Archive pour mars, 2021

Jean-Baptiste Andrea – Des diables et des saints

Posted in Littérature with tags , on 31 mars 2021 by Yvan

Beaucoup plus qu’un coup de cœur !

Jean-Baptiste Andrea - Des diables et des saintsComme la plupart des lecteurs, lorsque j’entame un livre, j’espère toujours rencontrer le coup de cœur. Il existe pourtant une catégorie supérieure à ces livres que l’on referme les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres, le cœur palpitant ou avec le regret de devoir quitter des personnages foncièrement attachants : ce sont ces romans dont on balance le titre pour répondre à la question « Quels livres emporteriez-vous sur une île déserte »…ces petits chefs-d’œuvre que l’on n’emporterait pas seulement pour faire le plein d’émotions, mais surtout pour combler le vide… Je crois bien que « Des diables et des saints » fait partie de cette dernière catégorie.

Il y a des livres qui vous cueillent au fil des pages, mais il y a également ceux dont il suffit de lire seulement quelques lignes pour savoir qu’ils vont vous percuter de plein fouet…un genre de sixième sens, qui vous prévient que la vie autour de vous va s’arrêter jusqu’à ce que vous ayez terminer la dernière page. Ce n’est pourtant pas que chaque phrase vous donne envie de vous précipiter sur la suivante, plutôt même le contraire, le besoin de s’arrêter après certaines phrases car celles-ci ne se contentent pas d’être lues, mais vous transpercent parfois le cœur, parfois le cerveau, souvent les deux. Je ne compte pas le nombre de fois où je suis remonté en surface, déposant le livre, puis après un moment de silence me tournais vers ma femme pour lancer un énième « Mon Dieu que c’est bien écrit ! ».

Quand je vois comment un type comme Trump parvient à fédérer des millions d’imbéciles sur Twitter en alignant quelques mots appris en école primaire, je suis bouche bée, mais d’écœurement et de tristesse. La profondeur et la justesse que l’auteur de « Cent millions d’années et un jour » parvient à créer en alignant les siens me laisse également sans voix, mais d’admiration et de gratitude. S’il est question de rythme et de musique dans ce roman, le véritable virtuose se nomme Jean-Baptiste Andrea et lorsqu’il nous abandonne sur la dernière note ce n’est pas une ovation qui retentit, non… pas directement, car il y a d’abord ce moment de silence nécessaire au retour sur Terre, celui qui s’accapare du lecteur lorsque l’art laisse sans voix !

Normalement je devrais vous parler de l’histoire, des personnages, des thèmes abordés, de la narration et des autres éléments qui font toute la saveur de ce petit chef-d’œuvre, mais j’en suis bien incapable car je crois qu’il faut l’avoir lu/vécu pour pouvoir le partager. Quand ma femme me demandait de quoi ça parlait lors de chacun de mes retours sur Terre je disais que ça parlait d’orphelins, de musique, de religion, d’un vieux qui joue du piano, divinement, et de types qui ont marché sur la Lune, même si ce ne sont pas Amstrong et Aldrin les véritables héros de cette mission connue de tous, mais Michael Collins, l’astronaute qui se trouvait derrière la Lune, seul au monde, coupé de tout contact radio avec la Terre, un peu comme s’il était sur une île déserte…sauf que lui n’avait pas emporté ce livre avec lui pour combler le vide. Il aurait dû !

Beaucoup plus qu’un coup de cœur !

Des diables et des saints, Jean-Baptiste Andrea, Iconoclaste, 361 p. , 19€

Ils l’ont également vécu : Audrey, Au fil des livres, Bénédicte, Brice, Olivia, Mon petit carnet de curiosités, Mélodie, Constance, Céline, Roseleen, CécileMarie-Eve, Camille, Claire, Marie, Flo, Des pages et des lettres, Librairie Doucet, Vincent, Gigi, Angélique, Page après page, Lucie, Alex

Valentine Stergann – Les ours mal léchés s’apprivoisent à Noël

Posted in Littérature with tags , on 28 mars 2021 by Yvan

Une comédie romantique de Noël !

Valentine Stergann - Les ours mal léchés s'apprivoisent à NoëlA 35 ans et dans l’incapacité d’avoir des enfants, Irène se lasse du couple qu’elle forme avec Edouard depuis déjà dix- huit ans. Lorsqu’elle hérite d’une maison en Cornouailles, elle décide de tout plaquer et de refaire sa vie de l’autre côté de la Manche. Une fois sur place, elle sympathise très vite avec son voisin septuagénaire, Jacob, ainsi qu’avec Quincy, le fils de 9ans et demi de son autre voisin. Le père du gamin, véritable ours mal léché prénommé Rudolph, semble par contre beaucoup plus hermétique à l’arrivée de cette française un peu trop envahissante…

« Les ours mal léchés s’apprivoisent à Noël » est une comédie romantique qui se déroule à l’approche des fêtes de Noël et qui invite à suivre la rencontre de deux êtres en pleine reconstruction qui, à la base, ne semblent pas avoir grand-chose en commun. Situé à Charlestown, petite bourgade côtière en Cornouailles où tous les habitants se connaissent et où les secrets ne font pas long feu, ce roman de Valentine Stergann est également une invitation au voyage et au dépaysement.

