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Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Va jouer dans le mixer (Tome 14)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 17 janvier 2016 by Yvan

Les plaisirs de l’hiver !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Va jouer dans le mixer (Tome 14)La majorité de ce quatorzième volet se déroule en hiver, une saison déjà souvent exploitée par Bill Watterson, mais l’auteur n’éprouve visiblement aucun mal à se renouveler tout en continuant d’aborder les mêmes sujets.

Le lecteur sait donc pertinemment qu’à l’aube de Noël, Calvin fait attention à ne pas être trop méchant car il doit s’assurer que le Père Noël lui apportera bel et bien des cadeaux. Chose peu évidente, car avec toute cette neige, la tentation de balancer des boules de neige dans la tronche de Susie Derkins, sa petite voisine et souffre-douleur attitrée, est évidemment très grande. Il compte d’ailleurs se rendre au pôle Nord afin de défendre sa cause avec pour avocat son fidèle compagnon en peluche Hobbes. Tout un programme !

Si le retour de l’hiver lui donne l’occasion d’effectuer des descentes périlleuses en luge à la recherche d’une poussée d’adrénaline, il démontre à nouveau à quel point il peut être créatif une fois entouré de cet or blanc. Le neuvième tome avait déjà permis de donner naissance à son splendide « musée des horreurs des bonhommes de neige » et ce tome-ci dévoile quelques nouvelles créations intéressantes, dont un bonhomme de neige maléfique qui lui donne beaucoup de fil à retordre.

Ah, qu’il fait bon d’être enfant quand il neige ! Enfin, sauf quand on s’appelle Susie Derkins bien évidemment et qu’on a Calvin comme voisin. La petite va de nouveau en voir des vertes et des pas mûres, enfin, surtout des blanches et des bien froides. Encore que… la petite ne se laisse pas faire et n’a finalement pas trop à se plaindre lors de ce tome puisqu’à la grande surprise de tout le monde, Calvin va lui offrir des fleurs et même lui découper un beau cœur en papier. Y aurait-il anguille sous roche ?

L’imagination débordante de Calvin ne sert pas qu’à modeler la neige, mais également à se transformer en Spiff le Spationaute, pour réveiller son père, ou en Hyperman, le redresseur de torts, pour lancer une boule de neige grosse comme une boule de bowling sur la pauvre Susie, voire même en Balle Traçante, un détective privé qui n’a pas peur de mener l’enquête pour trouver l’identité de celui qui a mis leur salon sens dessus dessous. Mais sa créativité ne s’arrête bien évidemment pas là. En effet, si, lors du neuvième tome, le petit Calvin transformait déjà sa fameuse boîte en carton capable de voyager dans le temps en duplicateur, il améliore ici encore son invention grâce à son « éthicator », qui permet de créer des clones sans forcément multiplier le nombre de bêtises. Autant vous prévenir que cette version gentille de Calvin est non seulement assez surprenante, mais surtout à mourir de rire !

« Tu es la seule personne que je connaisse dont même le bon fond est tenté par le mal. »

À l’instar des tomes précédents, celui-ci reprend des histoires de différentes longueurs, allant de trois cases à quelques pages. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général. Au menu de ce quatorzième volet, il y a bien évidemment aussi les gags récurrents concernant les monstres sous le lit ou le bond de Hobbes lorsque Calvin rentre à la maison. Le lecteur a également droit à quelques récits centrés sur la famille, qui abandonnent souvent les parents de Calvin assez perplexe, notamment lorsqu’il imite son père ou remplit la baignoire d’encre.

L’insubordination de Calvin ne se limite évidemment pas à ses parents car sa maîtresse et le proviseur en font également régulièrement les frais. Il faut dire que notre chenapan n’est pas trop fan de l’école, où son corps est parfois présent, mais son esprit rarement. Le pauvre a d’ailleurs subi un lavage de cerveaux de la part d’extra-terrestres, ce qui explique qu’il ne sait plus additionner. Et je vous invite vivement à assister à son exposé intitulé « à la maison, après l’école », qui m’a fait hurler de rire.

Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques.

Parlons finalement de l’empathie inévitable envers ce duo éminemment sympathique, qui émeut le temps d’un câlin lors de l’évocation des cadeaux de Noël. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurde, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse.

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions.

Encore un excellent tome !

Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Enfin seuls ! (Tome 13)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 3 janvier 2016 by Yvan

Vive les mathématiques et le vélo !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Enfin seuls ! (Tome 13)Le numéro de ce tome semble porter malheur à Calvin car il débute avec une belle varicelle. Cette nouvelle que lui annonce le docteur ne serait bien entendu pas grave du tout… si ce n’était pas le début des vacances scolaires !

Après ce début en mineur, qui lui fait perdre une semaine entière de vacances, Calvin va éprouver le plus grand mal à dompter son vélo. On se souvient qu’il avait appris à rouler à vélo lors du tome précédent, mais on découvre ici que cet apprentissage n’est pas du tout évident et de très longue haleine.

Le lecteur a également droit à une nouvelle réunion du club top secret du D.E.F.I. (Dégagez Enormes Filles Informes.), créé lors du sixième tome par nos deux amis. Ensemble, ils vont ainsi planifier une force de frappe contre l’ennemi Susie Derkins et Calvin ira même jusqu’à kidnapper sa poupée afin d’obtenir un rançon.

Outre ces récits un peu plus longs, le lecteur a bien évidemment droit à des gags plus courts qui sont toujours aussi drôles. Si les monstres qui se cachent sous le lit et Rosaline la baby-sitter ne sont pas au rendez-vous, Calvin devra néanmoins faire face aux menaces du méchant Moe à l’école et ne manquera pas d’une nouvelle fois juger et évaluer le travail de son père dans son rôle de « Papa ». Un joli graphique montrant le taux d’approbation de son père permettra ainsi de prouver que la cote de popularité du paternel n’est toujours pas au beau fixe. C’est vraiment marrant de voir comme l’auteur parvient à se renouveler tout en continuant d’aborder les mêmes sujets !

Comme vous commencez à me connaître, vous savez bien entendu que mes passages préférés sont ceux où notre ami fait parler son imagination débordante. Il y a ainsi l’inévitable transformation en Spiff le Spationaute afin de réussir un contrôle de mathématiques qu’il avait pourtant minutieusement préparé avec son père. Mais on notera également la fois où il s’imagine en tyrannosaure afin de protéger son pique-nique ou en volcan lorsqu’il mange un plat particulièrement épicé. J’adore !

Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques. L’auteur ne manquera d’ailleurs pas de critiquer une nouvelle fois le rôle de la télé, que les enfants regardent quand il fait beau dehors et même en mangeant. Bill Watterson évoquera aussi l’art et la liberté d’expression lors de planches beaucoup plus bavardes que d’habitude.

À l’instar des tomes précédents, celui-ci reprend donc des histoires de différentes longueurs, allant de trois cases à quelques pages. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurde, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse.

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions.

Lisez Calvin et Hobbes !

Terry Moore – Strangers in Paradise, La belle vie (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Kyméra, Séries, [DL 2009], [Sans super-héros], [Terminées] with tags on 2 janvier 2016 by Yvan

Conclusion du premier récit !

Terry Moore - Strangers in Paradise, La belle vie (Tome 3)Ce troisième tome de Strangers in Paradise (SiP) conclut l’histoire entamée lors du premier tome.

Le premier volet invitait à suivre les péripéties amoureuses de Francine Peters, une jeune femme légèrement boulimique qui accumule les déboires affectifs, et de Katina Choovanski, alias Katchoo, sa colocataire blonde particulièrement explosive, et servait surtout à présenter les différents protagonistes. Le second tome se concentrait un peu plus sur le personnage de Katchoo et faisait ressurgir le sombre passé de cette ex call-girl.

Au début de ce troisième tome, le lecteur retrouve Katchoo à l’hôpital, suite à la vengeance de son ex-patronne et amante, l’impitoyable Darcy Parker, qui lui en voulait un peu de lui avoir dérobé une grosse somme d’argent. Après un détour plus tragique aux allures de thriller, qui revenait sur le passé sombre de Katchoo, Terry Moore propose à nouveau un tome plus léger, qui se concentre à nouveau sur la relation compliquée entre les deux femmes. David Qin, le meilleur ami des deux femmes, est également encore de la partie malgré la divulgation de sa véritable identité… et il faut aussi compter sur le loser de service Freddie Femurs, qui marque son grand retour en tentant désespérément de reconquérir le cœur de Francine. Autant dire que les hommes vont à nouveau en prendre pour leur grade grâce à ce macho obsédé…

Si les tribulations amoureuses des deux colocataires sont ramenées au premier plan, Terry Moore nous éclaire également un peu plus sur le passé commun de David et Katchoo et nous en apprend un peu plus sur la véritable situation financière de cette dernière. Il faut à nouveau souligner la liberté de ton de cette saga qui n’hésite pas à parler ouvertement d’homosexualité et applaudir le sens du dialogue et du rythme imposé par Terry Moore. Puis, il y a ce dessin noir et blanc qui contribue à donner vie à des personnages aussi attachants qu’expressifs et qui se passe volontiers de couleurs.

Une très bonne saga !

Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Quelque chose bave sous le lit (Tome 12)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 20 décembre 2015 by Yvan

La maman de Calvin tombe malade !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Quelque chose bave sous le lit (Tome 12)Le titre de ce douzième tome annonce quelques nuits traumatisantes pour nos deux amis qui ont une trouille bleue d’éventuels monstres qui se cachent sous leur lit. Si les deux scrutent chaque bruit suspect qui pourrait indiquer la présence de créatures horribles sous leur lit, la maman de Calvin est obligée de garder le lit pendant plusieurs épisodes. Et oui, la maman de Calvin est tombée malade et force est de constater que la survie sans elle ne sera pas évidente pour Calvin et son papa.

« Calvin : – Maman est malade. Je lui dessine une carte.
Hobbes : – Que c’est gentil à toi !
Calvin : – Regarde devant c’est écrit « Porte-toi mieux ». Et dedans : « Parce que mon lit n’est pas fait, mes vêtements doivent être rangés et j’ai faim. Bises, Calvin ». Tu veux la signer ?
Hobbes : – Sûr ! J’ai faim, moi aussi. »

Heureusement, je vous rassure immédiatement, la maman sera rétablie à temps pour confectionner le costume d’oignon de Calvin car ce dernier a décroché un « grand » rôle dans la pièce de théâtre de l’école, intitulée « La nutrition et les quatre groupes d’aliments ». Elle doit également intervenir lorsque son fiston se fait racketter par le méchant Moe à l’école. Et oui, les mamans ont un emploi du temps chargé… surtout celle de Calvin !

« Calvin : – Pourquoi elle voudrait un autre enfant ?? elle m’a déjà ,MOI!
Hobbes : – Oui, je pense qu’elle a compris la leçon… »

L’imagination débordante de notre ami ne se limite bien entendu pas aux monstres sous le lit. On notera notamment l’inévitable transformation en Spiff le Spationaute, que ce soit pour attaquer le Tapioca de la cantine de l’école, lors d’un exercice au cours de gym ou afin de décrocher un dix sur dix à l’interro de math. Notre petit chenapan s’imagine également en grenouille pour ingurgiter son lait à table, en tyrannosaure pour agresser Hobbes et il invente même un élixir magique pour devenir invisible quand sa mère à besoin de lui ou pour voler des gâteaux dans la cuisine. J’adore !

Si le lecteur à de nouveau droit à des récits plus longs centrés sur la famille, qui mettent surtout la maman à l’honneur, il a également droit à des gags plus courts où Calvin n’a besoin que de trois cases pour juger et évaluer le travail de son père dans son rôle de « Papa ». Si la cote de popularité du père n’est évidemment pas au beau fixe, j’adore également les passages où son père répond totalement à côté de la plaque aux questions naïves de Calvin et où la mère n’a besoin que d’une seule case pour démonter les explications de son mari. Savoureux !

« Calvin – Papa, raconte-moi une histoire !
Papa – Je travaille Calvin. Je t’en lirai une demain.
Calvin – JE NE DORMIRAI PAS SANS HISTOIRE !
Papa – Il était une fois un petit garçon nommé Calvin qui n’en faisait qu’à sa tête. Un jour, son papa en eut assez et l’enferma dans la cave pour le restant de ses jours. Dès lors, tout le monde vécut heureux. Fin.
Calvin – Je déteste ces histoires avec morale. »

Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques. L’auteur ne manquera d’ailleurs pas de critiquer une nouvelle fois le rôle de la télé dans le quotidien de nos enfants…

Heureusement, Calvin ne fait pas que regarder la télé (même quand celle-ci n’est pas allumée) car dans ce tome, il apprend également à rouler à vélo et il fera bien évidemment quelques fois déborder l’eau du bain. La seule personne qui parvient encore à mater ce petit brigand est bien entendu Rosaline, l’unique baby-sitter qui accepte encore de le garder. Sa petite voisine et souffre-douleur attitrée de Calvin s’en sort généralement moins bien lorsqu’elle croise notre ami…

« Susie – Alors Calvin, c’est quoi ton rôle dans la pièce de théâtre ?
Calvin – L’oignon et toi ?
Susie – La graisse.
Calvin – Wouah, ça te va super bien ! »

À l’instar des tomes précédents, celui-ci reprend donc des histoires de différentes longueurs, allant de trois cases à quelques pages. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurde, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse.

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions.

Lisez Calvin et Hobbes !

Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Chou bi dou wouah ! (Tome 11)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 5 décembre 2015 by Yvan

Un excellent tome !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Chou bi dou wouah ! (Tome 11)Chou bi dou wouah, voilà un titre qui met immédiatement de bonne humeur et une couverture qui donne envie de danser. L’album débute d’ailleurs sur une bonne note car Calvin a l’intention de s’excuser auprès de Susie Derkins, sa petite voisine et souffre-douleur attitrée. Et oui, ses boules de neige l’ont peut-être loupée, mais sa dernière insulte n’a pas raté sa cible… du coup, le voilà prêt à prononcer des excuses… certes un peu maladroites, mais c’est l’intention qui compte, non ? Tout est cependant bien qui finit bien car Calvin et Hobbes sont ensuite invités à l’anniversaire de Susie… enfin, surtout Hobbes.

« Calvin – Je me sens mal de m’être moqué de Susie et de l’avoir blessée. J’aurais pas dû.
Hobbes – Tu pourrais peut-être t’excuser.
Calvin – J’aurais préféré une solution un peu moins radicale. »

Au menu de ce tome, il y a bien évidemment Calvin et Hobbes qui transforment n’importe quel endroit en terrain de jeu, mais il y a aussi les gags récurrents concernant les tactiques de Calvin pour éviter de prendre son bain ou d’aller à l’école… surtout quand il doit aller au tableau avec un pantalon troué qui dévoile son caleçon avec des petites fusées. De plus, ses notes ne sont pas fantastiques… l’obligeant même à jouer à l’amnésique vis-à-vis de ses parents quand il oublie de faire ses devoirs.

Mais bon, il lui arrive parfois de faire des efforts à l’école, comme se faire beau et essayer une nouvelle coupe de cheveux le jour de la photo d’école. Grâce à Hobbes, il connaîtra d’ailleurs quelques sérieux soucis capillaires lors de cet onzième volet. À l’instar des tomes précédents, celui-ci reprend des histoires de différentes longueurs, allant de trois cases à quelques pages. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général.

« Calvin : J’ai rangé ma chambre maman… Et sans que tu aies à me le dire;
Maman : Oh ! Ça c’est très gentil.
Calvin : Bien sûr. Que cela ne devienne pas une habitude ! »

Ma préférence va comme d’habitude à ces récits où il peut laisser libre cours à son imagination débordante, notamment lors de ses transformations en Spiff le Spationaute, dont les chutes sont souvent hilarantes. Notre petit chenapan s’imagine notamment en dinosaure ou Balle Traçante, le détective privé, au moment de passer à table, en aigle afin d’attaquer son père au réveil, en tyrannosaure lors d’une visite au musée d’histoire naturelle et même en zombie pour éviter de faire ses devoirs. Son imagination ne s’arrête évidemment pas là, car notre ami invente également un Transmogrifeur, capable de le transformer en tigre… comme son copain.

Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques. L’auteur profite notamment de la découverte d’un raton laveur souffrant pour lancer une réflexion pleine de tendresse sur la mort. Le thème de l’écologie et de l’avenir de notre planète sera également abordé lorsque des entrepreneurs rasent des arbres pour y construire des lotissements.

« Je pleure parce qu’il est parti dans la vie, mais pas dans mon cœur. »

Parlons finalement de l’empathie inévitable envers ce duo éminemment sympathique. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, comme lorsqu’ils se jettent dans les bras l’un de l’autre après la mort du raton laveur, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurde, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse.

« Calvin – Maman dit que mourir, c’st aussi naturel que naître, c’est le cycle de la vie. Elle dit qu’on ne comprend pas vraiment mais que c’est comme beaucoup de choses et qu’on a qu’à faire de notre mieux avec ce qu’on sait. Je crois que c’est logique… Mais t’avise pas de partir !
Hobbes – T’inquiètes pas ! »

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions.

Incontournable !

Hub – Okko, Le Cycle du Vide (Tome 10)

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, Séries, [DL 2015], [Grand public], [Terminées] with tags , on 30 novembre 2015 by Yvan

La retraite d’Okko !

Hub - Okko, Le Cycle du Vide (Tome 10)Cette série prévue en cinq cycles, qui couvrirent respectivement l’eau, la terre, l’air, le feu et le vide, touche donc à sa fin car cet album clôt non seulement le diptyque consacré au vide, mais met également un terme à la carrière du célèbre rônin.

Le tome précédent débutait en effet par une annonce surprenante de la part d’Okko à ses trois compagnons, Noburo (le mystérieux guerrier au masque rouge), Noshin (le moine jovial amateur de saké) et Tikku (le jeune apprenti). Ayant commis une erreur impardonnable suite à des réflexes qui commencent à s’émousser, Okko décide en effet de prendre sa retraite et de se retirer dans le monastère des Lunes d’Ambre pour consacrer ses vieux jours à la spiritualité.

Sur le chemin qui conduit le célèbre rônin à sa dernière résidence, Noshin poursuit le récit sur la jeunesse de son maître. Le lecteur a donc de nouveau droit à un tome particulièrement riche en révélations, multipliant les longs flash-backs. Le vide est donc loin d’être scénaristique car le fait de lever le voile sur la part d’ombre du personnage le rend encore plus intéressant. Okko n’est d’ailleurs pas le seul personnage qui gagne en profondeur puisque le lecteur en apprend également plus sur Noshin lorsqu’il était encore novice dans un monastère… et sur l’énigmatique Noburo. Ce retour en arrière, sur les traces de la mère d’Okko, emmène le lecteur dans le village des Cascades-Ecarlates, où notre ami va se construire une solide réputation avant de débuter sa carrière de chasseur de fantômes… La boucle est ainsi bouclée…

Visuellement, Hub continue d’exceller, avec un dessin alliant lisibilité, dynamisme et souci du détail et des personnages attachants. Outre sa capacité à nous plonger dans un japon médiéval fantastique aux décors somptueux, l’auteur démontre qu’il est également capable de s’emparer du vide.

Une série incontournable que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année et un héros dont on espère vivement qu’il sortira un jour de sa retraite pour de nouvelles aventures.

Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Tous aux abris ! (Tome 10)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 7 novembre 2015 by Yvan

Hobbes a disparu !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Tous aux abris ! (Tome 10)Tous aux abris ! Revoilà Calvin et ses nombreuses bêtises ! On peut d’ailleurs presque parler de ses premières bêtises car, à l’instar du tome 8, cet album revient sur les débuts de Calvin et Hobbes.

Le lecteur y découvre notamment les débuts de Rosaline et force est de constater que la baby-sitter attitrée parvient encore à mater notre ami, surtout lorsque celle-ci s’avère également être sa prof de natation… et oui, c’est encore Calvin qui souffre le plus des deux lors de ces premiers gags.

« Je préfère ne pas savoir ce qu’il fabrique. Et toi ? »

Au menu de ce dixième volet, il y a bien évidemment Calvin et Hobbes qui transforment n’importe quel endroit en terrain de jeu, mais il y a aussi les gags récurrents concernant les tactiques de Calvin pour éviter d’aller à l’école ou de prendre son bain. Si la plupart des histoires ne font que quelques cases, certains récits sont un peu plus long, comme lorsque la famille part en vacances ou lorsque Hobbes se fait kidnapper par un chien. Si plusieurs histoires sont dédiées à la pratique de la pêche, chaque récit offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général.

« Il existe un rapport inverse entre ce qui est « bon pour vous » et le plaisir que vous en tirez. »

Ce que j’aime particulièrement dans ces strips, c’est l’imagination débordante de Calvin, notamment quand il se transforme en Spiff le Spationaute pour lancer une boulette de papier sur Susie ou pour échapper à la fin de la récréation à l’école. Notre ami se transforme également en tyrannosaure pour manger son bol de popcorn, en insecte pour lancer des petits pois à table, en mouche géante pour sortir les poubelles ou en caïman pour attaquer son père dans la piscine. Même sa mère se transforme en gorille pour l’obliger à ranger sa chambre, qui est une véritable jungle. J’adore !

« Maman – Calvin ! Cesse ce remue-ménage !!… »
« Maman – Qu’est-ce que je viens de te dire ?!? »
« Calvin – Pourquoi ? Toi non plus tu ne t’écoutais pas ? »

Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques.

« Hobbes – Penses-tu qu’il y a un Dieu ? »
« Calvin – En tout cas, quelqu’un me cherche ! »

Visuellement, la qualité de ces premiers strips est un peu moins bonne. Le dessin de Bill Watterson est néanmoins d’une grande simplicité et ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions.