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Jason Aaron et R.M. Guéra – The Goddamned, Avant le Déluge

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Jason Aaron, Séries, Urban Comics, Urban Indies, [DL 2017], [En cours], [Sans super-héros] with tags , on 20 septembre 2017 by Yvan

La Genèse selon Aaron !

Jason Aaron et R.M. Guéra - The Goddamned, Avant le DélugeAvec ce nouveau titre, le trio de « Scalped », Jason Aaron (scénario), R.M. Guéra (dessin) et Giulia Brusco (colorisation), s’amuse à revisiter l’histoire de Caïn.

Le damné de Dieu dont il est question est en effet le fils d’Adam et Ève, celui qui fût condamné par Dieu à assister à la déchéance de l’Humanité jusqu’à la fin des temps pour avoir tué son frère Abel. Ce comics délicieusement irrévérencieux s’ouvre donc en compagnie du célèbre immortel, couvert d’excréments, au moment où il émerge d’une fosse à purin alors qu’il se fait uriner dessus par un gamin manchot. Vous aurez donc immédiatement compris que l’ami Jason Aaron ne compte pas faire dans la dentelle lors de ce récit à l’ambiance post-apocalyptique.

L’histoire se déroule 1600 ans après l’Eden, dans un monde barbare, impitoyable et violent, que notre anti-héros arpente à la recherche de ce qui pourra enfin le tuer. Tout n’est que désolation au sein de cet univers glauque condamné au Déluge et même l’ami Noé, chargé de sauver toutes les espèces de la noyade divine, est dépeint comme une véritable ordure.

Si cette relecture de la Genèse parvient à plonger le lecteur dans un monde aussi sombre que prenant, R.M. Guera et Giulia Brusco n’y sont pas étrangers. Le trait crasseux du yougoslave et la colorisation adéquate de sa collaboratrice attitrée contribuent en effet à plonger le lecteur dans un univers dénué d’espoir, tout en proposant des personnages repoussants et sans pitié, au sein d’une histoire certes connue, mais revisitée de main de maître par le trio de « Scalped ».

Yeah !!! Jason Aaron rules !!!

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top Comics de l’année !

Ils en parlent également: Le Bibliocosme

 

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Zidrou et Francis Porcel – Le Chevalier Brayard

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, Zidrou, [DL 2017], [Grand public] with tags on 13 septembre 2017 by Yvan

Une aventure moyenâgeuse lourdingue !

Zidrou et Francis Porcel - Le Chevalier Brayard« Le Chevalier Brayard » invite à suivre les péripéties du chevalier en question et du moinillon qui l’accompagne. En revenant de croisade en terre sainte, le duo croise le chemin d’Hadiyatallah, une jeune maure de treize ans qui vient d’échapper à ses ravisseurs et affirme être la fille d’un prince arabe prêt à payer une fortune pour récupérer sa progéniture.

Zidrou a beau être l’un des auteurs les plus prolifiques du moment et régulièrement varier les genres, il ne m’avait jusqu’à présent jamais déçu et même souvent conquis. Je m’attendais donc à nouveau à une petite perle en découvrant cette troisième collaboration entre le talentueux scénariste et le dessinateur hispanique Francis Porcel (« Les folies Bergère » et « Bouffon »). Je ressors malheureusement particulièrement mitigé de cette aventure médiévale en un tome…

Cela partait pourtant bien en compagnie d’un trio de personnages haut en couleurs. Avec d’un part un chevalier Brayard tranchant et bagarreur et de l’autre un moinillon peureux et censé rapporter les reliques de Sainte Bertrude la Chaste à sa communauté religieuse, le tout rehaussé par l’arrivée de ce joli brin de fillette particulièrement farouche, le lecteur s’attendait en effet à passer un bon moment. Malheureusement, au fil des pages, l’aventure se révèle anecdotique, voire sans véritable intérêt, si ce n’est de servir de prétexte à une parodie multipliant les jeux de mots grossiers et proposant un humour répétitif et finalement lassant, à l’image de la chanson paillarde qui nous accompagne du début à la fin ou des saints qui se multiplient à outrance dans le but de faire rire.

Bref, j’ai trouvé l’histoire inintéressante et l’humour lourdingue. Le dessin de Francis Porcel sied par contre parfaitement au récit en restituant avec brio l’ambiance médiévale et grâce à une splendide maîtrise des couleurs et à un trait caricatural qui accentue la parodie.

Ils en parlent également : Noukette, Jérôme

Brian Michael Bendis et Stuart Immonen – Ultimate Spider-Man, La guerre des symbiotes (Tome 11)

Posted in BANDES DESSINÉES, Brian M Bendis, Comics, Deluxe, Intégrales, Panini, Spider-Man, [Avec super-héros], [DL 2017] with tags on 25 août 2017 by Yvan

Le tome des résurrections !

Brian Michael Bendis et Stuart Immonen – Ultimate Spider-Man, La guerre des symbiotes (Tome 11)Le onzième tome de cette version modernisée de l’univers de Spider-Man, proposant une approche plus contemporaine et plus « Teenage », visant à conquérir un jeune public parfois rebuté par quarante ans de continuité, reprend les épisodes #118 à #128 d’Ultimate Spider-Man.

La première moitié de cette intégrale s’intéresse au quotidien et aux amis de Peter Parker. De l’arrivée de Johnny Storm dans la classe de Peter à l’apparition d’étranges pouvoirs chez sa camarade de classe Liz Allen, en passant par Kenny qui a percé l’identité secrète de Spider-Man, la vie de tous les jours n’est pas forcément de tout repos pour notre héros. Si Bendis propose un récit léger, frais et bourré d’humour, il démontre surtout sa capacité à dépeindre les problèmes d’adolescents, ainsi que son talent à produire des dialogues particulièrement réalistes et ciselés. Cette première moitié d’album n’est cependant pas dénuée d’action car, outre la présence de Johnny Storm, de Spidey, de Kitty Pryde et d’Ice Man, l’histoire est également marquée par une intervention de Magneto… ce qui va toujours de pair avec pas mal de casse.

La deuxième partie de l’album est surtout marquée par le retour d’Eddie Brock… et de Venom. Si le costume noir d’Eddie n’est pas d’origine extra-terrestre dans cet univers, il est cependant la convoitise de nombreuses personnes… pas forcément toujours bien intentionnées. Cette guerre des symbiotes est beaucoup plus porté par l’action que la première moitié de l’album, notamment grâce à un combat épique impliquant Spider-Man, Nick Fury, Captain America, Venom, Carnage et Thor.

Bref, cet album se situe dans la lignée des précédents, avec un Spider-Man toujours très teenager et un récit extrêmement fun. Bendis multiplie par contre les allers-retours dans le temps, ce qui a parfois tendance à perdre le lecteur. Quant à ceux qui n’apprécient pas les résurrections de personnages, ils risquent d’avoir beaucoup de mal à digérer cette fin d’album qui prouve une nouvelle fois que, même dans l’univers Ultimate, les personnages ont du mal à demeurer mort au sein des comics.

Visuellement, Stuart Immonen s’en sort de nouveau haut la main, en s’adaptant toujours assez bien au style de Bagley, qui a laissé sa place il y a déjà deux tomes après avoir dessiné plus de cents numéros.

Bref, encore un bon tome, mêlant action et développement psychologique de Spidey et de ses proches, mais ressuscitant peut-être un peu trop de personnages.

Brian K. Vaughan et Fiona Staples – Saga (Tome 7)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Séries, Urban Comics, Urban Indies, [DL 2017], [En cours], [Sans super-héros] with tags , on 18 août 2017 by Yvan

Pit-stop forcé sur Phang !

Brian K. Vaughan et Fiona Staples - Saga (Tome 7)Cette excellente série imaginée par Brian K. Vaughan (Y, le dernier homme, Pride of Baghdad ou Ex Machina) se poursuit avec un septième volet qui reprend les épisodes #37 à #42 de ce space opéra familial particulièrement jubilatoire.

Pour rappel, Saga invite à suivre les déboires d’un couple d’amoureux, issus de planètes ennemies et en guerre perpétuelle. Marko, notre Roméo cornu originaire de la planète Couronne, tente donc de faire sa vie en compagnie d’Alana, sa Juliette ailée issue de Continent. Au centre des débats (et à la narration), le lecteur retrouve bien évidemment la petite Hazel, fruit de leur amour interdit. Cette progéniture, issue de deux espèces qui sont en guerre depuis la nuit des temps, n’est cependant pas vue d’un bon œil par les peuples respectifs et se retrouve du coup pourchassée dès sa première bouffée d’air. La vie de couple n’est déjà pas un long fleuve tranquille, mais quand on est pourchassé par les pires tueurs professionnels de la galaxie, que la baby-sitter est un fantôme et que la poisse semble vous coller à la peau… il faut être sacrément balèze pour que l’amour survive !

Après avoir délivré leur fille d’une prison de la planète Continent, Marko et Alana prennent la fuite à bord de leur fusée, accompagnés de Pétrichor, la transsexuelle cornue, d’Izabel, la baby-sitter fantomatique, et de l’ex-Prince Robot IV, toujours à la recherche de son fils. Tout ce beau monde est cependant contraint de faire escale sur Phang, une comète cosmopolite transformée en champ de bataille suite à la guerre éternelle entre les deux planètes ennemies.

Si l’auteur recentre son récit autour de la cellule familiale, notamment en abordant la grossesse d’Alana, en parallèle, il poursuit également la quête de nombreux personnages secondaires. Si le lecteur retrouve avec grand plaisir certains personnages, tels que le tueur à gages nommé Testament ou le Chat Mensonge, il a également droit à quelques nouveaux venus, dont cette famille de marsupiaux particulièrement attachants. Outre des personnages toujours extrêmement humains (malgré une apparence parfois surprenante), l’auteur livre à nouveau une véritable petite pépite au niveau de la caractérisation. En multipliant les planètes et les espèces, il offre une lecture très diversifiée et une galerie de personnages extrêmement riche et parfaitement exploitée, qui s’étend au fil des tomes. Brian K. Vaughan démontre également une nouvelle fois sa capacité à composer des groupes de personnages assez improbables et de saupoudrer le tout de dialogues croustillants au possible.

Si cet ovni mélange avec brio space opéra, romance, chronique familiale, géo-politique, comédie, aventure, sexe, horreur, violence, chasse à l’homme, drame, action, science-fiction et magie, l’une des grandes forces du récit sont en effet les dialogues. Ceux-ci sont une nouvelle fois d’un naturel extraordinaire et débordent d’humour. Le choix d’Hazel, dorénavant âgée de cinq ans et pourvue d’ailes et de cornes, en tant que narratrice du récit fonctionne également toujours à merveille, surtout que cette dernière revient sur les événements avec un certain recul et beaucoup de cynisme. Ajoutez à cela un character-design impressionnant, un univers débordant d’inventivité et la capacité de Vaughan d’aborder énormément de thèmes sensibles en toute décontraction, sans alourdir le récit, et vous obtenez une véritable tuerie qui gère de surcroît l’art du cliffhanger avec énormément de maestria.

Visuellement, le graphisme de Fiona Staples continue de fonctionner à merveille. La dessinatrice canadienne donne non seulement vie à des créatures loufoques au look très réussi, mais parvient surtout à mettre les délires du scénariste en images avec beaucoup de savoir-faire et d’esthétisme. À l’aide d’une colorisation qui accompagne toujours parfaitement le ton du récit, elle contribue aussi à installer une ambiance toujours adéquate. Elle offre également un découpage efficace qui rend la lecture très fluide et qui incite à tourner les pages à grande vitesse. Notons également la présence de quelques images choc, qui risquent de vous faire froisser les sourcils ou de vous faire sourire.

Ils en parlent également : Dionysos

Zidrou et Arno Monin – L’adoption, La Garua (Tome 2/2)

Posted in Bamboo, BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Zidrou, [DL 2017], [Grand public] with tags , on 16 août 2017 by Yvan

Perdu dans le brouillard de Lima !

Zidrou et Arno Monin - L'adoption, La Garua (Tome 2/2)« La Garua » propose la suite et fin de cette chronique familiale en deux tomes, scénarisée par le prolifique Zidrou et mise en images par Arno Monin.

Si le premier volet racontait l’histoire de l’adoption de la petite Qinaya, ramenée du Pérou par Alain et Lynette, où un tremblement de terre avait fait des milliers d’orphelins, le cliff-hanger final déstabilisant, marqué par l’intervention de la police et le retour au pays de la fillette adoptive, donnait envie de découvrir où Zidrou voulait finalement nous emmener.

Le départ brutal de la petite péruvienne de quatre ans a en effet un solide impact sur sa famille d’adoption. Entre le père qui subit les conséquences de son acte illégal et la grand-mère qui perd la boule, Zidrou se concentre une nouvelle fois sur ce grand-père un peu bougon, qui n’était initialement pas très enthousiaste vis-à-vis de cette progéniture venue d’Amérique du Sud, mais qui avait fini par fondre devant sa petite-fille adoptive. Le lecteur retrouve donc un Gabriel Van Oosterbeek profondément marqué par la séparation, mais embarquant pour le Pérou, où il compte bien retrouver sa petite-fille adorée.

Ce deuxième volet est non seulement marqué par un changement de décor et d’ambiance, mais présente également les personnages du tome précédent sous une toute nouvelle perspective. Si l’intrigue concernant la petite Qinaya est vite résolue, le chemin de croix de ce grand-père qui espérait se racheter de ses absences en tant que père en s’occupant de sa petite-fille, se poursuit de plus belle et prend même une nouvelle tournure grâce à la rencontre de Marc Legendre, un compatriote venu récupérer le corps de sa fille décédée lors du dernier tremblement de terre. Perdu dans la Gurua, sorte de brouillard qui enveloppe la côte péruvienne, cette rencontre inattendue va permettre à Gabriel de sortir de sa propre brume. Une prise de conscience émouvante, qui lui permet finalement de retrouver bien plus que l’enfant qu’il était venu chercher…

Zidrou livre donc une nouvelle histoire remplie d’humanité, narrée avec beaucoup de tendresse et d’humour, le tout servi avec des dialogues d’une justesse incroyable. Visuellement, même dans la brume de Lima, le dessin tout en rondeur d’Arno Monin continue de faire mouche. Le dessinateur contribue à insuffler beaucoup d’humanité et de tendresse au récit, tout en livrant des personnages d’une grande expressivité et particulièrement attachants.

Un diptyque que je vous invite à adopter au plus vite !

Encore du bon Zidrou, que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Jérôme

Pat Perna et Fabien Bédouel – Forçats, Le prix de la liberté (Tome 2/2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Les Arènes, [DL 2017], [Grand public] with tags on 19 juillet 2017 by Yvan

Portrait d’un journaliste engagé !

Pat Perna et Fabien Bédouel - Forçats, Le prix de la liberté (Tome 2/2)Pour cette fin de diptyque, le scénariste Pat Perna et le dessinateur Fabien Bedouel délaissent quelque peu l’enfer du bagne de Cayenne afin de mettre en avant le métier de journaliste.

Les auteurs de « Kersten, le Médecin d’Himmler » suivent d’une part un Albert Londres revenu en France, qui témoigne de l’horreur qu’il a vécu en Guyane, tout en essayant de réhabiliter Eugène Dieudonné, accusé à tort d’avoir fait partie de la bande à Bonnot. Ils s’intéressent d’autre part au sort de Dieudonné, déclaré mort par les autorités suite à une énième tentative d’évasion, alors que sa grâce allait lui être accordée d’ici deux ans… un délai bien trop long pour ceux qui connaissent l’endroit !

Ce dytique sur fond historique continue donc de s’intéresser aux destins croisés d’Eugène Dieudonné, l’anarchiste condamné au bagne à perpétuité pour un crime qu’il n’a pas commis, et d’Albert Londres, grand reporter venu dénoncer les conditions de détention inhumaines des forçats. Si le premier volet dévoilait la dure réalité de cette prison à ciel ouvert où la durée de vie moyenne n’excède pas cinq ans, cette suite s’éloigne de la jungle guyanaise impitoyable pour se concentrer sur les efforts d’Albert Londres. En mettant en avant son combat journalistique, les deux auteurs livrent à nouveau un récit historique romancé particulièrement réussi, qui s’appuie avec brio sur des personnages historiques forts. Moins porté sur l’action et beaucoup plus bavard, cette suite connaît cependant quelques passages un peu plus/trop lents.

Visuellement, le trait anguleux et réaliste de Fabien Bedouel (« L’Or et le Sang ») et l’utilisation de grands à-plats noirs, qui contribuaient à retranscrire l’ambiance suffocante et inhospitalière de cet univers carcéral sans pitié lors du volet précédent, continuent de faire mouche lors de cette conclusion.

Ils en parlent également : Jérôme

Tom King et David Finch – Batman Rebirth, Mon nom est Gotham

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Comics, DC Rebirth, Séries, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2017], [En cours] with tags on 12 juillet 2017 by Yvan

De la concurrence pour sauver Gotham !

Tom King et David Finch - Batman Rebirth, Mon nom est GothamCe premier tome de la série « Batman Rebirth » marque le début d’un nouveau cycle pour le Dark Knight. En 2011, après le crossover « Flashpoint », DC Comics avait procédé à la remise à zéro des cinquante-deux séries de l’univers DC, baptisée « The New 52 ». En nommant ce reboot « DC Renaissance », Urban Comics s’est un peu tiré dans le pied car voilà que cinq ans plus tard, DC Comics décide de mettre fin à l’ère des New 52 en proposant un nouveau relaunch baptisé… eh oui… « DC Rebirth ». Pas de bol et une collection qui se nommera donc également « DC Rebirth » en français.

J’étais grand fan du début des New 52, suivant presque chacune des séries proposées, mais il faut bien avouer que l’ensemble commençait à s’essouffler et qu’à part « Batman » de Scott Snyder, je ne suivais finalement plus grand-chose. J’étais donc impatient de m’attaquer à ce relaunch chapeauté par Geoff Johns, qui choisit comme point de départ l’événement Flashpoint, à l’origine des New 52. Pour ce faire, il ramène Wally West, que l’on croyait disparu depuis le Flashpoint. Prisonnier de la Force Véloce, le héros oublié de tous cherche à contacter ses anciens amis et à les prévenir que c’est un être incroyablement puissant, et mystérieux, qui est à l’origine de l’amnésie générale qui empêche quiconque de se souvenir de Wally West, qui a volé dix années à nos héros et qui a initié le reboot New 52. Bien vu, car Geoff Johns ne fait donc pas table rase du passé, comme cela avait été le cas avec les New 52, mais construit sur ce qui a été fait par le passé, sans remettre les compteurs à zéro.

Ce premier tome du relaunch de Batman contient l’épisode Batman Rebirth #1, également repris dans la brique « DC Universe Rebirth » de près de 600 pages édité par Urban Comics (qui faisait un peu office de catalogue pour ce reboot), ainsi que les six premiers épisodes de la nouvelle saga. Après le long run de Scott Snyder, dont on retiendra surtout les débuts, c’est désormais au tour de Tom King (« Vision »), de prendre les rênes des nouvelles aventures de Batman.

L’épisode « Rebirth » permet donc tout d’abord de relire cette histoire où Batman affronte « Almanach », accompagné de son nouvel acolyte : Duke Thomas. Une fois cette mise en bouche terminée, alors que le nouveau side-kick du Chevalier Noir n’est pas encore véritablement installé, Tom King surprend le lecteur en introduisant deux nouveaux super-héros dotés de pouvoirs identiques à ceux de Superman. L’idée n’est pas mauvaise car les dénommés « Gotham » et « Gotham Girl » ne sont ni des nouveaux side-kicks, ni des nouveaux ennemis du Dark Knight, étant donné que ceux-ci sont plus forts que Batman et qu’ils ont également décidé de protéger la ville de Gotham. Il est donc intéressant de découvrir la position de Batman face à cette concurrence totalement inattendue. Le récit manque malheureusement de profondeur et privilégie de l’action pas toujours crédible (Batman chevauchant un Boeing 747, non mais franchement). J’ai par contre bien aimé l’humour insufflé par Tom King, notamment à travers les personnages d’Alfred et de Gordon. L’intrigue impliquant Amanda Waller et sa Suicide Squad est par contre assez mal exploitée.

Si prendre la succession de Scott Snyder ne doit pas être aisé, remplacer Greg Capullo aux dessins n’est pas non plus une mince affaire. Mikel Janin, David Finch et Ivan Reis s’en sortent néanmoins haut la main. Le premier livre de beaux dessins et un découpage intéressant lors de l’intro, tandis que je suis assez fan du style du second, qui est d’ailleurs un habitué de l’univers de Batman.

Bref, un récit divertissant, des bonnes idées au niveau du scénario et des excellentes prestations au niveau du dessin, mais rien d’inoubliable. Encore faudra-t-il pouvoir résister au titre assez alléchant du tome suivant : « Mon nom est Suicide » !

Ils en parlent également: Yaneck