Archive for the BANDES DESSINÉES Category

Virginie Grimaldi – Il nous restera ça

Posted in Littérature, Maladie, Virginie Grimaldi with tags , on 13 mai 2022 by Yvan

De très belles rencontres !

Virginie Grimaldi - Il nous restera çaOuvrir un roman de Virginie Grimaldi c’est comme s’inscrire sur un site de rencontres. Si certains nieront l’avoir fait, le taux de réussite des personnages que Virginie Grimaldi fait défiler devant vous est pourtant proche des 100%. Essayez, vous verrez ! Personnellement, je n’ai de nouveau refusé personne dans ce nouveau roman. Jeanne, la vieille de 74 ans qui vient de perdre son mari et cherche à louer une chambre pour s’en sortir financièrement : hop, je prends ! Même sa petite chienne Boudine, moi qui ne suis pas très canin : hop rencard et dîner croquettes ! Chaque rencontre est un véritable coup de cœur dans ce roman !

Derrière ce titre qu’elle emprunte à un album de Grand Corps Malade, Virginie GrimaldiLes possibles », « Et que durent les moments doux », « Quand nos souvenirs viendront danser », « Tu comprendras quand tu seras plus grande », « Il est grand temps de rallumer les étoiles », « Chère Mamie au pays du confinement ») nous raconte l’histoire d’une colocation improbable entre trois personnes cabossés par la vie. Outre Jeanne, septuagénaire qui se retrouve subitement veuve, le lecteur fait la connaissance d’Iris, 33 ans, et de Théo, 18 ans, deux malmenés par la vie, qui cherchent désespérément un endroit où loger et qui se retrouvent subitement sous le même toit que Jeanne.

Progressivement, les trois colocataires qui s’étaient construit une carapace au fil des ans, s’apprivoisent et divulguent les secrets qui les empêchent d’avancer dans la vie. Ce roman choral qui dévoile graduellement ses personnages en leur donnant alternativement la parole, le temps de chapitres très courts qui dynamisent la lecture, aborde également des thèmes forts tels que la vieillesse, le deuil, l’isolement, l’alcoolémie, la violence conjugale ou la précarité. Des sujets profonds abordés avec beaucoup de justesse, de tendresse et d’humour.

Un coup de cœur parsemé de très belles rencontres qui m’ont régulièrement fait passer du rire aux larmes.

Il nous restera ça, Virginie Grimaldi, Fayard, 390 p., 22€

Elles/ils en parlent également : Rowena, Karine, Aude, Petite étoile livresque, Culture VS News, Lily

Olivier Norek – Dans les brumes de Capelans

Posted in Littérature, Olivier Norek with tags , on 20 avril 2022 by Yvan

Le retour du Capitaine Coste !

Olivier Norek – Dans les brumes de CapelansAh, revoilà enfin Victor Coste, l’enquêteur favori des lecteurs de la trilogie 93… sauf qu’il n’est plus capitaine de police au groupe crime de la SDPJ du 9-3, mais exilé à Saint-Pierre, une petite île française perdue au sud de Terre-Neuve. Ayant voulu mettre fin à sa carrière, totalement brisé, l’homme s’est vu proposé un emploi pépère sous secret défense et vit dorénavant totalement isolé en résidence surveillée dans cet endroit qui a la particularité d’être, chaque année, entièrement englouti par des brumes tellement épaisses que, durant plusieurs jours, l’on ne voit même plus sa propre main lorsque l’on tend le bras.

Pendant ce temps, sur le continent, des jeunes filles sont victimes d’un tueur en série insaisissable, jusqu’au jour où l’une d’entre elles est retrouvée vivante dans le sous-sol d’une maison inhabitée. Etant la seule à pouvoir identifier ce « monstre » qui court toujours, elle intègre le programme de protection des témoins et se retrouve en compagnie du Capitaine Coste dans la « safe house » de Saint-Pierre-et-Miquelon au large du Canada. Ce dernier aura pour mission d’apprivoiser cette jeune femme traumatisée et incapable de parler…

Cette traque au serial-killer est un véritable « page turner » pourvu de personnages hauts en couleurs qui trimbalent tous un vécu assez chargé. Outre une intrigue haletante et parfaitement ficelée, Olivier Norek livre également des dialogues qui claquent, ainsi qu’une ambiance pesante, amplifiée par le climat austère et la brume épaisse de Saint-Pierre.

Du polar comme j’en raffole !

Un gros coup de cœur !

Dans les brumes de Capelans, Olivier Norek, Michel Lafon, 400 p., 20,95€

Elles/ils en parlent également : Lord Arsenik, Yvan, Aude, Nath, Stelphique, Mes échappées livresques, Petite étoile livresque, Sonia, Thomas, Emilie, One more cup of coffee, Rose

Barbara Abel – Les fêlures

Posted in Barbara Abel, Littérature with tags , on 13 avril 2022 by Yvan

Un double suicide suspect !

Barbara Abel – Les fêluresQuand on me pose la question « Qu’as-tu lu de bon cette année », Barbara Abel fait quasiment toujours partie de la réponse. Autant j’adore découvrir de nouveaux auteurs et des petites pépites dissimulées sous les avalanches de sorties littéraires, autant je prends également plaisir à retrouver ces valeurs sûres que j’achète les yeux fermés, certain de passer un excellent moment de lecture. Les romans de Barbara Abel en font indéniablement partie !

« Les fêlures » débute dans le lit de Roxane et de Martin, un couple fusionnel qui vient de se suicider… sauf que… Roxane n’est pas morte. Son réveil à l’hôpital sera d’ailleurs particulièrement douloureux car, outre la perte de son compagnon, elle devra également s’expliquer auprès de ses proches et ceux de Martin, ainsi que devant la police car ce suicide partiellement réussi…ou partiellement raté (tout dépend du point de vue)… semble pour le moins suspect !

Pour son quatorzième roman, Barbara Abel livre à nouveau un thriller psychologique qui plonge le lecteur dans la tête de ses personnages. À coups de flashbacks, l’autrice remonte dans le temps, à l’origine des fêlures qui permettent d’expliquer les gestes du présent. Tout en distillant ces blessures d’enfance qui déterminent les adultes que nous devenons, l’autrice partage avec brio les émotions et les doutes de ses personnages, entraînant le lecteur derrière les apparences trompeuses de ce couple que tout le monde croyait pourtant très heureux…

Outre cet aspect psychologique d’une grande justesse, Barbara Abel propose également une intrigue qui parvient à tenir le lecteur en haleine dès la première page. Roxanne est-elle une Juliette des temps modernes, rejetée par sa belle-famille, simulant sa mort et pleurant le décès malheureux de son Roméo… ou juste une tueuse impitoyable ? Tout en donnant progressivement de l’épaisseur à ses personnages, l’autrice nous balade de révélation en révélation, faisant pencher la balance d’un côté, puis de l’autre, nourrissant l’envie de connaître la vérité.

Lisez Barbara Abel (Et les vivants autour, Je sais pas, Je t’aimeEcouter le noir, Regarder le noir, Derrière la haine, Après la fin) !

Les fêlures, Barbara Abel, Plon, 420 p., 20€

Elles/ils en parlent également : Aude, Laurence, Mélie

Joël Dicker – L’Affaire Alaska Sanders

Posted in Joël Dicker, Littérature with tags on 4 avril 2022 by Yvan

La suite de l’affaire Harry Quebert !

41tF4TU2KxL._SX195_Pour son sixième roman, premier à être publié dans sa propre maison d’édition suite au décès de son éditeur Bernard de Fallois, Joël Dicker clôt sa trilogie entamée avec « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » il y a dix ans et qui se termine par « Le Livre des Baltimore », publié en 2015. Une trilogie qui a donc la particularité de ne pas avoir été écrite dans l’ordre chronologique, mais qui offre l’avantage de pouvoir se lire dans n’importe quel ordre.

Le roman s’ouvre sur un meurtre, perpétré le 3 avril 1999 sur Alaska Sanders, la jolie employée d’une petite station-service dans une bourgade du New Hampshire. Retrouvée morte au bord d’un lac par une joggeuse, l’affaire sera finalement assez vite résolue par les autorités locales, aveux à l’appui. Sauf que onze ans plus tard, une lettre anonyme vient subitement semer le doute sur les conclusions de l’époque…

C’est donc une « cold case » que nous sert Joël Dicker, menée par un duo que les fans de « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » prendront grand plaisir à retrouver. Le narrateur s’avère en effet être l’écrivain Marcus Goldman, venu prêter main forte au sergent Perry Gahalowood, avec qui il a tissé des liens d’amitié depuis l’affaire Harry Quebert et qui a participé à l’enquête initiale sur la mort d’Alaska Sanders il y a plus d’une décennie.

