Archive pour septembre, 2019

Lorraine Fouchet – Tout ce que tu vas vivre

Posted in Littérature with tags on 25 septembre 2019 by Yvan

La quête d’un orphelin !

Lorraine Fouchet - Tout ce que tu vas vivre« Tout ce que tu vas vivre » raconte l’histoire de Dom, un adolescent de quinze ans qui devient orphelin lorsque son père fait un arrêt cardiaque dans les bras d’une femme. Cette dernière contacte les secours, mais s’évanouie dans la nature lors de leur arrivée. Entouré de ses oncles et de ses tantes, le jeune homme tente alors de se reconstruire, tout en partant sur les traces de sa mère, partie en Amérique du Sud, et en recherchant l’identité de cette inconnue qui a partagé les derniers instants de son père…

Le roman alterne d’une part le point de vue de cet adolescent qui s’accroche à la vie tout en essayant d’élucider les nombreux mystères qui font surface suite au décès de son père, et partage d’autre part les confessions de cette mystérieuse amoureuse qui doit également faire son deuil.

Malgré un sujet difficile, « Tout ce que tu vas vivre » est une ode à la famille et un éloge à la vie, qui invite à suivre des personnages aussi attachants que vrais. Lorraine Fouchet a beau emprunter le chemin du deuil, elle le fait avec tant de tendresse et d’humanité que l’optimisme et l’espoir restent constamment à portée de main et vous empêchent de sombrer…

En ne dévoilant l’identité de la seconde narratrice qu’en cours de route, l’auteure parvient à entretenir un certain suspens, surtout qu’elle parsème son récit de nombreux secrets de famille, qui s’accumulent au fil des pages. Si certains fils de l’intrigue s’avèrent un peu trop gros, enlevant ainsi trop de crédibilité aux révélations en fin de récit, l’écriture juste et sensible de Lorraine Fouchet comble ces petites lacunes, enveloppant constamment la quête douloureuse de cet orphelin de mots qui font du bien, voire même sourire…

Tout ce que tu vas vivre, Lorraine Fouchet, Héloïse d’Ormesson, 336 p., 20€

Ils en parlent également : Louise, Koryfée, LilyLiseuse hyperfertile, Célittérature, La rousse bouquine, J’adore la lecture, Des pages et des îlesLe temps d’un livre

Cédric Sire – Vindicta

Posted in Littérature with tags on 18 septembre 2019 by Yvan

Une vengeance sanglante !

Cédric Sire - VindictaMalgré une couverture et un titre de roman qui ne m’attiraient pas vraiment, j’avais cependant noté le nom de cet auteur lorsqu’il écrivait encore sous le pseudo de Sire Cédric. En apprenant qu’il ne changeait pas seulement de pseudo, mais qu’il s’attaquait dorénavant à mon genre de prédilection, j’ai décidé de franchir le pas…

« Vindicta » est une histoire de vengeance qui démarre par le braquage d’une bijouterie, perpétré par quatre jeunes banlieusards à la dérive. Malgré un plan dépourvu d’embûches, tout finit forcément par solidement foirer. Outre un flic mis au placard par sa hiérarchie et affecté à la surveillance de la bijouterie en question, ils vont également devoir faire face à un vilain coup du sort, ainsi qu’à un tueur impitoyable, sorti spécialement de l’ombre pour se mêler à la descente aux enfers qui s’annonce…

L’auteur alterne les points de vue de différents protagonistes, que le lecteur découvre progressivement et auxquels il s’attache finalement très vite. Du psychopathe sanglant, plutôt surprenant et flirtant avec la légende urbaine, au policier n’hésitant pas à enfreindre la loi pour la bonne cause, le récit ne manque pas de personnages forts, dont les destins s’entremêlent efficacement au fil des pages.

Malgré quelques passages un peu trop gore pour les âmes sensibles et certaines ficelles un peu trop grosses pour les pinailleurs de service, ce thriller s’avère totalement addictif, de la première page au twist final. Des chapitres courts, des mots qui claquent et des phrases qui vont à l’essentiel, pour un roman qui privilégie l’action et qui parvient à tenir en haleine pendant près de 600 pages, sans aucune longueur ni temps-mort. Un page-turner qui file à mille à l’heure, capable de braver vos pires moments de fatigue et de vous tenir éveillé une grande partie de la nuit !

