Benoit Collombat et Etienne Davodeau – Cher pays de notre enfance


Tous pourris !

Benoit Collombat et Etienne Davodeau - Cher pays de notre enfanceBenoît Collombat, grand reporter à France Inter, avait déjà enquêté sur les dessous de la Ve République avec « Un homme à abattre – Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin » et il s’associe ici avec un grand habitué des documentaires en BD : Etienne Davodeau (Rural, Les Mauvaises gens, Les Ignorants). Ensemble, ils reviennent sur plusieurs affaires non-résolues (lisez : jetées aux oubliettes) des années 70.

Du braquage de l’Hôtel des Postes à Strasbourg par le Gang des Lyonnais en 1971 à la tuerie d’Auriol en 1981, en passant par les assassinats du juge Renaud en 1975 et du ministre Robert Boulin en 1979, le duo s’attaque à des « Cold case » qui dérangent car elles éclaboussent de nombreux hommes politiques de l’époque et une organisation en particulier : le Service d’Action Civique (SAC), dont l’ombre plane sur toutes les affaires.

Le lecteur a donc droit à un véritable documentaire de plus de 200 pages, mêlant interviews, témoignages d’époque et même lectures d’archives. L’aspect bavard, particulièrement chargé en informations, de cette accumulation d’entretiens pourra certes rebuter certains lecteurs, mais ce que l’on apprend est absolument sidérant. Même pour moi, qui ne m’intéresse pas trop à la politique et encore moins à celle de la France, cette enquête dessinée m’a permis de mieux comprendre le contexte politique de l’époque. De plus, en nous replongeant dans plusieurs affaires de meurtres, les auteurs confèrent un côté polar à leur documentaire. Ils sautent certes d’un évènement à l’autre au fil des chapitres, mais conservent néanmoins l’ombre du SAC comme fil conducteur. Il devient en effet vite clair que c’est cette milice de mouvance gaulliste qui s’occupait des basses besognes du régime à l’époque, allant même jusqu’à assassiner des ministres. Il n’y a donc pas que l’Italie qui a connu des « années de plomb » dans les années 70 ! Edifiant !

Visuellement, on reconnaît immédiatement le style graphique d’Etienne Davodeau, qui n’a plus à prouver son efficacité sur ce genre de récits.

La douce France de Trenet se prend une belle claque avec cette enquête qui continue de déranger, 40 ans après les faits !

2 Réponses to “Benoit Collombat et Etienne Davodeau – Cher pays de notre enfance”

  1. J’adore Davodeau mais je ne crois pas que je vais me précipiter pour autant… Le thème m’emballe moyennement… Mais c’est Davodeau… donc… 😉

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