Jean-Claude Grumberg – La plus précieuse des marchandises, Un conte


Il était une fois… la Shoah !

Jean-Claude Grumberg - La plus précieuse des marchandises, Un conteJean-Claude Grumberg avait à peine quatre ans lorsque son père fut arrêté sous ses yeux pour être emmené à Drancy puis déporté à Auschwitz le 2 mars 1943 par le convoi numéro 49. Jeanine et son frère jumeau, nés le 9 novembre 1943, ont été déportés à l’âge de 28 jours dans le convoi numéro 64. Dans la réalité ils ont tous les deux péri, mais ce conte a le pouvoir d’offrir un brin d’espoir… tout en revenant sur l’horreur.

Ce conte démarre en compagnie d’un couple de bûcherons au cœur d’une forêt enneigée. Lui se retrouve réquisitionné par l’envahisseur pour des travaux d’intérêt général. Elle, aurait aimé avoir un enfant, mais a désormais passé l’âge d’en avoir. Non loin de chez eux, une ligne de chemin de fer fait déferler des trains de marchandises dont le contenu demeure mystérieux, mais qui font rêver la pauvre bûcheronne en cette période de pénurie de vivres. Jusqu’au jour où quelqu’un jette un paquet par la lucarne d’un des wagons…

Si aborder la Shoah sous forme de conte peut surprendre, ceux qui ne croient plus au merveilleux devinent bien vite que cette forêt se situe en Pologne, que les trains se dirigent vers Auschwitz et que la marchandise est condamnée d’avance. Pour l’auteur, cette marchandise s’avère cependant on ne peut plus précieuse et l’imaginaire un exutoire à ce traumatisme qui le hantera à jamais…

Il lui faudra une centaine de pages pour mettre des mots sur l’indicible. Vingt petits chapitres pour raconter une grande histoire. Un conte à la puissance évocatrice extrêmement forte, qui relate l’horreur et la cruauté sans oublier d’y insuffler une bonne dose d’humanité. Un des pires moments de l’Histoire et une idéologie destructrice que l’auteur décide de combattre avec une fable pleine d’amour et de tendresse…

« Voilà la seule chose qui mérite d’exister dans les histoires comme dans la vraie vie. L’amour, l’amour qui fait que malgré tout ce qui existe, et tout ce qui n’existe pas, l’amour qui fait que la vie continue. »

Un conte précieux… qui n’en est malheureusement pas un !

La plus précieuse des marchandises, Jean-Claude Grumberg, Seuil, 128 p., 12€.

Ils en parlent également : Mes échappées livresques, Les Miscellanées d’USVA, Les lectures de Maman NatureLire dit-elle, Emi Lit, 31rst floor, Les liseuses, Le dit des mots, B comme bouquiner

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7 Réponses to “Jean-Claude Grumberg – La plus précieuse des marchandises, Un conte”

  1. Jolie chronique pour ce conte très précieux en effet! une lecture à partager incontestablement

  2. belle chronique, je me laisserais bien tenter par cette lecture…

  3. Et oui, il a l’air vraiment puissant ce conte !

  4. Jolie chronique pour un livre que je lirai un jour, plus tard, je suis actuellement dans le Journal d’Hélène Berr…… J’espace ces lectures car elles laissent des traces 🙂

  5. Un livre qu’il faut glisser entre toutes les mains. Et ça tombe bien, vu qu’il est petit ! 🙂 Une histoire qu’il ne faut jamais cesser de raconter, car certains semblent vite oublier et répéter…

  6. Un morceau d’histoire qu’il ne faut jamais oublier !

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