Eric Corbeyran & Thierry Murat – Elle ne pleure pas elle chante


Elle ne chante pas, elle crie ses larmes !

Eric Corbeyran & Thierry Murat - Elle ne pleure pas elle chanteDerrière ce titre de toute beauté, Eric Corbeyran et Thierry Murat abordent un sujet pourtant très douloureux. Dès les premières pages de cette adaptation du roman d’Amélie Sarn, le lecteur est plongé dans le vif du sujet et est confronté à la douleur de cette jeune femme et aux méfaits de ce père abusif qui délaissait régulièrement le lit conjugal pour rejoindre celui de sa fille.

Le père étant maintenant cloué à un lit d’hôpital suite à un accident de la route, ce one-shot donne la parole à la victime. Le temps d’un long monologue, celle-ci va crier sa haine et se délester de ce poids qui l’empêche de vivre pleinement. Le ton est froid, dur, mais extrêmement juste et chaque mot est un coup de poing, donné avec rage dans le huis-clos de cette chambre d’hôpital. Plongé dans un profond coma, le père reçoit les paroles et les souvenirs d’enfance de sa fille en pleine face. Le lecteur, médusé, accompagne cette petite fille marquée au fer rouge par les agissements abjects d’un être qui a le culot de se faire appeler ‘papa’, dans l’horreur, l’angoisse et l’incompréhension. Malgré l’horreur indescriptible des actes de ce père incestueux, il s’étonnera sans doute également de déceler une certaine dualité dans les sentiments éprouvés par cette jeune fille envers son père.

Tout comme Pourquoi j’ai tué Pierre, chef-d’œuvre également édité dans cette collection « Mirages » de Delcourt, ce récit constitue une sorte d’exécutoire d’un mal refoulé pendant plusieurs années. Confrontée à son bourreau, elle tue également son Pierre en criant sa haine, se libérant ainsi de chaînes portées pendant beaucoup trop d’années. Si le texte relayé par Eric Corbeyran est clairement le point fort de cette œuvre, la mise en images de Thierry Murat (Les larmes de l’assassin) accompagne le récit en toute sobriété. Faisant preuve de beaucoup de retenue, le dessin épargne les actes monstrueux du père au lecteur, le texte étant déjà suffisamment explicite.

Ils en parlent également : Choco, Theoma, Mo’, Noukette, Yaneck

bd du mercrediAllez découvrir les autres BDs du mercredi sur le blog de Mango !

Publicités

6 Réponses to “Eric Corbeyran & Thierry Murat – Elle ne pleure pas elle chante”

  1. Un sujet difficile qui ne me tente pas.

  2. j’aimerais lire les larmes de l’assassin de Thierry Murat …
    sujet difficile, mais fort bien adapté ce « Elle ne pleure pas elle chante » 🙂

  3. Un peu comme Wens je crois que j’aurais du mal avec ce sujet difficile.

  4. Je l’avais déjà notée mais pour l’instant, je n’ai pas envie de lire ce genre de BD. Honnêtement, je suis encore sous le choc de Pourquoi j’ai tué Pierre…

  5. Je suis curieuse de savoir comment un sujet aussi difficile a pu être traité avec tact!

  6. Cette BD est une adaptation remarquable… Un vrai coup de poing, oui, un grand coup de cœur aussi ! Incontournable !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :