Archive pour mai, 2020

Wladyslaw Szpilman – Le pianiste

Posted in Guerre, Littérature with tags , , , on 31 mai 2020 by Yvan

Horriblement poignant !

Wladyslaw Szpilman - Le pianisteInitialement publié en 1946, ce récit autobiographique témoignant de l’horreur du ghetto de Varsovie sera censuré par le régime communiste polonais d’après-guerre. Il faudra attendre cinquante ans pour qu’il soit republié dans sa version originelle, notamment grâce aux efforts du fils de Wladyslaw Szpilman. Une histoire terriblement poignante, rendue célèbre par l’adaptation cinématographique de Roman Polanski.

Ce roman qui débute en Varsovie en 1939, invite à suivre la descente aux enfers de Wladyslaw Szpilman, jeune pianiste juif à la radio nationale polonaise au moment où la seconde guerre mondiale éclate. Il y a tout d’abord l’invasion allemande, suivie de la multiplication de lois antisémites… puis les portes du ghetto qui se referment sur lui et ses proches. Bienvenue en enfer !

Le parcours de Wladyslaw Szpilman relate des faits connus de tous mais qui continuent de faire froid dans le dos. Le port du brassard, les humiliations, les privations, la confiscation de biens, l’oppression du ghetto, le travail forcé, la faim, la peur, le froid, l’insécurité, la maladie, les exécutions sommaires, les dénonciations, les rafles, les déportations… et un homme qui parvient à en réchapper pour raconter l’horreur… afin que personne n’oublie !

Cinq années de calvaire et de torture psychologique constante, que l’auteur décrit avec réalisme et un détachement surprenant, proche du fatalisme, malgré une petite lueur d’espoir qui a tendance à s’allumer à chaque élan de solidarité et que l’instinct de survie garde allumée lors des pires instants.

Un emprisonnement asphyxiant au cœur du ghetto de Varsovie qui contribue à ne jamais oublier… et qui permet de relativiser notre confinement Covid 19 !

Le pianiste, Wladyslaw Szpilman, Pocket, 320 p., 6,95€

Ils en parlent également: Au fil des mots, La jument verte, Les bouquin’heures, On Bookine, NN maths et lectures

Stephen King – 22/11/63

Posted in Littérature with tags , , on 27 mai 2020 by Yvan

…et si JFK n’était pas mort ?

Stephen King - 22/11/63N’étant pas friand de science-fiction ou de récits horrifiques, je n’avais encore jamais lu de romans de Stephen King. Le garçon étant de surcroît adepte de récits assez volumineux, je n’avais pas vraiment envie de prendre le risque de lire une brique indigeste… Puis je tombe sur l’avis d’Yvan, qui inciterait même les imbéciles à changer d’avis… et qui le met dans ses deux livres de chevet… avec « Replay » de Ken Grimwood… Arrrrggggg !!!

« 22/11/63 » ne débute pas en 1963, mais en 2011, où Jack Epping découvre une sorte de faille spatio-temporelle au fond d’un restaurant, qui lui permet de remonter au 9 septembre 1958. Si vous êtes rapide de la calculette, vous aurez compris que le bonhomme devra choisir de rester cinq ans dans le passé s’il veut avoir une chance de pouvoir empêcher l’assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy par Lee Harvey Oswald, le fameux 22 novembre 1963 à Dallas.

Si cette uchronie revisite inévitablement le voyage dans le temps, elle invite surtout le lecteur à plonger dans l’Amérique des années 50 et 60. L’immersion est telle, que même un type comme moi, qui n’a jamais connu les sixties, a vécu ce road-movie empli de nostalgie. Cette relecture de l’Histoire américaine, parsemée de musique endiablée et menacée par une guerre froide omniprésente, s’avère très vite totalement jouissive. Passant de l’insouciance de quelques pas de danse sur « In the Mood » à la tragédie de Dallas, vécue comme si l’on y était, Stephen King rend ce voyage dans le temps réaliste au possible… Du grand art !

