Peter Milligan et Duncan Fegredo – Enigma


Des héros de comics qui prennent vie…

Peter Milligan et Duncan Fegredo - EnigmaAprès avoir réédité « Human Target » du même scénariste, Urban Comics propose l’intégralité de cette mini-série en huit épisodes, initialement parus en 1993, écrits par Peter Milligan, dessinés et encrés par Duncan Fegredo et superbement mis en couleurs par Sherilyn van Valkenburgh.

Enigma invite à suivre les pas de Michael Smith, un personnage insignifiant qui mène une vie terne et sans surprises… jusqu’au jour où les héros de son enfance, issus d’un mauvais comics de super-héros annulé après trois numéros, semblent prendre vie. Tandis que la ville de Pacific City devient le théâtre d’une vague de crimes perpétrés par les personnages dont Michael lisait les aventures quand il était enfant, tout semble également lié à un meurtre vieux de vingt-cinq ans, commis dans un bled perdu de l’Arizona…

À mille lieues du récit classique de super-héros, Peter Milligan embarque le lecteur dans une histoire en apparence chaotique, qui oscille constamment entre réalité et fantastique. S’accrochant au fil rouge de cette enquête surnaturelle, le lecteur tente de ne pas se perdre dans les méandres de l’imagination fertile du personnage… et de l’auteur. Etonnamment, le voyage, aussi décousu soit-il, s’avère surtout initiatique pour le personnage principal et mène finalement à quelque chose de cohérent. En cherchant une explication à la matérialisation de ses héros d’enfance, le jeune homme va en effet comprendre qui il est vraiment. Le lecteur assiste alors avec intérêt à la transformation de ce « nobody » en quelqu’un qui fait ses propres choix et qui finit par façonner son propre monde et sa propre identité. Multipliant les thèmes et saupoudrant le tout d’une touche d’humour acide et cynique, Peter Milligan livre un récit aussi riche que déstabilisant. S’agit-il d’un voyage initiatique intelligent et d’une critique sociale profonde ou juste d’un gros bon délire d’un auteur en plein trip ? En croisant des super-vilains tels que le La Tête ou La Vérité, on serait tenté d’opter pour la deuxième option, mais en y regardant de plus près, on finit par hésiter car l’auteur s’en sert afin de pointer du doigt plusieurs défauts de notre société.

Le dessin tortueux et confus de Duncan Fregedo peut d’ailleurs également rebuter au départ, avant de réaliser que celui-ci s’adapte à merveille à l’étrangeté du scénario.

Une excellente surprise !

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