Bill Watterson – Calvin et Hobbes, La flemme du dimanche soir (Tome 17)


Double dose en couleurs !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, La flemme du dimanche soir (Tome 17)Ceux qui connaissent Calvin, savent qu’il a souvent la flemme le dimanche soir, pour la simple et bonne raison que le lendemain il doit aller à l’école.

« Comment vraiment apprécier les dimanches, quand on sait qu’il faut aller à l’école le lendemain ? »

Pourtant, ce dix-septième volume, beaucoup plus volumineux que les précédents, ne démarre pas à l’école, mais en compagnie de Spiff le Spationaute, mon personnage préféré de Bill Watterson. Je suis en effet grand fan des passages où l’imagination débordante du petit Calvin lui permet de se transformer en plein de choses. Le lecteur a même droit à plusieurs transformations en Spiff le Spationaute, que ce soit lorsque la prof l’interroge, à l’heure du bain, à table ou afin d’agresser son père qui dort. Hyperman est également de la partie lorsqu’il est temps d’aller dormir ou de faire ses devoirs de math. Calvin s’imagine également en fourmi quand il doit ranger sa chambre, en mouche lors d’un pique-nique, en tyrannosaure lors du repas familial et même en Dieu Suprême…

« Dans son cachot pourri puant, Spiff le spationaute prépare un piège sournois pour le roi Naggon qui approche ! Bientôt notre héros sans peur sera à nouveau libre ! »

Si la baby-sitter Rosaline est la grande absente de cet album, Calvin peut néanmoins compter sur la présence de Susie Derkins, sa petite voisine et souffre-douleur attitrée. Entre les ballons d’eau en été et les boules de neige en hiver, voire même en plein mois de juin car notre ami en a conservé une belle au freezer (excellent), la pauvre continue d’en voir de toutes les couleurs.

« Si tu veux MON avis, un jeu sans pompes, ni coups, ni brûlures, ni pinçons, c’est pour les filles. »

Au menu de ce dix-septième volet, il y a bien évidemment aussi les gags récurrents concernant les monstres sous le lit, les histoires qui font peur, le bond de Hobbes en rentrant de l’école, les descentes vertigineuses à la recherche d’une poussée d’adrénaline et les jeux (croquet, base-ball, Monopoly) qui terminent inévitablement en disputes. C’est vraiment marrant de voir comme l’auteur parvient à se renouveler tout en continuant d’aborder les mêmes sujets !

« Attendre quelque chose est plus amusant que de l’avoir… »

À l’instar des tomes précédents, celui-ci reprend des histoires de différentes longueurs. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général. Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques. Notre ami se livre ainsi à quelques réflexions sur l’environnement, pointant notamment du doigt cette vilaine tendance qu’ont les humains à jeter leurs déchets n’importe où et à ainsi détruire la planète.

« Sapristi, quand les gens n’enterrent pas leurs déchets toxiques ou n’essayent pas leurs armes nucléaires, ils jettent leurs ordures n’importe où ! »

Parlons finalement de l’empathie inévitable envers ce duo éminemment sympathique. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurdité, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse. Le lecteur a également droit à quelques récits centrés sur la famille, qui donnent parfois lieu à des scènes attendrissantes comme lorsque sa maman lui prépare du chocolat chaud et des tartines. Calvin ne manquera pas non plus de juger le travail de son père dans son rôle de « Papa », notamment à travers cette histoire qu’il a écrite sur un méchant papa qui obligea son fils à manger des petits pois.

« Sans petit bisou les rêves sont flous ! »
« Les plus beaux cadeaux ne sont pas dans les boîtes ! »

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions. La grosse surprise de ce tome vient également du fait que le lecteur a droit à une version colorisée. L’auteur se permet également quelques « folies » artistiques, notamment lors de ce récit où les lois de la perspective ont été abolies où lorsque Calvin a été transféré sur un négatif couleur le temps d’une photo.

Une double dose de gags déjà parus et d’histoires inédites, le tout dans une version en couleurs !

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