Archive for the [Angoulême 2010] Category

Munuera – Le signe de la Lune

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, Long Courrier, One-shots, [Angoulême 2010], [DL 2009], [Grand public] with tags , on 6 avril 2010 by Yvan

Signe de la luneDans un petit village de la campagne espagnole, Brindille et Rufo se disputent les faveurs d’Artémis, une mystérieuse jeune fille fascinée par la lune. Une rivalité qui va conduire au drame lors d’une chasse au trésor au cœur de la forêt avoisinante. Les jeunes, bercés par de vieilles superstitions, savaient pourtant que traîner près de la Tour du Fou ou du Puits au monstre, surtout en pleine nuit, pouvait s’avérer funeste.

Inspiré d’anciennes légendes ibériques et éclairé par cet astre qui est à la base de nombreux récits fantastiques, ce conte mélancolique joue la carte de la simplicité. Tout au long de Lire la suite

Manu Larcenet – BLAST

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, Manu Larcenet, Séries, [Accessible], [Angoulême 2010], [DL 2009], [Terminées] with tags , on 27 mars 2010 by Yvan

BLAST«Grasse Carcasse» est le premier des cinq tomes de cette nouvelle série de Manu Larcenet (« Le combat ordinaire », « Les entremondes », « Les cosmonautes du futur », »Nic Oumouk », « Dallas cowboy », « Le retour à la terre », « Presque », « Chez Francisque »).

Ce somptueux pavé de 200 pages débute par un interrogatoire dans un commissariat de police. Si la culpabilité du suspect ne fait aucun doute, les motivations de son acte barbare demeurent inconnues. Le casier judiciaire de Polza Mancini, 38 ans, est certes imposant, mais pas autant que sa masse corporelle. Physiquement, l’homme obèse et répugnant n’a rien pour plaire, mais dans le fond, cet écrivain de profession a quelque chose de poétique et de touchant. Au fil des pages, ce personnage hors norme se livre et l’empathie s’installe. A coup de flashback, le lecteur découvre la lente descente aux enfers de cet homme qui a abandonné son foyer pour se mettre en marge de la société, à la recherche du BLAST !

Des retours en arrière qui invitent à accompagner l’errance d’un individu en rupture avec la société et qui, depuis sa « tendre » enfance est mis à l’écart. Et puis, page 22, le choc, une image totalement surréaliste, mais d’une force incroyable : la carcasse toute frêle de ce père hospitalisé, en phase terminale, aux portes de la mort. Une vision qui fait froid dans le dos et qui est à l’origine du premier BLAST de Polza Mancini et de ce long voyage introspectif à la recherche du prochain BLAST, cet instant magique où il s’est évadé de son corps pour entrer en communion avec le monde, ce sentiment de plénitude qui, un bref instant, l’a libéré de tous ses maux. Usant d’une narration proche de la perfection, l’homme se livre, partage ses angoisses, ses divagations, ses malaises vis-à-vis de la société et ses réflexions sur le sens de la vie. Un parcours (sur)prenant qui permet à l’auteur d’aborder des thèmes qui lui sont chers, tels que la mort paternelle, l’angoisse et la dépression.

Graphiquement, nuançant le noir et le blanc avec brio, Manu Larcenet livre une ambiance sombre et glauque et des personnages répugnants, mais d’une grande expressivité. Si les dialogues lors de l’interrogatoire sont accrocheurs et les monologues du personnage central prenant, les moments plus contemplatifs et les silences proposés par l’auteur allient force et splendeur. Et que dire de ces dessins d’enfants, tout en couleurs, qui viennent interrompre le ballet grisâtre pendant les BLAST ? Merveilleux !

A la fin de ce premier volet, le lecteur demeure dans l’ignorance concernant l’acte de Polza Mancini et ses raisons, avide de poursuivre le voyage de ce personnage hors du commun et de connaître la suite de ce véritable chef-d’œuvre.

Jens Harder – Alpha…directions

Posted in BANDES DESSINÉES, Editions de l'An 2, Franco-Belge, K.BD, Trilogies, [Angoulême 2010], [DL 2009], [Sélectif] with tags , on 27 mars 2010 by Yvan

Jens harder« Alpha… directions » constitue le premier volet du projet titanesque du dessinateur allemand Jens Harder (« Leviathan », « La Cité de Dieu »). Une trilogie qui s’attaque à la création de l’univers (« Alpha… directions« ), à l’apparition de l’homme (« Beta … Civilisations ») et au futur du genre humain (« Gamma … Visions »).

Peut-on seulement imaginer scénario plus fascinant, plus inventif et plus original que l’histoire de la création de la Terre et de ceux qui la peuplent ? En 350 pages l’auteur va résumer quatorze milliards d’années. Du Big Bang initial jusqu’à l’apparition des différentes formes de vie, en passant la formation des galaxies, des étoiles, du soleil et des planètes. A travers près de 2000 vignettes (une image par sept millions d’années), Jens Harder propose un condensé des connaissances actuelles dans tous les domaines du savoir (géologie, biologie, astrophysique, anthropologie, …). Parmi les différentes théories existantes l’auteur fait des choix et parmi les différentes directions possibles, il trace le chemin de l’univers et de l’humanité. Impressionnant !

Une mise en couleur bichromique différente par chapitre, contribue à séparer les différentes périodes clés de l’histoire de notre planète. Si une voix-off discrète accompagne cette superbe avalanche d’images, c’est surtout la juxtaposition d’images qui confrontent les théories scientifiques à des représentations et symboles mythologiques, religieuses, ésotériques, cinématographiques et autres …qui est intéressante.

Un véritable chef-d’œuvre qui comblera les amateurs de science et du neuvième art !

Lisez également l’avis de Lunch sur K.BD !

Pierre-Yves Gabrion – Primal Zone

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, Séries, [Angoulême 2010], [DL 2009], [En cours], [Sélectif] with tags , on 6 mars 2010 by Yvan

Pierre-Yves Gabrion - Primal ZoneCe nouvel album de Pierre-Yves Gabrion, prépublié page par page sur BDPrimalZone.net depuis mars 2008, est le fruit d’un besoin personnel d’aborder le sujet de la schizophrénie, mais également le résultat d’une envie de rendre hommage à Jorge Eish, un peintre dont on retrouve quelques œuvres en fin d’album.

Dès les premières planches, le lecteur fait la connaissance d’Elvis Twin, alias le Varan, un tueur à gages sans pitié qui exécute ses contrats sans aucun remords. Cependant, enfouie au plus profond de lui, une créature nommée Ortog, le gardien de sa Bête, sommeille. Un double monstrueux qui, au fil des pages, va remonter à la surface pour faire couler le sang. Tant que la créature reste sous contrôle, plongée dans les pensées les plus sombres du Varan, l’histoire demeure intéressante, tout comme le parcours de ce meurtrier au sang froid impressionnant. Une fois que l’imaginaire et la folie prennent le dessus, l’intrigue perd toutefois de sa cohérence au profit de crises de violence, d’hallucinations et de troubles psychiques qui prêtent parfois à confusion.

Partagé entre un air de Sin City, auquel il a envie de s’accrocher, et l’impression récurrente d’être largué entre deux mondes dont il ne détient pas les clés, le lecteur risque bien d’avoir du mal à entrer pleinement dans ce récit. Cette narration accrocheuse, issue des tréfonds d’un héros torturé par sa bipolarité, et ce graphisme noir et blanc qui, par moments, n’est pas sans rappeler celui du chef-d’œuvre de Frank Miller, ont pourtant tout pour plaire. Perdu au milieu des nombreux sentiments qu’il cherche à évacuer, le scénario peine cependant à se trouver un but précis.

Une œuvre déroutante, riche en références et en influences, et un sujet qui abandonne le bédéphile entre deux personnalités qui se disputent toute son attention.

Retrouvez cet album parmi les titres sélectionnés au Festival d’Angoulême 2010 !

Alfred – Je mourrai pas gibier

Posted in Alfred, BANDES DESSINÉES, Delcourt, Mirages, One-shots, [Angoulême 2010], [Avancé], [DL 2009] with tags , on 9 février 2010 by Yvan

je mourrai pas gibier alfredAvec cette brillante adaptation du roman éponyme de Guillaume Guéraud, Alfred livre un nouveau récit profondément humain et débordant de sensibilité.

Tout démarre par l’acte incompréhensible d’un adolescent qui commet l’irréparable dans un bled perdu nommé Mortagne. L’auteur va ensuite remonter le fil des événements qui ont conduit à ce fait divers sanglant. C’est de manière détachée que le narrateur et auteur du crime remonte à la source de cette haine qui aveugla son geste impardonnable. Et pourtant, au fil des pages, le lecteur va lentement partager cette haine, s’imprégner des émotions qui parcourent le meurtrier et même comprendre son acte sans pour autant chercher à l’excuser.

Graphiquement, derrière cette couverture d’une grande sobriété, le dessinateur de Pourquoi j’ai tué Pierre démontre une nouvelle fois sa capacité à mettre en image des récits bouleversants. Un dessin qui, aidé par l’excellente colorisation de Henri Meunier, retransmet à merveille les émotions et les ambiances.

A ne pas manquer !

Alex Alice – Siegfried T2

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Trilogies, [Angoulême 2010], [DL 2009], [Grand public] with tags , on 9 février 2010 by Yvan

SiegfriedLe deuxième tome de cette trilogie inspirée de la légende du Nibelung confirme tout le bien du tome de mise en place. Si la Tétralogie de Richard Wagner, L’anneau du Nibelung, n’est peut-être pas connue de tous, l’adaptation de ces quatre opéras (L’or du Rhin, la Walkyrie, Siegfried et Le crépuscule des dieux) par Tolkien, dans son «Seigneur des anneaux» l’a rendit accessible au grand public. Avec des ouvrages récents tels que « L’anneau des Nibelungen » et « Le Crépuscule des Dieux », le sujet est également assez prolifique au sein du neuvième art et le lecteur trouve donc rapidement ses marques au sein de l’univers que propose Alex Alice, le dessinateur de l’excellent Le troisième testament.

Ce deuxième volet poursuit la destinée du jeune Siegfried qui, accompagné de Mime, traverse ce monde enchanteur et riche en périples afin d’aller éliminer le dragon Fafnir. Si cette aventure en terrain connu ne livre pas vraiment de surprises, l’adaptation graphique d’Alex Alice demeure très impressionnante. L’émerveillement accompagne chaque page de cette petite perle graphique. Alternant les plans larges aux décors somptueux et les cadrages plus serrés afin de faire ressortir un détail ou une émotion, Alex Alice parvient à captiver du début à la fin. De plus, en utilisant à merveille le personnage de Mime, l’auteur ajoute une bonne dose d’humour à ce deuxième tome, ce qui rend la quête de Siegfried encore plus agréable à suivre.

Un petit chef d’œuvre graphique qui redore enfin le blason du genre héroïc fantasy.

Fabien Nury et Vallée – Il était une fois en France T3

Posted in BANDES DESSINÉES, Fabien Nury, Glénat, Guerre, Séries, [Angoulême 2010], [DL 2009], [Grand public], [Terminées] with tags , , , on 9 février 2010 by Yvan

Fabien NuryCette série dont le titre est une sorte de clin d’oeil au cultissime «Once upon a time in America» de Sergio Leone, demeure excellente au fil des tomes.

Le premier tome, servi sous forme d’enquête, mettait brillamment en place les personnages et l’empire de monsieur Joseph, illettré et ancien ferrailleur devenu milliardaire au fil des magouilles. Le deuxième, se déroulant durant la période de l’occupation allemande obligeait déjà l’ami Joseph à faire des choix difficiles afin de protéger sa vie et son empire. Lors de ce troisième volet, c’est l’Empire allemand qui vacille, contraignant Joseph à faire de nouveaux choix difficiles. Si, avec l’arrivée des nazis en France, la moindre erreur de la part de notre juif roumain pouvait s’avérer fatale et pas seulement au niveau financier, les nombreux faits d’arme de notre ami débrouillard durant l’Occupation risquent de fortement compromettre son avenir au sein d’une France libérée du joug nazi.

Le personnage de Joseph Joanovici constitue toujours la véritable force de cette histoire. Inspiré du personnage réel, cet immigré roumain qui s’est construit une immense fortune pendant l’Occupation et qui manœuvre avec grande efficacité au milieu de fonctionnaires, policiers et juges corrompus, est d’une ambiguïté extrêmement intéressante. Passant de victime attachante à fourbe cupide et déloyal, de collabo à résistant, Joseph montre aussi bien ses faiblesses que ses qualités et contribue au réalisme de ce récit. Anticipant la débâcle allemande, l’homme doit à nouveau retourner sa veste et tenter de redorer son blason auprès de la résistance. Partagé entre une conscience qui commence à peser très lourd et un attrait constant pour un argent aussi sale que la guerre qu’il finance, l’éternel opportuniste se retrouve le cul entre deux chaises, tout en perdant toute emprise sur cette famille qu’il délaisse affectivement depuis le début du conflit.

A travers les choix et la destinée de Joseph Joanovici les auteurs baignent le lecteur dans la réalité de l’occupation allemande et démontrent la complexité de l’âme humaine. Abordant les thèmes de l’antisémitisme, de la collaboration et de la résistance à travers son « héros », l’auteur livre un personnage touchant et torturé, ainsi qu’une tranche d’histoire des plus intéressantes.

Graphiquement, le dessin de Sylvain Vallée contribue également de nouveau grand réalisme de l’histoire. Le découpage de cette histoire assez dense est également parfaitement maîtrisé.

Brillant !

Fabien Nury et Vallée - Il était une fois en France T3Lisez également l’avis sur K.BD !