Chahdortt Djavann – Les putes voilées n’iront jamais au Paradis !


La condition féminine en Iran !

Chahdortt Djavann - Les putes voilées n'iront jamais au Paradis !Derrière ce titre provocateur Chahdortt Djavann raconte l’histoire de Soudabeh et Zahra, deux amies d’enfance séparées à l’âge de douze ans et mariées de force à des hommes beaucoup plus âgées… pour finalement finir dans un enfer nommé prostitution. Le destin des deux jeunes filles est entrecoupé de témoignages venus d’outre-tombe de prostituées assassinées au nom de la morale.

« Ici de toute façon, femme divorcée est synonyme de pute: officiellement dépucelée, elle est ouverte à tous. »

À travers ces récits, l’auteure franco-iranienne propose un voyage aux tréfonds de la prostitution iranienne, dénonçant au passage la condition féminine et l’hypocrisie d’une société où il ne fait pas bon d’être né femme. Mariées de force dès le plus jeune âge, obligées de se prostituer pour payer la dose de leurs maris, pères ou frères ou pour tout simplement survivre ou nourrir leurs enfants… elles sont nombreuses à témoigner et à mourir, souvent anonymement, le long d’une route abandonnée.

« Un rien fait de vous une pute, dans cette contrée, Femme, dès qu’on vous remarque, pour quelque raison que ce soit, vous êtes forcément une pute. Une femme vertueuse est une femme invisible. Un tchador noir que rien ne distingue des autres tchadors. Un tchador seul, sur une route déserte, si austèrement fermé qu’il soit, se fait remarquer, il s’y cache donc une pute. »

Si ce mélange de réalité et de fiction, qui pointe du doigt la condition des femmes iraniennes, fait froid dans le dos, je ne suis cependant pas fan du style cru de l’auteure. Je n’ai de plus jamais eu l’impression de voyager aux côtés des personnages, mais toujours accompagné par l’auteure… un peu comme quand on regarde une pièce de théâtre pour marionnettes, mais où les fils sont trop visibles. Peut-être que les histoires des différentes prostituées sont également trop courtes pour pouvoir vraiment se lier à leurs destinées. Mais excepté ces quelques défauts, ce roman coup de poing vaut vraiment le détour au niveau du contenu.

« Habiter un corps de femme, dans l’immense majorité des pays musulmans, est en soi une faute. Une culpabilité. Avoir un corps de femme vous coûte très cher, et vous en payer le prix toute votre vie. »

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