Archive for the One-shots Category

Pierre-Henry Gomont – Malaterre

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2018] with tags , on 17 février 2019 by Yvan

Un père pas comme les autres…

Pierre-Henry Gomont - MalaterreAprès « Pereira prétend », une excellente adaptation littéraire qui emmenait le lecteur au Portugal, Pierre-Henry Gomont se rend en Afrique, le temps d’un récit familial d’inspiration autobiographique.

Le lecteur y suit les déboires de Gabriel Lesaffre, un homme divorcé qui décide d’emmener deux de ses enfants en Afrique, où il a racheté un domaine familial en pleine forêt équatoriale. Loin de leur mère et de leur petit frère, Mathilde et Simon découvrent un nouveau monde… et, à défaut de pouvoir compter sur ce père toujours absent, ils jouissent d’une énorme liberté…

Dans “Malaterre”, Pierre-Henry Gomont dresse tout d’abord le portrait d’un père égocentrique, alcoolique, flambeur, menteur et… absent. Un personnage haut en couleurs, assez complexe, qui n’a pas grand-chose pour plaire, mais qui peut cependant parfois s’avérer attachant. L’auteur détail également les sentiments de ces deux adolescents qui multiplient les découvertes, tout en souffrant du comportement extravagant et irresponsable de leur père.

La voix-off et l’utilisation de « bulles-pensées » qui en disent souvent plus que mille mots, contribuent à insuffler pas mal d’humour à cette vision du père à la base assez triste. Le tout se retrouve de surcroît sublimé par un dessin nerveux rehaussé d’une colorisation adéquate, accentuant d’une part le caractère énergique du paternel et d’autre part toute la moiteur et la beauté du décor africain.

Ils en parlent également: Mes échappées livresques, Moka, Les Dream-Dream d’une bouquineuse, Les Fringales Littéraires

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Nicolas Petrimaux – Il faut flinguer Ramirez

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Glénat, One-shots, [DL 2018], [Sans super-héros] with tags , on 10 février 2019 by Yvan

Tarantino is in da house !

Nicolas Petrimaux - Il faut flinguer RamirezLe Ramirez dont il est question dans ce titre particulièrement alléchant est un employé modèle chez Robotop, fabricant d’aspirateurs que toutes les ménagères s’arrachent. Muet, mais apprécié de tous ses collègues, Jacques Ramirez est de loin le meilleur technicien de sa société. Cependant, lorsque deux mafieux mexicains venus rapporter leur mixer en panne le reconnaissent, la décision du cartel ne se fait pas attendre : Il faut flinguer au plus vite ce mythique tueur à gages qui avait disparu de la surface de la terre !

Pour sa première bande dessinée, Nicolas Petrimaux frappe fort en proposant ce thriller truffé d’humour, de références et de dialogues ciselés. Jouant pleinement la carte de l’action et situant son récit dans une parodie jouissive des États-Unis des années 80, à l’image de ces fausses réclames vintage ou coupures de journaux insérées au fil du récit, Nicolas Petrimaux livre un scénario explosif digne de Quentin Tarantino.

Visuellement, le récit imaginé par Nicolas Petrimaux est également à flinguer ! Du découpage cinématographique qui insuffle un tempo de la mort au style légèrement cartoonesque qui invite à garder le sourire au bord des lèvres, en passant par des personnages expressifs aux gueules improbables qui donneraient presque envie de se laisser pousser la moustache, l’auteur fait un carton plein !

Jubilatoire !

Ils en parlent également: Blondin, Xander, Noukette

Serge Lehman et Frederik Peeters – L’Homme gribouillé

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2018] with tags , , on 20 janvier 2019 by Yvan

Thriller psychologique mâtiné de fantastique !

Serge Lehman et Frederik Peeters - L’Homme gribouilléSi je n’ai pas lu de bandes dessinées en 2018, je n’ai cependant pas pu résister à quelques titres aperçus dans les divers bilans de l’année, dont cette brique de plus de 300 pages signée Serge Lehman (« Brigades chimériques », « La saison de la couloeuvre  ») et Frederik Peeters (« RG », « Aâma », « Château de sable », « Koma »)… même si celle-ci date en fait de fin 2017.

« L’Homme gribouillé » s’immisce dans l’histoire de trois générations de femmes : Maud, la grand-mère écrivaine célèbre, Betty, la mère aphasique qui travaille dans une maison d’éditions et Clara, la petite-fille adolescente débordante d’énergie qui adore également raconter des histoires. Lorsque Maud fait un AVC et qu’un mystérieux individu au costume d’oiseau exige violemment un paquet qui lui serait dû, c’est le début d’un voyage initiatique qui emmène le lecteur dans le Jura, dans leur village d’origine, sur la piste d’un extraordinaire secret de famille…

Le scénario imaginé par Serge Lehman allie non seulement densité et fluidité, mais s’avère de surcroît haletant de la première à la dernière page. Ce thriller psychologique mâtiné de fantastique mêle habilement secrets familiaux, légendes urbaines et psycho-géographie, tout en proposant des personnages extrêmement attachants. Outre une intrigue prenante et intelligemment construite, il faut également saluer le travail une nouvelle fois remarquable de Frederik Peeters au dessin. Ses planches noyées sous des pluies diluviennes ou émergeant de brumes épaisses insufflent une atmosphère surnaturelle et envoûtante à l’ensemble. Le choix du noir et blanc s’avère à ce titre assez judicieux et permet à l’auteur de démontrer sa capacité à jouer avec les ombres.

Un coup de cœur !

Benjamin Flao et Fred Bernard – Essence

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, K.BD, One-shots, [Accessible], [DL 2018] with tags on 30 mars 2018 by Yvan

Un road-trip sinueux aux décors splendides !

Benjamin Flao et Fred Bernard - EssenceCe one-shot onirique imaginé par Fred Bernard (Jeanne Picquigny) et dessiné par Benjamin Flao (Va’a, Kililana Song) invite à suivre les pas d’Achille Antioche, coincé dans un décor post-apocalyptique aussi désert qu’étrange, où l’on peut changer de décor ou de véhicule par la pensée. Grâce à l’aide d’un ange gardien débutant, il va progressivement comprendre ce qu’il fait là…

Ce road-movie qui slalome dans les méandres des souvenirs d’un personnage principal pas forcément attachant, dans l’espoir de lui faire retrouver la mémoire, a parfois tendance à tourner en rond. À l’image du personnage principal, le lecteur se retrouve un peu perdu au sein d’un récit un brin trop déjanté, mais qui multiplie néanmoins les références amusantes aux classiques de la bande dessinée franco-belge. L’amateur de BD que je suis s’est donc d’une part délecté de ces nombreux clins d’œil, tout en cherchant fréquemment la sortie de ce road-trip à la destination un peu trouble…

Par contre, visuellement, dès la couverture, Benjamin Flao parvient à installer une ambiance étrangement envoûtante. Profitant des changements incessants de décors et de véhicules imposés pas les pensées d’Achille Antioche, le dessinateur s’en donne à cœur joie, tout en livrant des planches de toute beauté.

Visitez le blog de Benjamin Flao !

 

Marcello Quintanilha – Talc de verre

Posted in BANDES DESSINÉES, Ca et Là, Franco-Belge, One-shots, [Avancé], [DL 2016] with tags , on 14 mars 2018 by Yvan

Une dépression autodestructrice !

Marcello Quintanilha - Talc de verreAprès « Tungstène » – Fauve d’Or du polar au festival d’Angoulême 2016 – Marcello Quintanilha propose un nouveau one-shot qui se déroule au Brésil mais, cette-fois, parmi les classes supérieures de ce pays aux inégalités si criantes.

Ce thriller psychologique invite à suivre les pensées de Rosângela, une femme qui a tout pour être heureuse : un compte en banque bien rempli, une belle voiture, une famille de rêve, une enfance souriante et un cabinet de dentiste (offert par son père) dans un quartier chic de la ville. Tout l’opposé de sa cousine : pauvre, sans emploi, divorcée, un père alcoolique, un quartier sordide… mais une joie de vivre et un sourire à toute épreuve. C’est d’ailleurs ce sourire radieux qui va finir par obnubiler Rosângela, au point de remettre en cause son propre bonheur et sombrer dans une dépression qui s’intensifie chaque fois qu’elle pense à sa cousine.

Malgré une vie de rêve, cette femme qui a tout pour être comblée, tombe progressivement dans une spirale autodestructrice. Le lecteur suit donc la lente descente aux enfers de cette héroïne qui perd progressivement pied. Le portrait dressé par Marcello Quintanilha se situe à la limite de l’étude psychiatrique et la narration en voix-off permet de suivre le cheminement mental de cette femme au plus près. Le procédé narratif peut surprendre au début, mais le fait d’entrer dans le cerveau de Rosângela afin d’y capter ses émotions à haute voix s’avère toutefois d’une efficacité rare. Cette petite voix qui la fait douter de tout prend progressivement le dessus et la fait chavirer dans une folie particulièrement destructrice. Son dessin noir et blanc, d’un trait fin et réaliste, accompagne d’ailleurs avec brio ce ballet de sentiments.

Très bon !

Ed Brubaker et Sean Phillips – Fondu au Noir

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, Ed Brubaker, One-shots, [DL 2017], [Sans super-héros] with tags , on 21 février 2018 by Yvan

The show must go on!

Ed Brubaker et Sean Phillips - Fondu au NoirCe pavé de 400 pages reprend les douze épisodes de « The Fade Out », la dernière saga en date des auteurs de « Criminal », « Fatale » et « Incognito » : le scénariste Ed Brubaker et le dessinateur Sean Phillips.

Le récit se déroule en 1948 à Hollywood, au lendemain de la seconde guerre mondiale et en pleine période du Mac Carthysme. L’histoire débute dans un des bungalows de Studio City, où Charlie Parish, scénariste en manque d’inspiration, se réveille dans la baignoire avec une sacrée gueule de bois. A quelques mètres de lui, gît le corps sans vie de Valeria Sommers, la star du film dont il écrit le scénario. Lorsqu’il découvre que le crime a visiblement été camouflé en suicide, il cherche à découvrir toute la vérité sur ce drame…

Ed Brubaker était déjà une référence au niveau du polar noir, mais en nous plongeant dans les coulisses d’Hollywood en compagnie d’un héros qui s’attaque à ce monstre du cinéma tout en affrontant ses propres démons, il démontre une nouvelle fois tout son talent. Usant d’une narration en voix-off dont il a le secret, il nous plonge au cœur de ce monde beaucoup moins glamour que prévu, au plus près d’un personnage principal délicieusement tourmenté.

Au-delà de l’enquête policière, Ed Brubaker lève donc le voile sur univers sombre, gangrené par l’alcool, le sexe, la corruption et les jeux de pouvoir, où les femmes ne disposent pas encore du hashtag « metoo » et où de nombreux auteurs sont victimes de la chasse aux sorcières communistes. Le tout étant rehaussé par le dessin expert d’un Sean Phillips au sommet de son art et par la colorisation experte d’Elisabeth Breitweiser, je ne peux que vous conseillez vivement ce roman graphique que vous retrouverez d’ailleurs au sommet mon Top comics de l’année !

Ils en parlent également : Mo’, Jérôme

 

Pascal Rabaté et Alain Kokor – Alexandrin ou L’art de faire des vers à pied

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, Pascal Rabaté, [Accessible], [DL 2017] with tags on 29 janvier 2018 by Yvan

L’Art de la rime !

Pascal Rabaté et Alain Kokor - Alexandrin ou L’art de faire des vers à piedCe one-shot signé Pascal Rabaté (« Ibicus« , « Les petits ruisseaux« , « Le petit rien tout neuf avec le ventre jaune« , « La Marie en plastique« , « Bienvenue à Jobourg« , « La déconfiture« ) et Alain Kokor invite à suivre les pas d’Alexandrin de Vannevile, un poète des campagnes et des villes qui survit en vendant sa poésie. Le jour où il croise la route d’un jeune fugueur fouillant les poubelles à la recherche de nourriture, sa vie se retrouve métamorphosée…

« Alexandrin ou L’art de faire des vers à pied » est l’histoire d’une belle rencontre entre un jongleur de mots, amoureux de la rime, et un gamin en quête de liberté. Au fil des pages, une belle complicité s’installe entre ces deux âmes perdues qui vivent en marge de la société. Ce compte contemporain débordant de poésie est également un exercice de style, où la totalité des dialogues épouse la rime. Si j’ai toujours accordé plus d’importance au contenu d’une bande dessinée qu’à son graphisme ou à n’importe quel exercice de style, je ne peux qu’applaudir le résultat quand c’est bien fait comme ici.

De plus, visuellement, le dessin légèrement désuet de Kokor et la colorisation aux tons pastel sont en parfaite harmonie avec les textes de Rabaté, baignant l’ensemble dans une ambiance onirique tout à fait délicieuse.

Ils en parlent également : Mo’