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Mike Mignola, John Arcudi, Jason Latour et Laurence Campbell – Sledgehammer 44

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, Séries, [Avec super-héros], [DL 2015], [En cours] with tags on 8 juillet 2016 by Yvan

Un nouveau spin-off d’Hellboy !

Mike Mignola, John Arcudi, Jason Latour et Laurence Campbell - Sledgehammer 44En 1944, quelque part en France, un bombardier lâche un énorme obus estampillé « Sledgehammer », qui contient la nouvelle arme secrète des Alliés. Au sol, un petit groupe de soldats américains est chargé de servir de soutien à l’homme en armure de combat qui sort du projectile. Si le robot humanoïde est impressionnant, sa tâche ne sera cependant pas aisée car les nazis détiennent également une force qui relève du paranormal : le terrifiant Flamme Noire !

Sledgehammer 44 est une énième série dérivée de l’univers d’Hellboy, imaginé par Mike Mignola. La postface révèle que le personnage a été créé par Mike Mignola (Hellboy) et John Arcudi (B.P.R.D.) à la demande du dessinateur John Severin, qui souhaitait illustrer une histoire se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale. Le presque nonagénaire étant malheureusement décédé après avoir réalisé seulement quelques planches (reprises en fin d’album), ce sont d’autres dessinateurs qui viennent illustrer les aventures de cette armure déjà entraperçue dans les pages du titre « Lobster Johnson ». Ce premier tome reprend les épisodes #1 et #2 de « Sledgehammer 44 », dessinés par Jason Latour, ainsi que les trois chapitres de la mini-série « Sledgehammer 44 : Lightning War », mise en images par Laurence Campbell.

La première histoire, qui invite à suivre le destin de quelques militaires américains et plus particulièrement celui de Patrick Redding, constitue une sorte de prologue qui permet non seulement de découvrir les capacités de cette carapace de fer, mais également de faire plus ample connaissance avec celui qui l’anime. Le fait de placer le lecteur au même niveau que les troupes au sol, qui ne savent rien de ce nouveau héros, évite de perdre trop de temps avec la mise en place, propulsant le récit immédiatement au cœur de l’action. Lors de la seconde mission, Sledgehammer tente de récupérer un prototype d’avion tombé aux mains d’un ennemi qui peut de plus compter sur le redoutable Flamme Noire. Si les références à la mythologie du Mignolaverse se font subitement plus nombreuses, ce spin-off peut toutefois être lu indépendamment des autres séries.

Visuellement, ce récit de guerre mâtiné d’une bonne dose de fantastique mignolaesque n’est pas en reste, surtout que Dave Stewart assure l’homogénéité de l’ensemble à la colorisation. Jason Latour, plus minutieux au niveau des décors, livre du très bon boulot lors des scènes plus calmes, centrées sur les personnages, mais également lors des affrontements. Laurence Campbell tire son épingle du jeu en installant une ambiance plus envoûtante et en proposant un Flamme Noire plutôt impressionnant.

Une nouvelle série dérivée qui ne manquera donc pas de ravir les nombreux fans de Mignola, mais qui a également tout pour séduire un lectorat qui n’a pas encore goûté à l’univers fortement recommandé d’Hellboy !

Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat – Le Roy des Ribauds

Posted in Akileos, BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Séries, [Accessible], [DL 2015], [En cours] with tags on 18 mai 2016 by Yvan

Au cœur des bas-fonds parisiens !

Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat - Le Roy des RibaudsAprès s’être fait remarquer sur « Block 109 », Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat délaissent l’uchronie pour un récit ancré au Moyen-âge, dans les ruelles sombres de la ville de Paris à la fin du XIIe siècle.

Les deux auteurs s’inspirent de l’Histoire et s’intéressent d’un peu plus près à cet homme de l’ombre apparu sous Philippe Auguste et chargé de garder la mainmise sur la canaille des bas-fonds de la capitale. Le personnage central de cette saga est donc le Roy des Ribauds, également surnommé le Triste Sire. Chargé de contrôler la vermine parisienne, tout en exécutant les basses œuvres du roi Philippe Auguste, cet homme impitoyable à la figure balafrée nous emmène dans les tripots et bordels des bas-fonds parisiens, en compagnie de filles de joie, de voleurs et malfrats en tout genre. S’il règne sur cet univers sombre d’une poigne de fer, l’homme a également un point faible en la personne de sa fille. Une agression sur cette dernière va en effet le pousser à commettre un faux pas qui risque d’influencer la lutte qui oppose Philippe Auguste à Richard Cœur de Lion pour le contrôle du royaume.

Ce premier volet propose donc une intrigue prenante qui mêle les actions de quelques petites frappes à une affaire d’Etat. Outre des personnages très charismatiques (mais dont certains se ressemblent parfois un peu trop), les auteurs proposent surtout un récit parfaitement rythmé, ainsi qu’un graphisme très efficace. Ronan Toulhoat livre en effet un travail remarquable au niveau de l’éclairage et de l’ambiance, plongeant de manière très convaincante le lecteur dans les ruelles les plus sombres et moyenâgeuses de Paris.

Bref, un récit médiéval fortement conseillé !

Wilfrid Lupano et Anthony Jean – Communardes, L’Aristocrate fantôme

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, Vents d'Ouest, Wilfrid Lupano, [DL 2015], [Grand public] with tags on 9 mai 2016 by Yvan

La révolution des femmes !

Wilfrid Lupano et Anthony Jean - Communardes, L'Aristocrate fantômeLes différents tomes de ce triptyque consacré aux figures féminines (réelles ou fictives) de la Commune pouvant se lire de manière totalement indépendante, j’ai donc choisi de lire ce tome dessiné par Anthony Jean en premier.

Le très prolifique Wilfrid Lupano étant au scénario de chacun des trois tomes, je n’avais pas trop de doutes quant à la qualité de cette saga. Pourtant, je tiens à débuter cette chronique par un petit bémol : l’absence d’une préface expliquant le contexte historique de cette page plutôt méconnue de l’Histoire de la France.

Néanmoins, en suivant les pas d’une jeune aristocrate russe envoyée par Marx à Paris pour l’informer du déroulement des événements, le lecteur va progressivement en apprendre plus sur la Commune. La belle et téméraire Elisabeth Dimitrieff ne va cependant pas se contenter d’un rôle d’observatrice, mais très vite se laisser happer par cette révolution populaire. La jeune femme y met tout son cœur et son énergie et devient même la présidente de l’Union des femmes pour la défense de Paris et l’aide aux blessés… le premier mouvement féministe d’Europe.

Cette figure emblématique des Communardes qui combat sur tous les fronts ne laisse bien évidemment pas indifférent. Outre une héroïne complexe et attachante, Wildrid Lupano signe également un scénario d’une grande richesse, aussi prenant que didactique. Ajoutez à cela le travail remarquable d’Anthony Jean au dessin et vous obtenez un très bon album. Ce dernier livre non seulement une héroïne emblématique, mais également des décors très détaillés et une colorisation légèrement rétro aux tons sépia, qui contribuent à restituer l’ambiance de l’époque de manière très convaincante.

Une belle surprise !

Tsuina Miura et Gamon Sakurai – Ajin, Semi-humain (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Glénat, Manga / Manhwa, Séries, [DL 2015], [En cours] with tags on 18 avril 2016 by Yvan

Trahisons et tortures !

Tsuina Miura et Gamon Sakurai - Ajin, Semi-humain (Tome 2)Le premier volet de cette saga plongeait le lecteur dans l’univers des Ajin, des êtres immortels qui ont fait leur apparition sur un champ de bataille en Afrique, il y a dix-sept ans de cela. Depuis, les autorités ont dénombré quarante-six exemplaires dans le monde, dont deux au Japon.

Ce tome d’introduction invitait également à faire la connaissance de Kei Nagai, un jeune lycéen de dix-sept ans qui découvre qu’il fait également partie de cette race capable d’immobiliser leurs adversaires en criant et qui devient non seulement la convoitise du gouvernement, qui cherche à le récupérer afin de l’étudier, mais également d’un groupuscule aux intentions plus mystérieuses…

Si le tome précédent proposait une chasse à l’homme haletante, tout en dévoilant un monde peuplé de créatures immortelles, celui-ci s’oriente plus vers un huis-clos et joue un peu plus la carte de l’horreur. Kei fait effectivement la connaissance des deux autres Ajin (Tanaka et Sato, surnommé « Hat »), mais se retrouve très vite dans de sales draps, livré à des humains qui multiplient les expériences horribles sur le corps du jeune lycéen. Ces tests scientifiques qui s’apparentent plus à des véritables séances de torture insufflent donc une bonne dose de violence au récit.

