Archive for the One-shots Category

Benjamin Flao et Fred Bernard – Essence

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, K.BD, One-shots, [Accessible], [DL 2018] with tags on 30 mars 2018 by Yvan

Un road-trip sinueux aux décors splendides !

Benjamin Flao et Fred Bernard - EssenceCe one-shot onirique imaginé par Fred Bernard (Jeanne Picquigny) et dessiné par Benjamin Flao (Va’a, Kililana Song) invite à suivre les pas d’Achille Antioche, coincé dans un décor post-apocalyptique aussi désert qu’étrange, où l’on peut changer de décor ou de véhicule par la pensée. Grâce à l’aide d’un ange gardien débutant, il va progressivement comprendre ce qu’il fait là…

Ce road-movie qui slalome dans les méandres des souvenirs d’un personnage principal pas forcément attachant, dans l’espoir de lui faire retrouver la mémoire, a parfois tendance à tourner en rond. À l’image du personnage principal, le lecteur se retrouve un peu perdu au sein d’un récit un brin trop déjanté, mais qui multiplie néanmoins les références amusantes aux classiques de la bande dessinée franco-belge. L’amateur de BD que je suis s’est donc d’une part délecté de ces nombreux clins d’œil, tout en cherchant fréquemment la sortie de ce road-trip à la destination un peu trouble…

Par contre, visuellement, dès la couverture, Benjamin Flao parvient à installer une ambiance étrangement envoûtante. Profitant des changements incessants de décors et de véhicules imposés pas les pensées d’Achille Antioche, le dessinateur s’en donne à cœur joie, tout en livrant des planches de toute beauté.

Visitez le blog de Benjamin Flao !

 

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Marcello Quintanilha – Talc de verre

Posted in BANDES DESSINÉES, Ca et Là, Franco-Belge, One-shots, [Avancé], [DL 2016] with tags , on 14 mars 2018 by Yvan

Une dépression autodestructrice !

Marcello Quintanilha - Talc de verreAprès « Tungstène » – Fauve d’Or du polar au festival d’Angoulême 2016 – Marcello Quintanilha propose un nouveau one-shot qui se déroule au Brésil mais, cette-fois, parmi les classes supérieures de ce pays aux inégalités si criantes.

Ce thriller psychologique invite à suivre les pensées de Rosângela, une femme qui a tout pour être heureuse : un compte en banque bien rempli, une belle voiture, une famille de rêve, une enfance souriante et un cabinet de dentiste (offert par son père) dans un quartier chic de la ville. Tout l’opposé de sa cousine : pauvre, sans emploi, divorcée, un père alcoolique, un quartier sordide… mais une joie de vivre et un sourire à toute épreuve. C’est d’ailleurs ce sourire radieux qui va finir par obnubiler Rosângela, au point de remettre en cause son propre bonheur et sombrer dans une dépression qui s’intensifie chaque fois qu’elle pense à sa cousine.

Malgré une vie de rêve, cette femme qui a tout pour être comblée, tombe progressivement dans une spirale autodestructrice. Le lecteur suit donc la lente descente aux enfers de cette héroïne qui perd progressivement pied. Le portrait dressé par Marcello Quintanilha se situe à la limite de l’étude psychiatrique et la narration en voix-off permet de suivre le cheminement mental de cette femme au plus près. Le procédé narratif peut surprendre au début, mais le fait d’entrer dans le cerveau de Rosângela afin d’y capter ses émotions à haute voix s’avère toutefois d’une efficacité rare. Cette petite voix qui la fait douter de tout prend progressivement le dessus et la fait chavirer dans une folie particulièrement destructrice. Son dessin noir et blanc, d’un trait fin et réaliste, accompagne d’ailleurs avec brio ce ballet de sentiments.

Très bon !

Ed Brubaker et Sean Phillips – Fondu au Noir

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, Ed Brubaker, One-shots, [DL 2017], [Sans super-héros] with tags , on 21 février 2018 by Yvan

The show must go on!

Ed Brubaker et Sean Phillips - Fondu au NoirCe pavé de 400 pages reprend les douze épisodes de « The Fade Out », la dernière saga en date des auteurs de « Criminal », « Fatale » et « Incognito » : le scénariste Ed Brubaker et le dessinateur Sean Phillips.

Le récit se déroule en 1948 à Hollywood, au lendemain de la seconde guerre mondiale et en pleine période du Mac Carthysme. L’histoire débute dans un des bungalows de Studio City, où Charlie Parish, scénariste en manque d’inspiration, se réveille dans la baignoire avec une sacrée gueule de bois. A quelques mètres de lui, gît le corps sans vie de Valeria Sommers, la star du film dont il écrit le scénario. Lorsqu’il découvre que le crime a visiblement été camouflé en suicide, il cherche à découvrir toute la vérité sur ce drame…

Ed Brubaker était déjà une référence au niveau du polar noir, mais en nous plongeant dans les coulisses d’Hollywood en compagnie d’un héros qui s’attaque à ce monstre du cinéma tout en affrontant ses propres démons, il démontre une nouvelle fois tout son talent. Usant d’une narration en voix-off dont il a le secret, il nous plonge au cœur de ce monde beaucoup moins glamour que prévu, au plus près d’un personnage principal délicieusement tourmenté.

Au-delà de l’enquête policière, Ed Brubaker lève donc le voile sur univers sombre, gangrené par l’alcool, le sexe, la corruption et les jeux de pouvoir, où les femmes ne disposent pas encore du hashtag « metoo » et où de nombreux auteurs sont victimes de la chasse aux sorcières communistes. Le tout étant rehaussé par le dessin expert d’un Sean Phillips au sommet de son art et par la colorisation experte d’Elisabeth Breitweiser, je ne peux que vous conseillez vivement ce roman graphique que vous retrouverez d’ailleurs au sommet mon Top comics de l’année !

Ils en parlent également : Mo’, Jérôme

 

Pascal Rabaté et Alain Kokor – Alexandrin ou L’art de faire des vers à pied

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, Pascal Rabaté, [Accessible], [DL 2017] with tags on 29 janvier 2018 by Yvan

L’Art de la rime !

Pascal Rabaté et Alain Kokor - Alexandrin ou L’art de faire des vers à piedCe one-shot signé Pascal Rabaté (« Ibicus« , « Les petits ruisseaux« , « Le petit rien tout neuf avec le ventre jaune« , « La Marie en plastique« , « Bienvenue à Jobourg« , « La déconfiture« ) et Alain Kokor invite à suivre les pas d’Alexandrin de Vannevile, un poète des campagnes et des villes qui survit en vendant sa poésie. Le jour où il croise la route d’un jeune fugueur fouillant les poubelles à la recherche de nourriture, sa vie se retrouve métamorphosée…

« Alexandrin ou L’art de faire des vers à pied » est l’histoire d’une belle rencontre entre un jongleur de mots, amoureux de la rime, et un gamin en quête de liberté. Au fil des pages, une belle complicité s’installe entre ces deux âmes perdues qui vivent en marge de la société. Ce compte contemporain débordant de poésie est également un exercice de style, où la totalité des dialogues épouse la rime. Si j’ai toujours accordé plus d’importance au contenu d’une bande dessinée qu’à son graphisme ou à n’importe quel exercice de style, je ne peux qu’applaudir le résultat quand c’est bien fait comme ici.

De plus, visuellement, le dessin légèrement désuet de Kokor et la colorisation aux tons pastel sont en parfaite harmonie avec les textes de Rabaté, baignant l’ensemble dans une ambiance onirique tout à fait délicieuse.

Ils en parlent également : Mo’

Cédric Mayen et Lucy Mazel – Edelweiss

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, Vents d'Ouest, [DL 2017], [Grand public] with tags on 24 janvier 2018 by Yvan

Une histoire d’amour qui atteint des sommets !

Cédric Mayen et Lucy Mazel - EdelweissCe roman graphique débute par la rencontre entre Edmond, ouvrier à l’usine Renault, et Olympe, jeune femme férue d’alpinisme, issue d’une famille aisée, lors d’un soir d’été en 1947. Si lui rêve de conquérir le cœur de sa dulcinée et d’ascension sociale, elle rêve de conquérir le sommet du Mont Blanc, tout comme son aïeule Henriette d’Angeville. Ensemble, ils connaîtront l’amour et les aléas de la vie…

Cédric Mayen livre une histoire d’amour parsemée d’embûches, mais en évitant de tomber dans les pièges du genre, tout en abordant plusieurs thèmes intéressants en toile de fond, allant de la lutte pour l’émancipation des femmes à la différence des classes, en passant par les dangers de la montagne. De plus, au fil des années, il parvient à donner plus d’épaisseur à ses deux personnages principaux. Du coup, le lecteur s’attache progressivement à ce couple, partage ses peines et ses moments de bonheur.

Visuellement, ce one-shot fait mouche dès la couverture. Le dessin de Lucy Mazel, déjà fort séduisant lors de l’album « Communardes ! – Les éléphants rouges », gagne encore en maturité, tout en parvenant à allier élégance, poésie, lisibilité et expressivité.

Bref, un très beau récit, que ce soit au niveau du scénario ou du graphisme, que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année.

Ils en parlent également: Moka, Noukette, Mes échappées livresques

Timothé le Boucher – Ces jours qui disparaissent

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, One-shots, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 17 janvier 2018 by Yvan

À deux dans un même corps ?

Timothé Le Boucher - Ces jours qui disparaissentCe one-shot signé Timothé le Boucher invite à suivre les déboires de Lubin Maréchal, un acrobate d’une vingtaine d’années qui, suite à une vilaine chute sur la tête, s’aperçoit tout d’abord qu’il ne vit plus qu’un jour sur deux. Puis, il se rend compte qu’il ne dort pas durant ces jours qui disparaissent, mais qu’un double schizophrénique au caractère diamétralement opposé utilise son corps, construisant progressivement une vie parallèle qui n’a pas forcément tout pour lui plaire…

Ce récit fantastique, basé sur la schizophrénie et sur le dédoublement de la personnalité, permet à l’auteur de développer un thriller psychologique non seulement particulièrement prenant, mais également très intelligent. Sur près de 200 pages, Timothé le Boucher prend le temps de détailler l’impact de ce dédoublement sur la vie professionnelle, sociale et affective de son personnage, tout en installant petit-à-petit une relation conflictuelle entre les deux personnalités. De plus, cette histoire propose une réflexion intéressante sur l’immuabilité du temps qui passe et sur l’identité, mais également sur l’amour, la mort et l’amitié. De quoi questionner notre propre existence…

Visuellement, le graphisme assez épuré et aux allures de manga de Timothé le Boucher peut initialement déconcerter, mais s’avère finalement d’une efficacité et d’une lisibilité redoutable.

Un excellent one-shot que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Mo’

Jérémie Moreau – La Saga de Grimr

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 10 janvier 2018 by Yvan

La beauté hostile de l’Islande !

Jérémie Moreau - La Saga de GrimrAprès les incontournables « Max Winson » et «Le singe de Hartlepool », Jérémie Moreau propose un one-shot qui invite à suivre le destin tragique d’un orphelin à la force herculéenne dans l’Islande du XVIIIème siècle.

En 1783, il ne fait pas bon d’être islandais, surtout quand on n’a plus de nom, ni de terres. Sous le joug du Danemark depuis le XIVème siècle, l’île doit également faire face à des catastrophes naturelles, à des épidémies et à la cruauté des hommes. Dans ce pays où la valeur d’un homme est déterminée par sa lignée, Grimr, orphelin ayant perdu ses parents lors d’une éruption volcanique, ne peut compter que sur sa force colossale et sur sa détermination à bâtir sa propre légende… comme les héros des nombreuses sagas qui se transmettent de génération en génération et qui constituent l’histoire de son pays.

À travers ce récit initiatique, qui invite à suivre la destinée extraordinaire de ce garçon étrange, Jérémie Moreau nous fait découvrir toute la rudesse et la beauté de l’Islande. Tout au long des 230 pages de cette épopée découpée en six chapitres, l’auteur restitue avec grand brio les paysages sulfureux et les habitants rugueux qui font tout le charme de ses terres hostiles.

Excellent !

Ils en parlent également: Moka, Noukette