Archive pour octobre, 2021

Nathacha Appanah – Rien ne t’appartient

Posted in Guerre, Littérature with tags , on 30 octobre 2021 by Yvan

Une enfance brisée !

Nathacha Appanah - Rien ne t'appartientOnzième roman de l’autrice d’origine mauricienne Nathacha Appanah, « Rien ne t’appartient » dévoile le passé tragique d’une femme qui croyait pourtant l’avoir bien enfoui !

Depuis la mort de son mari Emmanuel, il y a de cela trois mois, Tara ne va pas bien du tout. Outre cet appartement qui ressemble de plus en plus à une décharge et une hygiène de vie qui commence à sérieusement inquiéter son beau-fils Eli, ce sont surtout ses visions qui la troublent le plus. Un jeune garçon qui la fixe en silence, les pas de danse d’une gamine insouciante, de très lointains souvenirs qui viennent subitement fracasser les parois d’une amnésie volontaire, un tsunami d’émotions qui risque bien de tout ravager…même sa nouvelle vie !

« Elle ne se contente plus d’habiter mes rêves, cette fille. Elle pousse en moi, contre mes flancs, elle veut sortir et je sens que bientôt, je n’aurais plus la force de la retenir tant elle me hante, tant elle est puissante. C’est elle qui envoie le garçon, c’est elle qui me fait oublier les mots, les événements, c’est elle qui me fait danser nue. »

Construit en deux parties, « Rien ne t’appartient » partage deux destins. Tout d’abord celui d’une femme endeuillée, qui vient de perdre son sauveur, celui qui l’avait extirpée des décombres d’une vie antérieure… qui vient brusquement la rattraper. Ensuite, celui d’une fillette pleine de vie, élevée dans la lumière, puis subitement privée de tout… venant éclairer la folie qui s’est emparée de Tara à la mort de son mari.     

« Rien ne t’appartient » est l’histoire d’une enfance brisée dans un pays que l’autrice ne nommera pas. Le récit d’une gamine a qui l’on avait d’abord donné des ailes, mais que la bêtise des hommes a privé de tout envol. Peu importe le nom, ils sont encore beaucoup trop nombreux ces pays qui vous privent de tout lorsque vous naissez fille, créant des blessures indélébiles…  

« Rien ne t’appartient » c’est surtout une plume délicate, poétique et sensorielle qui fait non seulement danser son personnage principal, mais également les mots, tournant les phrases dans une beauté qui vient envelopper un récit pourtant douloureux et empli de désespoir. Une narration lumineuse venu éclairer la destinée tragique d’une femme endeuillée…

Me voilà fan de la plume de Nathacha Appanah !

Rien ne t’appartient, Nathacha Appanah, Gallimard, 160 p., 16,90 €

Ils en parlent également : Mumu, Mélie, Audrey, Pamolico, Mon petit carnet de curiosités, K, Linda, Muriel, Page après page

Émilienne Malfatto – Que sur toi se lamente le tigre

Posted in Littérature with tags , , on 27 octobre 2021 by Yvan

Pourvu que l’honneur soit sauf !

Émilienne Malfatto - Que sur toi se lamente le tigreCouronné du prix Goncourt du Premier roman 2021, ce court récit d’Emilienne Malfatto plonge le lecteur au cœur du crime d’honneur qui doit avoir lieu au sein d’une famille irakienne.

Ayant souvent séjourné en Irak en tant que photojournaliste indépendante, Emilienne Malfatto situe son récit dans un pays qu’elle connaît bien et propose un roman choral qui s’ouvre sur la voix d’une jeune femme enceinte de cinq mois, qui sait que son frère Amir va la tuer le soir même. Enceinte sans être mariée, d’un fiancé qui vient d’être tué à la guerre, elle se retrouve condamnée à mourir afin de préserver l’honneur de la famille.

«L’honneur est plus important que la vie. Chez nous, mieux vaut une fille morte qu’une fille mère.»

L’autrice donne ensuite la parole à chacun des membres de la famille, du frère aîné à la mère, en passant par la belle-sœur et les autres membres de la fratrie. Malgré une sentence inéluctable et connue d’avance, tous viennent témoigner de leur impuissance face à un système dont ils sont prisonniers. Respect de la tradition, acceptation des règles, résignation, lâcheté, impuissance… tous ont en commun d’accepter le verdict comme une fatalité.

« Je suis le lâche, celui qui désapprouve en silence. Je suis la majorité inerte, je suis l’homme banal et désolé de l’être. Je suis le frère de ma sœur qui aime et qui comprend. Je suis le frère de mon frère qui respecte l’autorité de l’aîné. Je suis celui qui condamne les règles mais ne les défie pas. Je suis le complice par faiblesse ».

Chaque portrait est entrecoupé de courts extraits de l’épopée de Gilgamesh et de textes poétiques narrées par le Tigre, fleuve traversant le pays du Nord au Sud et témoin de la folie des hommes depuis des millénaires.     

« On m’appelle Tigre mais chaque jour je nais du taureau et de l’orage, là-haut dans les montagnes du nord. Les hommes de cette région ont déchiré mon flanc, éraflé mon flot avec leur métal et leurs pioches. Ils ont élevé des parois de béton et d’acier pour contraindre mes eaux. Ils sont comme le vent dans les roseaux, ils passent mais ne dureront pas. Quand on compte comme moi en millénaires, plus rien n’a vraiment d’importance. »

Derrière cette couverture reproduisant une photographie de l’autrice, se dissimule un texte qui allie simplicité et authenticité. En seulement 80 pages, Emilienne Malfatto dresse quelques portraits qui parviennent à restituer toute la complexité d’un pays déchiré par les guerres et d’une culture qui justifie l’inacceptable…  

Lisez également: « La laveuse de mort » de Sara Omar, « Les impatientes » de Djaïli Amadou Amal, « Les putes voilées n’iront jamais au Paradis ! » de Chahdortt Djavann, « Confidences à Allah » de Saphia Azzedine

Que sur toi se lamente le Tigre, Emilienne Malfatto, Editions Elyzad, 80 p., 13,90 €

Ils en parlent également : Mumu, Mes échappées livresques, Audrey, Emi lit, Bénédicte, Domi, Thierry, Joëlle, Julie, Céline, Thomas, Des pages et des lettres, Ally, Ghislaine, Cannetille

Michel Bussi – Code 612. Qui a tué le Petit Prince?

Posted in Guerre, Littérature with tags on 23 octobre 2021 by Yvan

Une relecture du Petit Prince !

Michel Bussi - Code 612. Qui a tué le Petit Prince?Derrière ce titre qui « spoile » la fin du célèbre roman d’Antoine de Saint-Exupéry, Michel Bussi s’attaque à un monument de la littérature. Avec une publication en 318 langues, « Le Petit Prince » est en effet le livre le plus traduit dans le monde après la Bible et le livre de chevet de l’auteur des « Nymphéas noirs » depuis l’adolescence. Après avoir multiplié les clins d’œil à l’ouvrage au fil de ses romans et accumulé un paquet de documentation sur cette œuvre qui fête ses 75 ans, Michel Bussi décide non seulement de mener l’enquête sur la mort du Petit Prince, mais également d’élucider la mort de son créateur, mystérieusement disparu à bord de son avion le 31 juillet 1944, lors d’une mission de reconnaissance dans la Méditerranée.  

Pour mener à bien cette contre-enquête, Michel Bussi donne vie à Andie et Neven, deux détectives qui partent à la recherche des membres du club 612, rassemblant les 6 plus grands fans du conte. De New-York à l’Arabie Saoudite, en passant par le Salvador, le duo se lance dans un jeu de piste, rassemblant les différents points de vue, passant en revue les hypothèses et essayant de lire entre les lignes de l’ouvrage afin d’y dénicher la clé qui permettra de résoudre cette double enquête.  

Servi comme une enquête policière philosophique et poétique, « Code 612. Qui a tué le Petit Prince? » est surtout un hommage au Petit Prince, qui invite à redécouvrir ce merveilleux conte tout en cherchant le message qu’Antoine de Saint-Exupéry voulait transmettre.    

Si ce roman donne envie de relire « Le Petit Prince », Michel Bussi (« J’ai dû rêver trop fort », « Rien ne t’efface ») a également choisi de reverser tous ses droits d’auteur à la “Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la Jeunesse”, qui finance de multiples projets dans les domaines l’éducation et l’environnement.

Code 612. Qui a tué le Petit Prince?, Michel Bussi, Presses de la Cité, 240 p., 14,90€

Ils en parlent également : Stelphique, Julie, Culture VSNews

 

 

Clara Dupont-Monod – S’adapter

Posted in Guerre, Littérature with tags on 20 octobre 2021 by Yvan

Une fratrie chamboulée par le handicap !

Clara Dupont-Monod - S'adapterN’étant pas fan de romans historiques, je n’avais encore jamais rien lu de Clara Dupont-Monod.  Comme elle s’attaque ici à une œuvre plus intime, relatant l’histoire d’une fratrie bouleversée par l’arrivée d’un enfant lourdement handicapé, j’ai profité de l’occasion pour combler cette lacune.

« S’adapter » nous emmène dans les Cévennes, en compagnie d’une famille dont le quotidien est mis à rude épreuve par l’arrivée d’un nouveau-né handicapé dont l’espérance de vie est de surcroît réduite à seulement quelques années. Paralysé, muet et aveugle, sa présence ne se limite cependant pas seulement à quelques bruits car il prend immédiatement beaucoup de place au sein de cette famille.    

L’adaptation qui intéresse l’autrice n’est pas vraiment celle des parents, mais plutôt celle des autres enfants de la fratrie, constituant ainsi toute l’originalité du récit. Divisant son roman en trois parties distinctes, elle partage respectivement les points de vue de l’aîné, de la cadette et du petit dernier. L’aîné sacrifiera sa propre existence afin de protéger et d’accompagner au mieux ce petit frère qui demande beaucoup d’attention et de soins. La cadette, plus rebelle, oscillera entre dégoût, indifférence et haine vis-à-vis de cet être qui accapare l’attention de tous et lui vole son grand frère. Le dernier, né après la disparition de cet enfant différent, tentera de se faire une place dans l’ombre de ce frère certes disparu mais toujours omniprésent, tout en se demandant s’il serait né si l’autre n’était pas mort…     

Sans dévoiler les noms des protagonistes et en donnant étrangement la parole aux pierres de la demeure familiale, Clara Dupont-Monod parvient à livrer trois portraits bouleversants de justesse et criants de vérité, tout en abordant les difficultés auxquelles se heurtent les familles d’enfants handicapés. Afin d’éviter les répétitions, le roman aurait pour ma part pu se limiter au récit poétique et tout bonnement bouleversant de l’aîné, même si l’ensemble permet d’alterner les points de vue tout en débordant d’amour familial.    

S’adapter, Clara Dupont-Monod, Stock, 171 p., 18,50 €

Ils en parlent également : Eve, Karine, Ffloladilettante, Joëlle, Tortellini, Willy, Céline, Abelya

Richard Powers – Sidérations

Posted in Guerre, Littérature with tags on 15 octobre 2021 by Yvan

Un récit intelligent, écologique et profondément humain !

Richard Powers - SidérationsDepuis le décès de sa femme dans un accident de voiture, Theo Byrne, astrobiologiste, élève seul son fils de neuf ans, Robin. Ce dernier est sujet à des troubles du comportement assez préoccupants sur lesquels les spécialistes ont du mal à coller un nom définitif, allant de TOC à Asperger. Ne voulant pas que l’on administre un traitement à base de psychotropes à son fils, le scientifique se tourne vers une thérapie alternative, le « neurofeedback ». Même si celle-ci est encore au stade expérimental, les résultats dépassent vite toutes les espérances, mais… car il y a forcément un mais !

« Sidérations » est un roman foncièrement humain, axé autour de la relation émouvante et quasi fusionnelle entre un père et son fils et proposant de surcroît des personnages aussi profonds que touchants. Il y a tout d’abord le petit Robin, inspiré de Greta Thunberg, qui met toute son énergie au service de la préservation de l’environnement et qui peine à comprendre cette société gouvernée par le profit et la croissance. Il y a ensuite son père, créateur d’exoplanètes et recherchant toute forme de vie à travers l’espace, qui stimule la curiosité insatiable de son fils et l’invite régulièrement à s’évader de sa planète en voie d’extinction pour aller se réfugier sur celles qu’il invente. Puis, finalement, il y a le vide abyssal laissé par cette mère décédée, mais particulièrement présente tout au long du récit…

En marge de cette relation père-fils particulièrement touchante, Richard Powers invite à réfléchir sur le sort désastreux de notre planète.  Du dérèglement climatique aux catastrophes sanitaires, en passant par l’extinction rapide de nombreuses espèces et une gouvernance écologique catastrophique, l’auteur aborde des thématiques on ne peut plus actuelles et dresse un bilan qui laisse malheureusement entrevoir le pire pour les prochaines générations.   

« Sidérations » est surtout un récit intelligent, qui mêle astrologie et neurologie afin d’embarquer le lecteur au cœur d’un univers si vaste et si riche, qu’il en ressort conscient de son insignifiance à l’échelle de l’univers. Chaque voyage sur les planètes imaginées par Théo, fait brillamment écho aux troubles qui animent ce quotidien difficile qu’il partage avec son fils, offrant non seulement un moment de repos, mais également un moment de poésie, d’érudition, de réflexion et de beauté.

Un récit qui vous emmène sur de nombreuses autres planètes, foisonnantes d’imagination, pour finalement vous inviter à regarder autour de vous, afin d’admirer la beauté et la diversité de la nature qui nous entoure…profitons-en tant qu’elle est encore là et mettons tout en œuvre pour la préserver.

Sidérations, Richard Powers, Actes Sud, 400 p., 23€

Ils en parlent également : Yann, Ceciloule, Nicole, Benzine Mag, Touchez mon blog

Grégoire Delacourt – L’Enfant réparé

Posted in Littérature with tags , on 13 octobre 2021 by Yvan

Une mise à nu bouleversante !

Grégoire Delacourt - L’Enfant réparéCe dixième roman de Grégoire Delacourt aux allures de biographie est celui qui apporte un nouvel éclairage sur tous les précédents et en particulier sur «Mon Père», où l’auteur livrait un huis-clos écœurant entre un prêtre pédophile et le père de sa victime, tout en donnant une voix aux enfants abusés qui se murent dans le silence.

D’entrée, l’auteur de «La Liste de mes envies» et d’ «Un jour viendra couleur d’orange» nous glace en annonçant que le père de «Mon Père» et l’enfant abusé sont en fait la même personne. Si l’homme qu’il est devenu allait en effet à la recherche de l’enfant abusé qu’il était, dans ce roman il va de surcroît tenter de le réparer…  

« Je regarde mon corps et je me demande où cela a commencé. Quelle partie a d’abord été touchée. Engloutie. Caressée peut-être. Les caresses ne laissent pas de trace. Les baisers non plus. Seules les morsures des affamés cisaillent la chair. Je n’ai pas été mordu. Je n’ai pas été brûlé, ni coupé. C’est pire. Il ne reste rien. Aucune preuve. »

Cinquante ans plus tard, le traumatisme est tellement profond que l’esprit en a effacé toute trace consciente. Au fil des pages de cette introspection, les souvenirs longtemps enfouis refont surface et les mots viennent progressivement nommer ce mal qui le ronge depuis l’enfance. En remontant le fil de sa vie, Grégoire Delacourt se met à nu avec beaucoup de franchise, revient sur son enfance, ses amours, le décès de ses parents, sa psychanalyse et finit par comprendre son incapacité d’aimer, ses lâchetés, les traumatismes de ses personnages lors de précédents romans et son incapacité à vivre heureux à cause de cet enfant mort qu’il trimbale depuis le début !

Ce chemin de croix qu’il mène la plume à la main ne révélera pas seulement les abus d’un père, mais surtout l’amour invisible d’une mère qui le changeait de chambre et l’envoyait en pension, non pas pour lui tourner le dos comme il l’a toujours cru, mais pour le protéger comme toute mère se doit de le faire…

Un roman émouvant, bouleversant qui jette un nouvel éclairage sur toute l’œuvre de cet auteur !

L’Enfant réparé, Grégoire Delacourt, Grasset, 240 p., 19€

Ils en parlent également : Matatoune, Aude, Karine, Caroline, Lili 

 

Akira Mizubayashi – Âme brisée

Posted in Guerre, Littérature with tags , , on 9 octobre 2021 by Yvan

Prix des libraires 2020 !

Akira Mizubayashi – Âme briséeC’est avec un peu de retard que je me suis attaqué à ce roman de l’écrivain japonais Akira Mizubayashi, couronné par le Prix des Libraires 2020.

L’âme qui se retrouve brisée est celle du violon de Yu Mizusawa, à Tokyo, en 1938. Ce dernier avait osé jouer une œuvre de Schubert en compagnie de trois étudiants chinois restés au Japon malgré les prémices de la guerre sino-japonaise. En entendant le bruit des bottes des militaires entrant dans le centre culturel municipal de Tokyo, Yu a le réflexe de cacher son fils Rei, âgé de 11 ans, dans une armoire. Par le trou de la serrure, le gamin voit les soldats fracasser le violon de son père et embarquer le quatuor. Quelques instants plus tard, le lieutenant Kurokami, grand mélomane, découvre la cachette de l’enfant, mais ne trahit pas sa présence et lui confie même les débris de l’instrument de son père…  

« L’âme brisée » est l’histoire d’une reconstruction. Celle d’un gamin qui mettra toute sa vie à comprendre les aboutissants de cet évènement tragique qui le sépara à jamais de son père, mais également celle d’un luthier qui vouera toute sa vie à la restauration d’un violon pourtant jugé irrécupérable. Un roman sur le déracinement, sur les origines et sur la musique qui traverse les époques et véhicule les émotions au-delà des guerres…  

Si l’auteur nippon, tombé amoureux de la langue française au point d’écrire celui-ci directement en français, livre un roman classique au style simple et dépouillé, il ne délaisse pas pour autant ses origines et baigne son œuvre dans la poésie et la délicatesse de la culture japonaise. Malgré le déchirement provoqué par la scène initiale et la noirceur qui entoure toute guerre, Akira Mizubayashi demeure positif tout au long du récit et ne s’attarde pas trop sur les fausses notes de l’humanité…  

Âme brisée, Akira Mizubayashi, Gallimard, 244 p., 19 €

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Ils en parlent également : Mumu, Sophie, Emi lit, Natiora, Chill & Art, Marguerite, Anne-Sophie, Gigi, Mélanie, Page après page, Cannetille, Ghislaine