Bref, un auteur qui peut encore jouer avec son pseudo autant de fois qu’il veut, pourvu qu’il reste dans le genre car je suis désormais fan !

Vindicta, Cédric Sire, Metropolis, 577p., 21,90€

Ils en parlent également : La culture dans tous ses états, EmOtionSLa caverne du polar, Livresse du noirMes lectures du dimanche, Lire et courir, Les pages qui tournentAnaïsMélie, Juju, Maud, Aude, Alex, Gwen, Amandine, Jean-Paul, SamUn bon livre à lireDes plumes et des livresLe cygne noir, Tomabooks, Le kilometre manquantJe lis et je raconte, Les rêveries d’Isis, Addiction polarAu fil des mots, Un livre toujours, Le monde d’Elhyandra, Pause polars, BooksnPics, Livres à profusion, Ivre de livres, Entre deux livres, Ma passion les livres, Revue de thrillers, Asatrublog, Les plumes noires, La Papivore, Tranches de livres, Black-Books, Le fil des mots, Une lectrice à Paris, Un K à partQuoi lire?

Tim Willocks – La Religion

Posted in Littérature with tags , , on 11 septembre 2019 by Yvan

Au cœur du grand siège de Malte !

Tim Willocks - La ReligionAyant beaucoup aimé « La mort selon Turner » de l’auteur, j’ai tout de même mis du temps à m’attaquer à cette brique de 950 pages, surtout que je ne suis pas trop fan de récits historiques à la base.

« La Religion » invite à suivre les pas de Mattias Tannhauser, un aventurier qui accepte une mission périlleuse sur l’île de Malte pour les beaux yeux d’une veuve à la robe rouge envoûtante. Même s’il n’a jamais été contre un peu d’action, même sanglante, le mercenaire se rend vite compte qu’au nom de l’amour, il vient de mettre les pieds en enfer !

En relatant les déboires de ce héros particulièrement séduisant, Tim Willocks entraîne en effet le lecteur en 1565, au cœur du grand siège de Malte opposant les armées musulmanes du sultan Soliman le Magnifique à l’ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, commandés par le grand maître de l’Ordre, Jean de Valette. Enjeu stratégique de fanatiques rivalisant de cruauté, le petit archipel va être le théâtre d’affrontements sanglants entre chrétiens et musulmans durant près de quatre mois…

Les combats sont décrits avec tant de réalisme qu’on a presque l’impression que l’auteur se promène caméra à l’épaule au milieu de massacres que l’on pensait inimaginables et indescriptibles. Tim Willocks y parvient cependant très bien et les âmes sensibles devront donc solidement s’accrocher. Cette impression « d’y être » est également renforcée par la structure même du roman, qui relate quasiment chaque journée de ce siège de quatre mois. S’il faut donc d’une part accepter toute l’horreur qui découle de ce souci de réalisme, ainsi que quelques longueurs, cela permet d’autre part d’illustrer à merveille l’absurdité de cette guerre qui envoie des milliers d’innocents à la mort au nom de la religion, ainsi que les jeux de pouvoir immondes qui sont à la base de cette boucherie.

Mais, au-delà de cette accumulation d’affrontements religieux, « La Religion » livre surtout plusieurs personnages inoubliables, dont un héros particulièrement charismatique qui connaît parfaitement les deux camps qui s’affrontent, contribuant ainsi à pointer du doigt l’absurdité de l’un et de l’autre. Ajoutez à cela une bonne dose d’amour, quelques amitiés à toute épreuve, des complots en tout genre et des intrigues politiques et religieuses palpitantes, le tout emmené par une plume qui allie puissance et poésie, et vous obtenez un roman historique qui m’aura tenu en haleine pendant près de mille pages. Un véritable exploit !

La dernière bonne nouvelle étant que les aventures de Tannhauser ne se terminent pas à la fin de cet ouvrage, qui s’avère être le premier volet d’une trilogie dédiée au personnage.