Reprenant les ingrédients qui ont fait le succès de « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert », l’auteur suisse nous balade donc dans le temps, invitant d’une part à suivre l’enquête menée par Perry Gahalowood en 1999 et, en parallèle, celle menée par Marcus Goldman onze ans plus tard. Dans un style très accessible qui privilégie l’action et les rebondissements, Joël Dicker multiplie les fausses pistes, tout en livrant un « page turner » efficace qui tient en haleine de la première à la dernière page.

Beaucoup plus crédible que « L’énigme de la chambre 622 » et dans la lignée des deux autres tomes de cette trilogie : « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » et « Le Livre des Baltimore ».

L’Affaire Alaska Sanders, Joël Dicker, Rosie & Wolfe, 576 p., 23 €

Elles/ils en parlent également : HCh_Dahlem, One more cup of coffee, NathiLit, Nat & Rose, Anita, Sea You Son

Jeanne Benameur – La patience des traces

Posted in Jeanne Benameur, Littérature with tags , , on 9 mars 2022 by Yvan

Un havre de paix !

Jeanne Benameur – La patience des tracesLorsque Simon Lhumain laisse tomber le bol de faïence bleue dans lequel il boit son café chaque matin, quelque chose se brise également en lui. Psychanalyste attentif, il a passé sa vie à réparer les autres, mais en voyant le bol de son ami d’enfance en deux morceaux sur le sol de sa cuisine, il réalise qu’il a oublié de s’écouter lui-même. Lui qui n’a jamais voyagé, décide alors de tout quitter pour se rendre dans les îles japonaises de Yaeyama où, accueilli par madame Itô et son mari Daisuke, il va prendre le temps de nettoyer les traces laissées par le temps au plus profond de son être…

Ah, Jeanne Benameur (« Otages intimes », « Ceux qui partent ») ! Quand le monde part en sucette, que l’on se retrouve à l’aube d’une troisième guerre mondiale, la rétine saturée d’images horribles, à l’instar du héros de ce roman, il est bon de pouvoir aller se réfugier dans un havre de paix, au cœur des mots déposés avec délicatesse par Jeanne Benameur. Enfin au calme, me laissant bercer par la poésie de ses phrases et prenant le temps de me concentrer sur les silences qu’elle installe avec patience, je me libère du bruit environnant, totalement zen. Merci Jeanne, j’en avais besoin !

Jeanne Benameur c’est une plume délicate, douce, élégante et poétique qui invite à suivre la psychanalyse d’un homme qui prend enfin le temps de renaître dans un pays de traditions qui s’y prête parfaitement. C’est avec plaisir que l’on s’installe en compagnie de madame Itô, qui collectionne les tissus anciens, et de son mari spécialiste de l’art du Kintsugi, qui consiste à réparer les céramiques brisées, non pas en masquant les fêlures, mais en les embellissant au moyen de laque saupoudrée de poudre d’or. C’est donc réparé et plus beau que l’on ressort de ce roman de Jeanne Benameur…

Vous aussi, prenez une pause, laissez Jeanne Benameur allonger le temps, déposer sa prose au ralenti, offrir ce magnifique moment de respiration, tout en vous invitant à partir à la recherche de vous-même…

La patience des traces, Jeanne Benameur, Actes Sud, 208 p., 19,50€

Ils/elles en parlent également : Matatoune, Bénédicte, Nathalie, Jostein, Tours & culture, Mon petit carnet de curiosités, Librairie Diderot, Baz’Art

Saphia Azzeddine – Mon père en doute encore

Posted in Littérature, Saphia Azzedine with tags , on 9 février 2022 by Yvan

Me voilà également fan du papa !