Outre du suspense, qui monte crescendo jusqu’au moment fatidique de cette image inévitablement gravée dans tous les esprits, Stephen King livre également de l’émotion à travers des personnages profondément humains et une idylle particulièrement touchante entre un homme de 2011 et une femme d’antan…

Un chef-d’œuvre que j’ai commencé en me disant « Oh, non… 938 pages ! » et que j’ai refermé en me disant « Oh, non… la dernière page ! ». Il ne me reste plus qu’à découvrir la série télévisée éponyme afin d’espérer pouvoir encore un peu prolonger ce voyage…

22/11/63, Stephen King, Albin Michel, 938 p., 25,90 €

Ils en parlent également : EmOtionS, Ma toute petite cultureEve-Yeshé, Cannibal lecteur, Livresque 78PaulineCarolivre, LillyEugénie, Vingtmillelivressouslesmers, Maêlle, La jument verte, NN math, C’line

Isabelle Villain – Blessures invisibles

Posted in Littérature with tags on 24 mai 2020 by Yvan

Le trouble de stress post-traumatique !

Isabelle Villain - Blessures invisibles« Blessures invisibles » invite non seulement le lecteur à retrouver l’équipe du commandant Rebecca de Lost, mais surtout à suivre le dénouement de deux affaires assez intrigantes.

La première concerne un militaire retrouvé mort d’une balle dans la tête dans son appartement. Si les premiers éléments font penser à un suicide, certains détails finissent par orienter les policiers vers un meurtre.

La seconde enquête, marque le retour du « tueur au marteau », un meurtrier en série qui avait déjà tourmenté l’équipe par le passé et qui reprend du service lors de ce tome en broyant les doigt de femmes, avant de les tuer à petit feu.

Malgré deux enquêtes parfaitement ficelées et plutôt haletantes, j’ai eu du mal à rentrer dans ce roman. N’ayant pas lu les précédents volets, j’ai eu l’impression d’arriver à une fête où tout le monde se connaissait déjà. Outre la frustration de ne pas saisir les nombreuses références au passé, cela m’a également empêché de m’attacher pleinement aux différents personnages.

Ce thriller psychologique qui aborde le trouble de stress post-traumatique en mettant en avant ces blessures invisibles qui frappent les personnes ayant subi un traumatisme grave, s’avère cependant très prenant et particulièrement bien construit… mais il vaut donc mieux avoir lu le(s) précédent(s) pour pouvoir en profiter pleinement.

Blessures invisibles, Isabelle Villain, Taurnada Editions, 253 p., 9,99€

Ils en parlent également : SoniaLectures du dimanche, Des plumes et des livresValmyvoyou litLivresse du noirEvasion polarPause polarsAnaïs, Les miss chocolatine bouquinent, Maud, Ma voix au chapitreBooksNpics, Melle cup of tea bouquine, Le kilometre manquantBlack is the new literature, La Papivore, Au fil de l’imaginaire, Kiriiti, Les plumes noires, Souvenirs de lectureAnnick, Sam, Jean-Paul

Paul Cleave – Ne fais confiance à personne

Posted in Littérature with tags on 17 mai 2020 by Yvan

Avoir tué ou ne pas avoir tué ?

Paul Cleave – Ne fais confiance à personneAyant beaucoup aimé « Cauchemar » de Paul Cleave, j’ai eu très vite envie de lire un autre roman de cet auteur.

Le point de départ de ce livre m’a tout de suite emballé car il invite à suivre les déboires d’un auteur de romans policiers qui souffre d’Alzheimer précoce. L’écrivain perd non seulement la mémoire au fil des pages, mais commence également à confondre la réalité avec les fictions qu’il écrivait. Il se souvient même d’avoir tué quelqu’un… ou pas ?

