Archive for the Franco-Belge Category

Benjamin Flao et Fred Bernard – Essence

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, K.BD, One-shots, [Accessible], [DL 2018] with tags on 30 mars 2018 by Yvan

Un road-trip sinueux aux décors splendides !

Benjamin Flao et Fred Bernard - EssenceCe one-shot onirique imaginé par Fred Bernard (Jeanne Picquigny) et dessiné par Benjamin Flao (Va’a, Kililana Song) invite à suivre les pas d’Achille Antioche, coincé dans un décor post-apocalyptique aussi désert qu’étrange, où l’on peut changer de décor ou de véhicule par la pensée. Grâce à l’aide d’un ange gardien débutant, il va progressivement comprendre ce qu’il fait là…

Ce road-movie qui slalome dans les méandres des souvenirs d’un personnage principal pas forcément attachant, dans l’espoir de lui faire retrouver la mémoire, a parfois tendance à tourner en rond. À l’image du personnage principal, le lecteur se retrouve un peu perdu au sein d’un récit un brin trop déjanté, mais qui multiplie néanmoins les références amusantes aux classiques de la bande dessinée franco-belge. L’amateur de BD que je suis s’est donc d’une part délecté de ces nombreux clins d’œil, tout en cherchant fréquemment la sortie de ce road-trip à la destination un peu trouble…

Par contre, visuellement, dès la couverture, Benjamin Flao parvient à installer une ambiance étrangement envoûtante. Profitant des changements incessants de décors et de véhicules imposés pas les pensées d’Achille Antioche, le dessinateur s’en donne à cœur joie, tout en livrant des planches de toute beauté.

Visitez le blog de Benjamin Flao !

 

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Zidrou et José Homs – Shi, Le roi démon (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, Séries, Zidrou, [DL 2017], [En cours], [Grand public] with tags , on 21 mars 2018 by Yvan

L’heure de la vengeance a sonné !

Zidrou et José Homs - Shi, Le roi démon (Tome 2)Si le premier volet de cette saga prévue en quatre tomes présentait deux héroïnes intrigantes, cette suite, qui se déroule sept mois plus tard, revient sur le calvaire qu’elles ont vécu entretemps.

Tandis que Jennifer Winterfield a été mariée de force au Révérend Green, Kita a été contrainte de se prostituer au sein d’un bordel de luxe. Au fil du temps, la haine des deux femmes envers cette noblesse britannique, qui écrase le sexe « faible » et les pauvres, ne fait que s’accroître… et l’heure de la vengeance approche…

Outre ces deux héroïnes fortes, qui s’installent progressivement à l’origine d’une colère viscérale qui frappe à travers les époques, Zidrou propose une galerie de personnages charismatiques, dont l’étrange Sensei venu rendre visite à notre prostituée nippone. Si Zidrou invite à suivre la destinée de plusieurs personnages sur différentes époques, il multiplie également les intrigues, n’hésitant pas de passer d’un riche industriel victime d’une organisation terroriste à notre époque à la Reine Victoria en plein Londres victorien. Si le cœur de l’intrigue se déroule toujours en 1851, la touche surnaturelle insufflée par ce « Roi Démon » tatoué sur le dos de la japonaise ne manque pas de surprendre. Au passage, l’auteur ne manque pas non plus de dénoncer la condition des femmes et des pauvres au sein de cette société sexiste, hypocrite et cruelle.

Visuellement, le graphisme de José Homs (Millenium, Secrets : L’Angélus) demeure époustouflant. La mise en images dynamique et soignée du dessinateur espagnol fait des merveilles, que ce soit au niveau de l’univers sombre auquel il donne vie ou au niveau de l’expressivité des personnages.

Du tout bon !

Marcello Quintanilha – Talc de verre

Posted in BANDES DESSINÉES, Ca et Là, Franco-Belge, One-shots, [Avancé], [DL 2016] with tags , on 14 mars 2018 by Yvan

Une dépression autodestructrice !

Marcello Quintanilha - Talc de verreAprès « Tungstène » – Fauve d’Or du polar au festival d’Angoulême 2016 – Marcello Quintanilha propose un nouveau one-shot qui se déroule au Brésil mais, cette-fois, parmi les classes supérieures de ce pays aux inégalités si criantes.

Ce thriller psychologique invite à suivre les pensées de Rosângela, une femme qui a tout pour être heureuse : un compte en banque bien rempli, une belle voiture, une famille de rêve, une enfance souriante et un cabinet de dentiste (offert par son père) dans un quartier chic de la ville. Tout l’opposé de sa cousine : pauvre, sans emploi, divorcée, un père alcoolique, un quartier sordide… mais une joie de vivre et un sourire à toute épreuve. C’est d’ailleurs ce sourire radieux qui va finir par obnubiler Rosângela, au point de remettre en cause son propre bonheur et sombrer dans une dépression qui s’intensifie chaque fois qu’elle pense à sa cousine.

Malgré une vie de rêve, cette femme qui a tout pour être comblée, tombe progressivement dans une spirale autodestructrice. Le lecteur suit donc la lente descente aux enfers de cette héroïne qui perd progressivement pied. Le portrait dressé par Marcello Quintanilha se situe à la limite de l’étude psychiatrique et la narration en voix-off permet de suivre le cheminement mental de cette femme au plus près. Le procédé narratif peut surprendre au début, mais le fait d’entrer dans le cerveau de Rosângela afin d’y capter ses émotions à haute voix s’avère toutefois d’une efficacité rare. Cette petite voix qui la fait douter de tout prend progressivement le dessus et la fait chavirer dans une folie particulièrement destructrice. Son dessin noir et blanc, d’un trait fin et réaliste, accompagne d’ailleurs avec brio ce ballet de sentiments.

Très bon !

Rodolphe et Christophe Dubois – Ter, Le guide (Tome 2/3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Daniel Maghen, Franco-Belge, Trilogies, [DL 2017], [Grand public] with tags on 9 février 2018 by Yvan

À l’intérieur du vaisseau !

Rodolphe et Christophe Dubois - Ter, Le guide (Tome 2/3)Rodolphe et Christophe Dubois proposent la suite de cette saga de science-fiction prévue en trois tomes.

Le premier volet invitait à suivre un étrange individu dépourvu de mémoire, mais capable de réparer n’importe quel objet, qui intriguait les habitants et les autorités de Bas-Courtil. Un tome qui s’chevait sur un cliff-hanger de format, révélant que l’histoire ne se déroule pas sur la planète « TER », mais sur un énorme vaisseau spatial nommé « JUPITER ».

Lors de cette suite, la carlingue est prise de violentes secousses, détruisant progressivement le monde qui se trouve en surface, dont la cité où vivent Mandor et ses amis. Heureusement, notre héros amnésique commence à se souvenir de ses origines et de sa mission. Faisant honneur à son statut de prophète, il emmène les habitants à l’intérieur du vaisseau, où de nouveaux dangers se profilent…

Cette histoire qui s’apparentait à une quête identitaire, délaisse donc les grands espaces de ce monde de la surface aux allures médiévales, pour un univers de métal beaucoup plus sombre. Malgré un bestiaire assez inventif, le scénario y perd un peu de son charme pour retomber dans un récit de science-fiction plus classique, mais toujours aussi efficace.

Visuellement, malgré ce changement de décor, Christophe Dubois continue à en mettre plein la vue. Que ce soit au niveau des personnages ou lors de scènes intérieures fourmillantes de détails, le dessinateur livre des planches d’une beauté remarquable. De cette superbe couverture au cahier graphique qui clôture l’album, les éditions Daniel Maghen contribuent à nouveau à mettre les planches de l’artiste en valeur.

Vivement la conclusion de cette saga que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Florent Bossard – Leviathan, Quelque chose sous nos pieds (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Casterman, Franco-Belge, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2017], [En cours], [Grand public] with tags on 30 janvier 2018 by Yvan

La noirceur humaine émerge du chaos !

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Florent Bossard - Leviathan, Quelque chose sous nos pieds (Tome 2)« Quelque chose sous nos pieds » propose donc la suite de ce scénario catastrophe signé Luc Brunschwig, Aurelien Ducoudray et Florent Bossard. Après un tome de mise en place assez dense, qui installait de nombreux personnages au sein d’une cité phocéenne ravagée par un séisme de grande ampleur, et dont la fin apportait un éclairage bienvenu concernant l’origine du drame et du titre de la saga, ce second volet constitue le véritable envol de cette série au niveau du scénario.

Les tremblements de terre, qui poussent l’armée à boucler la ville de Marseille et à rassembler les nombreuses victimes dans le Stade Vélodrome, sont donc causés par un gigantesque monstre marin et non par un impact de météorite, comme le laissaient entendre les autorités. Après avoir semé plusieurs intrigues lors du volet précédent, Luc Brunschwig, Aurelien Ducoudray s’amusent à les emboîter, tout en dévoilant déjà plusieurs zones d’ombre. Si la mort suspecte de Mademoiselle Guidoli leur permet d’ajouter une intrigue policière au scénario catastrophe, ils n’oublient pas non plus de d’insuffler une dimension sociale, humaine et politique importante à ce thriller prenant.

Les deux scénaristes prennent en effet le temps de mettre en avant plusieurs personnages touchés par cette catastrophe. Ceux qui s’attendent à voir surgir un héros genre Bruce Willis ou Will Smith, capable de sauver tout le monde, tout en renvoyant le monstre marin ad patres, ressortiront néanmoins déçu de cette lecture car cette catastrophe fait surtout ressortir toute la noirceur du genre humain. Entre une femme qui se fait violer dans les décombres, une villa pillée par des fuyards, une infirmière sous influence, des autorités qui cachent la vérité, une mamie blogueuse et un politicien en manque d’audimat, il ne ressort en effet pas grand-chose de bon de ce chaos.

Visuellement, Florent Brossard propose un graphisme réaliste qui colle parfaitement à ce scénario catastrophe.

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top BD de l’année !

Pascal Rabaté et Alain Kokor – Alexandrin ou L’art de faire des vers à pied

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, Pascal Rabaté, [Accessible], [DL 2017] with tags on 29 janvier 2018 by Yvan

L’Art de la rime !

Pascal Rabaté et Alain Kokor - Alexandrin ou L’art de faire des vers à piedCe one-shot signé Pascal Rabaté (« Ibicus« , « Les petits ruisseaux« , « Le petit rien tout neuf avec le ventre jaune« , « La Marie en plastique« , « Bienvenue à Jobourg« , « La déconfiture« ) et Alain Kokor invite à suivre les pas d’Alexandrin de Vannevile, un poète des campagnes et des villes qui survit en vendant sa poésie. Le jour où il croise la route d’un jeune fugueur fouillant les poubelles à la recherche de nourriture, sa vie se retrouve métamorphosée…

« Alexandrin ou L’art de faire des vers à pied » est l’histoire d’une belle rencontre entre un jongleur de mots, amoureux de la rime, et un gamin en quête de liberté. Au fil des pages, une belle complicité s’installe entre ces deux âmes perdues qui vivent en marge de la société. Ce compte contemporain débordant de poésie est également un exercice de style, où la totalité des dialogues épouse la rime. Si j’ai toujours accordé plus d’importance au contenu d’une bande dessinée qu’à son graphisme ou à n’importe quel exercice de style, je ne peux qu’applaudir le résultat quand c’est bien fait comme ici.

De plus, visuellement, le dessin légèrement désuet de Kokor et la colorisation aux tons pastel sont en parfaite harmonie avec les textes de Rabaté, baignant l’ensemble dans une ambiance onirique tout à fait délicieuse.

Ils en parlent également : Mo’

Cédric Mayen et Lucy Mazel – Edelweiss

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, Vents d'Ouest, [DL 2017], [Grand public] with tags on 24 janvier 2018 by Yvan

Une histoire d’amour qui atteint des sommets !

Cédric Mayen et Lucy Mazel - EdelweissCe roman graphique débute par la rencontre entre Edmond, ouvrier à l’usine Renault, et Olympe, jeune femme férue d’alpinisme, issue d’une famille aisée, lors d’un soir d’été en 1947. Si lui rêve de conquérir le cœur de sa dulcinée et d’ascension sociale, elle rêve de conquérir le sommet du Mont Blanc, tout comme son aïeule Henriette d’Angeville. Ensemble, ils connaîtront l’amour et les aléas de la vie…

Cédric Mayen livre une histoire d’amour parsemée d’embûches, mais en évitant de tomber dans les pièges du genre, tout en abordant plusieurs thèmes intéressants en toile de fond, allant de la lutte pour l’émancipation des femmes à la différence des classes, en passant par les dangers de la montagne. De plus, au fil des années, il parvient à donner plus d’épaisseur à ses deux personnages principaux. Du coup, le lecteur s’attache progressivement à ce couple, partage ses peines et ses moments de bonheur.

Visuellement, ce one-shot fait mouche dès la couverture. Le dessin de Lucy Mazel, déjà fort séduisant lors de l’album « Communardes ! – Les éléphants rouges », gagne encore en maturité, tout en parvenant à allier élégance, poésie, lisibilité et expressivité.

Bref, un très beau récit, que ce soit au niveau du scénario ou du graphisme, que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année.

Ils en parlent également: Moka, Noukette, Mes échappées livresques