Saphia Azzeddine - Mon père en doute encoreDepuis « Confidences à Allah » je suis grand fan de Saphia Azzeddine (Mon père est femme de ménage, La Mecque-PhuketCombien veux-tu m’épouser ?, Bilqiss, Sa mère). Pas seulement de l’écrivaine, mais également de la belle personne qu’elle dévoile au fil de ses romans, que ce soit à travers les nombreuses phrases pleines de bon sens qu’elle nous claque au visage ou à travers ces personnages foncièrement attachants qui sentent bon le vécu. Pour ce huitième roman, à forte dimension autobiographique, elle nous ouvre encore un peu plus la fenêtre vers son âme…

En nous livrant l’histoire de son père, immigré marocain de Figuig, dans l’extrême est du Maroc, Saphia Azzeddine livre non seulement un texte personnel, plein d’émotions, de tendresse et d’autodérision, mais surtout un hommage émouvant à ce père, certes protecteur, parfois maladroit et régulièrement intransigeant, mais surtout bienveillant et débordant d’amour pour ses enfants.

En mêlant sa propre enfance au passé de ce père transmettant ses conviction et ses valeurs en roulant les r, Saphia Azzeddine dévoile ses racines et l’immense richesse qu’elle a reçu en héritage, tout en me faisant progressivement réaliser que je suis finalement fan des Azzeddine sur plus d’une génération. Ah, qu’il m’a séduit ce papa dont je distinguais l’écho depuis le tout premier roman, sans savoir d’où il venait !

Chaque mot déposé par Saphia Azzeddine est une preuve supplémentaire qu’il n’y a pas que les étoiles qui continuent de briller lorsqu’elles sont mortes…

Mon père en doute encore, Saphia Azzeddine, Stock, 282 p., 19 €

Ils en parlent également : Baz’Art, NoID

Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac, Guillo – Goldorak

Posted in BANDES DESSINÉES, BD, Franco-Belge, Kana, Manga, One-shots, [Grand public] with tags , , on 26 décembre 2021 by Yvan

Goldorak Go !

Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac, Guillo - GoldorakPresque 3 ans que je n’avais plus lu de bandes dessinées, moi qui en lisais parfois 500 par an. Mais là, comment résister à cette couverture qui réveille tant de souvenirs d’enfance. Ah, nostalgie quand tu nous tiens !

La première bonne nouvelle de cet épilogue à la série culte est que Goldorak n’est pas mort ! Après avoir vaincu les troupes de Véga, Actarus et sa sœur Phénicia sont retournés sur leur planète Euphor, tandis que leurs acolytes sont retournés à une vie plus pépère. Jusqu’au jour où un terrible Golgoth s’écrase sur le Mont Fuji, tout en donnant un ultimatum aux terriens : ils ont 7 jours pour abandonner l’archipel du Japon aux derniers survivants du peuple de Véga, emmenés par le général Yros d’Arkhen…

La deuxième bonne nouvelle est que le héros de Gō Nagai est ressuscité par cinq auteurs aussi talentueux que passionnés par Goldorak, comme en témoigne le bonus d’une trentaine de pages en fin d’album. Il n’en fallait évidemment pas plus pour réveiller le bédéphile qui sommeillait encore en moi et titiller le quadragénaire nostalgique issu de la génération du Club Dorothée et nourri aux dessins animés nippons de Récré A2.

La meilleure nouvelle est cependant que les auteurs sont parvenus à conserver l’esprit de la série tout en lui donnant un nouveau souffle. Le scénario de Xavier Dorison (Undertaker, Ulysse 1781, Long John Silver, W.E.S.T., XIII Mystery, …) et Denis Bajram (Universal War One, Universal War Two, Alix Senator, Trois Christs) tient non seulement la route, mais offre surtout un épilogue merveilleux et parfaitement rythmé à cette série culte. Et que dire du travail visuel de Denis Bajram (scénario et dessins), Brice Cossu (dessins), Alexis Sentenac (dessins) et Yoann Guillo (couleurs), qui ont peaufiné chaque planche dans les moindres détails. Une véritable claque !

Bref, cinq auteurs qui réalisent l’exploit de ramener des centaines de lecteurs plus de 40 ans dans le temps, pour les abandonner le regard pleins d’étoiles…celles qu’ils avaient dans les yeux en étant petits, obnubilé par ces héros qui animaient leur petit écran. Merci !

Alors, n’hésitez pas, foncez ! Goldorak Go !

Goldorak, Xavier Dorison, Denis Bajram, Brice Cossu, Alexis Sentenac et Yoann Guillo, Kana, 168 p., 24,90€