L’originalité du récit se situe également au niveau de la narration, qui alterne habilement deux points de vue. Il y a tout d’abord celui du narrateur au présent, dont les pensées s’embrument de plus en plus au fil des pages. Puis il y a celui proposé à travers un journal intime, tenu par l’auteur avant qu’il ne perde totalement ses moyens. Cette alternance entre ce présent qui plonge le lecteur dans un brouillard de plus en plus épais et ce carnet intime qui permet d’éclaircir certains mystères, fonctionne à merveille. Le mélange thriller psychologique et carnet permettant de délier le vrai du faux, m’a d’ailleurs fait penser à l’excellent roman de S.J. Watson « Avant d’aller dormir ».

Cette plongée dans les méandres de ce cerveau de moins en moins lucide et de plus en plus en proie à la paranoïa n’est cependant pas dénuée de quelques longueurs. Cette bataille interne nécessaire afin de démêler le vrai du faux renforce certes l’immersion du lecteur dans cet esprit tourmenté, mais tourne en effet inévitablement un peu en rond. Personnellement cela ne m’a pas vraiment gêné car je suis assez fan du style de l’auteur.

Beaucoup aimé !

Ne fais confiance à personne, Paul Cleave, Sonatine, 400 p., 20€

Ils se souviennent également de cette lecture : EmOtionS, AnthonyStelphiqueHedwigeMélie et les livres, OnLaLu, Le blog du polar, Anaïs, Black Kat’s Blog, Sous les pavés…la plage, Sur mes brizées, De pages en pages, Livresse du noir, La caverne du polar

Yasmina Khadra – L’attentat

Posted in Littérature with tags , , on 10 mai 2020 by Yvan

Une quête de vérité !

Yasmina Khadra - L'attentatL’attentat suicide qui vient d’avoir lieu dans un restaurant de Tel-Aviv est celui qui va définitivement bouleverser la vie d’Amine Jaafari. Chirurgien israélien d’origine palestinienne, il doit certes tenter de sauver les nombreuses victimes acheminées vers son hôpital, mais le véritable choc vient après, lorsqu’il apprend que le kamikaze qui s’est fait exploser au milieu de la foule est sa propre femme…

J’ai découvert ce livre qui date de 2005 sur le tard mais, si, comme moi, vous avez aimé « Vous n’aurez pas ma haine » d’Antoine Leiris (récit bouleversant d’un auteur ayant perdu sa femme lors de l’attentat du Bataclan) ou « Ce que tient ta main droite t’appartient » de Pascal Manoukian (dressant le portrait d’anonymes qui décident de rejoindre l’Etat islamique en Syrie pour devenir des terroristes), vous allez également adorer ce roman qui se déroule au cœur du conflit israélo-palestinien et qui invite à suivre les pas d’un homme qui cherche à comprendre comment celle qu’il aime a pu se transformer en martyre…

Je n’avais encore rien lu de Yasmina Khadra, mais j’ai fortement apprécié sa capacité à restituer les sentiments de ce personnage principal en quête de vérité, rendant cette lecture totalement immersive. Lui, dont la vocation est de sauver des vies et non de les détruire, nie très logiquement initialement les faits… avant de plonger dans un désarroi total et de chercher à comprendre comment celle qui partage sa vie depuis quinze ans a pu basculer de l’autre côté sans qu’il ne voit rien venir…

L’autre force de ce roman est le style de l’auteur. Alliant force et délicatesse, son écriture demeure belle, même au cœur de l’horreur. Plaçant l’accent sur l’humain, il n’hésite cependant pas à énoncer certaines vérités au cœur de cette tragédie israélo-palestinienne dont personne ne sort gagnant… à part la douleur et la haine !

Un coup de cœur !

L’attentat, Yasmina Khadra, Pocket, 256 p., 8,75€

Ils en parlent également: Maud et ManonHey Manouchka, La dent dure, Gounaillerue, Le temps littéraire, 7 livres, Cepag, Au chapitre, Mademoiselle lit, Yuko, Pimprenelle, Neph

Phil Jackson – Un coach, onze titres NBA

Posted in Littérature with tags , , on 6 mai 2020 by Yvan

La philosophie du « Maître Zen » !

Phil Jackson - Un coach, onze titres NBAEtant fan de basket j’avais déjà repéré cette autobiographie de Phil Jackson depuis un bon bout de temps, mais c’est après avoir regardé les premiers épisodes de « The Last Dance » sur Netflix que je me suis enfin décidé à franchir le pas.

En suivant les pas d’un homme ayant remporté 2 titres NBA avec les New-York Knicks en tant que joueur et 11 bagues de champion en tant qu’entraîneur (6 avec les Chicago Bulls et 5 avec les Los Angeles Lakers), on plonge inévitablement dans les coulisses du Walhalla de tout fan de basket qui se respecte. Phil Jackson ayant côtoyé et dirigé des vedettes tels que Michael Jordan, Scottie Pippen, Dennis Rodman, Shaquille O’Neal et le regretté Kobe Bryant, on se délecte inévitablement des anecdotes qui parsèment cet ouvrage.

Mais, à l’inverse de « Bad as I wanna be » de Dennis Rodman (que j’ai lu il y a bien longtemps), ce ne sont pas les anecdotes et les aspects croustillants des coulisses de la NBA que celui que l’on a surnommé le « Maître Zen » choisit de mettre en avant dans cet ouvrage. Adepte de la philosophie bouddhiste, Phil Jackson explique en effet surtout les méthodes qui lui ont permis de gérer les égos des stars et d’exploiter tout le potentiel de seconds couteaux tels que Bill Cartwright, John Paxon, Derek Fisher ou Brian Shaw. Le résultat est un livre indispensable à tout fan de NBA et à tout coach de sports d’équipe.

Par contre, vu la qualité exécrable de cette traduction, je recommande vivement la version originale aux personnes capables de lire en anglais.

Un coach, onze titres NBA, Phil Jackson, Talent Sport, 352 p., 22€

Ils en parlent également: Bastien, Julien, Basket USA, Sens critique

Marion Brunet – Sans foi ni loi

Posted in Littérature with tags , on 3 mai 2020 by Yvan

La femme aux éperons d’or !

Marion Brunet - Sans foi ni loiLorsque le jeune Garrett se retrouve pris en otage par une hors-la-loi ensanglantée, il n’en mène pas large. Pourtant, durant leur fuite vers le Wyoming, une étrange complicité s’installe entre la redoutable Abigaïl Stenson et ce gamin éduqué à la dure par un père violent. En le kidnappant, elle vient finalement peut-être de lui ouvrir les portes d’un avenir moins sombre…

En invitant le lecteur à chevaucher le Wild West en compagnie de ce duo improbable, Marion Brunet s’approprie tous les codes du western, des parties de poker aux filles de joie, en passant par les chasseurs de primes, les duels et une justice qui se règle de préférence à coups de Winchester. Sans réinventer le genre, Marion Brunet propose également un roman d’apprentissage. Transformé en narrateur, le jeune Garrett raconte en effet cette aventure humaine qui l’a subitement précipité vers l’âge adulte, tout en revenant régulièrement sur ses souvenirs d’enfance. En suivant Abigaïl Stenson, ce gamin de de 16 ans entre certes dans un monde sans foi ni loi, mais également dans une vie éloignée des coups de fouet de son père, riche en découvertes et parsemée d’amitiés.

Si « Sans foi ni loi » invite à croiser des personnages attachants et forts, il dresse surtout le portrait d’une héroïne rebelle. Une femme indomptable, qui rêve de liberté et qui tente de se faire une place dans un monde d’hommes… forcément cruel !

Un roman sorti chez Pocket Jeunesse, qui devrait assurément séduire un public plus large et ravir tous les fans de western !

Sans foi ni loi, Marion Brunet, Pocket Jeunesse, 224 p., 16,90€

Ils en parlent également: NouketteL’ouvre-livres, Bulles & chapitresAux livres de mes ruches, Muffins & books, Derrière mes binocles, Entre les pages, Books & rap, Arcanes ouvertes, Mybookishverse, Nuit de livres, Choukaite, Bookscritics, Nom d’un bouquin, Livres attitude, Café noir & polars gourmands, Between the lines, Sophie, Petites madeleines, Books & cappuccino