Christian Lax – Pain d’alouette, deuxième époque


La conclusion de L’enfer du Nord !

Christian Lax - Pain d'alouette, deuxième époqueJ’ai donc attendu la fin du Tour de France pour lire la conclusion de ce diptyque qui s’intéresse pourtant à une autre course cycliste. Vendu comme la suite de L’Aigle sans orteils, qui plongeait le lecteur dans l’ambiance de La Grande Boucle avant la première guerre mondiale, « Pain d’alouette » met en scène d’anciennes connaissances d’Amédée, le héros de l’excellent «one-shot» édité chez Dupuis, mais se concentre plutôt sur les exploits de Paris-Roubaix.

C’est dans l’après-guerre que Christian Lax situe ce récit qui invite à suivre les héros d’une épreuve cycliste mythique. Si « la Pascale » demeure le fil rouge de cette histoire, l’auteur délaisse régulièrement l’aspect sportif afin de livrer une chronique sociale intéressante au sein d’un décor qui se remet lentement des ravages de la Première Guerre mondiale. Si les moments de bravoure sont nombreux, que ce soit dans les fonds de la mine ou sur les pavés de la célèbre course cycliste, l’auteur propose également une plongée particulièrement réussie dans l’entre-deux-guerres. Son analyse sociétale, qui aborde les mœurs d’antan, comme la place de la femme ou l’exploitation du monde ouvrier, est à ce titre très intéressante.

Si Lax développait deux histoires en parallèle lors du tome précédent, l’une invitant à suivre le parcours de la fille du coureur cycliste surnommé « L’Aigle sans orteils » et l’autre, s’intéressant à un jeune mineur de fond passionné de cyclisme, les deux récits finissent par se rejoindre dans ce tome. Alors que le mineur Elie Ternois s’entraîne pour Paris-Roubaix, Reine Fario se passionne pour le Tour et rêve d’une carrière de journaliste sportive. Le développement psychologique des personnages constitue le sel de ce récit très humain, véritablement porté par ses personnages et par des seconds rôles très réussis, dont le directeur de l’orphelinat ou le Porion Dehaume, qui sont tous les deux particulièrement détestables.

Graphiquement, Christian Lax livre un boulot remarquable, avec un traitement en couleurs directes tout bonnement superbe. Il parvient notamment à restituer toute la dureté de la course, avec des personnages qui grimacent de douleur au milieu d’un décor mêlant poussière, boue et pavés.

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