Archive for the BANDES DESSINÉES Category

Barbara Abel – Et les vivants autour

Posted in Barbara Abel, Littérature with tags , on 22 mars 2020 by Yvan

Mettre fin au coma…

Barbara Abel - Et les vivants autourC’est autour de Jeanne que gravitent les vivants. Cette dernière est plongée dans un coma depuis quatre ans, pouponnée quotidiennement par sa mère et maintenue artificiellement en vie grâce à la médecine et aux finances de son père. Cela fait cependant quelque temps que les médecins préconisent l’arrêt des soins et lorsque le docteur Goossens convoque la famille, ceux-ci s’attendent inévitablement à l’irrémédiable… mais pas forcément au pire…

La révélation du médecin (tirée d’un fait divers dont je me souvenais, mais que je ne dévoilerai pas afin de ne pas gâcher votre plaisir de lecture) est le point de départ de ce thriller psychologique qui va faire voler en éclats une famille somme toute assez banale. Si Barbara Abel aborde le sujet difficile de l’arrêt des soins lorsque l’espoir de guérison devient quasiment nul, elle démontre surtout une nouvelle fois sa capacité à brosser des personnages comme vous et moi, mais qui dévoilent progressivement leurs failles et leur côté obscur… au grand bonheur des fans de polar que nous sommes !

La première moitié du roman s’immisce lentement au cœur de la famille Mercier, brisant les apparences, dévoilant les rancœurs et les secrets, petit à petit, à coups de non-dits et de révélations qui tiennent en haleine. Puis, dans la seconde moitié, les choses s’enveniment et s’accélèrent, accentuant l’aspect thriller du récit et transformant l’ensemble en un page-turner efficace.

Malgré un dénouement que l’on pourra certes qualifier de prévisible, je reste fan absolu de Barbara Abel (Je sais pas, Je t’aimeEcouter le noir) !

Et les vivants autour, Barbara Abel, Belfond, 444 p., 19€

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Jussi Adler-Olsen – Victime 2117

Posted in Jussi Adler Olsen, Littérature with tags on 8 mars 2020 by Yvan

Le passé d’Asad !

Jussi Adler-Olsen - Victime 2117Après « Miséricorde », « Profanation », « Délivrance », « Dossier 64 », « L’effet Papillon », « Promesse » et « Selfies », le Département V de la police criminelle de Copenhague reprend du service avec la découverte du corps du 2117ème réfugié ayant péri en traversant la Méditerranée depuis le début de l’année. La victime, échouée sur une plage chypriote, se nomme Lely Kabaki, une femme d’origine syrienne…

La très bonne nouvelle de ce huitième volet est que grâce à cette 2117ème victime, le fameux service de police chargé d’élucider les vieilles affaires non résolues se frotte cette fois au passé d’Hafez el Assad, le personnage le plus attachant et le plus mystérieux de cette saga. Parallèlement, Gordon et Rose recherchent activement l’identité d’un jeune détraqué qui menace de perpétrer un carnage au Danemark lorsqu’il aura atteint 2117 points à son jeu en ligne… Le compte à rebours peut commencer !

Pour le huitième dossier de ce « Cold Case » à la danoise, le lecteur prend donc à nouveau plaisir à retrouver cette équipe assez improbable, composée de Carl Mørck, Hafez el Assad, Rose et Gordon, la dernière recrue en date. Outre la psychologie très soignée des personnages, Jussi Adler Olsen nous régale en levant enfin le voile sur le passé de de cet ancien réfugié politique syrien qui prend son boulot très à cœur.

Si je trouvais que Jussi Adler Olsen régressait depuis deux tomes au niveau de l’intrigue, force est de constater qu’il change son fusil d’épaule lors de ce huitième volet. Lorgnant un peu plus vers le roman d’espionnage, l’auteur aborde plusieurs sujets d’actualité tels que les migrants et le terrorisme, le tout au cœur d’une histoire prenante qui se dévore à toute allure.

Le passé d’Asad n’étant pas très réjouissant, cela détonne également sur l’ambiance de ce tome, qui est un peu plus sombre que d’habitude. L’humour a un peu moins sa place et le nombre de proverbes débordant de dromadaires s’en retrouve du coup forcément diminué.

Bref, un des meilleurs tomes de la série, avec « Délivrance ».

