Archive pour juillet, 2020

David Zukerman – San Perdido

Posted in Littérature with tags on 26 juillet 2020 by Yvan

Un héros emblématique !

David Zukerman – San PerdidoPour son premier roman, David Zukerman nous emmène dans les années 50, dans la petite ville imaginaire de San Perdido, au bord du Canal de Panama.

Le récit débute dans une décharge publique, où la population la plus démunie tente de survivre en récupérant ce que les plus riches y déversent. C’est là qu’apparait un beau jour un enfant noir aux yeux profondément bleus, incapable de prononcer une parole, mais doté d’une force herculéenne… c’est lui qui deviendra le héros de cette aventure et le légendaire justicier de San Perdido !

« San Perdido », ce sont tout d’abord des personnages hauts en couleur, issus des laissés-pour-compte des bidonvilles, tels que Yumna et Hissa, deux jeunes femmes qui sont parvenues à s’extraire de la misère de la ville basse grâce à leur beauté, ou issus des beaux quartiers de la ville haute, tels que le gouverneur Lamberto ou son conseiller Carlos Hierra. Des personnages certes légèrement trop caricaturaux, mais que l’on prend grand plaisir à croiser et à suivre au fil des pages.

« San Perdido » est également un roman particulièrement dépaysant et original, qui invite le lecteur à plonger au cœur d’une société panaméenne bâtie sur de grandes inégalités sociales, gangrénée par la corruption, les magouilles en tout genre et la prostitution.

Malgré une histoire parfois un peu décousue, « San Perdido » propose un conte moderne envoûtant, mettant en avant les laissés-pour-compte et permettant à un héros foncièrement attachant de s’extraire de la misère… et je conseille vivement le lexique en fin de roman à tous ceux qui veulent travailler leurs insultes en espagnol !

Un excellent premier roman !

San Perdido, David Zukerman, Calmann-Lévy, 450 p., 19,90€

Ils en parlent également: Mes échappées livresques, Lire & vous, Aude, Aurélie, Antigone, 68 premières fois, Ma collection de livres, Polars ethniques, Collectif polar, Butineries, Des livres aux lèvres, Page temps, Miriam, Page après page, Ca va mieux en l’écrivant, Baz’art, Cannetille

Amanda Sthers – Lettre d’Amour sans le dire

Posted in Littérature with tags on 19 juillet 2020 by Yvan

La renaissance d’une femme

Amanda Sthers - Lettre d'Amour sans le direCe récit épistolaire est une longue lettre d’amour écrite par une femme proche de la cinquantaine, qui n’avait jusque-là jamais eu de chance avec les hommes.

C’est sur un malentendu qu’Alice, professeur de français à la retraite, se voit proposer un massage Shiatsu. Les mains d’Akifumi ne vont cependant pas uniquement détendre son corps, mais également rompre la barrière d’émotions profondément enfouies.

Cette longue lettre n’est pas seulement une déclaration d’amour, mais surtout la renaissance d’une femme qui a collectionné les déceptions amoureuses. Une mise à nu qui dévoile progressivement les fêlures du passé, d’une enfance malheureuse à une vie dépourvue d’amour. Une magnifique lettre qui contient non seulement tout cet amour qu’elle n’a jamais su exprimer, ni recevoir, mais qui renferme également une vie parsemée de déceptions sentimentales.

Un amour qui va également inciter Alice à suivre des cours de japonais et à s’ouvrir à cette culture qu’elle ne connaissait pas, ajoutant ainsi une toile de fond nippone qui sied parfaitement à ce récit qui allie pudeur et sensualité. Un éveil de l’amour porté par l’écriture délicate et subtile d’Amanda Sthers.

