Archive pour février, 2021

Barbara Abel – Après la fin

Posted in Barbara Abel, Littérature with tags on 28 février 2021 by Yvan

Les nouveaux voisins !

Barbara Abel - Après la finCe roman, qui se déroule huit ans après le premier opus (« Derrière la haine »), invite à retrouver la famille Geniot quelques années après le drame qui a frappé leurs voisins.

Il est donc fortement conseillé d’avoir lu « Derrière la haine » avant d’entamer cette suite. Outre le plaisir de découvrir ce qu’il advient des personnages du thriller précédent, cela permet au lecteur de mieux comprendre les tensions qui règnent entre Tiphaine et Sylvain, ainsi que le lourd secret qu’ils protègent à tout prix.

Cette ambiance tendue qui découle des événements tragiques du tome précédent et du fait que Milo se retrouve dorénavant en pleine crise d’adolescence, ne s’améliore pas avec l’arrivée de nouveaux voisins. Lorsque Nora et ses deux enfants emménagent dans la maison mitoyenne, cela empiète non seulement sur leur intimité, mais cela menace également de réveiller le passé…

Cette suite reprend donc les ingrédients du thriller précédent, avec une Barbara Abel (« Je sais pas », « Et les vivants autour », « Je t’aime ») qui excelle de nouveau à mettre en scène des personnages qui pourraient être vos propres voisins. Des gens comme vous et moi, qui doivent faire face à des crises d’adolescence et à des tensions de couple, sauf qu’ici, la folie, incarnée par la machiavélique Tiphaine, menace de faire basculé le quotidien dans l’horreur. La tension psychologique augmente donc au fil des pages, ouvrant progressivement la porte à une folie difficile à contenir…

Si le tome précédent ne nécessitait pas forcément une suite, j’ai néanmoins pris beaucoup de plaisir à lire cette suite et à découvrir le sort réservé aux différents protagonistes.

N’oubliez pas de surveiller vos voisins !

Après la fin, Barbara Abel, Fleuve, 336 p., 18,50€

Ils en parlent également: Nathalie, MaeveVirginieMélanie, Carnet de lecture, Julie, Des livres à lire, Stan, Anaïs, Missnefer, Paco

Markus Zusak – La voleuse de livres

Posted in Guerre, Littérature with tags , on 24 février 2021 by Yvan

Quand la Mort raconte la guerre !

Markus Zusak - La voleuse de livresL’histoire de Liesel Meminger, petite orpheline allemande de neuf ans, recueillie par Hans et Rosa Hubermann à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, aurait pu n’être qu’un énième récit sur cette page sombre de notre Histoire, mais son approche originale en fait sans doute une œuvre indispensable.

Il y a tout d’abord la Mort, qui fait office de narratrice. Une Mort finalement très humaine, qui n’est somme toute pas insensible à cette tragédie qui l’oblige à faire des heures supplémentaires. Dotée d’humour et d’émotions, elle fait son boulot du mieux qu’elle peut en recueillant les âmes avec douceur et compassion. 

Il y a ensuite la petite Liesel, qui croise à trois reprises la route de la Mort et dont la destinée parsemée de drames ne manque pas d’émouvoir le lecteur et même la narratrice. En racontant l’histoire de cette gamine, Markus Zusak offre non seulement le regard d’une enfant sur la guerre, mais invite surtout à découvrir le point de vue de citoyens allemands qui souffrent également de privations et qui n’adhèrent pas tous au nazisme… 

Il y a finalement le pouvoir des mots, découvert au fil des pages par cette fillette qui dérobe son premier livre alors qu’elle ne sait pas encore lire. Des mots qui réconfortent ceux qui tremblent de peur au fond d’un abri souterrain lors des bombardements aériens, mais des mots qu’Hitler utilise également afin d’endoctriner tout un peuple…

Si je ne suis pas fan du principe de dévoiler les événements qui vont avoir lieu au début de chaque chapitre, j’ai cependant été charmé par l’approche originale de ce roman (la Mort en tant que narratrice, le regard d’une enfant et le point de vue allemand), par le rôle central qu’y jouent les livres et par les relations bouleversantes que la petite Liesel tisse au fil des pages, que ce soit avec ses parents adoptifs, avec son petit voisin qui se prend pour Jesse Owens ou avec ce juif condamné à vivre dans un sous-sol, sans oublier la femme du maire et son immense bibliothèque… 

Incontournable !

