Archive for the Ankama Category

Mathieu Bablet – Shangri-La

Posted in Ankama, BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2016] with tags on 5 décembre 2016 by Yvan

Une supernova du neuvième art !

Mathieu Bablet - Shangri-LaAprès « Adrastée » et des participations aux tomes 7 et 8 de « Doggybags », Mathieu Bablet se lance dans un space-opéra particulièrement ambitieux.

Dans un futur lointain, les hommes vivent agglutinés dans une gigantesque station spatiale sous le contrôle de la multinationale Tianzhu. Malgré l’absence de religion et une paix apparente, un mouvement rebelle dénonçant le manque de liberté et une dépendance extrême à la société Tianzhu commence à prendre de l’ampleur au sein du vaisseau. De plus, des scientifiques tentent de donner vie à une nouvelle race d’humains sur Titan, ce qui est particulièrement mal vu par une grande partie des gens qui doivent vivre cloîtré dans cet environnement ultra-formaté. De quoi rendre la situation particulièrement explosive…

Étalant son récit sur plus de 200 pages, Mathieu Bablet propose un one-shot d’une grande densité, qui aborde de nombreux thèmes tels que le capitalisme, les manipulations génétiques, le consumérisme à outrance, le racisme, l’écologie, l’expérimentation animale et la manipulation de masse. À travers les dérives de ce monde futuriste, l’auteur ne manque pas de dénoncer certaines dérives de notre société actuelle, faisant ainsi faire réfléchir le lecteur sur son propre mode de vie. Malgré cette densité, la narration s’avère néanmoins d’une grande fluidité, invitant le lecteur à plonger sans aucune retenue dans cet univers d’une grande richesse.

Si le scénario de Mathieu Bablet vaut le détour, le graphisme invite quant à lui à s’attarder sur chaque planche afin de profiter de cette mise en images qui s’installe très vite au diapason de l’ensemble. Il faut dire que l’auteur peut également compter sur une édition particulièrement soignée de la part d’Ankama. Ce grand format au dos toilé contribue en effet à mettre en valeur les décors vertigineux et fourmillant de détails imaginés par Mathieu Bablet. Ajoutez à cela un découpage cinématographique irréprochable, plusieurs cases aux perspectives vertigineuses et une mise en couleurs de toute beauté et la claque visuelle est totale !

Incontournable !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également: Moka

Publicités

Run – Doggybags, Prizon (Tome 11)

Posted in Ankama, BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2016] with tags on 26 septembre 2016 by Yvan

Plus que deux tomes !

Run - Doggybags, Prizon (Tome 11)Après un dixième tome plutôt décevant, j’attendais ce onzième volet de pied ferme. Force est de constater que cela démarre plutôt bien avec une superbe couverture signée Ed Repka. Puis, le lecteur a de nouveau droit à trois histoires courtes d’une trentaine de pages chacune, qui rendent hommage au cinéma Grindhouse des années 60-70.

La première (Carcharodon), signée David Hasteda et Ludovic Chesnot, propose une expédition en mer qui tourne forcément mal. En proposant de suivre un groupe de jeunes en mal de sensations fortes, qui rêvent de voir des requins de près, David Hasteda livre un récit classique au déroulement assez prévisible. Le dessin de Ludovic Chesnot contribue à insuffler beaucoup de dynamisme à l’ensemble, même si j’avais parfois du mal à distinguer ce qui se déroulait dans les cases.

La seconde histoire (Sagrado Corazon), imaginée par Valérie Mangin et mise en images par Loïc Sécheresse, invite à suivre un jeune truand qui échappe de justesse à un règlement de compte entre gangs rivaux. Afin de se mettre définitivement à l’abri de cette vendetta, il trouve refuge dans un petit bled mexicain uniquement composé de femmes. Une petite mise au vert qui sent bon le paradis, mais qui tournera inévitablement au cauchemar… Doggybags oblige ! Un récit sympa au dessin efficace !

Le dernier récit (Prizon), signé David Hasteda et Baptiste Pagani, se déroule dans un univers carcéral, saupoudré d’une bonne dose de vaudou. Une prison de haute sécurité se retrouve en effet assiégée par une foule en colère, qui réclame la tête d’un prisonnier soupçonné d’avoir tué une enfant. La tension monte au fil des pages et lorsqu’une prêtresse vaudou se joint aux manifestants, l’émeute vire très vite vers au carnage… Une histoire efficace, admirablement bien servie par la mise en images de Baptiste Pagani.

Si ce onzième volume de Doggybags propose à nouveau trois scénarios bien trashs et sans concessions, qui mêlent violence, horreur et une bonne dose d’hémoglobine, le lecteur a également droit à une nouvelle (Annie) de Tanguy Mandias et à un mini-récit de Run qui met en scène les héros de l’excellente saga « Mutafukaz ». Pour le reste, l’ambiance est à nouveau soignée jusque dans les moindres détails, de la maquette du livre au style rétro, en passant par les fausses publicités, un poster détachable en fin d’ouvrage… et même un sticker offert gratuitement.

Un bon tome et une excellente saga se terminera malheureusement après treize numéros…

Aurélien Ducoudray et Steve Baker – BOTS

Posted in Ankama, BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Trilogies, [Accessible], [DL 2016] with tags , on 15 juin 2016 by Yvan

L’origine du bébé ?

Aurélien Ducoudray et Steve Baker - BOTSAprès « The Grocery », « Young », « Amère Russie », « Bob Morane – Renaissance » et « Leviathan », Aurélien Ducoudray s’attaque à la science-fiction avec un récit prévu en trois tomes.

« BOTS » plonge le lecteur dans un monde ravagé par une guerre perpétuelle entre robots. L’homme ayant disparu de la surface de la Terre, l’auteur nous invite à suivre un trio d’automates aux tâches bien précises : War-Hol le robot guerrier, Rip-R le mécanicien chargé de son entretien et Snoop-i, le robot aux allures de chien chargé de porter le matériel. Le seul petit hic parmi ce trio pas encore très bien rodé et censé faire la guerre à l’ennemi, est que War-Hol s’enfuit au lieu de combattre et qu’il cache une étrange petite chose à l’intérieur de son armure : un bébé humain !

Aurélien Ducoudray brosse tout d’abord le portrait d’une série de personnages finalement très humains pour des machines. Il ne faut donc que quelques pages pour s’attacher à ce chien plutôt drôle, à ce guerrier pacifique et buté et à ce mécano particulièrement râleur. Puis il y a ce bébé, dont la présence intrigue forcément et dont on aimerait découvrir l’origine…

Le scénariste livre ensuite une quête à la recherche de réponses, qui nous plonge dans le passé de cette planète dirigée par l’intelligence artificielle où vécurent jadis les hommes, mais dont quasi personne ne se souvient. À travers cette société futuriste qui a éradiqué l’être humain, l’auteur s’amuse non seulement à pointer du doigt les dérives de notre monde actuel, mais il multiplie également les références en tous genres. Ces nombreux clins d’œil sont particulièrement amusants et raviront le geek qui sommeille en chacun de nous.

Puis il y a le graphisme proposé par Steve Baker, également bourré de nombreuses références, allant de fausses pubs à la présence d’une version robotisé de Captain America et Bucky. Proposant une narration chapitrée visiblement très influencée par les comics, ainsi qu’un character-design très réussi, il livre un dessin qui colle parfaitement au récit.

Avec un prix de lancement de seulement 10 euros, il serait vraiment dommage de passer à côté de cet excellent tome que vous pouvez d’ailleurs retrouver dans mon Top BD de l’année !

Run – Doggybags, Unlucky (Tome 10)

Posted in Ankama, BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2016] with tags on 13 juin 2016 by Yvan

Un peu moins bon !

Run - Doggybags, Unlucky (Tome 10)A peine deux mois après un neuvième volet qui se déroulait entièrement dans un parc d’attraction qui permettait aux visiteurs de revivre les grands moments de l’Histoire des États-Unis en compagnie de figurants assez spéciaux, ce dixième tome revient à la formule de base de cette saga en proposant trois nouvelles histoires courtes d’une trentaine de pages chacune, qui rendent hommage au cinéma Grindhouse des années 60-70.

À l’inverse du tome précédent, qui s’articulait autour d’un parc peuplé de zombies, celui-ci part à nouveau dans tous les sens. Au menu de ce dixième volume de Doggybags : une chasse à la malchance, une quête vengeresse au sein de la mafia russe et des orphelins obligés de manger des chats dans un futur post-apocalyptique. Le lecteur a donc droit à trois histoires bien trashs: des scénarios sans concession qui mêlent violence, humour, testostérone et une bonne dose d’hémoglobine.

Le premier récit, intitulé « Unlucky », est l’œuvre du polonais Bartosz Sztybor (scénario) et du russe Ivan Shavrin (dessin). Pour leur première contribution au neuvième art franco-belge, les deux nouveaux-venus propulsent le lecteur dans un monde futuriste où une unité d’élite est chargée d’éliminer les potentiels facteurs de malchance pouvant mettre en danger les citoyens. Si je ne suis pas fan du dessin trop brouillon d’Ivan Shavrin, je n’ai pas non plus accroché à ce scénario un peu faiblard qui repose quasi entièrement sur une chute finalement assez prévisible…

Si le deuxième récit (« Phalanga »), signé Mojo et Simon « Hutt » T., se déroule à New York, on demeure tout de même dans l’ambiance des pays de l’Est car il invite à suivre la quête vengeresse d’un dénommé Phalanga au sein de la maffia russe. C’est une histoire de vengeance assez classique, délicieusement violente et pourvue de dialogues aussi percutants que le personnage principal. Si ce héros aux capacités surprenantes, qui porte des stigmates à chaque main, fait mouche, on saluera également la prestation de Hutt lors des flash-backs qui reviennent sur l’origine de la haine de cet enfant russe. Classique et efficace !

La dernière histoire (« Motor City »), signée Valérie Mangin et Thomas Rouzière, invite à suivre une bande d’orphelins dans une ville de Detroit totalement désertée suite à une seconde faillite. Cette histoire de vengeance, de survie et d’exploitation des plus faibles est également assez bonne, avec une belle prestation de Thomas Rouzière, qui distille une ambiance post-apocalyptique particulièrement efficace.

Pour le reste, l’ambiance est à nouveau soignée jusque dans les moindres détails, de la maquette du livre au style rétro et usé de l’ensemble, en passant par les fausses publicités, un poster détachable en fin d’ouvrage, les mini-coupons à découper ou ce vrai-faux courrier des lecteurs, qui sont insérés avec minutie dans l’album, rappelant le bon souvenir des vieux comics underground.

Un tome un peu moins bon que les précédents et un planning des sorties en fin d’album qui nous rappelle que cette excellente saga se terminera malheureusement après treize numéros…

Run – Doggybags, Death of a nation (Tome 9)

Posted in Ankama, BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2016] with tags , on 4 avril 2016 by Yvan

Trois histoires de zombies !

Run - Doggybags, Death of a nation (Tome 9)Souvenez-vous : « Death of a Nation » est également le titre de la dernière histoire du cinquième tome de cette saga qui rend hommage au cinéma Grindhouse des années 60-70. Run et Aurélien Ducoudray y emmenaient le lecteur dans un parc d’attraction qui invite les visiteurs à revivre les grands moments de l’Histoire des États-Unis en compagnie de figurants assez spéciaux : des zombies. Et oui, depuis l’épidémie de zombies de 2018, la loi Romero retire en effet tous leurs droits aux morts-vivants, ce qui permet de remplacer les ennemis d’antan par des zombies que les visiteurs peuvent dégommer avec des armes réelles. Sympa non ?

Tellement sympa que les auteurs décident de consacrer un tome entier à ce parc d’attractions hors-norme dans lequel les morts-vivants sont uniquement sensés divertir les visiteurs. Mais bon, ça c’est la théorie… comme on a pu le découvrir lors du cinquième volet de cette série.

Ce neuvième tome de Doggybags livre trois nouvelles histoires courtes d’une trentaine de pages chacune, qui mêlent à nouveau barbarie, horreur et beaucoup d’hémoglobine, mais qui se focalisent surtout sur les zombies et sur le parc d’attractions le plus gore et macabre des États-Unis.

La première histoire (Patriot Act), signée Run et Philippe Auger, se déroule au début de l’incident qui libère les zombies dans le parc. Le lecteur y suit Rupoch Murder, le richissime propriétaire du parc, qui organise une visite guidée dans les coulisses du complexe afin de convaincre un potentiel investisseur texan de mettre ses billes dans de nouvelles attractions. Un récit bien amusant qui dévoile le sort des zombies et qui ne met pas forcément les texans en valeur…

Le second récit (Opération Wonderland), signé Hasteda et Jebedaï, se déroule après le drame qui a frappé le parc d’attraction et suit l’intervention des soldats du S.T.R.E.S.S., visant à sauver les survivants et à mettre fin à la menace. Après les texans, ce sont donc les militaires américains qui sont mis en valeur par les auteurs… héhéhé…

Puis, lors du dernier chapitre, intitulé « The Last President », ce sont Aurélien Ducoudray et Run qui s’attaquent au chef suprême des États-Unis en suivant les Président des States cloîtré pendant 90 jours dans son bunker sous la Maison Blanche afin de survivre à l’invasion. Ce récit qui s’attaque au thème de l’immigration illégale réserve un petit twist final assez amusant et n’incitera pas forcément les gens à voter pour Donald Trump.

Pour le reste, l’ambiance est à nouveau soignée jusque dans les moindres détails, de la maquette du livre au style rétro et usé de l’ensemble, en passant par les fausses publicités, un poster détachable en fin d’ouvrage, les mini-coupons à découper ou ce vrai-faux courrier des lecteurs, qui sont insérés avec minutie dans l’album, rappelant le bon souvenir des vieux comics underground.

Bref, un neuvième épisode à nouveau très sympathique.

Run – Mutafukaz, V (Tome 5)

Posted in Ankama, BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Séries, [Avancé], [DL 2015], [Terminées] with tags on 5 octobre 2015 by Yvan

Conclusion d’une excellente saga !

Run – Mutafukaz, V (Tome 5)Il y a près de dix ans paraissait le premier tome de cette saga hors norme qui s’amusait à dynamiter les poncifs du genre et faisait souffler un vent de fraîcheur au sein d’un neuvième Art qui s’enlisait avec complaisance à l’intérieur de formats standards et de parutions classiques. Après une (trop) longue attente, ce cinquième opus (le sixième en comptant l’excellent tome 0) offre enfin la conclusion de cette saga percutante et innovante d’Ankama éditions.

Même si Dark Meat City est plus ravagée que jamais suite à l’attaque des envahisseurs Machos, c’est toujours un véritable plaisir de replonger dans cet environnement gangsters hip-hop et tequila à la sauce fantastique qui invite à découvrir la conclusion de cette véritable tuerie. Dans ce décor apocalyptique, le gang unifié de Dark Meat City décide de s’allier aux militaires afin d’augmenter leurs chances de survie face aux extra-terrestres. Si la situation semble désespérée, la météo et quelques flocons de neige vont néanmoins apporter une petite lueur d’espoir. Pendant ce temps, les deux anti-héros de ce road-movie explosif se planquent dans la cave de Willy, où Vinz tente de dompter les nouveaux pouvoirs d’Angelino…

Après un album, très justement intitulé « Révélations », qui levait le voile sur les véritables origines de cet ancien livreur de pizza dont la vie bascula le jour où il s’est fait percuter par une fourgonnette, et un quatrième épisode qui jouait pleinement la carte de l’action tout en dévoilant les aptitudes terrifiantes d’Angelino, cet ultime volet emmène progressivement le lecteur vers la conclusion des aventures du pizzaiolo à la tête noire et de son ami Vinz au crâne enflammé. Malgré quelques éclaircissements concernant les différentes théories de complot, les révélations sont moins nombreuses, mais ce cocktail original situé aux frontières des genres continue néanmoins de faire mouche. Dans la lignée des tomes précédents, celui-ci est à nouveau imprégné d’un rythme trépidant, l’humour est constamment au rendez-vous, les répliques fusent et l’action est omniprésente. Cette errance à travers des quartiers transformés en champ de bataille montre des personnages principaux certes toujours aussi attachants et drôles, mais totalement dépassés par les événements.

Graphiquement, cette œuvre hybride qui mélange différentes expérimentations graphiques et concepts visuels ne laisse aucune place à l’ennui. Multipliant les références, parsemant les détails, dynamitant les poncifs du genre, jouant avec les codes et passant d’une ambiance à l’autre, ce road-movie bourré d’originalité enchaîne des planches plus dynamiques les unes que les autres. Développant un style très personnel, le dessin de Run se place toujours aussi volontiers au diapason de ses délires scénaristiques. Les amateurs de petites lunettes rouges et vertes se délecteront d’ailleurs de la présence de quelques cases en version 3D, avec Will Smith dans le rôle principal.

Bon, voilà, c’est terminé ! Un grand merci à Run pour ce beau délire qui aura duré dix ans. Il ne me reste plus qu’à aller coller les vignettes qui accompagnent la version collector et à attendre la parution du long-métrage animé annoncé pour 2017.

Run – DoggyBags, Soledad (Tome 8)

Posted in Ankama, BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2015] with tags , on 21 septembre 2015 by Yvan

Tueurs en série et légende nicaraguayenne !

Run - DoggyBags, Soledad (Tome 8)Après un septième volet qui proposait un véritable bain de sang en plein territoire redneck, un huis-clos sanglant dans un relais routier entouré d’une faune hostile au milieu des Carpates et la traque d’un Big Foot dans les montagnes ontariennes, ce huitième tome livre trois nouvelles histoires courtes d’une trentaine de pages chacune, qui rendent à nouveau hommage au cinéma Grindhouse des années 60-70.

Au menu de ce huitième volume de Doggybags : une vengeance sanglante au Nicaragua, un célèbre tueur en série aux États-Unis et un cannibale à Hong Kong. Le lecteur a donc droit à trois histoires bien trashs issus de légendes urbaines et de faits divers authentiques : des scénarios sans concession qui mêlent barbarie, horreur, fantastique et beaucoup d’hémoglobine.

Ca démarre fort avec « Soledad », qui marque l’arrivée de deux nouveaux-venus dans la série DoggyBags. Il y a tout d’abord la scénariste Noëllie Pravia, qui puise dans le folklore de ses origines nicaraguayennes pour livrer une histoire de vengeance particulièrement sanglante. La dessinatrice Juliette Le Hégarat, issue du monde du tatouage, vient compléter ce duo entièrement féminin qui plonge la petite ville d’Estell dans l’horreur. Leur héroïne ne manquera d’ailleurs pas de massacrer de nombreux hommes de manière atroce…

La seconde histoire (To serve and protect), signée El Diablo et Ludovic Chesnot, revient sur la bavure policière de deux flics qui auraient pu sauver de nombreuses vies lors d’une intervention qu’il ont pris trop à la légère. Ce fait divers authentique, lié à l’histoire du tueur en série Jeffrey Dahmer, surnommé “le cannibale de Milwaukee”, est pour moi le meilleur des trois récits. Je vous invite d’ailleurs à lire l’excellent « Mon ami Dahmer » de Derf Backderf, qui revient sur l’enfance et la genèse de celui qui fut l’un des pires serial killers de l’histoire des États-Unis.

Le dernier récit (The City of darkness), signé Jonathan Garnier et Mathieu Bablet, plonge le lecteur dans la cité Ghetto de Kowloon à Hong Kong, où l’origine de la viande d’un étrange boucher est remise en question suite à de nombreuses disparitions dans ce quartier surpeuplé.

Pour le reste, l’ambiance est à nouveau soignée jusque dans les moindres détails, de la maquette du livre au style rétro et usé de l’ensemble, en passant par les fausses publicités, un poster détachable en fin d’ouvrage, les mini-coupons à découper ou ce vrai-faux courrier des lecteurs, qui sont insérés avec minutie dans l’album, rappelant le bon souvenir des vieux comics underground. Notons également la présence d’une carte de prière peinte par l’artiste nicaraguayen Marvin Campos Chavarria et intégrée en fin d’ouvrage. Certains bonus, comme les faits divers réels ou fiches explicatives sur les légendes urbaines, apportent même une touche didactique et réaliste aux thèmes abordés.

Bref, un huitième épisode de bonne qualité, qui ouvre à nouveau la porte à quelques nouveaux-venus au sein du neuvième art.