Archive for the [DL 2005] Category

John Wagner – A History of Violence

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, One-shots, [Angoulême 2006], [DL 2005], [Sans super-héros] with tags , on 5 février 2010 by Yvan

History of violenceCe one-shot impeccable part d’un scénario plutôt simple, mais très cohérent et à la construction parfaite.

L’album, dont la tension monte crescendo, est divisé en trois parties. La première partie est consacrée à ce père de famille exemplaire qu’est Tom McKenna et qui semble se faire rattraper par un passé qui l’est moins. La deuxième partie va lentement nous plonger dans ce passé obscure et mettre à jour une vengeance vieille de vingt ans. Mais c’est dans la dernière partie que John Wagner (« Batman et Judge Dredd« ) va faire éclater cette violence qui sommeille depuis trop longtemps et qui va plonger le lecteur dans l’horreur.

Le trait hachuré de Vince Locke (« Sandman« ), dont je ne suis pas fan à la base, accentue encore la noirceur du récit et l’atmosphère malsaine qui pèse sur cette histoire où la violence et la vengeance font office de fil conducteur, transformant un père modèle en un tueur sans merci.

Sachant que ce one-shot date de 1995, la dernière case de la page 229 fait froid dans le dos quand on s’y attarde un peu, tant au niveau du graphisme qu’au niveau du texte.

Bref, un petit chef-d’œuvre noir dont je vais m’empresser d’aller voir l’adaptation cinématographique de David Cronenberg, avec Viggo Mortensen et Ed Harris, qui est sortie quasi en même temps que cette édition de Delcourt.

Pirus & Mezzo – Le roi des mouches T1

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Glénat, [Angoulême 2006], [DL 2005], [Sélectif] with tags , on 4 février 2010 by Yvan

Pirus & Mezzo – Le roi des mouches T1Derrière cette couverture assez sobre et intrigante se cache une véritable bombe au niveau scénario et graphisme. Si la couverture est orange, le contenu est bien noir: noir, dérangeant, glauque, malsain, envoûtant et parfois morbide.

Après « Lola Cordova », « Le roi des mouches » est mon deuxième trip sur papier de l’année 2005 : sexe, drogues et rock’n’roll. Mais à l’inverse de « Lola Cordova », dont le trip interplanétaire se situe en pleine fiction, ce trip se situe dans la réalité de notre monde et cela, même si on a du mal à localiser l’endroit. Les maisons, les vêtements, le style de la BD et le culte du déguisement font penser aux Etats-Unis, alors que les voitures et la monnaie utilisée font penser à l’Europe.

Sélectionné pour le prix du scénario à Angoulême 2006, cet album est composé de petites histoires qui peuvent se lire séparément. Les différents personnages se croisent au fil des histoires afin de former un tout très cohérent et abouti. On suit les délires quotidiens de jeunes paumés, bordés par l’ennui, les plaisirs artificiels, le sexe et l’alcool. Coincés dans la banalité de leurs existences, ils cherchent à s’enfuir via l’alcool, la drogue, les anti-dépresseurs et le sexe.

La narration à l’humour très noir tranche comme une lame de rasoir. Le cadrage (face caméra) ajoute un côté malsain et dérangeant à l’histoire. Le dessin fait fort penser à la série « Black Hole », les traits sombres et beaucoup de couleurs, mais sans tomber dans le criard. Le tout crée une osmose envoûtante qui se dégage de ce microcosme de personnages désoeuvrés et dépourvus de toute morale.

Très fort !

David Vandermeulen – Fritz Haber T1

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, Mirages, Séries, [Angoulême 2006], [Angoulême 2011], [Avancé], [DL 2005], [En cours] with tags , , on 30 janvier 2010 by Yvan

David Vandermeulen - Fritz Haber T1Avec se premier tome d’une série qui devrait finalement en compter cinq (initialement trois), David Vandermeulen retrace les débuts de Fritz Haber (1868-1934), juif allemand et un des grands chimistes du siècle précédent.

On se retrouve en 1888 à Breslau pour le début de la biographie (1888-1906) d’un Fritz Haber bien décidé de faire carrière en Allemagne et que l’histoire remémorera comme l’inventeur du gaz moutarde et du Zyklon B et comme Prix Nobel de chimie en 1918.

Graphiquement on retrouve des vignettes splendides, grâce à une peinture aux tons sépia ensuite ‘délavée’ à l’eau de javel et qui donne l’impression de contempler de vieilles photos d’époque. Une impression de se retrouver au début du cinéma muet qui est renforcée par le sous-titrage des vignettes et l’intercalation de cadres noirs explicatifs.

Bref, une adaptation osée de la triste biographie d’un homme dont l’histoire aimerait ne pas trop se souvenir. Un homme poussé par son ambition de faire carrière et délaissant sa famille, un homme tourmenté par ses racines et dont David Vandermeulen décrit ici les débuts à l’aide d’un tome graphiquement superbe. Un tome qui pourrait bien être précurseur d’un petit chef-d’œuvre.

Retrouvez cet album parmi les titres sélectionnés au Festival d’Angoulême 2011 !

Matz & Wilson – Du Plomb Dans La Tête T2

Posted in BANDES DESSINÉES, Casterman, Franco-Belge, Trilogies, [DL 2005], [Grand public] with tags on 27 janvier 2010 by Yvan

Mats Wilson plomb dans la teteDeux flics jusqu’au-boutistes, Perry et Carlisle, tentent de faire tomber les gros poissons qui ont commandité l’assassinat du sénateur Sterling.

Via un journaliste, Perry divulgue des informations dans la presse afin de faire bouger les poissons. Les petits poissons, Louis et Jimmy qui ont buté Sterling en compagnie d’une prostitué de luxe, tombent alors dans un piège.

Mis à part le scénario qui est meilleur que celui du premier tome (sans pour autant atteindre le niveau du « Le tueur« ) et le dessin irréprochable, se sont les dialogues pleins d’humour qui distinguent ce polar des autres.

Des dialogues excellents qui font penser aux dialogues de Pulp Fiction sur le Mc Donald. Tout comme dans ce film de Tarantino le rythme est soutenu et l’ennui impossible.

Ce deuxième tome nous entraîne encore un peu plus dans les magouilles, faisant monter le suspens d’un cran, ce qui est très prometteur pour la suite.

Michel Plessix – Le vent dans les sables T1

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, Séries, [DL 2005], [En cours], [Grand public] with tags , on 27 janvier 2010 by Yvan

Plessix vent dans les sablesAprès avoir magistralement adapté en quatre tomes le roman « Le vent dans les saules » de l’anglais Kenneth Grahame, Michel Plessix pouvait difficilement laisser tomber tous ces adorables petits personnages animaliers.

Il s’est donc approprié tous les personnages de la série « Le vent dans les saules« , et peut maintenant, en toute liberté et sans les ‘contraintes’ d’un scénario originel, leur faire vivre de nouvelles aventures dans cette nouvelle série. Dans ce premier tome il va d’ailleurs inviter Rat, Taupe, Blaireau et Crapaud à quitter la quiétude du Bois Sauvage pour partir à la découverte du monde.

En prenant la direction de l’orient « Le vent dans les saules » devient donc « Le vent dans les Sables » et nous promet de nouvelles aventures, loin du marrais du Bois Sauvage. Le scénario de cette nouvelle aventure est divisé en trois grands chapitres.

Un premier chapitre qui invite au voyage avec les hirondelles, canards et autres animaux qui préparent leur migration à l’approche de l’automne, avec ce rat marin bourlingueur qui étale et conte tous ses plus beaux voyages et avec Rat qui se met à rêver de voyage.

Un deuxième chapitre qui va regrouper tous les personnages principaux, afin que Rat puisse faire partager cette envie de voyage à tous ses amis, et en particulier à l’excentrique Crapaud. Le troisième chapitre va lui définitivement briser le lien géographique avec la série précédente en emmenant nos amis loin du Bois Sauvage.

Comme pour la série précédente, chaque page est un vrai régal pour les yeux. Des planches parsemées de détails, des tableaux campagnards enchanteurs et des clins d’œil amusants.

Bref, un excellent tome de mise en place, dans la lignée de la série « Le vent dans les saules« , et qui va inciter nos amis à se diriger vers d’autres contrées pour cette nouvelle série prometteuse.

Andreyko – Les enquêtes de Sam & Twitch T1

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, One-shots, [Angoulême 2006], [DL 2005], [Sans super-héros] with tags , on 27 janvier 2010 by Yvan

Sam & twitchAprès avoir lu les six excellents tomes de « Sam and Twitch« , édités chez Semic, c’est très logiquement que je me m’attaque à « Sam and Twitch (Les enquêtes de)« , édité dans la collection Contrebande de chez Delcourt. Sam et Twitch sont des personnages créés par Todd McFarlane dans les pages de la série Spawn. Cet album s’attaque en fait à la seconde série spin-off de Spawn dédiée aux deux détectives : « Casefiles: Sam et Twitch ».

Alors que les intrigues de la première série des deux héros de Todd McFarlane étaient signées Brian Michael Bendis (« Torso« , « Powers« , « Daredevil », « Goldfish« , « Jinx« ), c’est Marc Andreyko (coscénariste de Bendis sur « Torso« ) qui prend l’intrigue de l’histoire principale à son compte.

Dans Squelettes, c’est le passé de Sam Burke qui resurgit et le mêle à une sombre histoire se déroulant dans les plus hautes sphères de la politique américaine. Les deux inspecteurs intègres de la police de New York que tout oppose, Sam Burke et Twitch Williams, continuent d’être l’intérêt majeur de cette excellente série que tout amateur de polars se doit de lire. Ils sont vraiment attachants dans leur ténacité à vouloir élucider des événements qui les dépassent. Les deux se connaissent parfaitement, se complètent, s’apprécient et se font confiance.

Un autre élément important à noter dans cette nouvelle aventure est l’absence de fantastique, qui permet à Marc Andreyko de se concentrer sur le polar pur et dur, tout en abordant des sujets de société comme l’homosexualité et les relations familiales. L’histoire principale va en effet mettre en avant les méfaits d’un père prêt à tout pour asseoir la carrière politique de son fils, tandis que le court récit qui clôture l’album s’attaque à la relation entre Sam Burke et son frère. Une deuxième histoire de Steve Niles (« 30 jours de nuit« ) très plaisante, qui contribue à développer la psychologie de Sam Burke. Un autre point fort de ce tome (et de la série en général) est d’ailleurs la justesse des dialogues. Une narration drôle et percutante qui permet un développement psychologique fouillé de ses personnages, tout en s’autorisant par moments quelques touches d’humour bien dosées.

Graphiquement, j’ai initialement un peu regretté la colorisation des albums Semic et ces pages plus agréables au touché. Mais finalement, le dessin noir et blanc à l’aspect granuleux de Paul Lee contribue à l’ambiance polar pur et dur de cette histoire. Une ambiance bien sombre et un équilibre somptueux entre rebondissements et psychologie.

Excellent !

Garth Ennis – Punisher, Au commencement…

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Garth Ennis, One-shots, Panini, Punisher, [Avec super-héros], [DL 2005] with tags on 27 janvier 2010 by Yvan

Garth Ennis - Punisher MaxCe deuxième tome de « Punisher (Max) » constitue une histoire complète («In The Beginning») et regroupe les six premiers épisodes de la septième série du Punisher, parus entre mars 2004 et juillet 2004.

On retrouve le Punisher au sein de sa vendetta envers le crime organisé et, une fois de plus, Garth Ennis ne va pas lésiner sur la violence et sur le nombre de mafieux exterminés. Si l’histoire déborde plus de violence que d’originalité, elle permet surtout de retrouver un ancien acolyte de Frank Castle, dans un contexte différent. Micro(chip) renoue le contacte avec Frank Castle, mais il travaille cette fois pour le compte de la CIA, qui aimerait recruter le Punisher afin de mener à bien des missions envers des terroristes. Si l’histoire dérape avec une facilité amusante dans un bain de sang et de violence jubilatoirement gratuit, les personnages secondaires proposés par Ennis sont tout bonnement succulents. De cette agent de la CIA qui mouille rien qu’à l’idée de pouvoir entendre la voix du Punisher à ce mafioso extrêmement violent, en passant par le Punisher et Micro, tous les personnages sont très soignés et contribuent à insufflé un humour très noir au récit. On retrouve un Punisher sans pitié, ne faisant aucune concession, portant un regard noir sans aucune nuance de gris sur son devoir … j’adore. De plus, comme lors du tome précédent, on retrouve des allusions à cet élément déclencheur qui donna naissance au Punisher, en fin de guerre du Vietnam.

Au niveau du graphisme, le travail remarquable de Lewis LaRosa confirme l’orientation plus réaliste prise par la série. Tout en accentuant encore un peu plus la violence et la noirceur, cette saga semble tourner le dos à son côté burlesque/satirique.

J’adore !