches de vie assez banales, rythmées par des discussions futiles qui accentuent certes le vide existentiel des protagonistes, mais ont eu plus de mal à m’emballer.

Quoi qu’il en soit, le « prix de l’audace » qu’a reçu cet album au dernier Festival d’Angoulême est entièrement mérité sur base de cette approche graphique novatrice et envoûtante.

2 Réponses to “Brecht Evens – Les Noceurs”

  1. […] la fois un flot continu de perceptions contradictoires et une progression constante vers un but. » Yvan : « Si le graphisme a tout pour séduire, ce n’est pas forcément le cas de ces tranches de vie […]

  2. […] D’autres avis : David, Legof, Mo’, Yvan […]

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