La voleuse de livres, Markus Zusak, Pocket, 640 p., 8,40€

Ils en parlent également: Marine, Priscilla, Camille, Eve, Page après page, Valmyvoyou lit

Caroline Laurent – Rivage de la colère

Posted in Littérature with tags , , on 21 février 2021 by Yvan

Une injustice méconnue !

Caroline Laurent - Rivage de la colèreCe roman de Caroline Laurent aborde une page de l’Histoire que je ne connaissais pas: l’exil forcé des habitants des îles Chagos, un petit archipel de l’Océan indien rattaché à l’île Maurice !

Lors de l’indépendance de l’île Maurice en 1968, un accord secret prévoit que certaines de ses dépendances, dont les îles Chagos, resteront britanniques. Le Royaume-Uni a en effet promis ces territoires aux Etats-Unis, afin d’y installer une base militaire. Petit détail du contrat, mais de lourde conséquence pour les quelques 2.000 Chagossiens: l’archipel doit préalablement être vidé de tous ses habitants !

Le premier point fort de ce roman historique est de nous éclairer sur cette décolonisation totalement injuste dans l’océan Indien. Toute une population qui vivait en paix et en harmonie avec la nature, se retrouve soudainement déportée vers les Seychelles et l’île Maurice, sans aucune explication préalable. Un endroit où ils doivent dorénavant vivre comme des parias, dans la pauvreté la plus extrême et séparés à jamais de la terre de leurs ancêtres.

L’autre immense attrait de ce récit est la petite histoire imaginée par Caroline Laurent afin de nous faire traverser la grande. L’incroyable histoire d’une jeune autochtone illettrée, victime d’une histoire d’amour impossible et chassée de sa terre natale par les Anglais. Le récit de gens simples, profondément attachants, balayés par la grande Histoire, et celui d’une femme forte, digne, qui refuse de se laisser faire sans combattre…

Un récit plein d’humanité et d’injustice qui ne laisse bien évidemment pas indifférent et une auteure franco-mauricienne qui sait placer les mots juste sur ce déracinement honteux !

Un coup de cœur qui me donne fortement envie de découvrir son précédent ouvrage « Et soudain, la liberté », écrit à quatre mains avec Evelyne Pisier.

Rivage de la colère, Caroline Laurent, éditions Les Escales, 432 p., 19,90 €

Ils en parlent également : 68 premières fois, Mes échappées livresques, Mumu, Audrey, Olivia, Stelphique, Domi, Agathe, Krol, Laurence, Eve, Emi lit, Sophie, Charlotte, Claire, Anaïs, Nana, Aline, Fflo, Lilou, Lili, Corinne, Anita, Vincent, Knut, Jean-Pierre, Nina, Cath, Sy’zel, Laure, Plumes et pages, Feministah, Emilie, Myriam, Books moods & more, Ghislaine, Page après page, Ma collection de livres, Ptitgateau

Michel Bussi – Rien ne t’efface

Posted in Littérature with tags , on 17 février 2021 by Yvan

Comment expliquer la disparition de son enfant ?

Michel Bussi - Rien ne t’effaceCe nouveau roman de Michel Bussi (« Nymphéas noirs », « J’ai dû rêver trop fort ») invite à suivre les pas d’une mère célibataire dont l’enfant disparaît le jour de ses dix ans.

Le récit débute à Saint-Jean-de-Luz dans le Pays basque, en compagnie de Maddi Libéri, médecin généraliste, et de son fils Esteban. Chaque matin, ils ont pour habitude de passer un moment sur la plage de Saint-Jean-de-Luz avant de s’attaquer à leur petit-déjeuner. Lorsqu’Esteban disparaît sans laisser de traces le jour de ses dix ans, les autorités privilégient la thèse de la noyade, tandis que la mère pense à un enlèvement.

Lorsque dix ans plus tard, après avoir refait sa vie avec Gabriel en Normandie, Maddi revient en pèlerinage sur cette même plage, elle se fige. Là, à seulement quelques mètres d’elle, se tient un gamin de dix ans qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son fils et qui porte le même maillot de bain que le jour de sa disparition. Elle décide de le suivre jusqu’en Auvergne, où il vit dans le petit village de Murol…

En voyant que Michel Bussi comptait m’emmener sur la voie de la réincarnation pour expliquer l’inexplicable, je dois bien avouer avoir eu très peur de ressortir fortement déçu de cette lecture. Force est cependant de constater qu’après avoir baladé mon esprit cartésien sur de nombreuses fausses pistes flirtant avec le surnaturel, l’auteur est une nouvelle fois parvenu à retomber sur ses pattes avec grande maestria. Alors certes, la fin est un poil capillo-tractée, mais les salons de coiffure ayant été fermés en Belgique pendant la pandémie COVID-19, je comprends que même les intrigues puissent être légèrement tirées par les cheveux.

Ces révélations finales qui ont pour but de mettre le lecteur sur le cul après lui avoir retourné le cerveau, ne sont d’ailleurs pas le seul attrait de ce roman. Cette quête de vérité permet en effet de croiser des personnages attachants et profondément humains, emmenés par une assistante sociale et un employé de mairie bien déterminés à démêler les fils de cette énigme particulièrement bien ficelée.

Du très bon Bussi !

Rien ne t’efface, Michel Bussi, Editions Presses de la cité, 427 p., 21€

Ils en parlent également : EmOtionS, Aude, Ghislaine, Isa, Little pretty Books, One more cup of coffee, Culture VSNews

Yves Laurent – Jeux de vilains

Posted in Littérature with tags , on 14 février 2021 by Yvan

Du bon polar bruxellois !

Yves Laurent - Jeux de vilainsAyant beaucoup aimé le premier roman à quatre mains d’Yves Vandeberg et Laurent Vranjes (« Jeux de mains »), je n’ai pas hésité à m’attaquer à la suite des aventures de l’inspecteur David Corduno et de son équipe.

Si l’on retrouve la même équipe d’enquêteurs, celle-ci ne s’avère pas encore totalement remise de l’enquête précédente et doit de surcroît faire face à un nouveau tueur en série…encore pire que le précédent. À défaut de pouvoir panser les blessures du passé, les différents protagonistes vont donc devoir en subir des nouvelles, encore plus profondes que les précédentes.

Proposant à nouveau des chapitres assez courts et alternant les points de vue des différents personnages, dont celui du meurtrier, le duo d’auteurs bruxellois livre à nouveau un polar riche en rebondissements, que l’on a beaucoup de mal à lâcher avant la fin. Le rythme est très soutenu et l’intrigue particulièrement efficace. Certaines scènes pourront peut-être heurter les âmes les plus sensibles… même si je trouve que les auteurs n’abusent pas vraiment de ce côté trash, évitant ainsi de tomber dans le gore totalement gratuit.

Si cette suite s’avère un peu plus sombre que « Jeux de mains », elle s’avère également moins bruxelloise au niveau des expressions. Les auteurs semblent en effet avoir mis un frein aux savoureuses expressions belges, qui avaient d’ailleurs fait l’objet d’un petit lexique séparé en fin d’ouvrage précédent. Si les dialogues sont donc un peu moins de chez nous (et du coup plus accessibles à nos voisins français), j’ai cependant à nouveau pris grand plaisir à reconnaître les différents endroits décrits au fil des pages et que je fréquente régulièrement et… je ferai dorénavant d’ailleurs très attention aux zakouskis d’Ivonne.

Une suite qui s’avère être une belle réussite, indispensable aux amateurs de polars, surtout s’ils sont bruxellois !

Jeux de vilains, Yves Vandeberg et Laurent Vranjes, Yves Laurent, 436 p., 18 €

Ils en parlent également : Nath & Christel, Balades en livres, Philippe, Mylène, Elodie

Karine Giebel – Juste une ombre

Posted in Littérature with tags , on 10 février 2021 by Yvan

Paranoïa ou harcèlement ?

Karine Giebel – Juste une ombreL’ombre dont il est question dans ce roman de Karine Giebel est celle qui semble surveiller Cloé, s’introduisant chez elle, allant même jusqu’à remplir son frigo. Aucune preuve de cette présence, aucune trace d’effraction… est-elle devenue folle ? Une chose est certaine, la police n’y croit pas… sauf peut-être le commandant Alexandre Gomez…

Si les deux personnages principaux sont à priori assez antipathiques (elle carriériste et hautaine, lui aigri et violent), ils vont progressivement dévoiler leurs faiblesses et s’apprivoiser au fil du temps. Alternant leurs voix au fil des chapitres, Karine Giebel invite à découvrir l’histoire personnelle de ces deux cabossés de la vie, les rendant plus humains et plus attachants, voire même touchants par moments.

Mais la grande force de ce thriller psychologique haletant est le climat de suspicion que l’auteure parvient à installer tout au long du récit. Brouillant constamment les pistes, elle ébranle inlassablement nos certitudes, faisant régulièrement passer cette proie de l’ombre d’une paranoïaque instable à une victime de harcèlement. Pourvu d’une narration percutante, le roman devient haletant au possible et captivant jusqu’au rebondissement final époustouflant !

Vivement recommandé aux amateurs de thrillers psychologiques !

Juste une ombre, Karine Giebel, Fleuve, 512 p., 20€

Ils en parlent également : Juliette, Apostrophe, Titia, Fifi, Ptitgateau, Mlle Cup of Tea, Lecture aléatoire, Mouncooking

Cyril Massarotto – Dieu est un pote à moi

Posted in Littérature with tags on 7 février 2021 by Yvan

Se confier à Dieu en personne !

Cyril Massarotto - Dieu est un pote à moiAyant adoré « Quelqu’un à qui parler » du même auteur, je me suis très logiquement jeté sur cet autre roman de Cyril Massarotto qui multipliait les critiques positives.

« Dieu est un pote à moi » invite à suivre un jeune trentenaire assez solitaire, qui travaille comme vendeur dans un sex-shop. Lorsqu’il fait la connaissance de Dieu en personne et qu’il devient même pote avec ce dernier, sa vie prend forcément une toute autre tournure…

À l’instar de « Quelqu’un à qui parler », le point de départ de ce récit est donc à nouveau pour le moins improbable. L’auteur va néanmoins nous narrer la vie somme toute assez ordinaire d’un homme qui connaît des bonheurs et des drames, mais qui a la possibilité de pouvoir parler des épreuves qu’il traverse avec le Tout-Puissant.

Ne vous laissez pas effrayer par le titre de ce roman, même si vous êtes athée, car le thème de la religion n’est pas du tout appuyé et le personnage de Dieu est particulièrement truculent. De plus, il est assez facile pour le lecteur de s’identifier à cet homme qui partage ses joies, ses amours, ses doutes et ses peines, depuis le jour de cette rencontre hors du commun jusqu’à sa mort.

Ce roman qui parle du bonheur, de la mort et de la vie en général, de façon drôle et légère, invite certes à philosopher sur le sens de la vie, mais sans aucune prise de tête.

Bref, un récit que je ne qualifierai pas de divin, car j’ai préféré « Quelqu’un à qui parler », mais tout de même un excellent moment de lecture.

Lisez également « Dieu en personne » de Marc-Antoine Mathieu !

Dieu est un pote à moi, Cyril Massarotto, XO, 232p., 16,80€