La Religion, Tim Willocks, Sonatine, 864 p., 23€

Ils en parlent également : L’Ivre Lecteur, Une certaine culture, Albédo, Ca va mieux en l’écrivant

 

Loraine Letournel Laloue – HS 7244

Posted in Littérature with tags on 4 septembre 2019 by Yvan

Une cause juste !

Loraine Letournel Laloue – HS 7244Ce premier roman de Loraine Letournel Laloue débute au moment où Marius se réveille dans une cellule glaciale et nauséabonde. La veille, le touriste français profitait pourtant encore de son voyage en amoureux avec Camille, « sa moitié ». Dorénavant, il porte le matricule HS 7244 dans un camp qui torture ses prisonniers. Où est donc Camille et comment faire comprendre à ses bourreaux russes qu’il n’est pas un terroriste ?

En situant son récit dans une prison qui n’a pas grand-chose à envier aux camps de concentration nazis, l’auteure, qui est également la créatrice du célèbre groupe de lecture sur Facebook « le club des mordus de lecture », propose un thriller d’une noirceur extrême. En multipliant les scènes de tortures et les expériences médicales effroyables au fil des chapitres, elle semble constamment à la recherche de la scène qui choquera le plus. Ce concentré de tortures physiques et psychologiques devient non seulement assez vite écœurant et insoutenable, mais flirte également dangereusement avec la surenchère gratuite…

Malgré un sort qui ne peut laisser indifférent et une écriture à la première personne qui invite à partager son désarroi et ses souffrances, j’ai eu un peu de mal à accrocher au personnage principal, ainsi qu’à sa quête un peu trop redondante qui consiste à retrouver Camille. Le gros problème au niveau des personnages est cependant ce savant fou qui effectue des expériences aussi immondes qu’absurdes sur les détenus, le tout sur fond de musique classique. Ce personnage carrément grotesque enlève toute crédibilité à cette histoire pourtant basée sur des faits réels et dénonçant des sujets cruciaux. Car, au niveau des thématiques abordées et du sujet de fond (que j’avais probablement trop vite deviné afin de pouvoir me laisser surprendre), il y avait énormément de potentiel, mais l’ensemble se retrouve malheureusement un peu sous-exploité, voire noyé par une accumulation de scènes gores…

Un premier roman au service d’une cause juste, mais fortement déconseillé aux âmes sensibles !

HS 7244, Loraine Letournel Laloue, Belfond, 288 p., 18€

Ils en parlent également : EmOtionS, Lord ArsenikLe kilometre manquantAude, Lectures évasion, Collectif polar, Ma voix au chapitre, Liseuse hyperfertile, Encore un livre, Entre deux livres, Valmyvoyou lit, Songe d’une nuit d’été, Addiction polar, Lire et courir, Lylou, Dans ma boîte aux livres, Blondes and littéraires

Ingrid Desjours – La prunelle de ses yeux

Posted in Littérature with tags on 1 septembre 2019 by Yvan

Un bon petit polar !

Ingrid Desjours - La prunelle de ses yeuxCe roman d’Ingrid Desjours alterne passé et présent en narrant d’une part l’histoire de Victor, un garçon de dix-sept ans qui vient d’intégrer la prestigieuse école supérieure de « Mètis » en 2003, puis d’autre part celle de Gabriel et de Maya, un aveugle en quête de vengeance, accompagné d’une femme qui se cache sous une fausse identité, en 2016. Deux histoires qui convergent assez vite et une construction habile qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page.

« La prunelle de ses yeux » est un récit mêlant bizutage d’étudiants, violence conjugale, quête vengeresse et amour, qui invite à suivre des personnages attachants tout au long d’une intrigue riche en suspense. L’histoire d’amour, un peu à l’eau de rose, n’est certes pas indispensable au récit et certaines scènes d’action manquent également un brin de réalisme par rapport à la cécité de conversion dont souffre Gabriel suite au traumatisme qu’il a vécu, mais cela n’empêche pas de passer un excellent moment de lecture.

Un bon petit polar !

La prunelle de ses yeux, Ingrid Desjours, Robert Laffont, 320 p., 20 €.