Mark Waid et Leinil Francis Yu – Superman, Les origines (Birthright)


La réédition de « Droit du sang » par Urban Comics

gif creator onlineUne planète, au bord de l’explosion, vit ses dernières heures. L’éminent scientifique Jor-El et sa femme sont devant un dilemme : envoyer leur bébé dans l’espace dans l’espoir fou d’en faire le seul survivant de Krypton ou accepter la fin de leur race en famille ? Le petit Kal-El trouvera finalement son salut sur terre, au sein d’une famille de fermiers de la petite communauté agricole de Smallville : les Kent !
Des années plus tard, le jeune Clark explore le monde et se retrouve en mission sur le continent africain en tant que journaliste freelance. Mêlé à une crise politique, c’est à visage découvert qu’il utilisera ses pouvoirs surhumains afin d’éviter le massacre. Le regard de terreur que cette intervention éveillera dans les yeux de la population locale, poussera le fils Kent à revêtir un costume pour combattre l’injustice dans le monde. Un plan de carrière, qui l’emmène à Métropolis, où, un nouveau job de reporter au Daily Planet lui permet de découvrir les plans machiavéliques d’un certain Lex Luthor et d’effectuer ses premiers exploits publics en tant que Superman !

Agée de plus de 60 ans, cette histoire connue de tous, méritait un petit dépoussiérage afin de lui donner une interprétation plus moderne. Mark Waid, célèbre pour sa conception des années futures de Superman dans Kingdom Come, livre donc une refonte des origines du héros, en parcourant des sentiers battus qu’il parsème d’une touche personnelle. En regroupant les 12 épisodes de la maxi-série Superman – Birthright parue chez DC Comics en 2003-2004, Droit du Sang offre au lecteur LE Superman du XXIème siècle.

La première partie du récit couvre la période précédant son arrivée à Metropolis, où, parcourant le monde, le jeune fermier du Kansas fait ses armes en tant que journaliste et en tant que justicier. Connecté par émail à ses proches et par hologlyphe à son héritage kryptonien, ce surhomme cherche désespérément sa place dans l’univers. Ce passage en Afrique constitue l’un des points culminants de l’approche de Waid, car il permet de comprendre le sens du sacrifice pour la bonne cause que véhicule ce héros sans masque, ainsi que l’égard envers toute forme de vie que porte ce végétarien.

La deuxième partie, consacrée aux premiers exploits médiatisés de Superman, démontre à nouveau la difficulté d’écrire une aventure prenante pour un demi-dieu quasi indestructible. Pourtant, le travail de Waid, exploitant au maximum l’origine extraterrestre du personnage et accentuant sa solitude face à la difficulté de se faire accepter par la population, n’est pas dénué d’intérêt. Les talents exagérés d’un Lex Luthor à cheval entre le businessman et le savant fou et l’utilisation inévitable de kryptonite, dans une énième tentative d’équilibrer les affrontements vis-à-vis de l’homme d’acier, est plus discutable et entrave légèrement la crédibilité de l’histoire.

Mais, qu’en est-il du Saint Graal de l’univers comics : la continuité. En jouant avec cette arme à double tranchant qui rend périlleuse toute revisite de personnage, Waid va fatalement blesser quelques fans. Néanmoins, les soins apportés à ce héros qu’il affectionne, justifient probablement l’intervention. Allant jusqu’à puiser des éléments familiers dans d’autres formes de média, comme les séries TV et les films dédiés au surhomme, le scénariste livre un protagoniste remodelé, capable de séduire un public plus large, tout en respectant l’essence même du premier des super-héros américains. Le vrai Clark Kent s’avère avoir deux déguisements : l’un derrière des lunettes, l’autre arborant un «S» dont la signification va dorénavant au-delà de l’écu familial. Avec une Martha Kent surfant sur internet, une Métro-Tower menaçant de s’effondrer suite à une attaque terroriste, des élèves armés tirant dans un collège ou un symbole américain intervenant dans un conflit africain, cette version hybride de Superman est en parfaite harmonie avec l’ère moderne.

Le style particulier du dessin dynamique de Leinil Francis Yu (Wolverine) confirme également cet élan de modernisation. Sa version inspirée de la planète natale de Kal-El et son habileté à accentuer la force surhumaine du protagoniste principal en l’autorisant à sortir des cases alors que les simples mortels y sont confinés, impressionneront même les adeptes de styles graphiques plus épurés.

Cet album qui offre une interprétation intemporelle, respectueuse et accessible d’un personnage DC qui en avait grand besoin, est une lecture totalement recommandable aux néophytes et sujet à controverses et écoulements de salive pour les autres.

2 Réponses to “Mark Waid et Leinil Francis Yu – Superman, Les origines (Birthright)”

  1. Ce qui est dommage, quand Urban republie cette oeuvre là, c’est que le New 52 a rendu entièrement caduque cette vision du personnage.

    • En même temps, c’est un peu le principe du relaunch aussi… Ca serait quand même un peu bête qu’ils ne rééditent plus rien à cause de ça, surtout que pour une fois, c’est un récit de Superman qui n’est pas mauvais 😉

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