Jussi Adler Olsen – Dossier 64


Race pure et disparitions !

Jussi Adler Olsen - Dossier 64Après « Miséricorde », « Profanation » et « Délivrance », le Département V de la police criminelle de Copenhague reprend du service.

Le fameux service de police chargé d’élucider les vieilles affaires non résolues s’intéresse cette fois à la disparition inexpliquée d’une certaine Rita Nielsen en 1987. L’enquête mène très vite à d’autres mystérieuses disparations survenues durant la même période et à un sinistre établissement sur l’île de Sprogø où des femmes furent enfermées et stérilisées sans leur consentement. Notre ami Carl Mørck doit donc s’attaquer à un nouveau dossier épineux, tout en essayant de gérer une vie privée de plus en plus compliquée et une équipe toujours aussi originale. Sans oublier l’épidémie de grippe qui frappe actuellement le Danemark…

Cette nouvelle intrigue tient à nouveau la route et n’a aucun mal à nous tenir en haleine de la première à la dernière page. Cette quatrième enquête du département V n’est d’ailleurs pas seulement une enquête policière, mais également une incursion dans l’Histoire du Danemark, à une époque où l’on faisait interner des femmes dont l’attitude dérangeait. En mettant en avant un parti d’extrême droite qui prône la pureté de la race danoise, Jussi Adler-Olsen jette à nouveau un regard très désabusé sur une société danoise déjà victime d’émeutes, de guerre des gangs et de racisme lors du tome précédent.

Pour le quatrième dossier de ce « Cold Case » à la danoise, le lecteur retrouve donc ce trio improbable, qui va tenter de résoudre l’affaire et qui fonctionne toujours à merveille. Outre la psychologie très soignée des personnages, Jussi Adler Olsen nous régale avec leur complicité et leurs interactions. Il y a tout d’abord le policier bourru, classique dans son genre : un fin limier avec une grande gueule, qui n’est pas fort apprécié par ses collègues et qui est toujours torturé par une ancienne affaire qui a coûté la vie à l’un de ses collègues et grièvement blessé l’autre. Si le personnage de Carl Mørck est très réussi, la vedette revient néanmoins à son assistant Hafez el Assad. Cet homme à tout faire se révèle à nouveau plein de surprises et particulièrement débrouillard. Ce réfugié politique syrien qui prend son boulot très à cœur est un personnage très attachant dont chaque intervention fait mouche et dont le passé intrigue au plus haut point. Puis il y a la dernière recrue en date, Rose, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui est également réfractaire à toute forme d’autorité. L’auteur prend amplement le temps de soigner la psychologie de ces personnages, qui prennent de l’ampleur au fil des tomes. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, que ce soit Hardy, le coéquipier tétraplégique qui squatte son salon, ou Mona Ibsen, la psychologue dont il est éperdument amoureux. Puis, il y a le « vilain », Curd Wad, gynécologue à la retraite et fondateur du parti extrémiste Renie Linie, qui est une nouvelle fois détestable au possible.

« Rita respectait la colère parce que la colère avait été le moteur de sa vie. Quand elle volait, quand elle délestait un pauvre imbécile de son portefeuille ou quand elle bousculait les gens qui avaient le malheur de se trouver sur son chemin. Elle savait que la colère ne menait à rien, mais c’était un sentiment qui lui faisait du bien. Porté par la rage, on pouvait déplacer des montagnes. »

Si l’ambiance est à nouveau foncièrement sombre, avec des actes d’une violence extrême, Jussi Adler Olsen parvient à nouveau à y insuffler un ton assez léger en y intégrant beaucoup d’humour. Ce ton singulier, insufflé par des enquêteurs singuliers et parfois assez borderline, apporte une touche de légèreté et offre un contrepoids bienvenu aux idées nauséabondes du parti de Curt Wad. Sans oublier ce petit twist final, qui pourrait en surprendre plus d’un…

Vivement la prochaine enquête !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :