Archive for the One-shots Category

Cédric Mayen et Lucy Mazel – Edelweiss

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, Vents d'Ouest, [DL 2017], [Grand public] with tags on 24 janvier 2018 by Yvan

Une histoire d’amour qui atteint des sommets !

Cédric Mayen et Lucy Mazel - EdelweissCe roman graphique débute par la rencontre entre Edmond, ouvrier à l’usine Renault, et Olympe, jeune femme férue d’alpinisme, issue d’une famille aisée, lors d’un soir d’été en 1947. Si lui rêve de conquérir le cœur de sa dulcinée et d’ascension sociale, elle rêve de conquérir le sommet du Mont Blanc, tout comme son aïeule Henriette d’Angeville. Ensemble, ils connaîtront l’amour et les aléas de la vie…

Cédric Mayen livre une histoire d’amour parsemée d’embûches, mais en évitant de tomber dans les pièges du genre, tout en abordant plusieurs thèmes intéressants en toile de fond, allant de la lutte pour l’émancipation des femmes à la différence des classes, en passant par les dangers de la montagne. De plus, au fil des années, il parvient à donner plus d’épaisseur à ses deux personnages principaux. Du coup, le lecteur s’attache progressivement à ce couple, partage ses peines et ses moments de bonheur.

Visuellement, ce one-shot fait mouche dès la couverture. Le dessin de Lucy Mazel, déjà fort séduisant lors de l’album « Communardes ! – Les éléphants rouges », gagne encore en maturité, tout en parvenant à allier élégance, poésie, lisibilité et expressivité.

Bref, un très beau récit, que ce soit au niveau du scénario ou du graphisme, que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année.

Ils en parlent également: Moka, Noukette, Mes échappées livresques

Timothé le Boucher – Ces jours qui disparaissent

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, One-shots, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 17 janvier 2018 by Yvan

À deux dans un même corps ?

Timothé Le Boucher - Ces jours qui disparaissentCe one-shot signé Timothé le Boucher invite à suivre les déboires de Lubin Maréchal, un acrobate d’une vingtaine d’années qui, suite à une vilaine chute sur la tête, s’aperçoit tout d’abord qu’il ne vit plus qu’un jour sur deux. Puis, il se rend compte qu’il ne dort pas durant ces jours qui disparaissent, mais qu’un double schizophrénique au caractère diamétralement opposé utilise son corps, construisant progressivement une vie parallèle qui n’a pas forcément tout pour lui plaire…

Ce récit fantastique, basé sur la schizophrénie et sur le dédoublement de la personnalité, permet à l’auteur de développer un thriller psychologique non seulement particulièrement prenant, mais également très intelligent. Sur près de 200 pages, Timothé le Boucher prend le temps de détailler l’impact de ce dédoublement sur la vie professionnelle, sociale et affective de son personnage, tout en installant petit-à-petit une relation conflictuelle entre les deux personnalités. De plus, cette histoire propose une réflexion intéressante sur l’immuabilité du temps qui passe et sur l’identité, mais également sur l’amour, la mort et l’amitié. De quoi questionner notre propre existence…

Visuellement, le graphisme assez épuré et aux allures de manga de Timothé le Boucher peut initialement déconcerter, mais s’avère finalement d’une efficacité et d’une lisibilité redoutable.

Un excellent one-shot que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

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Jérémie Moreau – La Saga de Grimr

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 10 janvier 2018 by Yvan

La beauté hostile de l’Islande !

Jérémie Moreau - La Saga de GrimrAprès les incontournables « Max Winson » et «Le singe de Hartlepool », Jérémie Moreau propose un one-shot qui invite à suivre le destin tragique d’un orphelin à la force herculéenne dans l’Islande du XVIIIème siècle.

En 1783, il ne fait pas bon d’être islandais, surtout quand on n’a plus de nom, ni de terres. Sous le joug du Danemark depuis le XIVème siècle, l’île doit également faire face à des catastrophes naturelles, à des épidémies et à la cruauté des hommes. Dans ce pays où la valeur d’un homme est déterminée par sa lignée, Grimr, orphelin ayant perdu ses parents lors d’une éruption volcanique, ne peut compter que sur sa force colossale et sur sa détermination à bâtir sa propre légende… comme les héros des nombreuses sagas qui se transmettent de génération en génération et qui constituent l’histoire de son pays.

À travers ce récit initiatique, qui invite à suivre la destinée extraordinaire de ce garçon étrange, Jérémie Moreau nous fait découvrir toute la rudesse et la beauté de l’Islande. Tout au long des 230 pages de cette épopée découpée en six chapitres, l’auteur restitue avec grand brio les paysages sulfureux et les habitants rugueux qui font tout le charme de ses terres hostiles.

Excellent !

Ils en parlent également: Moka, Noukette

Zidrou et Francis Porcel – Le Chevalier Brayard

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, Zidrou, [DL 2017], [Grand public] with tags on 13 septembre 2017 by Yvan

Une aventure moyenâgeuse lourdingue !

Zidrou et Francis Porcel - Le Chevalier Brayard« Le Chevalier Brayard » invite à suivre les péripéties du chevalier en question et du moinillon qui l’accompagne. En revenant de croisade en terre sainte, le duo croise le chemin d’Hadiyatallah, une jeune maure de treize ans qui vient d’échapper à ses ravisseurs et affirme être la fille d’un prince arabe prêt à payer une fortune pour récupérer sa progéniture.

Zidrou a beau être l’un des auteurs les plus prolifiques du moment et régulièrement varier les genres, il ne m’avait jusqu’à présent jamais déçu et même souvent conquis. Je m’attendais donc à nouveau à une petite perle en découvrant cette troisième collaboration entre le talentueux scénariste et le dessinateur hispanique Francis Porcel (« Les folies Bergère » et « Bouffon »). Je ressors malheureusement particulièrement mitigé de cette aventure médiévale en un tome…

Cela partait pourtant bien en compagnie d’un trio de personnages haut en couleurs. Avec d’un part un chevalier Brayard tranchant et bagarreur et de l’autre un moinillon peureux et censé rapporter les reliques de Sainte Bertrude la Chaste à sa communauté religieuse, le tout rehaussé par l’arrivée de ce joli brin de fillette particulièrement farouche, le lecteur s’attendait en effet à passer un bon moment. Malheureusement, au fil des pages, l’aventure se révèle anecdotique, voire sans véritable intérêt, si ce n’est de servir de prétexte à une parodie multipliant les jeux de mots grossiers et proposant un humour répétitif et finalement lassant, à l’image de la chanson paillarde qui nous accompagne du début à la fin ou des saints qui se multiplient à outrance dans le but de faire rire.

Bref, j’ai trouvé l’histoire inintéressante et l’humour lourdingue. Le dessin de Francis Porcel sied par contre parfaitement au récit en restituant avec brio l’ambiance médiévale et grâce à une splendide maîtrise des couleurs et à un trait caricatural qui accentue la parodie.

Ils en parlent également : Noukette, Jérôme

Zidrou et Jordi Lafebre – Les beaux étés, Mam’Zelle Esterel (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, Zidrou, [DL 2017], [Grand public] with tags , on 5 juillet 2017 by Yvan

Des vacances dictées par le guide Michelin !

Zidrou et Jordi Lafebre – Les beaux étés, Mam’Zelle Esterel (Tome 3)Après « Cap au sud ! » et « La Calanque », ce troisième volet débute en 1992, au moment où Pierre décide de vendre la fameuse 4L à un collectionneur. Ce début surprenant n’est cependant qu’une excuse pour se remémorer les premières vacances de la famille à bord de « Mam’Zelle Esterel », 30 ans plus tôt.

Tout comme lors des tomes précédents, ce récit estival invite donc le lecteur à prendre place à bord de la 4L rouge en compagnie de la famille Faldérault. Comme tous les étés, Mado, Pierre et leurs enfants disent adieu à la Belgique pour se rendre dans le sud de la France et comme d’habitude, le départ a pris du retard car le papa est de nouveau à la bourre pour terminer les planches de sa série BD.

La principale différence de ce troisième volet, qui se déroule sept ans avant le précédent et onze ans avant le premier, est qu’à cette époque, Pierre et Mado ne comptent que deux enfants et qu’ils décident de combler les places vacantes en emmenant les beaux-parents de Pierre avec eux. S’ils trouvaient logique d’emmener ceux qui leur ont offert la voiture lors de son premier voyage, ils vont vite découvrir que « beaux-parents » et « Beaux étés » ne sont pas forcément compatibles.

Grâce à Mamyvette, la belle-mère tyrannique, les vacances au Sud n’iront en effet pas plus loin que Saint-Étienne et le camping et les balades au petit bonheur la chance seront remplacés par un hôtel et des visites d’églises conseillés par le guide Michelin. De plus, il faudra également faire attention à manger sainement et à ne pas boire trop d’alcool car « Gros-papy » doit faire très attention depuis sa crise cardiaque l’an dernier. Heureusement que l’on danse sur « Let’s twist again » et que l’on chante Brel à cette époque…

Excepté cette belle-mère qui met un solide frein au sentiment de liberté, cette très belle chronique familiale remplie de personnages sympathiques et attachants s’inscrit dans la veine des précédentes. En relatant ces petits riens qui font tout le sel de notre quotidien, Zidrou offre en effet un joli portrait de famille et un récit débordant d’humanité, de justesse et de tendresse. En intégrant un petit secret de famille et en mettant en avant la relation entre grands-parents et petits-enfants, il livre à nouveau une petite perle que l’on dévore avec grand plaisir à l’entame de l’été.

« – Dis, Gros-Papy, pourquoi t’es crès crès gros ?
– C’est parce que je suis rempli de souvenirs, c’est pour ça. »

Visuellement, le dessin de Jordi Lafebre contribue à plonger le lecteur dans une ambiance délicieusement rétro en restituant avec brio l’ambiance pleine de nostalgie du début des années 60. Outre un travail remarquable au niveau du jeu de lumière de ces planches empreintes de douceur, il faut également souligner l’excellent travail au niveau de l’expressivité des personnages. De plus, au fil des tomes et des époques, le talentueux dessinateur ibérique s’amuse à rajeunir/vieillir des personnages dont on prend grand plaisir à suivre l’évolution.

Des vacances qui font à nouveau du bien… et vivement le prochain tome, qui se déroulera en 1980 !

Retrouvez ce tome dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Noukette, Mo’

Luc Brunschwig et Olivier TaDuc – XIII Mystery, Jonathan Fly (Tome 11)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, Luc Brunschwig, One-shots, Van Hamme, [DL 2017], [Grand public] with tags , on 26 juin 2017 by Yvan

Flying Brunschwig !

Luc Brunschwig et Olivier TaDuc - XIII Mystery, Jonathan Fly (Tome 11)J’attendais le onzième tome de ce spin-off visant à approfondir l’univers de XIII en se concentrant à chaque fois sur l’un des personnages de la saga, avec grande impatience. Comme chaque tome de cette saga est attribué à un duo inédit d’auteurs (tandis que Jean Van Hamme garde un œil sur l’ensemble afin d’éviter au maximum les incohérences scénaristiques) et qu’il y avait un certain Luc Brunschwig annoncé au scénario, vous comprendrez aisément pourquoi. Outre la joie de voir mon auteur fétiche sur une saga dont la taille du lectorat est à la hauteur de son talent, j’étais également curieux de découvrir ce que donnerait son association avec Olivier TaDuc (« Chinaman », « Griffe blanche »).

Si certains tomes de ce spin-off avaient la lourde tâche de s’intéresser à des personnages secondaires, Luc Brunschwig et Olivier TaDuc ont la chance (et la grande responsabilité) de pouvoir s’attaquer à l’un des personnages-phare de la saga. Jonathan Fly n’est en effet pas uniquement un journaliste engagé du « Mountain News », vivant caché dans un bled perdu nommé Greenfalls, c’est surtout le père adoptif de Jason Fly, alias Jason Mac Lane. Etant donné que XIII aura tenu tout le monde en haleine sous ce nom, je n’étais probablement pas le seul à attendre ce spin-off avec grand intérêt.

Ce one-shot plonge donc dans le passé du journaliste, levant ainsi le voile sur la période qui précède les événements tragiques de « La nuit du 3 août ». En se basant sur les informations contenues dans les tomes 6 et 7 de la série mère, Luc Brunschwig imagine une intrigue qui débute par l’étrange disparition du pasteur noir Isayah Caton-Wood, grand défenseur des droits de la population noire des Etats-Unis et homme qui dérange donc l’establishment. Au fil des pages, l’auteur va forcément également s’intéresser au sort de Jonathan Fly, mettant d’une part la (non-)relation qu’il entretient avec son fils en avant, mais dévoilant surtout pourquoi il a choisi de se terrer dans un bled paumé, ainsi que les faits qui ont précédé de son assassinat.

Luc Brunschwig a cette capacité de vous dresser le portrait de personnages forts, qui ne vous quittent pas une fois l’album refermé, mais j’étais cependant persuadé qu’il avait pour cela besoin de place et de temps… alors qu’il se retrouvait ici dans l’obligation de livrer un one-shot. Et bien, Houston n’a eu aucun problème et je me suis donc royalement planté, car le garçon nous livre à nouveau des personnages fouillés, qu’il nous croque en seulement quelques cases. Deux truites jetées à la poubelle par le petit Jason, un regard que le scénariste connaît visiblement trop bien à en croire la préface touchante dédiée à ses enfants, et hop, le tour est joué, on s’attache au gamin et à ses aventures. De même pour Jasper Konrad Glover, le grand patron du FBI, que l’on ne met que quelques cases à détester.

Une fois les personnages en place, l’auteur déroule le reste de ses capacités, c’est-à-dire une narration impeccable et cette aptitude à imbriquer toutes les pièces de son puzzle quand il faut et comme il faut. Force est également de constater que Brunschwig à beau faire une saga grand public, cela ne l’empêche pas de mettre en avant certaines pages peu glorieuses de l’histoire des Etats-Unis. Puis, il y a forcément cette relation père-fils, qui ne pouvait évidemment pas manquer et l’appel, thème qui tient l’auteur particulièrement à cœur. Bref, du Brunschwig en one-shot, j’en redemande !

Luc Brunschwig sait également s’entourer de personnages particulièrement talentueux pour la partie graphique de ses albums et c’est une nouvelle fois le cas avec Olivier TaDuc au dessin et Bérengère Marquebreucq à la colorisation. D’un trait réaliste, précis et parfaitement adapté au style de la saga originelle, le premier offre une mise en scène parfaitement rythmée et de toute beauté, tandis que la seconde semble aussi à l’aise en forêt qu’en pleine nuit, distillant à chaque fois la bonne ambiance.

Bref, le meilleur tome de la série et un one-shot qui place la barre très haute pour les deux tomes qui restent à venir : Daniel Pecqueur et Philippe Buchet pour le suivant, consacré à Alan Smith, et Jean Van Hamme himself et Olivier Grenson pour le treizième volet.

Découvrez la bande annonce de ce tome :

Espé – Le Perroquet

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, Maladie, One-shots, [DL 2017], [Grand public] with tags , , on 7 juin 2017 by Yvan

Une maman bipolaire !

Espé – Le PerroquetÀ travers cette bande dessinée autofictionnelle, Espé (« Château Bordeaux ») évoque son histoire familiale et plus particulièrement la maladie de sa mère.

Le lecteur suit le quotidien de Bastien, dont la mère souffre de troubles bipolaires avec tendance schizophrénique. Entre les crises d’une rare intensité et les séjours en établissements psychiatriques, dont elle revient souvent à l’état de légume, les moments d’accalmie et de lucidité se font de plus en plus rares. Du haut de ses huit ans, Bastien tente de comprendre et observe la lente descente aux enfers de sa mère à travers son regard d’enfant, plein d’innocence et d’imagination…

C’est à travers de petites tranches de vie indépendantes que l’auteur partage son vécu. Ces courts chapitres de seulement quelques pages reviennent sur des épisodes-clés de la vie de Bastien, restituant avec brio la détresse de toute la famille, du grand-père qui refuse d’accepter la maladie de sa fille au fiston qui se réfugie dans l’imaginaire et transforme sa mère en super-héroïne.

Visuellement, le trait sobre et efficace de l’auteur accompagne ce récit riche en émotions avec beaucoup de pudeur. La colorisation, rouge lors des crises et vert lors des rares instants de bonheur, intensifie encore un peu plus l’ambiance du moment.

Un excellent one-shot que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !