Archive for the Diptyques Category

Loulou Dedola et Merwan – Jeu d’ombres, Gazi !

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Glénat, [Accessible], [DL 2016] with tags on 6 février 2017 by Yvan

Au cœur des banlieues françaises !

Loulou Dedola et Merwan - Jeu d’ombres, Gazi !Ce diptyque signé Loulou Dedola et Merwan (« L’Or et le sang » et « Pour l’Empire ») plonge le lecteur dans la réalité des banlieues françaises.

Le récit débute dans la banlieue Lyon en compagnie de Viviane et Cengiz, qui retrouvent respectivement leur cité à la fin de l’année universitaire. Elle, a loupé ses examens et se met à la recherche d’un emploi, de préférence dans la politique. Lui, a brillamment réussi sa licence de droit et devient la vedette locale après avoir joué les médiateurs entre des jeunes qui voulaient mettre le feu au quartier et des flics prêts à réagir au quart de tour. Le fait d’avoir un grand-frère, ex-caïd de la cité, actuellement incarcéré à Istanbul, contribue également à la popularité de ce fils d’immigré turc, dans un quartier où le trafic de drogue constitue l’un des principaux débouchés.

Le premier volet de ce thriller social sert surtout à planter un décor particulièrement réaliste, ainsi que deux personnages engagés, qui semblent vouloir faire bouger les choses dans cette cité gangrenée par la délinquance. À travers Cengiz, l’auteur invite également à découvrir la communauté turque de France. Outre le réalisme du scénario, il faut surtout saluer la mise en images de Merwan. La colorisation au lavis d’aquarelles est de toute beauté et son trait nerveux et réaliste contribue également à dynamiser l’ensemble.

Une très bonne mise en place… en attendant la suite.

Pat Perna et Fabien Bédouel – Forçats, Dans l’enfer du bagne

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Les Arènes, [DL 2016], [Grand public] with tags on 9 janvier 2017 by Yvan

Dans l’enfer du bagne de Cayenne !

Pat Perna et Fabien Bédouel - Forçats, Dans l'enfer du bagneAprès l’excellent « Kersten, le Médecin d’Himmler », le scénariste Pat Perna et le dessinateur Fabien Bedouel se retrouvent pour un nouveau diptyque, qui se déroule dans l’enfer du bagne de Cayenne.

Toujours sur fond historique, les deux auteurs s’attaquent cette fois aux destins croisés d’Eugène Dieudonné, l’anarchiste condamné au bagne à perpétuité pour un crime qu’il n’a pas commis,
et d’Albert Londres, grand reporter venu dénoncer les conditions de détention inhumaines des forçats. Tandis qu’il croupit dans un cachot suite à sa deuxième tentative d’évasion, Eugène Dieudonné reçoit la visite du reporter français Albert Londres.

Du flash-back montrant comment Eugène Dieudonné se retrouve accusé d’être le quatrième complice de la Bande à Bonnot lors du braquage de la Société Générale, aux conditions de détention épouvantables, en passant par les tentatives d’évasion, les deux auteurs livrent à nouveau un récit historique romancé particulièrement réussi. En s’appuyant sur des personnages historiques, ils restituent avec brio la dure réalité de cette prison à ciel ouvert où la durée de vie moyenne n’excède pas cinq ans et où les prisonniers sont prêts à payer pour attraper la lèpre ou la tuberculose, dans l’espoir de s’extraire de l’enfer du bagne en passant quelques jours tranquilles à l’infirmerie.

Le trait anguleux et réaliste de Fabien Bedouel (« L’Or et le Sang ») et l’utilisation de grands à-plats noirs contribuent à retranscrire l’ambiance suffocante et inhospitalière de cet univers carcéral sans pitié.

Vivement la suite !

Ils en parlent également : Jérôme

 

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Dimitri Armand – Bob Morane Renaissance, Le Village qui n’existait pas (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Lombard, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2016], [En cours], [Grand public] with tags on 19 octobre 2016 by Yvan

Suite et fin du premier diptyque !

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Dimitri Armand - Bob Morane Renaissance, Le Village qui n'existait pas (Tome 2)Etant donné le cliff-hanger du premier volet de ce reboot signé Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray au scénario et Dimitri Armand au dessin, le titre de cette suite n’est pas vraiment une surprise. Le premier volet se terminait en effet par un Bob Morane en fuite dans la jungle du nord Nigéria, découvrant par hasard un village n’apparaissant sur aucune carte. L’homme qui règne en maître sur cette cité futuriste n’étant autre que l’énigmatique Mr Ming, la rencontre entre Bob Morane et celui qui orne la couverture de cet album semble donc inévitable.

Si les personnages emblématiques de la saga sont bien évidemment au rendez-vous de cette remise à jour, c’est néanmoins Tania Orloff, la nièce et protégée de Mr. Ming, qui joue un rôle clef dans ce tome. C’est à travers elle que le lecteur va découvrir un Mr. Ming moins caricatural que dans l’œuvre originelle et aux intentions finalement assez louables. Certes, les deux personnages deviendront inévitablement ennemis, mais le nemesis de Bob Morane n’est finalement peut-être pas un si mauvais bougre. Force est d’ailleurs de constater que le célèbre aventurier d’Henri Vernes se retrouve également abusé par ce monde futuriste où même les projets humanitaires cachent de sombres vérités économiques.

Et oui, Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray livrent non seulement des personnages plus travaillés, mais également une réflexion engagée sur le rôle et l’exploitation de l’Afrique dans notre monde actuel. L’aventure ne se limite donc pas à des actes héroïques, mais implique aussi une dimension humaine et une critique acerbe des dirigeants de ce monde qui asservissent les populations et manipulent les gens… dont notre héros. Certains regretteront cette naïveté de leur héros, tout comme le rôle secondaire d’un Bill Ballantine envoyé sur une mission parallèle en compagnie d’une Miss Ylang-Ylang pas beaucoup plus fiable, mais nul doute que les deux se retrouveront par la suite, lors d’un second cycle que j’attends déjà avec grande impatience.

Visuellement, Dimitri Armand participe également à la réussite de cette remise à neuf. En proposant un découpage dynamique et des cadrages très cinématographiques, il contribue à l’apparence plus moderne de ce reboot. De plus, d’un trait réaliste, il livre des personnages qui ont beaucoup de charisme et s’amuse même à mettre les auteurs de la saga en scène en tant que figurants.

Bob Morane n’est plus uniquement un héros d’hier, mais un « Héros de tous les temps » !

Ils en parlent également : Yaneck

Stephen Desberg, Enrico Marini et Hugues Labiano – L’Étoile du désert (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Diptyques, Franco-Belge, [DL 2016], [Grand public] with tags on 17 octobre 2016 by Yvan

Nouveau diptyque d’un western mythique!

Stephen Desberg, Enrico Marini et Hugues Labiano - L’Étoile du désert (Tome 3)Si vous me demandez de citer quelques westerns incontournables au sein du neuvième art, je commencerai inévitablement par mentionner des séries telles que « Blueberry » ou « Bouncer », mais le diptyque de « L’Étoile du désert », paru en 1996, figurera également dans la liste. La surprise est donc grande de voir que, vingt ans après, les auteurs reviennent pour nous offrir la suite de cette saga culte.

Il faut néanmoins préciser qu’il ne s’agit en fait pas d’une suite, mais d’une préquelle, dont l’action se déroule plusieurs années avant le premier diptyque, et que le dessinateur n’est plus Enrico Marini, mais Hugues Labiano. Le scénario est cependant toujours de Stephen Desberg, tandis qu’Enrico Marini se charge dorénavant de la direction artistique.

Le récit débute à l’époque où les colons marchent vers l’Ouest, repoussant progressivement les pauvres indiens de leurs territoires. À l’aide d’une voix-off qui nous accompagne tout au long du récit, Stephen Desberg installe les personnages principaux, dont il s’amuse à croiser les destins au fil des pages. Si le lecteur découvre l’histoire de Garth le cow-boy et de cette petite fille de pionniers qu’il a jadis épargnée, il nous conte aussi celle d’un jeune indien nommé Souffle du Matin et de celle dont il est éperdument amoureux : la fameuse Étoile du Désert !

Visuellement, remplacer Enrico Marini n’est évidemment pas une mince affaire. Hugues Labiano au dessin et Jérôme Maffre à la colorisation s’en sortent néanmoins haut la main. Le style plus détaillé au niveau des décors et parfois un peu dérangeant lors des gros plans sur les visages d’Hugues Labiano tranche certes très fort avec celui de Marini, mais le résultat est tout de même très bon.

Vivement la suite de ce nouveau diptyque !

Jim et Mig – Un petit livre oublié sur un banc (Tome 2)

Posted in Bamboo, BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, [Accessible], [DL 2015] with tags on 24 août 2016 by Yvan

Lecture partagée !

Jim et Mig - Un petit livre oublié sur un banc (Tome 2)Voici donc la conclusion de ce diptyque publié dans la collection Grand Angle des éditions Bamboo. Cette histoire signée Jim (« Une petite tentation », « Une nuit à Rome ») débutait par un livre abandonné sur un banc, destiné à devenir la propriété temporaire de celui ou celle qui le trouvera. En effet, une note à l’intérieur invitait à redéposer l’ouvrage dans un endroit public après lecture afin qu’il puisse faire le tour du monde en circulant de mains en mains.

La lectrice que Jim invite à suivre se nomme Camélia. Découvrant une sorte de message codé à l’intérieur du bouquin, celle-ci s’était lancée dans une enquête quasi obsessionnelle visant à découvrir l’auteur inconnu de cet étrange ouvrage intitulé « A l’ombre des grands saules pleureurs ». Les évènements s’accélèrent lors de cette suite, où Camélia doit cependant faire face à quelques contrecoups. Il y a tout d’abord le fait que plusieurs exemplaires du livre existent et qu’elle n’est donc probablement pas la seule à recevoir des messages de l’auteur. Il y a également son couple qui bat de l’aile, la poussant encore un peu plus dans la direction de cette folle aventure qui pourrait éventuellement déboucher sur une nouvelle relation, plus complice.

Jim n’a plus à démontrer sa capacité à raconter des histoires teintées de romantisme et il remet ici le couvert en y mêlant sa passion pour les livres. Cette intrigue qui fait honneur aux ouvrages non-numériques multiplie les rebondissements certes parfois un peu faciles et ne laissera sans doute pas un souvenir indélébile, mais la lecture est particulièrement agréable et l’envie de découvrir le dénouement de l’enquête suffisamment grand pour tourner les pages à grande vitesse. Le lecteur n’a en plus aucun mal à s’attacher à cette jeune femme en quête d’aventure, loin de ce compagnon qui passe son temps à regarder des séries TV et à jouer sur son IPhone.

Les planches très aérées de Mig contribuent également à une lecture assez rapide. Si le style semi-réaliste du dessinateur rempli parfaitement son devoir, la colorisation experte de Delphine permet de retrouver l’ambiance typique des récits de Jim.

Un lecture agréable !

Neil Gaiman et Philip Craig Russell – L’étrange vie de Nobody Owens (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, Diptyques, Neil Gaiman, [DL 2016], [Sans super-héros] with tags , on 12 août 2016 by Yvan

Version morbide du Livre de la Jungle !

Neil Gaiman et Philip Craig Russell - L'étrange vie de Nobody Owens (Tome 2)Tandis qu’une famille entière est assassinée par un tueur implacable, surnommé le « Jack », le plus jeune des deux enfants parvient à sortir de son lit à barreau et à trouver refuge dans un cimetière avoisinant. Même s’il fait encore partie du monde des vivants, les fantômes qui hantent le lieu acceptent finalement de le recueillir. Dame Owens et son mari seront dorénavant ses nouveaux parents et Silas, le charismatique vampire, son tuteur. Ayant pour unique consigne de ne jamais quitter l’enceinte, le jeune Nobody Owens grandit d’abord au milieu des morts, multipliant les aventures. Désormais adolescent, il souhaite néanmoins partir à la découverte du monde extérieur et cela, malgré la menace du Jack, qui n’a pas l’intention de lâcher sa mission…

Cet album des éditions Delcourt est la suite et fin de l’adaptation en deux tomes du roman éponyme (The Graveyard) écrit par Neil Gaiman en 2008. Dès les premières pages, le lecteur y retrouve immédiatement l’atmosphère particulière qui caractérise les récits de l’auteur britannique. Baignant dans le fantastique, ce conte gothique à l’ambiance onirique et poétique invite à suivre les pas d’un jeune orphelin contraint de grandir au milieu d’étranges personnages. En situant l’éducation du jeune garçon dans un lieu particulièrement saugrenu, l’auteur livre sa propre version du Livre de la Jungle de Rudyard Kipling, offrant au passage un décalage intéressant entre l’innocence du héros et la morbidité de son environnement. Chacun des cinq chapitres du tome précédent narrait un passage marquant de la vie de ce personnage qui grandissait au fil des épisodes. Si la vie de Nobody Owens, alias Bod, n’était pas de tout repos dans ce lieu où il est pourtant censé être éternel, il n’est dorénavant plus un petit garçon et sa soif de partir à la rencontre des vivants devient finalement plus forte que tout. D’une première tentative d’intégration en se faisant scolariser dans une école de la ville jusqu’à son départ définitif, en passant par la vérité sur son passé et sur les motivations du Jack, ce deuxième volet conclut avec brio l’étrange vie de Nobody parmi les morts… reste maintenant à affronter tous les dangers de notre réalité…

Si le jeune Nobody Owens est immédiatement attachant, les personnages secondaires ne sont pas en reste. De l’énigmatique Silas à l’ensorcelante Liza Hempstock, le jeune héros multiplie les rencontres insolites et fait plus ample connaissance avec les nombreux habitants du cimetière, alimentant ainsi constamment l’atmosphère fantastique absolument fascinante imaginée par Neil Gaiman. Malgré le retour inévitable du Jack, ce sont surtout les retrouvailles émouvantes avec la jeune demoiselle Scarlett qui marqueront les esprits lors de cette conclusion.

Visuellement, plusieurs illustrateurs (Jill Thompson, Kevin Nowlan, Scott Hampton, Tony Harris et David Lafuente) se succèdent au fil des chapitres de ce diptyque sans que cela nuise trop à l’unité de l’ensemble, le tout sous la houlette de Philip Craig Russell. Ce dernier, qui a déjà travaillé avec Neil Gaiman sur le cultissime « Sandman », assure lui-même le dessin de deux épisodes (le deuxième du tome 1 et le dernier de celui-ci) et se charge de la transposition de cette œuvre de Gaiman en bande dessinée, le tout rehaussé par la colorisation experte de Lovern Kindzierski.

Un diptyque qui ravira les fans de Neil Gaiman et les amateurs de récits oniriques à la frontière du réel.

 

Xavier Dorison et Eric Hérenguel – Ulysse 1781, Le cyclope (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Diptyques, Franco-Belge, [DL 2016], [Grand public] with tags on 8 août 2016 by Yvan

Ulysse n’est pas encore à la maison !

Xavier Dorison et Eric Hérenguel - Ulysse 1781, Le cyclope (Tome 2)Voici donc la conclusion du premier diptyque de cette saga librement inspirée de la fameuse Odyssée d’Homère. Comme (subtilement) indiqué par le titre de la série, Xavier Dorison et Eric Hérenguel y transposent la célèbre épopée homérique sur le continent nord-américain à la fin de la guerre d’indépendance américaine.

Outre un personnage central haut en couleurs qui n’hésite pas à jouer les héros, Xavier Dorison (Red Skin, Long John Silver, Asgard, W.E.S.T., Le Troisième Testament) utilisait le tome précédent pour nous présenter son fils Mack (au lieu de Télémaque) et sa femme Penn (pour Pénélope), qu’Ulysse désire rejoindre au plus vite afin de la délivrer des mains d’un bataillon d’anglais. Afin de gagner du temps, Ulysse McHendricks n’hésite donc pas à prendre un raccourci à travers le territoire Washita… et hop, le tour est joué pour Dorison : une petite dose de shamanisme et vous obtenez un wendigo indien de trois mètres avec un œil blanc tatoué sur le torse, qui fait office de cyclope dans cette version western-fantastique de L’Odyssée d’Homère.

Après avoir planté l’ambiance et fait les présentations lors du tome précédent, les auteurs utilisent certes cette conclusion pour nous en apprendre un peu plus sur l’origine de ce « One-eye » et sur le sort réservé à cette pauvre Penn qui doit commencer à trouver le temps un peu long, mais ils nous réservent surtout une bonne dose d’action. La majeure partie de cette suite est en effet dédiée à l’affrontement entre Ulysse et le cyclope… quitte à en faire même parfois un peu trop au niveau de l’héroïsme.

Si le rythme de ce tome à l’ambiance envoûtante est particulièrement endiablé, le dessin expert d’Eric Herenguel n’y est certainement pas étranger. Alliant sens du détail, dynamisme et grande lisibilité, il en met de nouveau plein la vue. Déjà exceptionnel sur « Lune d’argent sur Providence« , l’artiste démontre une nouvelle fois tout son savoir-faire et installe son dessin au diapason de ce premier diptyque.

À l’instar de la femme d’Ulysse, le lecteur doit maintenant prendre son mal en patience afin de voir ce voyage aboutir… et tout porte à croire qu’il y aura encore quelques obstacles à franchir…