Archive for the [DL 2008] Category

Bastien Vivès et Michaël Sanlaville – Hollywood Jan

Posted in BANDES DESSINÉES, Bastien Vivès, BD du mercredi, Casterman, Franco-Belge, KSTR, One-shots, [Accessible], [DL 2008] on 31 juillet 2013 by Yvan

Pourquoi ne pas demander conseil à Schwarzy ?

Bastien Vivès et Michaël Sanlaville - Hollywood JanL’avantage et l’inconvénient quand on est fan du travail de Bastien Vivès, c’est qu’il est très prolifique. On a donc d’un côté beaucoup d’albums à se mettre sous la dent, mais de l’autre la difficulté de tout parvenir à lire. Ce one-shot réalisé à quatre mains par Bastien Vivès et Michaël Sanlaville au sein de la collection KSTR fait donc partie de ces albums que je lis avec un certain retard, mais toujours avec grand plaisir.

« Hollywood Jan » invite à suivre les pas d’un adolescent mal dans sa peau, replié sur lui-même, qui a du mal à s’intégrer. Rien de neuf, me direz-vous, sauf que Jan s’invente trois amis imaginaires auprès desquels il trouve refuge… et pas n’importe lesquels, puisqu’il s’agit des stars hollywoodiennes Arnold Schwarzenegger, Sylverster Stallone et Russell Crowe. Excusez du peu !

Partant de cette excellente idée de base, les auteurs s’amusent à mélanger la réalité de Jan à des passages imaginaires mettant en scène les trois acteurs. On a donc d’un côté tous les problèmes liés à l’adolescence (mal être, acceptation de soi, regard des autres…), qui sont abordés avec grande justesse, et de l’autre, un monde imaginaire particulièrement drôle. Le fait de demander conseil à des brutes réputées pour leur tendance à rentrer d’abord dans le lard avant (d’éventuellement) réfléchir donne effectivement lieu à des scènes assez cocasses. Ce qui est également intéressant est de voir la relation entre Jan et ses protecteurs évoluer au fur et à mesure qu’il trouve ses repères et commence à s’affirmer dans la vie réelle.

Graphiquement, ce travail en duo s’inscrit dans la même veine que la plupart des parutions de Vivès, c’est-à-dire un dessin simple et efficace, rehaussé par une colorisation basée sur des aplats.

Encore un bon one-shot signé Vivès !

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Olivier Cotte et Jules Stromboni – Le Futuriste

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Casterman, Franco-Belge, One-shots, [Avancé], [DL 2008] with tags on 20 mars 2013 by Yvan

Olivier Cotte et Jules Stromboni - Le FuturisteCe one-shot de deux nouveaux venus, Olivier Cotte et Jules Stromboni, est pour le moins surprenant.

Le récit nous propulse à l’aube de la première guerre mondiale à l’époque d’un mouvement artistique né en Italie autour du poète Filippo Tommaso Marinetti (Manifeste du futurisme, 1909) : le Futurisme ! Ce mouvement artistique d’avant-garde qui prône l’amour de la vitesse, de la violence, de la mécanique, le mépris de la femme et reconnaît la guerre «comme seule hygiène du monde» est assez choquant et deviendra d’ailleurs l’art officiel fasciste sous Mussolini.

Tout comme les valeurs de l’art qu’il représente, le personnage central, Luciano Salvatori, n’est pas très attachant. Artiste peintre non reconnu, fauché, frustré et antipathique, Luciano Salvatori va pourtant se voir proposer une commande lucrative qu’il ne peut refuser : créer cent peintures représentant la guerre du futur ! Le côté faustien de ce pacte qu’il signe avec un commanditaire manipulateur et qui lui permet d’exprimer pleinement son art et ses idées révolutionnaires est d’ailleurs assez évident.

Le graphisme aux tons sépia de Jules Stromboni apporte un côté rétro qui sied parfaitement à l’époque et contribue à plonger le lecteur dans une ambiance pessimiste. Malgré quelques sauts narratifs un peu dérangeants, l’alchimie entre les deux auteurs est assez remarquable et leur récit permet au lecteur de s’interroger sur le sens de l’art et de la création.

Etonnant, différent et efficace !

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Darwyn Cooke et Tim Sale – Superman Kryptonite

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, DC Deluxe, Intégrales, Panini, Superman, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2008], [DL 2013] with tags on 16 février 2013 by Yvan

La réédition du très bon Superman – Kryptonite !

gif creator online« Superman – Kryptonite » est un récit complet qui regroupe les six premiers épisodes de la série «Superman Confidential». Une histoire écrite par Darwyn Cooke et illustrée par Tim Sale qui met en scène notre héros, seulement deux mois après avoir endossé son costume de Superman à Metropolis.

Agée de plus de 60 ans, l’histoire de l’unique survivant de Krypton, est connue de tous. Le lecteur se demandera probablement ce que peut lui apporter cette revisite du début de la carrière de l’homme d’acier. Pourtant, cette histoire vaut bel et bien le détour.

Tout d’abord, on ne retrouve pas le surhomme ayant acquis le statut de demi-dieu quasi indestructible suite à de nombreux exploits. Superman est ici à ses débuts, il ne connaît pas encore ses limites et remet continuellement en question sa propre mortalité. On découvre donc un personnage plus humain que d’habitude, un homme qui a ses faiblesses, qui a des sentiments amoureux envers Lois et qui doit déjà faire face à son éternel rival Lex Luthor. Mais surtout : un homme qui n’a pas encore découvert la kryptonite !

Cette première rencontre avec la kryptonite est bien amenée. Elle est non seulement parfaitement intégrée au sein d’une intrigue intéressante à suivre, mais permet également de revenir sur l’origine extraterrestre du personnage. De plus, ce récit touchant est mis en image par un Tim Sale qui combine une nouvelle fois efficacité et élégance et qui peut compter sur le talent de Dave Stewart pour la colorisation.

Bref, une excellente revisite des débuts de Superman et de sa première rencontre avec la kryptonite.

Kazimir Strzepek – L’étoile du chagrin

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Ca et Là, Franco-Belge, Séries, [Avancé], [DL 2008], [En cours] with tags on 5 décembre 2012 by Yvan

Kazimir Strzepek - L'étoile du chagrin

Une série qui risque de ravir les amateurs de l’univers « Donjon » !

A la base, je n’étais pourtant pas trop tenté par cette saga, pourtant nominée aux Eisner Awards en 2007 dans la catégorie «Special Recognition». Il faut dire que les deux tomes en petit format carré et à la couverture peu attractive n’ont rien de franchement séduisant. De plus, la présence d’un tome numéroté 1 ½, au format plus grand et à la couverture souple, a de quoi perturber l’amateur de bibliothèques bien rangées et ne donne pas forcément envie d’entamer cette saga baptisée « Mourning Star » outre-Atlantique.

C’est pourtant bel et bien une petite perle que nous livre Kazimir Strzepek. L’histoire se déroule dans un univers post-apocalyptique qui ne laisse que peu de place à l’espoir et nous invite à suivre une kyrielle de personnages hauts en couleurs. Et c’est bel et bien au niveau des personnages que se situe tout l’attrait du récit. Le graphisme noir et blanc de l’auteur hawaïen se concentre d’ailleurs sur les nombreux protagonistes et ne s’attarde pas trop sur les décors. Les héros, dont un fantôme mangeur de rêves et un tueur-coupeur armé de ciseaux, sont aussi nombreux que succulents et débordent d’originalité. Alternant les peuplades, l’auteur invite à suivre plusieurs parcours simultanés qui s’entremêlent au fil des pages, sans jamais perdre le lecteur.

Edité chez «Cà et Là», L’ »Etoile du chagrin » est une belle découverte qui plaira beaucoup aux amateurs de séries donjonesques.

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Hector German Oesterheld et Francisco Solano Lopez – L’éternaute

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Trilogies, Vertige Graphic, [Avancé], [DL 2008] with tags , , on 17 novembre 2012 by Yvan

Un ouvrage de SF culte !

Hector German Oesterheld et Francisco Solano Lopez - L'éternauteCette saga d’anticipation de près de 350 pages, réalisée entre 1957 et 1959 par les auteurs argentins Hector German Oesterheld et Francisco Solano Lopez, fut initialement publiée sous forme de feuilletons de seize pages dans la revue Hora Cero Semanal. Devenu un incontournable récit de science-fiction, la popularité de « El Eternauta » était déjà énorme à l’époque. Notons également qu’il existe une seconde version de cette œuvre, créée dix ans plus tard par le scénariste en compagnie de son ami Alberto Breccia. Mais, d’après les commentaires, cette réécriture, traduite en français par les Humanoïdes Associés, est bien inférieure à cette version originale, éditée en trois tomes par Vertige Graphic.

Le récit invite à suivre les aventures de personnages ordinaires qui sont confrontés à une situation extraordinaire, plongeant le lecteur dans un suspense qui tient en haleine de la première à la dernière page. Tout débute par un huis-clos prenant, où une famille, calfeutrée dans sa propre maison, tente de s’organiser pour survivre dans un environnement subitement devenu hostile. Une soudaine chute de neige phosphorescente mortelle a en effet transformé l’Argentine en paysage post-apocalyptique recouvert d’un épais tapis blanc. Dès les premières pages, le récit installe une atmosphère d’angoisse qui se nourrit de l’isolement et des peurs de personnages profondément humains, qui finissent par devoir prendre les armes contre l’envahisseur.

Publiée dans un pays secoué par de nombreuses répressions, cette bande dessinée a profondément marqué le public, devenant même une sorte de hymne à la résistance. L’ancrage de cet ouvrage dans des lieux familiers de Buenos Aires, renforce encore son réalisme, tout en faisant écho aux angoisses de la population de l’époque. L’engagement de ces hommes dans une lutte inégale face à l’oppresseur, leurs sentiments d’insécurité, leurs peurs et leurs espoirs font alors écho à la lutte du peuple contre la dictature argentine, expliquant au passage l’immense popularité de cette saga. La disparition en 1977 du scénariste, enlevé par ses forces armées et présumé mort en 1978, ne fera d’ailleurs qu’augmenter l’importance de cet ouvrage.

Si le contenu est intemporel, la forme date un peu plus. Datant d’une période où l’on prenait plus le temps de s’attarder sur les événements, cet album est donc plutôt lent et assez bavard. Comme elle était à l’origine diffusée sous forme de feuilleton, cette intégrale souffre également de quelques répétitions. D’un autre côté, cette progression des événements en temps réel a tendance à renforcer l’immersion du lecteur. Le dessin noir et blanc de Solano Lopez contribue également à installer une ambiance pesante, avec des planches superbes et des personnages aux visages expressifs et très détaillés.

Un récit culte qui a notamment été sélectionnée pour le Prix du patrimoine par le jury du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême en 2010 !

Osamu Mizutani et Seiki Tsuchida – Blessures nocturnes

Posted in BANDES DESSINÉES, Casterman, Manga / Manhwa, Séries, [DL 2008], [Terminées] with tags on 13 octobre 2012 by Yvan

A la rescousse de jeunes en détresse !

Osamu Mizutani et Seiki Tsuchida - Blessures nocturnesJ’étais totalement passé à côté de cette très bonne série en dix tomes lors de sa sortie. Ce manga est directement inspiré du roman d’Osamu Mizutani, Yomawari Sensei, qui est lui-même inspiré de faits réels vécus par l’auteur. Face à la détresse de jeunes gens victimes de maltraitance, de drogue, de bandes organisées, de prostitution et autres, ce professeur du collège à Yokohama décide en effet de quitter l’enseignement pour tenter de sortir ces adolescents de la délinquance et de la misère.

Ce premier tome invite donc à suivre Osamu Mizutani, un professeur de cours du soir dont la vie est subitement bouleversée par le suicide d’un jeune drogué qu’il tentait d’aider. Il va alors devenir le « veilleur », celui que les jeunes peuvent appeler lorsqu’ils sont en détresse et qui arpente les quartiers sombres à la recherche de jeunes gens à aider.

Ce récit extrêmement réaliste n’a donc rien de vraiment joyeux, mais s’avère tout de même rempli d’humanité. Les histoires ne finissent pas forcément bien, mais l’ensemble est ponctué d’un message d’espoir. Les dessins de Seiki Tsuchida sont en accord avec le ton sombre du récit et parviennent à restituer toute la détresse des personnages.

Un bon premier tome !

Philippe Djian et Jean-Philippe Peyraud – Mise en bouche

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, [Accessible], [DL 2008] with tags on 1 octobre 2012 by Yvan

Une mise en bouche qui manque de réalisme !

Philippe Djian et Jean-Philippe Peyraud - Mise en bouche« Mise en bouche » est l’adaptation d’une nouvelle de Philippe Djian initialement parue dans les Inrockuptibles. La prise d’otage qui sert de cadre au récit est inspirée d’un fait divers bien connu, qui se déroula dans une école de Neuilly-sur-Seine en mai 1993 : un forcené muni d’une ceinture d’explosif et réclamant une rançon y pris toute une classe en otage. Cette affaire «Human Bomb » ne sert cependant que d’excuse pour développer une intrigue sentimentale entre un père célibataire et l’institutrice de sa fille, qui se retrouvent tous deux pris au piège.

Ce huis-clos permet donc de rapprocher deux êtres partagés entre l’envie de donner un nouvel élan à leur vie affective et la peur de recommencer à zéro après avoir vécu un revers sentimental. Si cette partie du récit est particulièrement réussie, la prise d’otage développée en toile de fond a malheureusement tendance à plonger l’ensemble dans une ambiance surréaliste. Ce manque de crédibilité est un peu dommage, car l’idée d’obliger deux personnages à se découvrir au beau milieu d’une situation extrême n’est pas mauvaise du tout.

Visuellement, Jean-Philippe Peyraud livre de l’excellent travail, avec de nombreuses planches muettes qui permettent aux longs silences d’installer une certaine tension. La mise en couleurs de Laurence Croix contribue d’ailleurs également à installer le récit dans l’ambiance adéquate.

Un bon one-shot au fond trop surréaliste !