Archive for the Diptyques Category

Pascal Rabaté – La Déconfiture, Première Partie

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Futuropolis, Guerre, Pascal Rabaté, [Accessible], [DL 2016] with tags , on 6 mars 2017 by Yvan

Au cœur de la débâcle !

Pascal Rabaté - La Déconfiture, Première PartieAvec « La Déconfiture », l’auteur des « Les petits ruisseaux » et de l’incontournable « Ibicus » propose une nouvelle œuvre en solo afin de nous conter la débâcle de l’armée française au début de la Deuxième Guerre mondiale.

En accompagnant deux soldats qui tentent de retrouver leur régiment, ce récit qui se déroule en juin 1940, invite à suivre la déroute de la France à hauteur d’hommes. Amédée Videgrain, soldat du 11ème régiment isolé de ses compagnons suite à un raid aérien qui a percé le réservoir de sa moto, et André, à la recherche du 65ème, vont symboliser toute l’impuissance et la résignation d’un pays face à la progression rapide et efficace de l’armée allemande.

C’est en se promenant sur les routes de France que les deux constatent le chaos ambiant. Il y a d’une part ces troupes françaises mal préparées, qui se font balayer par les Allemands en seulement quelques semaines, symbolisés par des soldats qui perdent leur régiment dans la confusion générale. Il y a d’autre part l’exode massif de citoyens sans défense qui, dans la panique générale, trimballent le peu de biens qui leur restent sur des routes périlleuses régulièrement frappées par les raids ennemis.

Le lecteur suit donc l’errance de deux hommes confrontés à l’absurdité de la guerre. Deux êtres humains qui, à défaut de tirer un seul coup de feu, croiseront beaucoup de morts. Malgré la tragédie qui les entoure, ils parviennent à créer de beaux liens d’amitié, insufflant ainsi un brin d’humanité à ce monde plongé dans l’horreur. Pascal Rabaté (Le petit rien tout neuf avec le ventre jaune, La Marie en plastique, Bienvenue à Jobourg) multiplie d’ailleurs les dialogues truffés d’humour, alliant ainsi le tragique au comique. La sobriété de son dessin noir et blanc permet au graphisme de se mettre entièrement au service de l’histoire, concentrant toute l’attention du lecteur sur le destin tragique de ces hommes.

Une très bonne première partie de diptyque, qui donne envie de poursuivre la route en compagnie d’Amédée.

Ils en parlent également : Jérôme

Loulou Dedola et Merwan – Jeu d’ombres, Ni ange ni maudit (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Glénat, [Accessible], [DL 2017] with tags on 20 février 2017 by Yvan

Conclusion un peu trop confuse…

Loulou Dedola et Merwan - Jeu d’ombres, Ni ange ni maudit (Tome 2)« Ni ange ni maudit » propose la suite et fin de ce diptyque signé Loulou Dedola et Merwan (« L’Or et le sang » et « Pour l’Empire »), qui plonge le lecteur dans la réalité des banlieues françaises.

Si le tome précédent se concentrait principalement sur Viviane et Cengiz, le retour dans la banlieue Lyon du grand-frère de ce dernier change totalement la donne. Sayar, ex-caïd de la cité, est en effet parvenu à s’évader de sa geôle turque et a visiblement quelques comptes à régler avec ceux qui ont pris sa place durant son incarcération. Cengiz, qui avait brillamment réussi sa licence de droit et était devenu la vedette locale après avoir joué les médiateurs entre des jeunes qui voulaient mettre le feu au quartier et des flics prêts à réagir au quart de tour, doit dorénavant composer avec la présence de son frère. Entre ses études, une histoire d’amour compliquée, son frère, les enjeux politiques locaux et les tensions qui règnent dans ce quartier où le trafic de drogue constitue l’un des principaux débouchés, le fils d’immigré turc aura de plus en plus de mal à faire les bons choix…

Ce thriller social parvient non seulement à planter un décor particulièrement réaliste, mais propose également de suivre deux personnages engagés, qui semblent vouloir faire bouger les choses dans cette cité gangrenée par la délinquance. À travers le personnage de Cengiz, l’auteur invite à découvrir la communauté turque de France, tout en dressant le portrait réaliste d’un quartier aux tensions politiques, religieuses et sociales. Pourtant, malgré le réalisme du scénario, cette suite ne parvient pas à convaincre et a même tendance à perdre le lecteur, principalement à cause d’une narration un peu trop confuse et difficile à suivre. Visuellement, le trait nerveux et réaliste de Merwan, rehaussé par une colorisation au lavis d’aquarelles de toute beauté, continue de faire mouche, mais même lui a du mal à sauver les meubles, peinant à clarifier le scénario et proposant même des personnages aux traits parfois trop similaires, ce qui n’est pas pour arranger les choses.

Bref, une bonne mise en place, une excellente tentative de restituer la complexe réalité des banlieues françaises, mais une conclusion à la narration trop confuse qui n’a pas réussi à exploiter tout le potentiel de la saga. Dommage.

Zidrou et Alexeï Kispredilov – Rosko, Les Enfants de Marie (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Diptyques, Franco-Belge, Zidrou, [Accessible], [DL 2017] with tags on 15 février 2017 by Yvan

Conclusion de la saga !

Zidrou et Alexeï Kispredilov - Rosko, Les Enfants de Marie (Tome 2)Initialement prévu en trois tomes, ce thriller d’anticipation se conclut finalement avec ce second volet qui se sera d’une part fait désirer, mais qui s’avère d’autre part bien plus épais que le précédent.

Le lecteur retrouve donc Per Svenson, l’ennemi public numéro un, qui a nonante-deux victimes à son actif et qui est toujours en cavale suite à son évasion le jour de son exécution. Les autorités sont convaincues qu’il va tenter de s’en prendre à Épiphanie Kendricks, la seule survivante de ce malade qui compte 92 victimes à son actif. Quant à Rosko Timber, le policier retraité qui pourchassa et arrêta le célèbre tueur en série, six ans auparavant, il tente d’oublier ses démons et ne tient pas vraiment à participer à cette foire médiatique. Mais bon, dans la vie on n’a pas toujours le choix…

Situé dans un futur assez proche, « Rosko » plonge le lecteur au sein d’une société peu reluisante où la sécurité publique est gérée par une entreprise privée qui ne protège que les personnes en ordre de cotisations. Dans ce monde où la chirurgie esthétique et reine et l’audimat souverain, les exécutions sont retransmises en direct, abandonnant même le choix de la manière au vote des téléspectateurs. À travers ce diptyque, Zidrou ne manque donc pas de pointer du doigt les dérives d’une société hyper-libérale, axée sur le divertissement et entraînée par une course au sensationnel sans limites et dépourvue de toute considération éthique.

S’appuyant une nouvelle fois sur des personnages particulièrement denses, Zidrou propose un récit choral où les différentes histoires personnelles finissent par se regrouper avec maestria. Passant d’Épiphanie Kendricks, encore toute petite au moment des faits, qui se souvient progressivement de l’horreur qu’elle a vécue, à un ami d’enfance de Per Svenson, devenue chirurgien esthétique réputé, l’auteur dévoile petit à petit les motivations du tueur. Multipliant les rebondissements et dévoilant progressivement une machination d’envergure, le scénariste déroule une intrigue certes classique, mais maîtrisée en tous points.

Parfaitement rythmé et prenant au possible, ce polar particulièrement sombre est dessiné par Alexeï Kispredilov. Ce dernier propose une mise en images dynamique, très cinématographique, qui accompagne parfaitement cette intrigue imaginée par le tr ès prolifique Zidrou.

Un bon diptyque !

Xavier Dorison et Ralph Meyer – Undertaker, L’ogre de Sutter Camp (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Diptyques, Franco-Belge, [DL 2017], [Grand public] with tags , on 10 février 2017 by Yvan

Un fossoyeur dans de sales draps !

Xavier Dorison et Ralph Meyer – Undertaker, L'ogre de Sutter Camp (Tome 3)Pour le second diptyque de cette saga imaginée par Xavier Dorison et dessinée par Ralph Meyer, on retrouve non seulement notre ami fossoyeur flanqué de son vautour domestiqué, mais également la belle gouvernante Rose Prairie et la domestique asiatique Madame Lin. Les deux accompagnent dorénavant notre croque-mort et apportent une touche féminine particulièrement bienvenue.

Si le fait de devoir se coltiner deux femmes au caractère bien trempé ne suffisait pas à son malheur, Jonas Crow a toujours une bande de marshals aux basques et apprend de surcroît que « l’Ogre de Sutter Camp » est toujours vivant. Cette dernière nouvelle, issue de son passé trouble, semble d’ailleurs le perturber le plus et il décide donc de se lancer à la poursuite de ce docteur aux pratiques monstrueuses, afin de mettre un terme définitif à ses crimes.

Xavier Dorison continue de donner corps à des personnages hauts en couleurs, emmenés par ce héros attachant et cynique, qui dissimule un passé inavouable. Jeronimus Quint, le vilain auquel il est confronté, n’est pas en reste et insuffle beaucoup de barbarie et une tension psychologique certaine à cette nouvelle aventure visiblement plus sombre que la précédente. Malgré un côté plus glauque, ce road-movie parsemé de cadavres demeure néanmoins accompagné d’une petite touche d’humour qui ne manque pas de faire mouche.

Si l’intrigue proposée par Xavier Dorison (Red Skin, Long John Silver, Asgard, W.E.S.T., Le Troisième Testament) est toujours aussi solide, il faut une nouvelle fois saluer l’excellent travail de Ralph Meyer (Lisez Berceuse Assassine !!!) au dessin. Ce dernier a déjà travaillé avec Xavier Dorison sur Asgard et sur le XIII Mystery consacré à la Mangouste et livre à nouveau un dessin précis, expressif et dynamique. Il y a d’une part l’ambiance sombre et poussiéreuse qu’il insuffle à ce western, mais il y a aussi des personnages particulièrement charismatiques, ainsi qu’un découpage cinématographique parfaitement maîtrisé. Notons d’ailleurs la présence d’un superbe cahier graphique, réservé à la première édition de cet album, qui permet de mettre le talent de Ralph Meyer encore un peu plus en valeur.

Vivement la conclusion (intitulée « L’Ombre d’Hippocrate ») de cette première partie de diptyque qui se termine bien évidemment sur un cliff-hanger insupportable !

Un album coup de cœur que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

 

Loulou Dedola et Merwan – Jeu d’ombres, Gazi !

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Glénat, [Accessible], [DL 2016] with tags on 6 février 2017 by Yvan

Au cœur des banlieues françaises !

Loulou Dedola et Merwan - Jeu d’ombres, Gazi !Ce diptyque signé Loulou Dedola et Merwan (« L’Or et le sang » et « Pour l’Empire ») plonge le lecteur dans la réalité des banlieues françaises.

Le récit débute dans la banlieue Lyon en compagnie de Viviane et Cengiz, qui retrouvent respectivement leur cité à la fin de l’année universitaire. Elle, a loupé ses examens et se met à la recherche d’un emploi, de préférence dans la politique. Lui, a brillamment réussi sa licence de droit et devient la vedette locale après avoir joué les médiateurs entre des jeunes qui voulaient mettre le feu au quartier et des flics prêts à réagir au quart de tour. Le fait d’avoir un grand-frère, ex-caïd de la cité, actuellement incarcéré à Istanbul, contribue également à la popularité de ce fils d’immigré turc, dans un quartier où le trafic de drogue constitue l’un des principaux débouchés.

Le premier volet de ce thriller social sert surtout à planter un décor particulièrement réaliste, ainsi que deux personnages engagés, qui semblent vouloir faire bouger les choses dans cette cité gangrenée par la délinquance. À travers Cengiz, l’auteur invite également à découvrir la communauté turque de France. Outre le réalisme du scénario, il faut surtout saluer la mise en images de Merwan. La colorisation au lavis d’aquarelles est de toute beauté et son trait nerveux et réaliste contribue également à dynamiser l’ensemble.

Une très bonne mise en place… en attendant la suite.

Pat Perna et Fabien Bédouel – Forçats, Dans l’enfer du bagne

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Les Arènes, [DL 2016], [Grand public] with tags on 9 janvier 2017 by Yvan

Dans l’enfer du bagne de Cayenne !

Pat Perna et Fabien Bédouel - Forçats, Dans l'enfer du bagneAprès l’excellent « Kersten, le Médecin d’Himmler », le scénariste Pat Perna et le dessinateur Fabien Bedouel se retrouvent pour un nouveau diptyque, qui se déroule dans l’enfer du bagne de Cayenne.

Toujours sur fond historique, les deux auteurs s’attaquent cette fois aux destins croisés d’Eugène Dieudonné, l’anarchiste condamné au bagne à perpétuité pour un crime qu’il n’a pas commis,
et d’Albert Londres, grand reporter venu dénoncer les conditions de détention inhumaines des forçats. Tandis qu’il croupit dans un cachot suite à sa deuxième tentative d’évasion, Eugène Dieudonné reçoit la visite du reporter français Albert Londres.

Du flash-back montrant comment Eugène Dieudonné se retrouve accusé d’être le quatrième complice de la Bande à Bonnot lors du braquage de la Société Générale, aux conditions de détention épouvantables, en passant par les tentatives d’évasion, les deux auteurs livrent à nouveau un récit historique romancé particulièrement réussi. En s’appuyant sur des personnages historiques, ils restituent avec brio la dure réalité de cette prison à ciel ouvert où la durée de vie moyenne n’excède pas cinq ans et où les prisonniers sont prêts à payer pour attraper la lèpre ou la tuberculose, dans l’espoir de s’extraire de l’enfer du bagne en passant quelques jours tranquilles à l’infirmerie.

Le trait anguleux et réaliste de Fabien Bedouel (« L’Or et le Sang ») et l’utilisation de grands à-plats noirs contribuent à retranscrire l’ambiance suffocante et inhospitalière de cet univers carcéral sans pitié.

Vivement la suite !

Ils en parlent également : Jérôme

 

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Dimitri Armand – Bob Morane Renaissance, Le Village qui n’existait pas (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Lombard, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2016], [En cours], [Grand public] with tags on 19 octobre 2016 by Yvan

Suite et fin du premier diptyque !

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Dimitri Armand - Bob Morane Renaissance, Le Village qui n'existait pas (Tome 2)Etant donné le cliff-hanger du premier volet de ce reboot signé Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray au scénario et Dimitri Armand au dessin, le titre de cette suite n’est pas vraiment une surprise. Le premier volet se terminait en effet par un Bob Morane en fuite dans la jungle du nord Nigéria, découvrant par hasard un village n’apparaissant sur aucune carte. L’homme qui règne en maître sur cette cité futuriste n’étant autre que l’énigmatique Mr Ming, la rencontre entre Bob Morane et celui qui orne la couverture de cet album semble donc inévitable.

Si les personnages emblématiques de la saga sont bien évidemment au rendez-vous de cette remise à jour, c’est néanmoins Tania Orloff, la nièce et protégée de Mr. Ming, qui joue un rôle clef dans ce tome. C’est à travers elle que le lecteur va découvrir un Mr. Ming moins caricatural que dans l’œuvre originelle et aux intentions finalement assez louables. Certes, les deux personnages deviendront inévitablement ennemis, mais le nemesis de Bob Morane n’est finalement peut-être pas un si mauvais bougre. Force est d’ailleurs de constater que le célèbre aventurier d’Henri Vernes se retrouve également abusé par ce monde futuriste où même les projets humanitaires cachent de sombres vérités économiques.

Et oui, Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray livrent non seulement des personnages plus travaillés, mais également une réflexion engagée sur le rôle et l’exploitation de l’Afrique dans notre monde actuel. L’aventure ne se limite donc pas à des actes héroïques, mais implique aussi une dimension humaine et une critique acerbe des dirigeants de ce monde qui asservissent les populations et manipulent les gens… dont notre héros. Certains regretteront cette naïveté de leur héros, tout comme le rôle secondaire d’un Bill Ballantine envoyé sur une mission parallèle en compagnie d’une Miss Ylang-Ylang pas beaucoup plus fiable, mais nul doute que les deux se retrouveront par la suite, lors d’un second cycle que j’attends déjà avec grande impatience.

Visuellement, Dimitri Armand participe également à la réussite de cette remise à neuf. En proposant un découpage dynamique et des cadrages très cinématographiques, il contribue à l’apparence plus moderne de ce reboot. De plus, d’un trait réaliste, il livre des personnages qui ont beaucoup de charisme et s’amuse même à mettre les auteurs de la saga en scène en tant que figurants.

Bob Morane n’est plus uniquement un héros d’hier, mais un « Héros de tous les temps » !

Ils en parlent également : Yaneck