Archive for the [DL 2006] Category

Comès – Dix de Der

Posted in BANDES DESSINÉES, Casterman, DIVERS, Franco-Belge, Guerre, K.BD, One-shots, [Avancé], [DL 2006] with tags , on 27 mai 2011 by Yvan

La guerre commentée par ses morts !

Comès - Dix de DerLe titre de ce one-shot signé Comès (Silence) fait non seulement référence au dernier pli du jeu de la belote, mais également à cette guerre que l’on appelle la « Der des der ».

La seconde guerre mondiale est un sujet qui a certes déjà été maintes fois traité au sein du neuvième art, mais l’auteur propose néanmoins une approche assez originale. Comès situe le récit dans une région qu’il connaît bien et s’attaque à l’offensive allemande menée dans les Ardennes belges en 1944. En mettant en scène des corbeaux dotés de la parole et trois morts (un Français, un Allemand et un alcoolique mort d’une cirrhose du foie avant le début des hostilités) à la recherche d’un quatrième joueur pour leur partie de belote, il propose cependant un univers assez étrange. Cette approche fantastique du sujet, permet de laisser la parole à quelques morts et à ce jeune G.I. qui risque fort de les rejoindre.

Le lecteur ne retrouve donc pas la classique opposition entre deux camps ennemis, mais d’un côté les victimes du conflit et de l’autre sa stupidité. On a donc d’une part la réalité de la guerre et son lot d’horreurs et de l’autre des morts qui commentent les événements avec un certain détachement. Le contraste entre ces combats dont l’auteur s’amuse à souligner l’absurdité et l’humour noir de ces morts qui logent nazis et alliés à la même enseigne, est l’attrait principal de cet album aux dialogues savoureux.

Visuellement, Comès démontre toute sa maîtrise du noir et du blanc et propose quelques planches enneigées assez sublimes. Pas de rouge au menu de cette bataille sanglante, mais un blanc couleur neige et un noir qui contamine l’humour qui accompagne cette critique acerbe de la guerre.

Un scénario certes léger, mais une approche originale qui permet de donner la parole aux morts.

Comès - Dix de DerLisez également l’avis de Mo’ sur K.BD !

Neil Gaiman – Sandman, Jouons à être toi

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Neil Gaiman, One-shots, Panini, [DL 2006], [Sans super-héros] with tags on 8 avril 2011 by Yvan

Rêves d’enfance

Neil Gaiman - Sandman, Jouons à être toiCe cinquième tome se concentre sur un personnage secondaire du deuxième tome et propose une histoire indépendante, divisée en six chapitres :

– Meurtre dans la 5e avenue (Slaughter on 5th Avenue)
– Berceuses de Broadway (Lullabies of Broadway)
– Lune de sang (Bad Moon Rising)
– Vers le bout du tunnel (Beginning to See the Light)
– Côté mer, côté ciel (Over the Sea to Sky)
– À mon réveil, l’un de nous pleurait (I Woke Up and One of Us Was Crying)

Tous sont dessinés par Shawn McManus et colorisé par Daniel Vozzo, sauf le troisième épisode, qui est dessiné par Colleen Doran.

Dans « Jouons à être toi », Neil Gaiman entremêle le monde onirique et le monde réel. En passant de l’immeuble où vit Barbie, la compagne de Ken dans « La Maison de poupée », au monde imaginaire qu’elle s’était inventé lorsqu’elle n’était qu’une enfant, l’auteur se joue une nouvelle fois des frontières qui séparent le rêve de la réalité.

En mêlant la vie actuelle d’une jeune femme dont la relation affective vient d’être perturbée et ses rêves d’enfance où elle était encore la princesse d’un monde imaginaire, cette histoire aborde donc le thème de l’identité et montre le contraste qui existe entre ce que les gens veulent devenir et la dure réalité. En plongeant le lecteur dans un univers digne de « Narnia », l’auteur insuffle également un côté « fantasy » à son histoire et souligne le rôle important de l’imagination dans la vie des gens.

La force de cette histoire qui passé du quotidien des habitants de l’immeuble de Barbie à un monde imaginaire menacé par un ennemi appelé “le Coucou”, se situe clairement au niveau des personnages. De Wanda, transsexuelle et meilleure amie de Barbie, à l’intrigante Thessaly, voisine aux lunettes surdimensionnées, en passant par un couple de lesbiennes punks et un voisin de palier pour le moins inquiétant, le casting n’a rien à envier aux personnages mythologiques du tome précédent. Et je ne parle même pas de Wilkinson, Luz et les autres animaux qui animent le pays imaginaire de Barbara. Le seul reproche que l’on pourrait faire au niveau du casting est l’absence de Dream (et des autres Eternels), qui n’intervient véritablement qu’en fin de tome.

Blutch – La Volupté

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, [Angoulême 2007], [DL 2006], [Sélectif] with tags , on 29 mars 2011 by Yvan

Quand l’animal guette…

Blutch - La Volupté« La volupté » est une œuvre qui en laissera plus d’un perplexe.

Le récit invite à croiser plusieurs personnages sans relations apparentes. Une mystérieuse bête errante plane au-dessus de l’histoire et semble vouloir lier les différentes scènes au fil des pages. Le lecteur refermera assurément l’album en ayant beaucoup de questions restées en suspens. Que penser de cet enfant qui cherche désespérément l’attention de son père ou de cet échange de cailloux assez hilarant pour Noël ? Comment rester indifférent à ces femmes qui semblent attirer la bête, cette représentation animale de la sexualité ? Le désir est omniprésent … l’homme chasse, prêt à tirer son coup lorsque l’animal apparaîtra … la femme, elle, soulève les draps, écarte sensuellement les cuisses … l’animal, lui, s’y glisse …

Tant de sentiments, transmis par des crayons de couleur, utilisant essentiellement le rouge et le noir. Le trait hachuré, torturé, brut et doux à la fois s’élance avec vivacité et élégance, au fil de tracés pleins de mouvement, le dessin s’anime, distille des ambiances sombres et croque les femmes avec délicatesse. Le lecteur, souvent s’y perd, mais demeure fasciné devant tant de beauté.

« La volupté » n’est pas une histoire, c’est une œuvre baignée de surréalisme, qui se contemple afin d’en saisir toute la sensualité.

Retrouvez cet album parmi les titres sélectionnés au Festival d’Angoulême 2007 !

Pascal Rabaté – Les petits ruisseaux

Posted in BANDES DESSINÉES, CINÉMA & DVDs, Franco-Belge, Futuropolis, K.BD, One-shots, Pascal Rabaté, [2005 à 2010], [Accessible], [DL 2006] with tags , on 31 mai 2010 by Yvan

Les petits ruisseaux de Rabaté, adapté au cinéma !!!

Voici la bande annonce:

Mais lisez d’abord la BD …

Rabaté

Voilà un one-shot qui figure dans mon top-10 de Futuropolis !

Pourtant, à la base, la sexologie des vieux n’est pas le sujet qui m’interpelle le plus. Mais comme il s’agissait de Pascal Rabaté et que j’avais adoré son adaptation du roman de l’homonyme du célèbre Tolstoï (Ibicus), c’est d’un pas décidé que je me suis dirigé vers cet album en rentrant chez mon libraire.

Par contre, au premier feuilletage j’ai carrément du demander confirmation à mon libraire qu’il s’agissait bien du même auteur, car le style est totalement différent. Alors que Lire la suite

Hippolyte – Le maître de Ballantrae

Posted in BANDES DESSINÉES, Denoël Graphic, Diptyques, Franco-Belge, [Avancé], [DL 2006] with tags on 30 avril 2010 by Yvan

le maître de ballantraeAprès s’être attaqué au «Dracula» de Bram Stoker, Hippolyte livre ici l’adaptation en deux tomes d’un roman de R. L. Stevenson. Si ce dernier est surtout connu pour son chef d’œuvre «L’île au trésor», déjà maintes fois adapté en BD, cette adaptation de « Le maître de Ballantrae » est tout à fait remarquable.

L’intrigue est centrée autour d’une lutte fratricide entre deux frères issus de la noblesse écossaise au XVIIIème siècle. Au fil des pages il devient difficile pour le lecteur de ne pas haïr James, l’ainé diabolique, dominateur et ambitieux, et de ne pas éprouver de la pitié envers Henry, le cadet, docile et mal-aimé. Difficile également de ne pas se laisser emmener par les aventures de James à l’autre bout de la Terre.

Et que dire de ce graphisme somptueux en couleurs directes ? Des aquarelles somptueuses et une édition de qualité de la part de Denoël Graphic, avec ce papier épais et cette couverture à la texture agréable.

Une adaptation littéraire très réussie et de toute beauté !

Lefèvre & Guibert – Le Photographe T3

Posted in Aire Libre, BANDES DESSINÉES, Dupuis, Franco-Belge, K.BD, Trilogies, [Accessible], [Angoulême 2007], [DL 2006] with tags , , , on 23 avril 2010 by Yvan

lefevre guibertEn 1986 Didier Lefèvre décide d’associer sa passion pour la photographie à la noble cause de Médecins Sans Frontières pour une aventure humaine incroyable en Afghanistan. Plus qu’une invitation au voyage, c’est une leçon de générosité et un témoignage d’humanité que nous fait partager Didier Lefèvre tout au long de cette équipée.

La mission humanitaire touchant à sa fin, dans ce troisième tome il nous décrit son retour périlleux et en solitaire, de l’Afghanistan vers la France en passant par le Pakistan. Abandonné par ses guides, c’est sans parler la langue du pays qu’il devra faire face à Lire la suite

Alex Robinson – Derniers rappels

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, One-shots, Rackham, [DL 2006], [Sans super-héros] with tags on 23 avril 2010 by Yvan

alex robinson derniers rappelsDeux ans après « De mal en pis », Alex Robinson livre à nouveau de la BD indépendante américaine de haute qualité avec ce récit récompensé d’un Eisner Awards en 2006 dans la catégorie meilleur roman graphique de l’année.

Le récit est construit autour de six personnages dont la psychologie est développée séparément à la manière de Short Cuts et dont les destins se rejoignent lentement sous forme d’un compte à rebours de 50 chapitres.

Alex Robinson construit à merveille ses six personnages et parvient à les rendre crédibles et sympathiques, malgré des traits de caractère pas toujours louables. De chapitre en chapitre on va ainsi suivre le quotidien de Ray, rock star en pleine crise créative vivant dans l’excès; Nick, menteur invétéré et faussaire d’images de collection; Phoebe, jeune fille à la recherche d’un père qu’elle n’a jamais connu; Steve, fan névrosé de Ray; Caprice, serveuse au cœur brisé; et de Lily, stagiaire dans une maison de disques, qui va devenir la muse de Ray.

Leurs histoires se développent en parallèle pour finalement se rejoindre dans le drame et la violence après trois cent pages. Un acte final tragique qui donnera une nouvelle direction aux destins des différents protagonistes auxquels on s’attache au fil des pages et dont on a du mal à se séparer malgré la fin du récit.