Je ne suis pas fan de romans épistolaires à la base, mais je dois avouer qu’après l’excellent « Monsieur le commandant » de Romain Slocombe et cette magnifique lettre d’amour d’Amanda Sthers, je vais peut-être finir par m’ouvrir au genre…

Lettre d’Amour sans le dire, Amanda Sthers, Grasset, 140 p., 14,50€

Ils en parlent également : Folavril, Au fil des livres, Ma voix au chapitre, Koryfée, Eve, Yuko, Clem, Céline, Domi, Kevin, Eirine, Un livre après l’autre, Agathe the book, Ma collection de livres, Mon petit carnet de lecture, Lilly

Rebecca Lighieri – Il est des hommes qui se perdront toujours

Posted in Littérature with tags , on 12 juillet 2020 by Yvan

Un héritage familial lourd à porter !

Rebecca Lighieri - Il est des hommes qui se perdront toujoursCe roman de Rebecca Lighieri débute dans les années 80, au milieu des laissés-pour-compte de la ville de Marseille, au sein d’une famille où règne la pauvreté et la violence. Si les deux ainés de la famille, Karel et Hendricka, en bavent tous les jours à cause de leur connard de père, ce n’est rien comparé au petit dernier, qui a eu le malheur de naître avec de multiples malformations et qui n’était de surcroît même pas désiré au départ…

« Qui a tué mon père ? Personne et beaucoup de gens. Ou plus exactement, beaucoup de gens auraient voulu tenir la pierre qui lui a fracassé le crâne, réduisant son occiput en bouillie puis s’acharnant méthodiquement sur son visage, massacrant ce qui lui restait de beauté, ce qui n’avait pas été excavé par l’héro, jauni par la clope, bouffi par l’alcool. Beaucoup de gens auraient voulu tenir cette pierre, mais une seule l’a fait et son nom est personne. »

Le récit s’ouvre sur l’assassinat du père et remonte ensuite le temps afin de découvrir ce milieu familial défaillant dépourvu d’amour, où l’enfance se retrouve immédiatement brisée, privée d’avenir et sans véritable échappatoire possible. L’intérêt principal du roman n’est évidemment pas de découvrir qui a tué le père car, au fil des pages, le lecteur irait bien lui-même lui faire la peau, mais de livrer une chronique sociale qui met les mots justes sur une situation familiale et sociale totalement injuste…

« Je ne saurai jamais quel malheur vient de frapper ces deux hommes. J’ai juste la certitude qu’ils vivent un moment dramatique de leur existence, et qu’à leur insu j’en ai été le témoin. Mais ce qui me terrasse, là, dans mon fauteuil club, ce n’est ni leur chagrin ni leur bouleversement : c’est qu’il y ait eu précisément un ordre à bouleverser, une harmonie, un bonheur qui vaille qu’on le pleure sans pudeur dans un hall d’hôtel. Ce qui me coupe littéralement les jambes, le souffle, et même toute possibilité de réflexion suivie, c’est de savoir que je vis pire malheur que le leur, qui est de ne rien avoir eu, jamais, à regretter et à pleurer aussi amèrement. »

L’autre grande force de ce roman sont ces personnages finalement assez mal dans leur peau, qui ne peuvent laisser le lecteur indifférent. De ce père alcoolique, toxicomane et violent totalement abjecte à ces trois enfants qui se lient d’un amour qui leur a tant fait défaut, en passant par cette mère incompréhensiblement soumise, Rebecca Lighieri dépeint une cellule familiale étouffante où l’enfance laisse des traces indélébiles.

« L’espérance de vie de l’amour, c’est huit ans. Pour la haine, comptez plutôt vingt. La seule chose qui dure toujours, c’est l’enfance, quand elle s’est mal passée, on y reste coincé à vie »

Vous l’aurez compris, ce livre n’est pas à ranger au rayon « feel-good », mais plutôt dans le genre « feel-bad ». Abordant des thèmes forts, tels que la maltraitance familiale, l’enfance volée, la misère sociale, la drogue, le poids du passé et le racisme, Rebecca Lighieri propose un roman foncièrement noir, dur et parfois insoutenable, sans devenir glauque ou écœurant pour autant.

Si vous avez aimé le Prix Goncourt 2018 (Nicolas Mathieu – Leurs enfants après eux), foncez sur celui-ci car il est du même acabit !

Un immense coup de cœur !

Il est des hommes qui se perdront toujours, Rebecca Lighieri, P. O. L, 384 p., 21€

Ils en parlent également : Page après page, Sans connivence, Lola, Joëlle, Les bénéfices du doute, InTheMoodFor…,

 

Virginie Grimaldi – Et que durent les moments doux

Posted in Littérature, Virginie Grimaldi with tags , on 5 juillet 2020 by Yvan

Un roman qui fera fondre le cœur des mamans !

Virginie Grimaldi - Et que durent les moments douxCe nouveau roman de Virginie Grimaldi donne la parole à deux mères à des époques différentes de leurs vies. La première, Lily, vient d’accoucher d’une petite prématurée dont la vie ne tient qu’à un fil. La seconde, Elise, cinquante ans, vient de voir son dernier enfant quitter la maison et se retrouve seule dans un appartement subitement bien vide…

Passant d’une narratrice à l’autre, Virginie Grimaldi partage leurs peurs et leurs espoirs et dépeint avec brio ces petites choses du quotidien qui colorent la vie. De l’angoisse constante de ces mamans envers leur progéniture à l’amour infini qu’elles leur vouent, en passant par quelques SMS hilares entre Elise et ses enfants, Virginie Grimaldi nous fait une nouvelle fois passer du rire aux larmes au fil des pages. Du chien Edouard à l’étrange voisine qui joue au facteur, en passant par les autres parents qui fréquentes le service de néonatalogie, l’auteure livre à nouveau des personnages que l’on quitte avec grand regret.

S’inspirant de sa propre histoire, Virginie Grimaldi aborde le thème de la prématurité avec énormément de justesse, n’évitant pas les douleurs, mais soulignant toujours le positif, l’espoir, la solidarité et la tendresse, le tout saupoudré d’un humour qui achève de me séduire complètement. Sans oublier l’hommage émouvant et amplement mérité au personnel soignant et aux mamans…

Un roman qui fait du bien, servi par l’une des reines du « Feel-good » !

Et que durent les moments doux, Virginie Grimaldi, Fayard, 360 p., 18,50€

Ils en parlent également : Juju, Laure, My pretty books, Anouk, Petite étoile livresque, Amandine, Mes mots sur les leurs, Sandy, Elodie, Knut, Hatchi, Julie, Mon rêve d’été, Les pages qui tournent, Miss Croq Book

Romans : Le Bilan de la mi-2020

Posted in DIVERS, Littérature with tags , , on 1 juillet 2020 by Yvan

Après une longue période de confinement, le moment est venu de faire un petit bilan sur mes lectures de cette première moitié de 2020… et de peut-être vous donnez quelques idées de lectures pour cet été.

Mes coups de coeur de l’année :

Alejandro Palomas – Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins Delia Owens – Là où chantent les écrevisses Mélissa Da Costa – Tout le bleu du ciel
Maxime Girardeau – Persona Sebastian Fitzek – Siège 7A Barbara Abel – Et les vivants autour
R.J. Ellory - Le jour où Kennedy n'est pas mort Jussi Adler-Olsen – Victime 2117 Vanessa Springora – Le Consentement

Les autres très bonnes lectures :

Sandrine Collette – Et toujours les forêts Henri Loevenbruck – Le Loup des Cordeliers Marion Brunet – Sans foi ni loi

Excellent, mais découvert sur le tard :

Mattias Köping – Le Manufacturier Stephen King – 22/11/63 Mathias Malzieu – Journal d’un vampire en pyjama
Yasmina Khadra – L’attentat Wladyslaw Szpilman – Le pianiste Irvin Yalom - Le Problème Spinoza
Maud Mayeras – Reflex Anonyme – Le livre sans nom (Bourbon Kid Tome 1)

Encore une dose de bons polars pour les amateurs :

Clarence Pitz – Ineffaçables Joël Dicker – L’énigme de la chambre 622 Joseph Incardona – La Soustraction des possibles
Olivier Bal - L'Affaire Clara Miller Elly Griffiths – Le Journal de Claire Cassidy Paul Colize - Toute la violence des hommes

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2019 !

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2018 !

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