Archive for the Manga / Manhwa Category

Hiroya Oku – Last Hero Inuyashiki (Tome 1)

Posted in BANDES DESSINÉES, Ki-oon, Manga / Manhwa, Séries, [DL 2015], [En cours] with tags on 21 janvier 2016 by Yvan

Un vieux paumé qui se transforme en super-héros !

Hiroya Oku - Last Hero Inuyashiki (Tome 1)« Last Hero Inuyashiki » est la nouvelle saga de l’auteur de « Gantz », proposée par les éditions Ki-oon.

Le récit invite à faire la connaissance d’Ichiro Inuyashiki, un employé de bureau de cinquante-huit ans au quotidien monotone et déprimant. Son job ne lui permet pas de rouler sur l’or et sa famille ne lui permet pas non plus de vivre dans le bonheur. Sa femme et ses enfants ne le respectent pas, voire l’ignorent carrément, et pour couronner le tout, son médecin lui diagnostique un cancer foudroyant qui le condamne à une mort certaine endéans les trois mois. Puis, un soir, alors qu’il promène son chien dans un parc, une lumière vive l’éblouit et le transforme…

Une histoire qui invite à découvrir la genèse d’un héros qui se découvre de nouveaux pouvoirs n’a rien de vraiment neuf, sauf que le personnage principal n’est pas un jeune, mais un vieux. On se retrouve donc avec le même genre de décalage que dans la série télé « Breaking Bad » et cela fonctionne à merveille. Le scénario qui lorgne inévitablement vers la science-fiction lors de la fusion de cet homme avec une machine extra-terrestre, livre également une critique sociale envers une société nippone qui méprise les plus faibles. Heureusement, ces derniers seront dorénavant protégés par ce nouvel héros qui compte bel et bien mettre ses nouvelles capacités au service du bien.

Outre l’empathie que le lecteur finit inévitablement par éprouver pour ce pauvre petit vieux à qui la vie ne sourit vraiment pas et qui utilise cette seconde chance pour servir les autres, il y a également l’intérêt suscité par cet autre personnage, beaucoup plus jeune, qui a également acquis les mêmes pouvoirs lors de l’accident dans le parc, mais dont on ne sait pas encore quel usage il en fera…

Puis, visuellement, le travail d’Hiroya Oku est également remarquable. Les planches qu’il dessine à l’aide d’une modélisation 3D sont d’un grand réalisme et la mécanique des super-héros cyborgs est impressionnante.

Bref, un début de série particulièrement prometteur et un manga que vous pouvez retrouver dans mon Top manga de l’année !

Tsuina Miura et Gamon Sakurai – Ajin (Tome 1)

Posted in BANDES DESSINÉES, Glénat, Manga / Manhwa, Séries, [Angoulême 2016], [DL 2015], [En cours] with tags , on 19 janvier 2016 by Yvan

Il n’est pas toujours bon d’être immortel !

Tsuina Miura et Gamon Sakurai - Ajin (Tome 1)Les Ajin sont des êtres immortels qui ont fait leur apparition sur un champ de bataille en Afrique, il y a dix-sept ans de cela. Depuis, les autorités ont dénombré quarante-six exemplaires dans le monde dont deux au Japon. Lors d’un accident avec un camion, un jeune lycéen de dix-sept ans découvre qu’il fait également partie de cette race capable d’immobiliser leurs adversaires en criant. Malheureusement pour lui, Kei Nagai attire immédiatement toutes les convoitises car nombreux sont ceux qui veulent mettre la main sur ce nouvel Ajin. Il y a non seulement le gouvernement, qui cherche à le récupérer afin de l’étudier, mais il y a également un autre groupuscule aux intentions plus mystérieuses…

Tsuina Miura installe non seulement un monde peuplé de créatures immortelles, mais livre surtout une chasse à l’homme haletante en compagnie de deux personnages particulièrement attachants. Il y a d’une part le petit Kei Nagai, mais aussi son ami d’enfance Kai, qui n’hésite pas à prendre tous les risques pour aider son camarade. Cette course poursuite dynamique multiplie les rebondissements et lève progressivement le voile sur le mystère des Ajin.

Visuellement, le travail de Gamon Sakurai est également excellent. D’un trait dynamique, il livre des scènes d’action très efficaces, ainsi que des créatures à l’aspect aussi mystérieux qu’angoissant.

Bref, un début très prometteur pour ce titre qui fait des ravages au Japon et que vous pouvez retrouver dans mon Top manga de l’année !

Takashi Murakami – L’oiseau bleu

Posted in BANDES DESSINÉES, Ki-oon, Maladie, Manga / Manhwa, One-shots, [DL 2015] with tags , on 11 janvier 2016 by Yvan

Lorsque le destin nous arrache des proches !

Takashi Murakami - L’oiseau bleuAprès « Le chien gardien d’étoiles » aux éditions Sarbacane, Takashi Murakami revient avec un nouveau one-shot riche en émotions, proposé au sein de la collection Latitudes des éditions Ki-oon.

Le récit débute par un pique-nique en famille qui vire au drame lors du voyage retour. La voiture sort en effet de la route, abandonnant la maman avec un mari plongé dans le coma et un fils décédé. Le grand-père paternel vit également très mal la perte de son petit-fils et s’enfonce de plus en plus dans sa maladie d’Alzheimer…

Tout en douceur, Takashi Murakami livre trois tranches de vie bouleversantes, marquées par le deuil. Il y a tout d’abord Yuki, qui a non seulement perdu son fils, mais qui doit aussi s’occuper d’un mari prisonnier d’un coma. Il y a ensuite ce grand-père qui, face à la mort de son petit-fils, préfère s’enfoncer dans le brouillard de sa maladie, imposant ainsi à sa femme la lourde tâche de s’occuper de lui. Puis il y a ce plongeon dans le temps, qui remonte à l’époque où le grand-père travaillait en tant que jeune ouvrier dans une aciérie, et où un terrible accident avait abandonné un enfant orphelin…

Au fil des chapitres, les différents récits se rejoignent et l’histoire gagne en profondeur et en intensité dramatique. L’auteur invite à réfléchir sur la difficulté de se séparer d’un être cher, que ce soit à cause d’un décès ou à cause d’une maladie dégénérative. Abordant des thèmes difficiles tels que le deuil, la maladie et la vieillesse, l’auteur livre un récit plein d’humanité et porteur d’une lueur d’espoir malgré des sujets pourtant très tristes. Il profite également de l’occasion pour pointer du doigt le système médical nippon, qui ne sait pas quoi faire des patients plongés dans un état végétatif et qui n’offre pas le soutient nécessaire aux proches de personnes atteintes de maladies dégénératives.

Visuellement, le dessin sert parfaitement ce scénario riche en émotions et le lecteur à même droit à plusieurs pages en couleurs.

Un one-shot poignant qui aborde des sujets difficiles.

Taiyou Matsumoto – Sunny (Tome 4)

Posted in BANDES DESSINÉES, Kana, Manga / Manhwa, Séries, Taiyou Matsumoto, [DL 2015], [En cours] with tags , on 14 décembre 2015 by Yvan

L’espoir de quitter un jour l’orphelinat !

Taiyou Matsumoto - Sunny (Tome 4)Pour cette saga prévue en six tomes, Taiyou Matsumoto puise dans ses souvenirs d’enfance, en orphelinat, afin de relater le quotidien d’un centre pour enfants forcés de grandir sans parents. L’auteur d’Amer béton et de Ping Pong emmène le lecteur dans les années 1970 afin d’y faire la connaissance des membres de ce foyer situé en pleine campagne, qui accueille des jeunes qui ne peuvent plus être élevés par leur famille. Si Haruo, Sei, Junsuke, Shôsuke, Kenji, Kiiko, Taro, Megumu et les autres ont des raisons diverses pour expliquer leur présence à l’orphelinat – une mère malade, un père alcoolique, …., – ils partagent cependant tous le sentiment d’avoir été abandonnés. Heureusement, perdue au fond d’un terrain vague, l’épave d’une vieille voiture permet aux jeunes de s’évader de cette réalité pesante. Une fois installés à bord de la vieille « Sunny », ils peuvent laisser libre cours à leur imagination et aller là où leurs rêves décident de les emmener… pourquoi pas à la maison…

Chaque chapitre se concentre sur l’un des gamins, sur leur tristesse et sur ce besoin d’amour que le lecteur voudrait tant combler au fur et à mesure qu’il s’attache à ces rejetons. Délicatement, par petites touches, l’auteur brosse le portrait d’une galerie de personnages marqués par ce délaissement. Un pot de Nivea qui fait penser à l’odeur maternelle, un trèfle à quatre feuilles qui pourrait accélérer le rétablissement d’une mère hospitalisé, des nuages que l’on observe en surveillant la boîte aux lettres de près… tant de petits détails parsemés au fil des chapitres, qui permettent de saisir les sentiments de ces gosses en manque d’affection. Empli de tristesse et de mélancolie, le récit se veut également positif. Ne cherchant pas à uniquement dépeindre la noirceur, Taiyou Matsumoto laisse suffisamment de place à la lumière et à l’espoir. Même dans un orphelinat, la vie réserve de beaux moments et vaut la peine d’être vécue…

Après un troisième volet qui se concentrait un peu plus sur les adultes du foyer Hoshi no ko, celui-ci place de nouveau les jeunes orphelins sur le devant de la scène, en se focalisant sur leur espoir de quitter un jour le centre en retournant chez leurs parents. Après avoir découvert la mère d’Haruo, le lecteur fait maintenant la connaissance de son père, ce qui permet d’encore mieux cerner le personnage d’Haruo, que je trouve personnellement le plus intéressant de la saga. Puis, il y a Asako, qui apprend que ses parents divorcent. Il y a aussi le récit particulièrement touchant de la pauvre Kiiko, qui croît pouvoir quitter définitivement le foyer, offrant même sa poupée préférée à sa copine… mais rien ne semble vraiment stable dans la destinée de ses enfants abandonnées. Mais tout n’est pas toujours sombre puisqu’il y a également le petit Sei, qui a régulièrement rendez-vous avec une fille de sa classe… qui habite dans une vraie famille, dans sa propre maison… ah que Taiyou Matsumoto est doué pour relater les sentiments de ces jeunes orphelins… mêlant habilement mélancolie et joie… souvent éphémère.

Outre le savoir-faire au niveau de la caractérisation des protagonistes, il faut également souligner le style personnel et immédiatement identifiable du dessin du mangaka, qui croque une nouvelle fois ses différents personnages avec grande affection. Ponctué de quelques planches en couleur somptueuses, la mise en images experte de Taiyou Matsumoto (Printemps bleu, Amer béton, Frères du Japon, Ping Pong, Number 5, Gogo Monster) accentue le réalisme de cette chronique douce-amère profondément humaine et touchante de sincérité et d’authenticité.

Une série incontournable !

Eiji Otsuka et Kamui Fujiwara – Unlucky Young Men

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Ki-oon, Manga / Manhwa, [Angoulême 2016], [DL 2015] with tags , on 13 novembre 2015 by Yvan

La révolution nippone de 68 !

Eiji Otsuka et Kamui Fujiwara - Unlucky Young MenEtant assez fan des séries courtes éditées par les éditions Ki-oon (Prophecy, Duds Hunt, Goggles, Green Blood, Manhole) et ayant apprécié le travail d’ Eiji Otsuka sur « M.P.D. Psycho », je n’ai pas longtemps hésité à me procurer cette saga imaginée par Eiji Otsuka et dessinée par Kamui Fujiwara.

« Unlucky Young Men » plonge le lecteur dans le Japon de la fin des années 60 et invite à suivre une jeunesse désabusée, qui a de plus en plus souvent recours à la violence pour marquer son désaccord. Dans le Tokyo de 1968, les révoltes estudiantines et les actes terroristes ont en effet tendance à se multiplier et c’est dans cette société en pleine mutation, qui se remet à peine de la Seconde Guerre Mondiale, que les jeunes rêvent de liberté, de richesse et des États-Unis… comme N., le personnage principal.

C’est dans cette ambiance tendue que les auteurs déroulent des tranches de vie qui s’entremêlent au fil des pages. Eiji Otsuka s’est d’ailleurs inspiré de personnes réelles pour ses personnages principaux. T. n’est autre que Takeshi Kitano, le célèbre cinéaste, N. est le tueur en série Norio Nagayama, Yoko est la révolutionnaire communiste et présidente de l’Armée Rouge Unie Hiroko Nagata, tandis que M. n’est autre que l’écrivain Yukio Mishima. Eiji Otsuka se sert habilement de ses personnages afin de livrer une chronique sociale sur fond historique. En intégrant un vol de 330 millions de yens, commis le 10 décembre 1968, à son intrigue, l’auteur flirte également avec le polar et livre un premier volet surprenant et d’une grande richesse.

Si j’aurais aimé quelques explications supplémentaires (sous forme de bonus) concernant le contexte historique et les personnages dont les auteurs s’inspirent, afin de mieux apprécier la richesse du scénario, j’ai par contre été totalement séduit par le graphisme de Kamui Fujiwara. À l’aide d’un style très réaliste, le mangaka distille une ambiance sombre et pessimiste qui colle à merveille au scénario.

Une belle surprise !

Taiyou Matsumoto – Sunny (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Kana, Manga / Manhwa, Séries, Taiyou Matsumoto, [DL 2015], [En cours] with tags , on 9 novembre 2015 by Yvan

Quel futur pour ces orphelins ?

Taiyou Matsumoto - Sunny (Tome 3)Pour cette saga prévue en six tomes, Taiyou Matsumoto puise dans ses souvenirs d’enfance, en orphelinat, pour relater le quotidien d’un centre pour enfants forcés de grandir sans parents. L’auteur d’Amer béton et de Ping Pong emmène le lecteur dans les années 1970 afin d’y faire la connaissance des membres de ce foyer situé en pleine campagne, qui accueille des jeunes qui ne peuvent plus être élevés par leur famille. Si Haruo, Sei, Junsuke, Shôsuke, Kenji, Kiiko, Taro, Megumu et les autres ont des raisons diverses pour expliquer leur présence à l’orphelinat (une mère malade, un père alcoolique, …), ils partagent cependant tous le sentiment d’avoir été abandonnés. Heureusement, perdue au fond d’un terrain vague, l’épave d’une vieille voiture permet aux jeunes de s’évader de cette réalité pesante. Une fois installés à bord de la vieille « Sunny », ils peuvent laisser libre cours à leur imagination et aller là où leurs rêves décident de les emmener… pourquoi pas à la maison…

Chaque chapitre se concentre sur l’un des gamins, sur leur tristesse et sur ce besoin d’amour que le lecteur voudrait tant combler au fur et à mesure qu’il s’attache à ces rejetons. Délicatement, par petites touches, l’auteur brosse le portrait d’une galerie de personnages marqués par ce délaissement. Un pot de Nivea qui fait penser à l’odeur maternelle, un trèfle à quatre feuilles qui pourrait accélérer le rétablissement d’une mère hospitalisé, un réveil matin qui rappelle des jours meilleurs, une tasse de thé qui… tant de petits détails parsemés au fil des chapitres, qui permettent de saisir les sentiments de ces gosses en manque d’affection. Empli de tristesse et de mélancolie, le récit se veut également positif. Ne cherchant pas à uniquement dépeindre la noirceur, Taiyou Matsumoto laisse suffisamment de place à la lumière et à l’espoir. Même dans un orphelinat, la vie réserve de beaux moments et vaut la peine d’être vécue…

Ce troisième volet qui se concentre un peu plus sur les adultes du foyer Hoshi no ko, s’intéresse également aux perspectives d’avenir des jeunes orphelins. Le lecteur découvre ainsi ce qu’est devenu l’un des anciens « bad boy » du centre. Puis, il y a Haruo qui se lie d’amitié avec une équipe de télévision venue tourner un reportage sur le foyer. S’il s’imagine un futur en tant qu’acteur, il cherche également une famille de substitution au sein de cette équipe de tournage… toujours afin de combler ce manque et ce délaissement. D’ailleurs, lorsqu’il voit un enclos de cochons privés de liberté et sans aucune perspective d’avenir, Haruo ne peut s’empêcher de les libérer. Il y a finalement Megumu qui est invitée dans la demeure de son amie Rie et qui y découvre toute la chaleur d’un véritable foyer… ah que Taiyou Matsumoto est doué pour relater les sentiments de ces jeunes orphelins…

Outre le savoir-faire au niveau de la caractérisation des protagonistes, il faut également souligner le style personnel et immédiatement identifiable du dessin du mangaka, qui croque une nouvelle fois ses différents personnages avec grande affection. Ponctué de quelques planches en couleur somptueuses, la mise en images experte de Taiyou Matsumoto (Printemps bleu, Amer béton, Frères du Japon, Ping Pong, Number 5, Gogo Monster) accentue le réalisme de cette chronique douce-amère profondément humaine et touchante de sincérité et d’authenticité.

Une série incontournable !

Inio Asano – La fille de la plage (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Imho, Manga / Manhwa, [DL 2015] with tags , on 30 octobre 2015 by Yvan

Le sexe comme exutoire !

Inio Asano - La fille de la plage (Tome 2)Voici donc la suite et fin de ce diptyque dérangeant imaginé par l’inimitable Inio Asano, l’auteur de Bonne nuit Punpun, « Un monde formidable », « Le Quartier de la lumière », Solanin, La fin du monde, avant le lever du jour et l’excellent Le champ de l’arc-en-ciel.

Pour rappel, « La fille de la plage » se déroule à Sannaka, une petite ville au bord de mer et invite à suivre les expériences sexuelles en tout genre de deux adolescents paumés. Il y a tout d’abord la fille, Koume Sato, qui, sortant d’une grosse déception amoureuse, se rabat sur Kosuke Isobe, un copain de classe solitaire et mal intégré, qui est amoureux d’elle depuis deux ans. Lui, souffre de la perte de son grand frère et de l’absence répétée de parents absorbés par leur boulot et trouve dans cette relation construite sur l’amertume un moyen de combler ce vide… surtout que dans cette petite ville portuaire trop calme, il est bien difficile de tromper l’ennui.

En fin de tome précédent, les rôles semblaient néanmoins s’être inversés. Au fil des mois, Sato finit en effet par éprouver des sentiments pour Isobe, tandis que ce dernier commence à rechercher un autre exutoire à ses frustrations. Au début de ce deuxième volet, les deux « sexfriends » se sont un peu perdus de vue et retentent de combler le vide de leur quotidien, chacun de leur côté. Mais quoi qu’ils tentent, leurs blessures ne disparaissent pas pour autant et, à défaut de mieux, ils reprennent leur relation sexuelle…

Le sexe proposé par Inio Asano n’est évidemment pas gratuit, mais traduit le mal-être profond de deux adolescents en quête de soi, qui trouvent dans ces expériences charnelles un exutoire à leurs frustrations et à leur mal de vivre. S’ils n’ont aucun mal à repousser les limites de leurs actes sexuels, ils sont cependant incapables d’exprimer leurs sentiments respectifs. Elle n’arrive pas à lui dire ce qu’elle ressent, tandis que lui recherche un autre exutoire à ses frustrations et pense également au suicide… et tout le sexe du monde ne parviendra bien évidemment pas à les rapprocher l’un de l’autre. L’accumulation de non-dits au sein de leur relation fait d’ailleurs craindre le pire au fil des pages…

En mettant à nu les actes sexuels de ses protagonistes, sans aucune forme de romantisme, Inio Asano livre une œuvre dérangeante, presque malsaine et déprimante. L’auteur dépeint à nouveau avec brio le désenchantement, la solitude et le mal-être de ces jeunes nippons et souligne leur incapacité à échapper à l’ennui et à l’absurdité de leur existence, peu importe le nombre de limites et de tabous qu’ils transgressent. Leurs ébats sexuels leur donnent peut-être l’impression d’exister et de vivre, mais ce « bonheur » n’est qu’illusoire et faux et ne modifie aucunement la réalité de leur quotidien. Si le pessimisme est de nouveau au rendez-vous de cette œuvre, l’auteur donne néanmoins l’impression de vouloir terminer sur une note légèrement positive… comme si, malgré les amours gâchées et les douleurs, la vie poursuivait son chemin avec, qui sait, une petite lueur d’espoir tout au bout…

Visuellement, on reconnaît directement le style caractéristique du mangaka. En optant pour un décor portuaire, Inio Asano semble vouloir installer une ambiance calme et mélancolique, presque poétique. En y superposant les paroles crues des deux jeunes, ainsi que des dessins sexuellement explicites, le contraste est encore plus grand. Il est d’ailleurs fort probable que cette œuvre en choquera plus d’un…

Un excellent diptyque que vous pouvez retrouver dans mon Top manga de l’année !