Archive for the One-shots Category

Ed Brubaker et Sean Phillips – Fondu au Noir

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, Ed Brubaker, One-shots, [DL 2017], [Sans super-héros] with tags , on 21 février 2018 by Yvan

The show must go on!

Ed Brubaker et Sean Phillips - Fondu au NoirCe pavé de 400 pages reprend les douze épisodes de « The Fade Out », la dernière saga en date des auteurs de « Criminal », « Fatale » et « Incognito » : le scénariste Ed Brubaker et le dessinateur Sean Phillips.

Le récit se déroule en 1948 à Hollywood, au lendemain de la seconde guerre mondiale et en pleine période du Mac Carthysme. L’histoire débute dans un des bungalows de Studio City, où Charlie Parish, scénariste en manque d’inspiration, se réveille dans la baignoire avec une sacrée gueule de bois. A quelques mètres de lui, gît le corps sans vie de Valeria Sommers, la star du film dont il écrit le scénario. Lorsqu’il découvre que le crime a visiblement été camouflé en suicide, il cherche à découvrir toute la vérité sur ce drame…

Ed Brubaker était déjà une référence au niveau du polar noir, mais en nous plongeant dans les coulisses d’Hollywood en compagnie d’un héros qui s’attaque à ce monstre du cinéma tout en affrontant ses propres démons, il démontre une nouvelle fois tout son talent. Usant d’une narration en voix-off dont il a le secret, il nous plonge au cœur de ce monde beaucoup moins glamour que prévu, au plus près d’un personnage principal délicieusement tourmenté.

Au-delà de l’enquête policière, Ed Brubaker lève donc le voile sur univers sombre, gangrené par l’alcool, le sexe, la corruption et les jeux de pouvoir, où les femmes ne disposent pas encore du hashtag « metoo » et où de nombreux auteurs sont victimes de la chasse aux sorcières communistes. Le tout étant rehaussé par le dessin expert d’un Sean Phillips au sommet de son art et par la colorisation experte d’Elisabeth Breitweiser, je ne peux que vous conseillez vivement ce roman graphique que vous retrouverez d’ailleurs au sommet mon Top comics de l’année !

Ils en parlent également : Mo’, Jérôme

 

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Pascal Rabaté et Alain Kokor – Alexandrin ou L’art de faire des vers à pied

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, Pascal Rabaté, [Accessible], [DL 2017] with tags on 29 janvier 2018 by Yvan

L’Art de la rime !

Pascal Rabaté et Alain Kokor - Alexandrin ou L’art de faire des vers à piedCe one-shot signé Pascal Rabaté (« Ibicus« , « Les petits ruisseaux« , « Le petit rien tout neuf avec le ventre jaune« , « La Marie en plastique« , « Bienvenue à Jobourg« , « La déconfiture« ) et Alain Kokor invite à suivre les pas d’Alexandrin de Vannevile, un poète des campagnes et des villes qui survit en vendant sa poésie. Le jour où il croise la route d’un jeune fugueur fouillant les poubelles à la recherche de nourriture, sa vie se retrouve métamorphosée…

« Alexandrin ou L’art de faire des vers à pied » est l’histoire d’une belle rencontre entre un jongleur de mots, amoureux de la rime, et un gamin en quête de liberté. Au fil des pages, une belle complicité s’installe entre ces deux âmes perdues qui vivent en marge de la société. Ce compte contemporain débordant de poésie est également un exercice de style, où la totalité des dialogues épouse la rime. Si j’ai toujours accordé plus d’importance au contenu d’une bande dessinée qu’à son graphisme ou à n’importe quel exercice de style, je ne peux qu’applaudir le résultat quand c’est bien fait comme ici.

De plus, visuellement, le dessin légèrement désuet de Kokor et la colorisation aux tons pastel sont en parfaite harmonie avec les textes de Rabaté, baignant l’ensemble dans une ambiance onirique tout à fait délicieuse.

Ils en parlent également : Mo’

Cédric Mayen et Lucy Mazel – Edelweiss

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, Vents d'Ouest, [DL 2017], [Grand public] with tags on 24 janvier 2018 by Yvan

Une histoire d’amour qui atteint des sommets !

Cédric Mayen et Lucy Mazel - EdelweissCe roman graphique débute par la rencontre entre Edmond, ouvrier à l’usine Renault, et Olympe, jeune femme férue d’alpinisme, issue d’une famille aisée, lors d’un soir d’été en 1947. Si lui rêve de conquérir le cœur de sa dulcinée et d’ascension sociale, elle rêve de conquérir le sommet du Mont Blanc, tout comme son aïeule Henriette d’Angeville. Ensemble, ils connaîtront l’amour et les aléas de la vie…

Cédric Mayen livre une histoire d’amour parsemée d’embûches, mais en évitant de tomber dans les pièges du genre, tout en abordant plusieurs thèmes intéressants en toile de fond, allant de la lutte pour l’émancipation des femmes à la différence des classes, en passant par les dangers de la montagne. De plus, au fil des années, il parvient à donner plus d’épaisseur à ses deux personnages principaux. Du coup, le lecteur s’attache progressivement à ce couple, partage ses peines et ses moments de bonheur.

Visuellement, ce one-shot fait mouche dès la couverture. Le dessin de Lucy Mazel, déjà fort séduisant lors de l’album « Communardes ! – Les éléphants rouges », gagne encore en maturité, tout en parvenant à allier élégance, poésie, lisibilité et expressivité.

Bref, un très beau récit, que ce soit au niveau du scénario ou du graphisme, que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année.

Ils en parlent également: Moka, Noukette, Mes échappées livresques

Timothé le Boucher – Ces jours qui disparaissent

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, One-shots, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 17 janvier 2018 by Yvan

À deux dans un même corps ?

Timothé Le Boucher - Ces jours qui disparaissentCe one-shot signé Timothé le Boucher invite à suivre les déboires de Lubin Maréchal, un acrobate d’une vingtaine d’années qui, suite à une vilaine chute sur la tête, s’aperçoit tout d’abord qu’il ne vit plus qu’un jour sur deux. Puis, il se rend compte qu’il ne dort pas durant ces jours qui disparaissent, mais qu’un double schizophrénique au caractère diamétralement opposé utilise son corps, construisant progressivement une vie parallèle qui n’a pas forcément tout pour lui plaire…

Ce récit fantastique, basé sur la schizophrénie et sur le dédoublement de la personnalité, permet à l’auteur de développer un thriller psychologique non seulement particulièrement prenant, mais également très intelligent. Sur près de 200 pages, Timothé le Boucher prend le temps de détailler l’impact de ce dédoublement sur la vie professionnelle, sociale et affective de son personnage, tout en installant petit-à-petit une relation conflictuelle entre les deux personnalités. De plus, cette histoire propose une réflexion intéressante sur l’immuabilité du temps qui passe et sur l’identité, mais également sur l’amour, la mort et l’amitié. De quoi questionner notre propre existence…

Visuellement, le graphisme assez épuré et aux allures de manga de Timothé le Boucher peut initialement déconcerter, mais s’avère finalement d’une efficacité et d’une lisibilité redoutable.

Un excellent one-shot que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Mo’

Jérémie Moreau – La Saga de Grimr

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 10 janvier 2018 by Yvan

La beauté hostile de l’Islande !

Jérémie Moreau - La Saga de GrimrAprès les incontournables « Max Winson » et «Le singe de Hartlepool », Jérémie Moreau propose un one-shot qui invite à suivre le destin tragique d’un orphelin à la force herculéenne dans l’Islande du XVIIIème siècle.

En 1783, il ne fait pas bon d’être islandais, surtout quand on n’a plus de nom, ni de terres. Sous le joug du Danemark depuis le XIVème siècle, l’île doit également faire face à des catastrophes naturelles, à des épidémies et à la cruauté des hommes. Dans ce pays où la valeur d’un homme est déterminée par sa lignée, Grimr, orphelin ayant perdu ses parents lors d’une éruption volcanique, ne peut compter que sur sa force colossale et sur sa détermination à bâtir sa propre légende… comme les héros des nombreuses sagas qui se transmettent de génération en génération et qui constituent l’histoire de son pays.

À travers ce récit initiatique, qui invite à suivre la destinée extraordinaire de ce garçon étrange, Jérémie Moreau nous fait découvrir toute la rudesse et la beauté de l’Islande. Tout au long des 230 pages de cette épopée découpée en six chapitres, l’auteur restitue avec grand brio les paysages sulfureux et les habitants rugueux qui font tout le charme de ses terres hostiles.

Excellent !

Ils en parlent également: Moka, Noukette

Zidrou et Francis Porcel – Le Chevalier Brayard

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, Zidrou, [DL 2017], [Grand public] with tags on 13 septembre 2017 by Yvan

Une aventure moyenâgeuse lourdingue !

Zidrou et Francis Porcel - Le Chevalier Brayard« Le Chevalier Brayard » invite à suivre les péripéties du chevalier en question et du moinillon qui l’accompagne. En revenant de croisade en terre sainte, le duo croise le chemin d’Hadiyatallah, une jeune maure de treize ans qui vient d’échapper à ses ravisseurs et affirme être la fille d’un prince arabe prêt à payer une fortune pour récupérer sa progéniture.

Zidrou a beau être l’un des auteurs les plus prolifiques du moment et régulièrement varier les genres, il ne m’avait jusqu’à présent jamais déçu et même souvent conquis. Je m’attendais donc à nouveau à une petite perle en découvrant cette troisième collaboration entre le talentueux scénariste et le dessinateur hispanique Francis Porcel (« Les folies Bergère » et « Bouffon »). Je ressors malheureusement particulièrement mitigé de cette aventure médiévale en un tome…

Cela partait pourtant bien en compagnie d’un trio de personnages haut en couleurs. Avec d’un part un chevalier Brayard tranchant et bagarreur et de l’autre un moinillon peureux et censé rapporter les reliques de Sainte Bertrude la Chaste à sa communauté religieuse, le tout rehaussé par l’arrivée de ce joli brin de fillette particulièrement farouche, le lecteur s’attendait en effet à passer un bon moment. Malheureusement, au fil des pages, l’aventure se révèle anecdotique, voire sans véritable intérêt, si ce n’est de servir de prétexte à une parodie multipliant les jeux de mots grossiers et proposant un humour répétitif et finalement lassant, à l’image de la chanson paillarde qui nous accompagne du début à la fin ou des saints qui se multiplient à outrance dans le but de faire rire.

Bref, j’ai trouvé l’histoire inintéressante et l’humour lourdingue. Le dessin de Francis Porcel sied par contre parfaitement au récit en restituant avec brio l’ambiance médiévale et grâce à une splendide maîtrise des couleurs et à un trait caricatural qui accentue la parodie.

Ils en parlent également : Noukette, Jérôme

Zidrou et Jordi Lafebre – Les beaux étés, Mam’Zelle Esterel (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, Zidrou, [DL 2017], [Grand public] with tags , on 5 juillet 2017 by Yvan

Des vacances dictées par le guide Michelin !

Zidrou et Jordi Lafebre – Les beaux étés, Mam’Zelle Esterel (Tome 3)Après « Cap au sud ! » et « La Calanque », ce troisième volet débute en 1992, au moment où Pierre décide de vendre la fameuse 4L à un collectionneur. Ce début surprenant n’est cependant qu’une excuse pour se remémorer les premières vacances de la famille à bord de « Mam’Zelle Esterel », 30 ans plus tôt.

Tout comme lors des tomes précédents, ce récit estival invite donc le lecteur à prendre place à bord de la 4L rouge en compagnie de la famille Faldérault. Comme tous les étés, Mado, Pierre et leurs enfants disent adieu à la Belgique pour se rendre dans le sud de la France et comme d’habitude, le départ a pris du retard car le papa est de nouveau à la bourre pour terminer les planches de sa série BD.

La principale différence de ce troisième volet, qui se déroule sept ans avant le précédent et onze ans avant le premier, est qu’à cette époque, Pierre et Mado ne comptent que deux enfants et qu’ils décident de combler les places vacantes en emmenant les beaux-parents de Pierre avec eux. S’ils trouvaient logique d’emmener ceux qui leur ont offert la voiture lors de son premier voyage, ils vont vite découvrir que « beaux-parents » et « Beaux étés » ne sont pas forcément compatibles.

Grâce à Mamyvette, la belle-mère tyrannique, les vacances au Sud n’iront en effet pas plus loin que Saint-Étienne et le camping et les balades au petit bonheur la chance seront remplacés par un hôtel et des visites d’églises conseillés par le guide Michelin. De plus, il faudra également faire attention à manger sainement et à ne pas boire trop d’alcool car « Gros-papy » doit faire très attention depuis sa crise cardiaque l’an dernier. Heureusement que l’on danse sur « Let’s twist again » et que l’on chante Brel à cette époque…

Excepté cette belle-mère qui met un solide frein au sentiment de liberté, cette très belle chronique familiale remplie de personnages sympathiques et attachants s’inscrit dans la veine des précédentes. En relatant ces petits riens qui font tout le sel de notre quotidien, Zidrou offre en effet un joli portrait de famille et un récit débordant d’humanité, de justesse et de tendresse. En intégrant un petit secret de famille et en mettant en avant la relation entre grands-parents et petits-enfants, il livre à nouveau une petite perle que l’on dévore avec grand plaisir à l’entame de l’été.

« – Dis, Gros-Papy, pourquoi t’es crès crès gros ?
– C’est parce que je suis rempli de souvenirs, c’est pour ça. »

Visuellement, le dessin de Jordi Lafebre contribue à plonger le lecteur dans une ambiance délicieusement rétro en restituant avec brio l’ambiance pleine de nostalgie du début des années 60. Outre un travail remarquable au niveau du jeu de lumière de ces planches empreintes de douceur, il faut également souligner l’excellent travail au niveau de l’expressivité des personnages. De plus, au fil des tomes et des époques, le talentueux dessinateur ibérique s’amuse à rajeunir/vieillir des personnages dont on prend grand plaisir à suivre l’évolution.

Des vacances qui font à nouveau du bien… et vivement le prochain tome, qui se déroulera en 1980 !

Retrouvez ce tome dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Noukette, Mo’