Jirô Taniguchi – Furari


Balade dans l’Edo du début du XIXème siècle !

Jirô Taniguchi - FurariEn invitant le lecteur à suivre les balades « au gré du vent » (c’est ce que signifie Furari) d’un quinquagénaire, cet album s’inscrit dans la lignée de « L’homme qui marche » ou « Le promeneur ».

Divisant son récit en quinze chapitres, Jirô Taniguchi propose autant de balades indépendantes les unes des autres. C’est Tanakata Inô, célèbre géomètre et cartographe de l’époque, qui sert de modèle au personnage principal de ce one-shot qui invite à découvrir l’Edo du début du XIXème siècle au fil des différentes promenades. Comptant chacun de ses pas, le géomètre se lance dans des marches sans but précis, partageant ses observations, ses rencontres, ses petits plaisirs et sa fantaisie.

Jirô Taniguchi est probablement le maître du contemplatif, mais j’ai beau admirer sa capacité à rendre n’importe quel sujet attrayant, j’ai trouvé ce tome un peu trop contemplatif à mon goût. C’est peut-être l’absence de sujet qui m’a dérangé, car on a beau être un maître pour rendre n’importe quel sujet intéressant, quand il n’y a pas de sujet, cela devient quand même assez difficile d’intéresser le lecteur, même pour Jirô Taniguchi. On peu effectivement se demander quel est le but d’un album sans histoire, d’un homme qui marche sans but en flânant au gré du hasard et des ‘évènements’. Un tome où une libellule qui passe dans une case équivaut à de l’action par rapport au reste du récit. Et pourtant, ce tome de Jirô Taniguchi n’est pas tout à fait sans but, car il nous fait faire quelque chose d’impensable dans ce monde où le temps est de l’argent : il nous fait prendre le temps. Prendre le temps de regarder autour de nous et de nous émerveiller de ces petites choses insignifiantes qui nous entourent.

Visuellement, le dessin tout en finesse et emplie de poésie de Jirô Taniguchi sied évidemment parfaitement au ton du récit. Ce graphisme fourmillant de détails propose notamment quelques vues splendides d’Edo, ainsi que des passages fantasmés à travers le regard d’animaux (libellule, chat, éléphant, tortue, milan, …), qui procurent tout de même une certaine originalité au récit.

Rien de tel qu’une bonne balade en compagnie de Jirô Taniguchi !

2 Réponses to “Jirô Taniguchi – Furari”

  1. […] Au temps de Botchan, L’Homme qui marche, Quartier Lointain, ou plus récemment, Garôden, Furari, Enemigo, Taniguchi a reçu le prix du meilleur dessin pour Le Sommet des dieux à Angoulême en […]

  2. […] On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là Blogger in fabula Lecturissime Sin City […]

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