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Pat Perna et Fabien Bédouel – Forçats, Le prix de la liberté (Tome 2/2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Les Arènes, [DL 2017], [Grand public] with tags on 19 juillet 2017 by Yvan

Portrait d’un journaliste engagé !

Pat Perna et Fabien Bédouel - Forçats, Le prix de la liberté (Tome 2/2)Pour cette fin de diptyque, le scénariste Pat Perna et le dessinateur Fabien Bedouel délaissent quelque peu l’enfer du bagne de Cayenne afin de mettre en avant le métier de journaliste.

Les auteurs de « Kersten, le Médecin d’Himmler » suivent d’une part un Albert Londres revenu en France, qui témoigne de l’horreur qu’il a vécu en Guyane, tout en essayant de réhabiliter Eugène Dieudonné, accusé à tort d’avoir fait partie de la bande à Bonnot. Ils s’intéressent d’autre part au sort de Dieudonné, déclaré mort par les autorités suite à une énième tentative d’évasion, alors que sa grâce allait lui être accordée d’ici deux ans… un délai bien trop long pour ceux qui connaissent l’endroit !

Ce dytique sur fond historique continue donc de s’intéresser aux destins croisés d’Eugène Dieudonné, l’anarchiste condamné au bagne à perpétuité pour un crime qu’il n’a pas commis, et d’Albert Londres, grand reporter venu dénoncer les conditions de détention inhumaines des forçats. Si le premier volet dévoilait la dure réalité de cette prison à ciel ouvert où la durée de vie moyenne n’excède pas cinq ans, cette suite s’éloigne de la jungle guyanaise impitoyable pour se concentrer sur les efforts d’Albert Londres. En mettant en avant son combat journalistique, les deux auteurs livrent à nouveau un récit historique romancé particulièrement réussi, qui s’appuie avec brio sur des personnages historiques forts. Moins porté sur l’action et beaucoup plus bavard, cette suite connaît cependant quelques passages un peu plus/trop lents.

Visuellement, le trait anguleux et réaliste de Fabien Bedouel (« L’Or et le Sang ») et l’utilisation de grands à-plats noirs, qui contribuaient à retranscrire l’ambiance suffocante et inhospitalière de cet univers carcéral sans pitié lors du volet précédent, continuent de faire mouche lors de cette conclusion.

Ils en parlent également : Jérôme

Tom King et David Finch – Batman Rebirth, Mon nom est Gotham

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Comics, DC Rebirth, Séries, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2017], [En cours] with tags on 12 juillet 2017 by Yvan

De la concurrence pour sauver Gotham !

Tom King et David Finch - Batman Rebirth, Mon nom est GothamCe premier tome de la série « Batman Rebirth » marque le début d’un nouveau cycle pour le Dark Knight. En 2011, après le crossover « Flashpoint », DC Comics avait procédé à la remise à zéro des cinquante-deux séries de l’univers DC, baptisée « The New 52 ». En nommant ce reboot « DC Renaissance », Urban Comics s’est un peu tiré dans le pied car voilà que cinq ans plus tard, DC Comics décide de mettre fin à l’ère des New 52 en proposant un nouveau relaunch baptisé… eh oui… « DC Rebirth ». Pas de bol et une collection qui se nommera donc également « DC Rebirth » en français.

J’étais grand fan du début des New 52, suivant presque chacune des séries proposées, mais il faut bien avouer que l’ensemble commençait à s’essouffler et qu’à part « Batman » de Scott Snyder, je ne suivais finalement plus grand-chose. J’étais donc impatient de m’attaquer à ce relaunch chapeauté par Geoff Johns, qui choisit comme point de départ l’événement Flashpoint, à l’origine des New 52. Pour ce faire, il ramène Wally West, que l’on croyait disparu depuis le Flashpoint. Prisonnier de la Force Véloce, le héros oublié de tous cherche à contacter ses anciens amis et à les prévenir que c’est un être incroyablement puissant, et mystérieux, qui est à l’origine de l’amnésie générale qui empêche quiconque de se souvenir de Wally West, qui a volé dix années à nos héros et qui a initié le reboot New 52. Bien vu, car Geoff Johns ne fait donc pas table rase du passé, comme cela avait été le cas avec les New 52, mais construit sur ce qui a été fait par le passé, sans remettre les compteurs à zéro.

Ce premier tome du relaunch de Batman contient l’épisode Batman Rebirth #1, également repris dans la brique « DC Universe Rebirth » de près de 600 pages édité par Urban Comics (qui faisait un peu office de catalogue pour ce reboot), ainsi que les six premiers épisodes de la nouvelle saga. Après le long run de Scott Snyder, dont on retiendra surtout les débuts, c’est désormais au tour de Tom King (« Vision »), de prendre les rênes des nouvelles aventures de Batman.

L’épisode « Rebirth » permet donc tout d’abord de relire cette histoire où Batman affronte « Almanach », accompagné de son nouvel acolyte : Duke Thomas. Une fois cette mise en bouche terminée, alors que le nouveau side-kick du Chevalier Noir n’est pas encore véritablement installé, Tom King surprend le lecteur en introduisant deux nouveaux super-héros dotés de pouvoirs identiques à ceux de Superman. L’idée n’est pas mauvaise car les dénommés « Gotham » et « Gotham Girl » ne sont ni des nouveaux side-kicks, ni des nouveaux ennemis du Dark Knight, étant donné que ceux-ci sont plus forts que Batman et qu’ils ont également décidé de protéger la ville de Gotham. Il est donc intéressant de découvrir la position de Batman face à cette concurrence totalement inattendue. Le récit manque malheureusement de profondeur et privilégie de l’action pas toujours crédible (Batman chevauchant un Boeing 747, non mais franchement). J’ai par contre bien aimé l’humour insufflé par Tom King, notamment à travers les personnages d’Alfred et de Gordon. L’intrigue impliquant Amanda Waller et sa Suicide Squad est par contre assez mal exploitée.

Si prendre la succession de Scott Snyder ne doit pas être aisé, remplacer Greg Capullo aux dessins n’est pas non plus une mince affaire. Mikel Janin, David Finch et Ivan Reis s’en sortent néanmoins haut la main. Le premier livre de beaux dessins et un découpage intéressant lors de l’intro, tandis que je suis assez fan du style du second, qui est d’ailleurs un habitué de l’univers de Batman.

Bref, un récit divertissant, des bonnes idées au niveau du scénario et des excellentes prestations au niveau du dessin, mais rien d’inoubliable. Encore faudra-t-il pouvoir résister au titre assez alléchant du tome suivant : « Mon nom est Suicide » !

Ils en parlent également: Yaneck

Luc Brunschwig et Roberto Ricci – Urban, Enquête Immobile (Tome 4)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2017], [En cours], [Grand public] with tags , on 7 juillet 2017 by Yvan

Avant-dernier tome d’une saga incontournable !

Luc Brunschwig et Roberto Ricci - Urban, Enquête Immobile (Tome 4)Avec trois albums simultanés dans les vitrines de toutes les bonnes librairies, Lucky Luc dégaine les bandes dessinées plus vite que son ombre pour l’instant. Si la conclusion de « La Mémoire dans les Poches » est un véritable petit bijou et que le « XIII Mystery » consacré à Jonathan Fly est probablement le meilleur de la série, il ne fallait pas s’appeler Nostradamus pour savoir que ce quatrième tome d’ « Urban » allait être une véritable tuerie !

Suite à l’attaque terroriste qui a plongé le parc d’attraction de Monplaisir dans un chaos total et à son refus d’abattre un homme, Zacchary Buzz se retrouve confiné dans son appartement. Le jeune Interceptor ayant toujours un accès illimité aux archives de Monplaisir, cette immobilisation ne l’empêche cependant pas de faire avancer son enquête et de se rapprocher de la vérité…

Si le début de cette saga absolument incontournable laissait déjà entrevoir toute la noirceur des coulisses peu glamour de ce paradis artificiel dorénavant privé de paillettes, Luc Brunschwig lève désormais progressivement le voile sur la genèse du « dernier endroit où ça rigole dans la galaxie » et sur son créateur et dirigeant mégalo, Springy Fool. Distillant ses flash-backs avec toujours autant de précision, il poursuit la mise à nu de toute la superficialité de cette société accro à la téléréalité, construite sur des inégalités sociales et donnant à l’argent le pouvoir de l’illusion du bonheur. Après avoir livré les regards innocents de Zach et du jeune Niels sur ce gigantesque parc d’attractions, l’auteur fait maintenant tomber le masque de l’homme déguisé en lapin blanc qui anime cette cité à l’apparence idyllique.