Victime 2117, Jussi Adler-Olsen, Albin Michel, 576 p., 22,90 €

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Henri Loevenbruck – Le Loup des Cordeliers

Posted in Heni Loevenbruck, Littérature with tags on 23 février 2020 by Yvan

Attention, c’est un Tome 1 !

Henri Loevenbruck - Le Loup des Cordeliers« Le loup des Cordeliers » plonge le lecteur dans les rues de Paris en mai 1789, aux prémices de la révolution française. Au milieu de ce peuple qui grogne, la police retrouve régulièrement des cadavres avec un étrange symbole gravé sur le front. Ces morts seraient l’œuvre d’un justicier masqué, accompagné d’un loup féroce, qui arpente les rues de Paris afin de protéger les femmes victimes d’agressions. Gabriel Joly, jeune journaliste fraîchement arrivé à la capitale, semble bien déterminé à relater cette révolte populaire, tout en essayant de démasquer le Loup des Cordeliers…

De la naissance de l’Assemblée Nationale à la prise de la Bastille, Henri Loevenbruck s’amuse à vulgariser un fond historique qui ne me bottait pourtant pas trop à la base, tout en s’autorisant quelques libertés, au service de ce roman policier parsemé de complots, d’amour, de capes et d’épées. S’appropriant les personnages historiques de l’époque, de Danton à Louis XVI, en passant par Robespierre, Desmoulins, Mirabeau ou Marie-Antoinette, Henri Loevenbruck démontre une nouvelle fois sa capacité à proposer des personnages particulièrement travaillés et attachants. Les personnages fictifs ne sont pas en reste, permettant à l’auteur de livrer un récit prenant et quelques personnages inoubliables, allant de la flamboyante Anne-Josèphe Terwagne au pirate nommé Récif, en passant par Gabriel Joly, l’enquêteur de service aux allures de Sherlock Holmes.

À l’instar de Luca Di Fulvio, Henri Loevenbruck (« Nous rêvions juste de liberté », « J’irai tuer pour vous ») s’avère être un narrateur hors pair, capable de passer d’un univers à l’autre, tout en sachant happer le lecteur en proposant une écriture fluide et des personnages attachants. Si j’ai adoré ce roman, je regrette cependant les deux mots qui concluent cette brique de 560 pages : « A SUIVRE… ». Franchement, même si l’on découvre finalement l’identité du Loup des Cordeliers, cette conclusion laisse tout de même un goût solidement amer…

Si j’ai passé un excellent moment de lecture, je me dois néanmoins de conclure cet avis par une citation historique afin d’exprimer ma frustration finale : « Non mais, allô quoi ! »

Le Loup des Cordeliers, Henri Loevenbruck, XO Éditions, 560 p., 21,90€

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Luca Di Fulvio – Le Soleil des Rebelles

Posted in Littérature, Luca di Fulvio with tags , on 17 novembre 2019 by Yvan

Un destin moyenâgeux hors norme !

Luca Di Fulvio - Le Soleil des RebellesAprès New York dans les années 20 (« Le Gang des rêves ») et Venise au début du XVIe siècle (« Les enfants de Venise »), le romancier italien Luca Di Fulvio nous emmène au Moyen-âge.

Le jeune Marcus II, prince héritier du royaume de Saxe, y assiste au massacre de toute sa famille par Agomar, un guerrier impitoyable commandité par Ojsternik, le seigneur de Dravocnik. Sauvé in extremis par la fille d’Agnete, la sage-femme, le gamin de neuf ans se retrouve élevé comme un serf au cœur d’un système féodal aux conditions de vie effroyables…

À l’instar de Christmas dans « Le Gang des rêves » ou de Mercurio dans « Les enfants de Venise », Luca di Fulvio nous invite une nouvelle fois à suivre la destinée incroyable d’un gamin que l’on voit grandir au fil des pages et que l’on quitte les yeux embués une fois le roman refermé. L’intrigue ne révolutionnera certes pas le genre mais, en conteur hors pair, Luca di Fulvio livre un récit initiatique parsemé d’amour, d’amitié, de cruauté, de misère, de courage, de trahisons et de vengeance, qui tient en haleine de la première à la dernière page.

« La seule vérité qui compte, c’est celle qui…résonne en toi. »

De plus, cette épopée médiévale qui se vit autant qu’elle se lit, offre à nouveau une galerie de personnages hauts en couleur, emmenés par un héros au destin hors norme, ainsi que par un trio de personnages féminins (Agnete, la sage-femme, Eloisa, sa fille, et Emöke, la folle) qui ne laissera personne indifférent.

Bref, ma troisième brique signée Luca di Fulvio et mon troisième coup de cœur de cet auteur dont je vais m’empresser d’aller lire « Les prisonniers de la liberté » !

Le Soleil des Rebelles, Luca Di Fulvio, Slatkine et cie, 636 p., 23€

Ils en parlent également : Flo & books, Stelphique, Au chapitre, Mots pour mots, Valmyvoyou lit, Un livre toujours, Addiction polar, Evasion polar, LœildeM, Entre deux pages, Tours et culture, Derrière ma porte un monde, Hélène, AurélieÔ Grimoire, Page après page, Un bouquin sinon rien, Franck’s books

Collectif – Ecouter le noir

Posted in Barbara Abel, Franck Thilliez, Littérature, R.J. Ellory with tags on 3 novembre 2019 by Yvan

Une bonne nouvelle !

Collectif - Ecouter le noirSi, en tant qu’amateur de polars, j’adore le noir, la nouvelle n’est cependant pas vraiment mon genre de prédilection. Je me souviens néanmoins avoir beaucoup apprécié l’initiative « Doggybags » en bande dessinée, qui permettait de découvrir de nouveaux auteurs grâce à des récits, certes courts, mais délicieusement sombres. Puis, récemment, quelques auteurs de renom, tels que Vincent Hauuy avec « Le Repas » ou Franck Thilliez avec « Origines » sont parvenus à me séduire en proposant gratuitement des nouvelles d’excellente qualité.

Etant grand fan du blog littéraire EmOtionS d’Yvan Fauth, qui est à l’origine de ce recueil de nouvelles noires sur le thème de l’audition, je me suis donc laissé tenter par ce roman qui regroupe de surcroît une très belle brochette d’auteurs. Outre deux récits écrits à quatre mains (Barbara Abel et Karine Giebel, Jérôme Camut et Nathalie Hug), les autres auteurs présents sont Sonja Delzongle, François-Xavier Dillard, R.J. Ellory, Nicolas Lebel, Sophie Loubière, Maud Mayeras, Romain Puértolas, Laurent Scalese et Cédric Sire. Rien que des auteurs que j’apprécie ou que j’avais envie de découvrir !

Si le résultat est forcément un peu inégal, avec des styles assez différents malgré une thématique commune, j’ai vraiment apprécié cette lecture. Il y a d’une part le plaisir de retrouver quelques auteurs dont je suis grand fan, tel que R.J. Ellory, mais surtout de découvrir quelques auteurs que je n’avais jamais lu, mais dont j’ai dorénavant envie de découvrir les romans, tel que Maud Mayeras ou François-Xavier Dillard. Mais le plus grand exploit de ce recueil est probablement qu’il n’y a pas une seule nouvelle qui ne m’a pas plu. Parvenir à attirer des grands noms, tout en proposant de la qualité… Que demander de plus ?

Tous les fans de récits noirs devraient donc y trouver leur compte… même s’ils ne sont pas fans de nouvelles !

Ecouter le noir, Collectif, Belfond, 288 p., 18,50€

Ils en parlent également : Lord Arsenik, Anne-SophieAude, ClaireMichel, OphélieLarsinetteSam, Sonia, SuzieVirginie, Lectures du dimanche, Black novel 1, Des plumes et des livres, Entre deux livres, Au fil de l’histoirePause polars, Collectif Polar, Le bouquin ivre, Cannibal lecteur, Livresse du noir, Sangpages, Ma bibliothèque bleue, NigraFolia, Et le monde de Sosso, Culturez-moi, Delcyfaro, The love book, Songe d’une nuit d’été, Une vie toute simple, Luciole

Jeanne Benameur – Ceux qui partent

Posted in Jeanne Benameur, Littérature with tags on 9 octobre 2019 by Yvan

L’antichambre du rêve américain !

Jeanne Benameur – Ceux qui partent« Ceux qui partent » raconte l’histoire de ceux qui viennent de débarquer sur Ellis Island après une longue traversée en bateau. Des déracinés qui ont déjà vue sur la statue de la Liberté, mais qui doivent encore passer des contrôles, afin d’être acceptés ou rejetés par ce pays qui vend certes du rêve, mais qui accueille toutefois cette nouvelle vague de migrants avec beaucoup de méfiance.

Ce roman choral qui se déroule sur une journée et une nuit à Ellis Island en 1910, dresse le portrait de personnages dont les vies s’entremêlent aux portes des Etats-Unis et qui dévoilent progressivement leurs rêves, leurs passions, leurs souvenirs et leurs doutes. Suspendus entre un avant qu’ils n’ont pas encore totalement quitté et un avenir rempli d’espoir, mais encore très flou, ils vont faire des choix et des rencontres qui risquent de bouleverser leur avenir…

Si le roman graphique entièrement muet de Shaun Tan (« Là où vont nos pères ») aborde le même sujet à coups de silences qui en disent souvent très long, on peut difficilement rêver mieux que la plume délicate de Jeanne Benameur (« Otages intimes ») pour restituer les émotions de ceux qui, par nécessité ou par choix, décident de partir vers une nouvelle vie… surtout que l’auteure, de père algérien et de mère italienne, a également connu l’exil à l’âge de cinq ans.

Même s’il ne se passe pas grand-chose et que certains passages peuvent paraître particulièrement lents, restituant au passage l’attente interminable de ces candidats au rêve américain, le sujet s’avère d’une actualité brûlante et les mots de Jeanne Benameur ne peuvent que transporter le lecteur…

Ceux qui partent, Jeanne Benameur, Actes Sud, 330 p., 21€

Ils en parlent également : Mes pages versicolores, Tours et culture, Lech’tur, La voie aux chapitres, Messageries littéraires, Les lectures de Cannetille, Nath, Vagabondage autour de soi, Mot-à-mots

Franck Bouysse – Né d’aucune femme

Posted in Franck Bouysse, Littérature with tags on 21 août 2019 by Yvan

S’accrocher aux mots !

Franck Bouysse - Né d’aucune femmeAyant adoré « Glaise » de Franck Bouysse, je n’ai pas pu résister bien longtemps à l’envie de lire son dernier roman, surtout que la couverture se veut également particulièrement séduisante.

Le récit débute par les paroles d’une femme, recueillies dans l’intimité du confessionnal du père Gabriel. Elle lui demande de récupérer des cahiers dissimulés sous la robe d’une défunte, dont il doit aller bénir le corps. La lecture de ces cahiers, qui contiennent les confessions de Rose, va bouleverser sa vie…

« Né d’aucune femme » raconte donc l’histoire de Rose, depuis son enfance et ce fameux jour où son père la vendue pour quelques pièces à un forgeron, jusqu’à ses derniers jours. En donnant en alternance la parole au père Gabriel, à Rose, à ses parents et au palefrenier du forgeron, ce récit choral dresse progressivement le portrait bouleversant d’une femme abimée par la vie, mais qui parvient à s’évader de l’enfer grâce aux mots. Des mots que l’auteur utilise avec grand brio, narrant l’intolérable avec force, beauté et finesse…

« Les mots, ils me font me sentir autrement, même enfermée dans cette chambre. Ils représentent la seule liberté à laquelle j’ai droit, une liberté qu’on ne peut pas me retirer, puisque personne à part Génie, sait qu’ils existent. »

« Né d’aucune femme » est une histoire sombre, mais profondément humaine, racontée de manière lumineuse !

Né d’aucune femme, Franck Bouysse, La manufacture des Livres, p., 20,90 €

Ils en parlent également (la liste de ceux qui n’en parlent pas est probablement plus courte 🙂 ): Anthony, Moka, Maeve, MaudDomi, Mélie, Juju, Gwen, CocoMes échappées livresques, EmOtionS, Au fil des livres, Actu du noir, Livresse du noirMumu dans le bocage, Lectures de rêve, Livres d’un jour, A l’horizon des mots, Entre deux livresSerial Readeuz, La livrophageUranie, Krolfranca, Les cibles d’une lectrice à visée, Emma’s books, Au fil de l’histoire, Lire & vous, Les yeux dans les livresMes pages versicolores, 22h05 rue des Dames, Black novel, Cercle littéraire de Dordogne, Moonpalaace, Girl kissed by fire, Mrs Pepys, Bib’Bazar, Des pages et des lettres, Boutabou, Eugénie, Liseuse hyperfertile, Ma passion les livres, Dealer de lignes, Les libraires masqués du grenier, Coquecigrues et ima-nu-ages