Ce deuxième volet au rythme toujours aussi endiablé s’avère également très prenant. Outre l’envie de découvrir où se situent les limites du pouvoir de ce nouvel Ajin, le lecteur veut aussi savoir si ces expériences parviendront à provoquer un profond sentiment de haine envers les humains chez le jeune homme… comme l’espère Sato !

Si manipulations et horreur sont au rendez-vous de ce second volet, il présente également quelques nouveaux protagonistes, tel que Keisuke Nakajimi, un jeune lycéen qui, en prenant la défense des Ajin, risque bien de se mettre également dans le pétrin. Puis il y a les personnages déjà aperçus précédemment, mais qui prennent ici de l’ampleur, tel que Sato, dont l’aspect manipulateur est fortement mis en avant.

Visuellement, le travail de Gamon Sakurai demeure également excellent. D’un trait dynamique, il livre des scènes d’action très efficaces, ainsi que des créatures à l’aspect aussi mystérieux qu’angoissant.

Bref, après un début très prometteur, ce titre, qui fait des ravages au Japon, semble tenir toutes ses promesses ! Vous pouvez d’ailleurs le retrouver dans mon Top manga de l’année !

Neil Gaiman et Philip Craig Russell – L’étrange vie de Nobody Owens (Tome 1)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, Diptyques, Neil Gaiman, [DL 2015], [Sans super-héros] with tags , on 7 mars 2016 by Yvan

Version morbide du Livre de la Jungle !

Neil Gaiman et Philip Craig Russell - L'étrange vie de Nobody Owens (Tome 1)Tandis qu’une famille entière est assassinée par un tueur implacable, surnommé le « Jack », le plus jeune des deux enfants parvient à sortir de son lit à barreau et à trouver refuge dans un cimetière avoisinant. Même s’il fait encore partie du monde des vivants, les fantômes qui hantent le lieu acceptent finalement de le recueillir. Dame Owens et son mari seront dorénavant ses nouveaux parents et Silas, le charismatique vampire, son tuteur. Ayant pour unique consigne de ne jamais quitter l’enceinte, le jeune Nobody Owens multiplie les découvertes et les aventures en grandissant au milieu des morts… mais, à l’extérieur, le Jack n’a pas l’intention de lâcher sa mission…

Cet album des éditions Delcourt est la première partie de l’adaptation en deux tomes du roman éponyme écrit par Neil Gaiman en 2008. Dès les premières pages, le lecteur y retrouve immédiatement l’atmosphère particulière qui caractérise les récits de l’auteur britannique. Baignant dans le fantastique, ce conte gothique à l’ambiance onirique et poétique invite à suivre les pas d’un jeune orphelin contraint de grandir au milieu d’étranges personnages. En situant l’éducation du jeune garçon dans un lieu particulièrement saugrenu, l’auteur livre sa propre version du « Livre de la Jungle » de Rudyard Kipling, offrant au passage un décalage intéressant entre l’innocence du héros et la morbidité de son environnement. Chacun des cinq chapitres narre un passage marquant de la vie de ce personnage qui grandit au fil des épisodes. De la rencontre de la jeune demoiselle Scarlett à la fête qui se prépare pour la Danse Macabre, en passant par l’éducation stricte de Madame Lupescu ou l’étrange histoire de Liza Hempstock, la vie de Nobody Owens, alias Bod, n’est pas de tout repos dans ce lieu où il est pourtant censé être éternel.

Si le jeune Nobody Owens est immédiatement attachant, les personnages secondaires ne sont pas en reste. De l’énigmatique Silas à l’ensorcelante Liza, le jeune héros multiplie les rencontres insolites et fait plus ample connaissance avec les nombreux habitants du cimetière, alimentant ainsi constamment l’atmosphère fantastique absolument fascinante imaginée par Neil Gaiman. Visuellement, plusieurs illustrateurs (Jill Thompson, Kevin Nowlan, Scott Hampton et Tony Harris) se succèdent au fil des chapitres sans que cela ne nuise de trop à l’unité de l’ensemble, le tout sous la houlette de Philip Craig Russell. Ce dernier, qui a déjà travaillé avec Neil Gaiman sur le cultissime « Sandman », assure lui-même le dessin du deuxième épisode et se charge de la transposition de cette œuvre de Gaiman en bande dessinée, le tout rehaussé par la colorisation experte de Lovern Kindzierski.

Un diptyque qui ravira les fans de Neil Gaiman et les amateurs de récits fantastiques.

Brian Wood et Ryan Kelly – The New-York Four

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Intégrales, Urban Comics, Urban Indies, [DL 2015], [Sans super-héros] with tags on 4 mars 2016 by Yvan

Le quotidien de 4 étudiantes !

Brian Wood et Ryan Kelly - The New-York FourCet album imposant d’Urban Comics contient la mini-série « New York Four » et sa suite « New York Five », ainsi que de nombreux bonus.

Ce récit imaginé par Brian Wood (Northlanders, DMZ) et mis en images par Ryan Kelly invite à suivre les tracas quotidiens de quatre étudiantes new-yorkaises aux caractères très différents. De la timide Riley qui est accro à son portable à Merissa, la croqueuse d’hommes qui cache de lourds secrets familiaux, en passant par la mystérieuse Lona et Ren qui est attirée par des hommes plus âgés, l’auteur dresse le portrait sensible de quatre jeunes filles qui passent à l’âge adulte. De leur intégration à l’université au job qui leur permet de payer leur colocation, en passant par leurs problèmes familiaux et leurs relations amoureuses, Brian Wood ne raconte rien de vraiment extraordinaire, mais dépeint avec grande justesse les émotions de ses quatre héroïnes.

Si l’album est plutôt destiné à un lectorat féminin, il livre également un portrait intéressant de la jeunesse new-yorkaise du début du siècle, tout en offrant un bel aperçu de la ville de New-York. L’auteur parsème en effet les pages de son album de commentaires et de descriptions des lieux où se déroule l’action. Le dessin noir et blanc réaliste de Ryan Kelly sied d’ailleurs parfaitement au récit et contribue à livrer des personnages très attachants.

Un bon comics, qui plaira probablement d’avantage aux filles.

Gabriel Ba et Fabio Moon – Deux frères

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, One-shots, Urban Comics, Urban Graphic, [DL 2015], [Sans super-héros] with tags , on 2 mars 2016 by Yvan

Guerre fratricide et saga familiale !

Gabriel Ba et Fabio Moon - Deux frèresDepuis leur incontournable « Daytripper », Gabriel Ba et Fabio Moon se sont fait une belle petite place dans le monde du neuvième art. Après l’adaptation d’une nouvelle brésilienne de Machado de Assis avec « L’Aliéniste », les frères jumeaux revisitent un livre de Milton Hatoum intitulé « Dois Irmãos », datant de 2000.

« Deux frères » raconte l’histoire d’une famille libanaise dans le Brésil du XXième siècle. Le récit se concentre sur Yaqub et Omar, deux frères jumeaux aux caractères diamétralement opposés, qui se haïssent depuis la plus tendre enfance. C’est une séparation durant près de cinq années, à l’âge de treize ans, qui est à la base de cette animosité réciproque qu’ils se vouent. Yaqub fut en effet envoyé au Liban, sur ses terres d’origine, tandis qu’Omar put rester au Brésil, dorloté par une mère qui l’a toujours considéré comme son favori.

C’est Naël, le fils de la bonne de la famille, qui raconte l’histoire de cette famille de Manaus, de la rencontre des parents, Halim et Zana, jusqu’à la mort de cette dernière. Au fil des pages et des années, les nombreux personnages évoluent, tout comme cette tension latente entre les deux frères, qui pèse visiblement sur les autres membres de la famille et qui atteint son paroxysme en fin d’album. Cette saga familiale qui met en avant une guerre fratricide tragique ne manque pas de rebondissements et parle d’amour, de rivalités, de trahisons, de secrets, d’ambitions, d’immigration, d’abandon, de non-dits et de haine… bref, une œuvre riche en personnages et en émotions…

Puis, visuellement, le duo brésilien nous gratifie d’un dessin noir et blanc et d’un trait anguleux qui siéent parfaitement au récit et qui sont mis en valeur par le grand format de cet album.

Ils en parlent également : Mo’, Jérôme