En plein confinement COVID-19 cela fait beaucoup de bien de côtoyer des personnages tellement attachants et en particulier le petit Quincy, à la maturité déconcertante et à la franchise on ne peut plus touchante. Même son père, totalement bourru et casanier, finit par trouver une petite place dans notre cœur au fil des pages.

Parsemé de scènes cocasses et de répliques marrantes, ce roman d’une grande légèreté se lit le sourire aux lèvres. En abordant plusieurs thèmes douloureux, tels que la pression sociale, le deuil, la dépression, le burn-out ou l’infertilité, l’auteure ne manque pas non plus de toucher les cordes un peu plus sensibles du lecteur.

Un roman qui devrait donc même pouvoir apprivoiser les ours mal léchés, peu importe la période de l’année. Même moi, qui était plutôt hermétique au genre, je me retrouve à vous conseiller une deuxième romance de Noël après l’excellentissime « Les étoiles brillent plus fort en hiver » de Sophie Jomain. Ça doit être un effet secondaire du lock-down !

Les ours mal léchés s’apprivoisent à Noël, Valentine Stergann, Hugo Poche, 461 p., 7,60€

Ils en parlent également: Gwen, Rowena, Marine, Lucie, Pommy, Sophie, Des mots aux livres, Estwinch, Laurenna, Steph, Shazia, Emilie, Petite étoile livresque, Fille de papiers, Stéphanie, Lise, Marine, Lucie, Marion, Chloé, Floriane, Coralie, Séverine, Virginie, L’antre d’une rêveuse, One more round, Dystopia girl, Elsa, Il était une fois, Ananaas, Charlize, Rosilize, Marine, Catherine, Nathi, Aux rêves des mots, Emilie, Saiwhisper, Julie, Valentine, Rêve en livres, Mélodie

Négar Djavadi – Désorientale

Posted in Littérature with tags , on 24 mars 2021 by Yvan

Une iranienne à Paris !

Négar Djavadi - DésorientalePour son premier roman, l’écrivaine d’origine iranienne Négar Djavadi s’inspire de son vécu pour nous livrer une saga familiale sur plusieurs générations qui nous emmène de Téhéran à Paris.

« Désorientale » démarre en compagnie de Kimiâ Sadr dans la salle d’attente d’un service de procréation médicalement assistée. Alors qu’elle est en train de patienter, la narratrice laisse ses souvenirs affluer : son pays d’origine, son exil et sa famille…

« Désorientale » propose une fresque familiale sur trois générations, qui démarre en compagnie de l’arrière-grand-père aux cinquante-deux femmes et aux vingt-huit enfants, pour ensuite faire la connaissance de Nour, la grand-mère aux yeux bleus, puis de ses parents : Sara, la mère débordante d’amour et Darius, le père journaliste surveillé de très près par le régime…

« Désorientale » est un roman sur l’exil, sur le déracinement, sur la différence, sur la recherche d’identité, sur les origines et sur la transmission, qui permet d’une part de dresser le portrait de l’Iran du Shah, tout en offrant le regard d’une exilée sur notre société.

Mon esprit cartésien aurait probablement préféré une narration un peu plus linéaire, surtout qu’il faut déjà solidement s’accrocher pour ne pas tomber de l’arbre généalogique sur lequel la narratrice bondit d’une branche à l’autre, tout en multipliant les digressions. Je n’ai cependant jamais eu l’impression de véritablement perdre le fil rouge, parsemé d’émotions, de cet excellent récit.

Si vous avez aimé l’excellent « Persépolis » de Marjane Satrapi ou « Une métamorphose iranienne » de Mana Neyestani, ce roman ne devrait pas avoir trop de mal à vous séduire !

Désorientale, Négar Djavadi, LIANA LEVI, 352 p., 11€

Ils en parlent également : Marine, Page après page, Sylvie, Emmanuelle, Gambadou, Jean-Paul, Mes mots mes livres, Ma collection de livres, Joelle, Edyta

Yoann Iacono – Le Stradivarius de Goebbels

Posted in Guerre, Littérature with tags , , on 21 mars 2021 by Yvan

L’art au service de la guerre ?

Yoann Iacono - Le Stradivarius de GoebbelsPour son premier roman, Yoann Iacono nous invite à découvrir l’incroyable destinée de Nejiko Suwa, talentueuse violoniste japonaise.

Le point de départ est un Stradivarius, offert en 1943 par Joseph Goebbels à la jeune musicienne afin de sceller le rapprochement entre l’Allemagne nazie et l’Empire du Japon. En faisant partie des biens confisqués aux Juifs pendant la guerre, ce cadeau n’est finalement pas seulement le symbole de cette union germano-japonaise, mais peut-être également celui de la souffrance du peuple juif. Nejiko Suwa aura en effet du mal à apprivoiser cet instrument tout au long de sa carrière, comme s’il avait une âme…

Le narrateur, lui-même musicien, part sur les traces de ce violon et restitue progressivement toutes les pistes découvertes par l’auteur au fil de plusieurs années d’enquête. De Paris au Japon, en passant par l’Allemagne et les Etats-Unis, le lecteur suit les pas de cette virtuose qui anime cocktails, réceptions et salles de concert, parsemant des notes de musique au cœur des horreurs de la guerre, comme si de rien n’était.

A l’inverse de la plupart des romans sur le sujet, qui s’efforcent de partager un point de vue issu du cœur même du conflit, celui-ci donne l’impression de se dérouler dans la loge VIP de cette Seconde Guerre Mondiale, en compagnie d’une musicienne qui s’interroge certes sur l’origine de son violon, mais qui semble néanmoins totalement déconnectée de la réalité.

Un roman qui manque peut-être d’un brin de profondeur, restant un peu trop en surface des évènements et des personnages pour être un véritable coup de cœur. Mais un ouvrage mêlant politique, histoire et musique, qui livre une approche originale d’évènements historiques méconnus, tout en invitant à réfléchir sur la place de la musique dans la propagande, à l’image de cette jeune femme constamment utilisée comme symbole, que ce soit de l’alliance entre l’Allemagne et le Japon, ou celle entre les États-Unis et son pays natal après la guerre. Faut-il partager son art peu importe le contexte ou le client, de surcroît sur un instrument confisqué au peuple oppressé, ou faut-il, comme certains artistes, par exemple refuser de jouer aux meetings de Trump ?

Le Stradivarius de Goebbels, Yoann Iacono, Slatkine et cie, 268 p., 17€

Ils en parlent également : Aurore, Pascale, Eva, Anita, Ô Grimoire, MHF, Alex, Amicalement noir, Caroline, Ingrid, Lire la nuit ou pas, Anne-Sandrine, Gigi, Page après page, Un bouquin sinon rien, Annie, Squirelito

Raphaëlle Giordano – Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une

Posted in Littérature with tags on 17 mars 2021 by Yvan

Un mode d’emploi pour construire votre bonheur !

Raphaëlle Giordano - Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'uneCe roman de Raphaëlle Giordano invite à suivre les pas de Camille, trente-huit ans, mariée et mère d’un petit garçon… une femme qui a tout pour être heureuse, mais qui ne l’est pas. Sa rencontre fortuite avec Claude Dupontel, qui exerce la profession de routinologue, va cependant lui permettre de remettre sa vie sur les rails du bonheur…

Ce livre signé Raphaëlle Giordano tient plus d’une vulgarisation de techniques de développement personnel que du roman. L’approche est tellement simpliste que j’avais par moment l’impression de lire un article de « Femme Actuelle » proposant un top 10 des meilleurs conseils pour mieux vivre. Outre un condensé de clichés et de bons sentiments, l’auteure propose également une héroïne à l’eau de rose qui s’extasie devant chaque évidence proférée par son routinologue miracle.

Alors, certes, les différents conseils ne sont évidemment pas dénués de bons sens et si cette « positive attitude » peut aider certaines personnes à trouver les clés du bonheur, c’est tant mieux, mais personnellement je préfère encore vous « conseiller » « L’homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle dans le même genre.

Un livre qui aurait dû m’inciter à être positif… mais ça sera visiblement pour après cet avis.

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, Raphaëlle Giordano, Eyrolles, 218 p., 14,90€

Ils en parlent également: Page après page, Vanessa, Anaïs, Pyrouette, Stelphique, Elodie, Emilie

Christelle Saïani – Lumière

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 14 mars 2021 by Yvan

Un hymne à la vie !

Christelle Saïani - LumièrePour son premier roman Christelle Saïani nous invite à faire la connaissance d’Ambre, une jeune femme victime d’une rupture amoureuse aussi brutale qu’inexpliquée. En proie à une souffrance profonde, elle ne supporte plus de croiser Olivier, ce voisin qui respire le bonheur en compagnie de sa femme et de ses deux enfants. Un jour, exaspérée, elle lui déverse toute sa frustration, mais découvre bien vite que derrière cette joie de vivre se cache un drame terrible… Ce sera pour eux le début d’une très belle amitié…

La couverture de ce roman résume parfaitement son contenu. Tout d’abord ce fond noir, qui donne immédiatement le ton et préfigure du contenu peu réjouissant de ce récit, qui aborde des thèmes extrêmement douloureux tels que le chagrin d’amour, la dépression, la maladie et le deuil. Puis il y a ce titre, lumineux, qui s’installe au diapason de l’approche foncièrement positive que l’autrice réserve à ces sujets particulièrement sombres. Christelle Saïani s’attelle en effet à livrer un véritable hymne à l’amour, à la famille et à l’amitié en proposant une leçon de courage parsemée d’espoir.

Ce roman choral alterne les points de vue en donnant la parole aux trois personnages principaux au fil des chapitres. Si le lien entre Ambre, Léo (l’ingénieur en robotique sous-marine qui la largue via SMS) et Olivier (le voisin) m’a semblé un peu trop artificiel et pas assez solide au début, l’auteure finit par développer une très belle relation entre Ambre et Olivier. La plume de l’auteure, emplie de poésie et de métaphores, s’avère très riche, voire même un peu trop travaillée lors des premières pages, et accompagne avec brio ce récit qui ne manquera pas de toucher ses lecteurs.

Lumière, Christelle Saïani, Librinova, 189 p., 12,90€

Ils en parlent également : Frédéric, Ju lit les mots, Audrey, Eve, Ma voix au chapitre, Valmyvoyou lit, Caroline, Mélodie, Maman Nature, Jean-Paul, Mots dire sans haine, Cannetille, Page après page

Dimitri Rouchon-Borie – Le démon de la colline aux loups

Posted in Littérature with tags , on 10 mars 2021 by Yvan

Gros coup de cœur !

Dimitri Rouchon-Borie - Le démon de la colline aux loupsMon Dieu, quelle claque ce premier roman !

Dimitri Rouchon-Borie y raconte l’histoire d’un homme emprisonné, qui revient progressivement sur son enfance saccagée, ainsi que sur les événements qui ont d’abord fait de lui une victime… puis un bourreau condamné à la perpétuité pour les crimes qu’il a commis.

Si le garçon c’est pris les horreurs de la vie en pleine tronche dès le plus jeune âge, il a par contre loupé l’école. Du coup, il n’a pas tous les mots pour exprimer ce qu’il a vécu, s’invente un vocabulaire pour décrire l’innommable et livre des phrases dépourvues ponctuation. Il faut donc un peu de temps pour s’habituer à ce style qui au niveau de la forme fait parfois mal aux yeux, mais qui au niveau du fond vous transperce souvent le cœur.

« Je disais à la nuit tu ne me feras pas peur j’ai plus noir que toi dans mon enfance »

L’absence de ponctuation a en effet de quoi déstabiliser, mais cela vaut finalement la peine d’apprivoiser le style du narrateur car il a tellement d’émotions à partager, que le lecteur en ressort inévitablement bouleversé. L’horreur qui parsème le récit peut également rebuter, mais l’innocence avec laquelle celle-ci est racontée a tendance à diluer toute cette infamie et constitue toute la beauté de ce roman, certes coup de poing, mais également coup de cœur !

Le trauma de ce narrateur dont je ne révèle délibérément pas le nom est d’une profondeur extrême et la lutte intérieure qui se déroule sous nos yeux entre le démon dont il a hérité et cette humanité dont il déborde, s’avère absolument bouleversante. Emboîtant ses pas et ses pensées, nous recherchons avec lui cette rédemption tellement méritée, éclairant de son amour, de sa naïveté et de sa bonté ce chemin d’une noirceur profonde.

« Je sentais bien que j’avais à l’intérieur une trace qui ne partait pas c’était la déchirure de l’enfance c’est pas parce qu’on a mis un pont au-dessus du ravin qu’on a bouché le vide. »

« Le démon de la Colline aux Loups » a méritoirement remporté le Prix Première, décerné depuis 2007 par la RTBF à un premier roman francophone.

Une pépite à classer quelque part entre « Les Monstres » de Maud Mayeras, « My absolute darling » de Gabriel Tallent et « Papillon de nuit » de R.J. Ellory…voire même peut-être au-dessus !

Le Démon de la Colline aux Loups, Dimitri Rouchon-Borie, le Tripode, 240 p., 17€

Ils en parlent également : Aude, Mumu, Stelphique, USVA, La viduité, Jmahsea, Sophie, La page qui marque, Fanny, Mylittlepatchoulie, Nikita, Ma collection de livres, Lisette, Isabelle, Le bateau livre, Librairie la nuit des temps, Serial lectrice, Lirelire, L’horizon et l’infini, Et ça vous l’avez lu?