Faisant preuve d’une narration toujours aussi experte, l’auteur montre le vrai visage de Springy Fool, démontrant à nouveau sa capacité à construire des personnages complexes. Si les portraits d’Ishrat, la splendide jeune fille couverte de tatouages, et de Zach, le héros délicieusement naïf de cette saga, révélaient des individus foncièrement attachants, l’éclairage apporté aux personnages de Springy Fool et de son homme de main Membertou, s’avère beaucoup plus sombre. La noirceur de ces portraits n’est cependant jamais totale, à l’image de cette incapacité touchante du fondateur de la mégapole à séduire les femmes qui lui plaisent…

Dénouant les fils de son intrigue et apportant un nouvel éclairage aux événements des tomes précédents, Luc Brunschwig place progressivement les dernières pièces de ce puzzle qui nous tient en haleine depuis quatre tomes et dont on attend déjà la conclusion avec grande impatience.

Visuellement, il faut bien avouer que les italiens ne font pas que parler avec leurs mains, ils savent également dessiner. L’artiste transalpin, qui avait déjà eu la gentillesse de dessiner mes enfants déguisés en Mega Mindy et Mega Toby lors de la page 53 du précédent album, fait une nouvelle fois parler tout son talent. En véritable architecte de ce lieu de plaisir et de débauche, il parvient à plonger ce monde fait de néons, de paillettes et de couleurs dans une ambiance oppressante, distillant progressivement la noirceur qui anime les coulisses de cet univers enjôleur. J’ai beau finir dernier à chaque partie de Pictionary et accorder plus d’importance au scénario d’une bande dessinée qu’à son graphisme, cela ne m’empêche pas de me sentir privilégié quand un dessinateur prend soin de peaufiner ses planches avec tant d’attention. Forza Italia !

Il ne me reste plus qu’à terminer par un avis aux quelques Robinsons qui n’ont pas encore entamé cette série, en leur signalant la parution d’un pack à prix réduit, comprenant les deux premiers tomes de la saga. Franchement les gars, il est temps de quitter votre île car le voyage en vaut la peine !

Je ne surprendrai probablement personne en mentionnant finalement que vous pouvez également retrouver cet album dans mon Top BD de l’année !

Zidrou et Jordi Lafebre – Les beaux étés, Mam’Zelle Esterel (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, Zidrou, [DL 2017], [Grand public] with tags , on 5 juillet 2017 by Yvan

Des vacances dictées par le guide Michelin !

Zidrou et Jordi Lafebre – Les beaux étés, Mam’Zelle Esterel (Tome 3)Après « Cap au sud ! » et « La Calanque », ce troisième volet débute en 1992, au moment où Pierre décide de vendre la fameuse 4L à un collectionneur. Ce début surprenant n’est cependant qu’une excuse pour se remémorer les premières vacances de la famille à bord de « Mam’Zelle Esterel », 30 ans plus tôt.

Tout comme lors des tomes précédents, ce récit estival invite donc le lecteur à prendre place à bord de la 4L rouge en compagnie de la famille Faldérault. Comme tous les étés, Mado, Pierre et leurs enfants disent adieu à la Belgique pour se rendre dans le sud de la France et comme d’habitude, le départ a pris du retard car le papa est de nouveau à la bourre pour terminer les planches de sa série BD.

La principale différence de ce troisième volet, qui se déroule sept ans avant le précédent et onze ans avant le premier, est qu’à cette époque, Pierre et Mado ne comptent que deux enfants et qu’ils décident de combler les places vacantes en emmenant les beaux-parents de Pierre avec eux. S’ils trouvaient logique d’emmener ceux qui leur ont offert la voiture lors de son premier voyage, ils vont vite découvrir que « beaux-parents » et « Beaux étés » ne sont pas forcément compatibles.

Grâce à Mamyvette, la belle-mère tyrannique, les vacances au Sud n’iront en effet pas plus loin que Saint-Étienne et le camping et les balades au petit bonheur la chance seront remplacés par un hôtel et des visites d’églises conseillés par le guide Michelin. De plus, il faudra également faire attention à manger sainement et à ne pas boire trop d’alcool car « Gros-papy » doit faire très attention depuis sa crise cardiaque l’an dernier. Heureusement que l’on danse sur « Let’s twist again » et que l’on chante Brel à cette époque…

Excepté cette belle-mère qui met un solide frein au sentiment de liberté, cette très belle chronique familiale remplie de personnages sympathiques et attachants s’inscrit dans la veine des précédentes. En relatant ces petits riens qui font tout le sel de notre quotidien, Zidrou offre en effet un joli portrait de famille et un récit débordant d’humanité, de justesse et de tendresse. En intégrant un petit secret de famille et en mettant en avant la relation entre grands-parents et petits-enfants, il livre à nouveau une petite perle que l’on dévore avec grand plaisir à l’entame de l’été.

« – Dis, Gros-Papy, pourquoi t’es crès crès gros ?
– C’est parce que je suis rempli de souvenirs, c’est pour ça. »

Visuellement, le dessin de Jordi Lafebre contribue à plonger le lecteur dans une ambiance délicieusement rétro en restituant avec brio l’ambiance pleine de nostalgie du début des années 60. Outre un travail remarquable au niveau du jeu de lumière de ces planches empreintes de douceur, il faut également souligner l’excellent travail au niveau de l’expressivité des personnages. De plus, au fil des tomes et des époques, le talentueux dessinateur ibérique s’amuse à rajeunir/vieillir des personnages dont on prend grand plaisir à suivre l’évolution.

Des vacances qui font à nouveau du bien… et vivement le prochain tome, qui se déroulera en 1980 !

Retrouvez ce tome dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Noukette, Mo’

Geoff Johns – DC universe Rebirth

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Comics, DC Rebirth, Geoff Johns, Séries, Superman, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2017], [En cours] with tags on 3 juillet 2017 by Yvan

Le catalogue alléchant de DC Rebirth !

Geoff Johns - DC universe RebirthEn 2011, après le crossover « Flashpoint », DC Comics avait procédé à la remise à zéro des cinquante-deux séries de l’univers DC, baptisée « The New 52 ». En nommant ce reboot « DC Renaissance », Urban Comics s’est un peu tiré dans le pied car voilà que cinq ans plus tard, DC Comics décide de mettre fin à l’ère des New 52 en proposant un nouveau relaunch baptisé… eh oui… « DC Rebirth ». Pas de bol et une collection qui se nommera donc également « DC Rebirth » en français.

J’étais grand fan du début des New 52, suivant presque chacune des séries proposées, mais il faut bien avouer que l’ensemble commençait à s’essouffler et qu’à part « Batman », je ne suivais finalement plus grand-chose. J’étais donc impatient de m’attaquer à ce relaunch chapeauté par Geoff Johns, qui choisit comme point de départ l’événement Flashpoint, à l’origine des New 52. Pour ce faire, il ramène Wally West, que l’on croyait disparu depuis le Flashpoint. Prisonnier de la Force Véloce, le héros oublié de tous cherche à contacter ses anciens amis et à les prévenir que c’est un être incroyablement puissant, et mystérieux, qui est à l’origine de l’amnésie générale qui empêche quiconque de se souvenir de Wally West, qui a volé dix années à nos héros et qui a initié le reboot New 52. Bien vu, car Geoff Johns ne fait donc pas table rase du passé, comme cela avait été le cas avec les New 52, mais construit sur ce qui a été fait par le passé, sans remettre les compteurs à zéro.

Cette belle brique de près de 600 pages débute donc par le titre phare « DC Universe Rebirth », signé Geoff Johns, qui marque le début du relaunch et distille déjà quelques pistes intéressantes pour la suite, notamment ce smiley retrouvé par Batman, qui risque certes de faire froncer de nombreux sourcils, mais qui me donne personnellement envie de découvrir la suite au plus vite. N’empêche qu’il fallait oser le faire…

Cet album ne contient cependant pas uniquement ce récit introductif également disponible en kiosque à un prix beaucoup plus réduit, mais également les épisodes « Rebirth #1 » de chacune des 22 séries de l’éditeur. Le lecteur a donc droit à The Flash Rebirth #1, Titans Rebirth #1, Superman Rebirth #1, Justice League #52, Justice League Rebirth #1, Hal Jordan and the Green Lantern Corps Rebirth #1, Green Lanterns Rebirth #1, Wonder Woman Rebirth #1, Aquaman Rebirth #1, Cyborg Rebirth #1, Green Arrow Rebirth #1, Suicide Squad Rebirth #1, Deathstroke Rebirth #1, The Hellblazer Rebirth #1, Batman Rebirth #1, Nightwing Rebirth #1, Batman Beyond Rebirth #1, Red Hood and the Outlaws Rebirth #1, Batgirl and the Birds of Prey Rebirth #1, Supergirl Rebirth #1, Blue Beetle Rebirth #1, Teen Titans Rebirth #1.

Alors, on peut évidemment se dire que chacun de ces épisodes sera également repris dans le premier tome de chacune des séries et que cet album fait donc surtout office de catalogue payant, mais personnellement, je suis assez fan de l’approche. D’un côté cela m’a donné envie de suivre des titres qui semblent prometteurs, mais que je n’aurais probablement jamais lu autrement, tel que « Teen Titans ». D’autre part, il y a certains titres que j’aurais probablement acheté, tel que « Supergirl », mais que je compte probablement délaisser suite à un tome d’introduction peu alléchant. Bref, je me suis fait une bonne idée des sagas que je compte suivre par la suite… et le portefeuille risque à nouveau de souffrir.

Soulignons également que cet album constitue une porte d’entrée idéale à tous les néophytes qui souhaitant se lancer dans l’univers DC. Chaque titre débute en effet par texte qui résume les principales évolutions de chaque personnage, tout en faisant le lien avec le reboot précédent.

Ils en parlent également : Yaneck

Luc Brunschwig et Olivier TaDuc – XIII Mystery, Jonathan Fly (Tome 11)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, Luc Brunschwig, One-shots, Van Hamme, [DL 2017], [Grand public] with tags , on 26 juin 2017 by Yvan

Flying Brunschwig !

Luc Brunschwig et Olivier TaDuc - XIII Mystery, Jonathan Fly (Tome 11)J’attendais le onzième tome de ce spin-off visant à approfondir l’univers de XIII en se concentrant à chaque fois sur l’un des personnages de la saga, avec grande impatience. Comme chaque tome de cette saga est attribué à un duo inédit d’auteurs (tandis que Jean Van Hamme garde un œil sur l’ensemble afin d’éviter au maximum les incohérences scénaristiques) et qu’il y avait un certain Luc Brunschwig annoncé au scénario, vous comprendrez aisément pourquoi. Outre la joie de voir mon auteur fétiche sur une saga dont la taille du lectorat est à la hauteur de son talent, j’étais également curieux de découvrir ce que donnerait son association avec Olivier TaDuc (« Chinaman », « Griffe blanche »).

Si certains tomes de ce spin-off avaient la lourde tâche de s’intéresser à des personnages secondaires, Luc Brunschwig et Olivier TaDuc ont la chance (et la grande responsabilité) de pouvoir s’attaquer à l’un des personnages-phare de la saga. Jonathan Fly n’est en effet pas uniquement un journaliste engagé du « Mountain News », vivant caché dans un bled perdu nommé Greenfalls, c’est surtout le père adoptif de Jason Fly, alias Jason Mac Lane. Etant donné que XIII aura tenu tout le monde en haleine sous ce nom, je n’étais probablement pas le seul à attendre ce spin-off avec grand intérêt.

Ce one-shot plonge donc dans le passé du journaliste, levant ainsi le voile sur la période qui précède les événements tragiques de « La nuit du 3 août ». En se basant sur les informations contenues dans les tomes 6 et 7 de la série mère, Luc Brunschwig imagine une intrigue qui débute par l’étrange disparition du pasteur noir Isayah Caton-Wood, grand défenseur des droits de la population noire des Etats-Unis et homme qui dérange donc l’establishment. Au fil des pages, l’auteur va forcément également s’intéresser au sort de Jonathan Fly, mettant d’une part la (non-)relation qu’il entretient avec son fils en avant, mais dévoilant surtout pourquoi il a choisi de se terrer dans un bled paumé, ainsi que les faits qui ont précédé de son assassinat.

Luc Brunschwig a cette capacité de vous dresser le portrait de personnages forts, qui ne vous quittent pas une fois l’album refermé, mais j’étais cependant persuadé qu’il avait pour cela besoin de place et de temps… alors qu’il se retrouvait ici dans l’obligation de livrer un one-shot. Et bien, Houston n’a eu aucun problème et je me suis donc royalement planté, car le garçon nous livre à nouveau des personnages fouillés, qu’il nous croque en seulement quelques cases. Deux truites jetées à la poubelle par le petit Jason, un regard que le scénariste connaît visiblement trop bien à en croire la préface touchante dédiée à ses enfants, et hop, le tour est joué, on s’attache au gamin et à ses aventures. De même pour Jasper Konrad Glover, le grand patron du FBI, que l’on ne met que quelques cases à détester.

Une fois les personnages en place, l’auteur déroule le reste de ses capacités, c’est-à-dire une narration impeccable et cette aptitude à imbriquer toutes les pièces de son puzzle quand il faut et comme il faut. Force est également de constater que Brunschwig à beau faire une saga grand public, cela ne l’empêche pas de mettre en avant certaines pages peu glorieuses de l’histoire des Etats-Unis. Puis, il y a forcément cette relation père-fils, qui ne pouvait évidemment pas manquer et l’appel, thème qui tient l’auteur particulièrement à cœur. Bref, du Brunschwig en one-shot, j’en redemande !

Luc Brunschwig sait également s’entourer de personnages particulièrement talentueux pour la partie graphique de ses albums et c’est une nouvelle fois le cas avec Olivier TaDuc au dessin et Bérengère Marquebreucq à la colorisation. D’un trait réaliste, précis et parfaitement adapté au style de la saga originelle, le premier offre une mise en scène parfaitement rythmée et de toute beauté, tandis que la seconde semble aussi à l’aise en forêt qu’en pleine nuit, distillant à chaque fois la bonne ambiance.

Bref, le meilleur tome de la série et un one-shot qui place la barre très haute pour les deux tomes qui restent à venir : Daniel Pecqueur et Philippe Buchet pour le suivant, consacré à Alan Smith, et Jean Van Hamme himself et Olivier Grenson pour le treizième volet.

Découvrez la bande annonce de ce tome :

Luc Brunschwig et Etienne Le Roux – La mémoire dans les poches, Troisième partie

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Guerre, Luc Brunschwig, Trilogies, [Accessible], [DL 2017] with tags , , , on 23 juin 2017 by Yvan

Enfin toutes les réponses !

Luc Brunschwig et Etienne Le Roux - La mémoire dans les poches, Troisième partieCeux qui n’ont pas la mémoire en poche, se souviendront probablement du premier volet de cette saga, datant déjà de 2006. Le chemin parcouru fut donc presque aussi long que celui de ce papy qui doit user de copions pour rafraîchir ses souvenirs… mais l’attente valait certainement le coup.

N’ayant pas d’aide-mémoires planqués dans mes vêtements, j’ai commencé par relire les deux premiers volets avant de plonger dans la conclusion de cette chronique sociale qui devait encore révéler la plupart de ses secrets. Si le premier volet suivait principalement les pas de ce mystérieux papy souffrant de troubles de la mémoire et trimballant un nourrisson affamé au milieu d’une banlieue populaire, le lecteur suit dorénavant d’un Laurent Létignal, bien décidé à retrouver la trace de son père, disparu depuis plusieurs années. Accompagné de Marion, filmant chaque étape des éventuelles retrouvailles pour une émission télévisée, Laurent remonte donc la piste des indices abandonnés par son père en cours de route. Au fil des rencontres, il découvre les secrets et les véritables origines de son géniteur.

A l’aide de flashbacks habilement distillés et d’une narration exemplaire, qui soigne particulièrement les transitions entre les différentes époques, Brunschwig dévoile les mensonges qui fissurent progressivement cette famille en apparence tellement heureuse. Entre une mère devenue dépressive, un fils qui voit son père se transformer en véritable inconnu et le passé traumatisant du septuagénaire, Brunschwig libère progressivement toutes les souffrances de ses personnages. Si cette conclusion est une nouvelle fois d’une grande justesse et débordante d’humanité, elle s’avère surtout riche en émotions. Puisant dans son propre patrimoine familial, on sent que l’auteur a mis tout son cœur dans cette relation père-fils qui atteint son apogée sentimentale lors d’une scène finale particulièrement bouleversante.

Si la vie du septuagénaire est chargée en émotions, la découverte de son passé à travers le regard de ses proches permet également d’apporter une réponse à toutes les questions laissées en suspens lors des tomes précédents. Cet ultime volet est donc également celui des révélations, qui ne manqueront pas de surprendre le lecteur, tout comme elles abandonnent régulièrement Laurent sur le cul.

La première et la dernière case de cette conclusion ont beau être similaires, ce qui se déroule entre les deux est d’une grande densité. Pourtant, malgré la complexité et la richesse de l’existence de ce septuagénaire marqué par l’occupation allemande, Luc Brunschwig parvient à livrer un récit d’une fluidité exemplaire, qui ne perd jamais son lecteur.

Au niveau du graphisme, j’ai toujours été fan du graphisme d’Etienne Le Roux et, malgré le très bon travail de Jérôme Brizard sur la colorisation du tome précédent, je suis tout de même ravi de retrouver le dessinateur aux manettes de la colorisation. Outre sa capacité à donner vie aux petites gens, j’ai donc également pris grand plaisir à replonger dans l’ambiance unique, pleine de douceur, qu’il parvient à insuffler à ses planches à l’aide de tons savamment choisis.

Une saga qui restera dans les mémoires et un coup de cœur qui mérite une petite place dans mon Top BD de l’année !