Archive for the Carabas Category

Jason – J’ai tué Adolf Hitler

Posted in BANDES DESSINÉES, Carabas, Franco-Belge, One-shots, [Avancé], [DL 2006] with tags on 10 octobre 2015 by Yvan

Histoire d’amour à travers le temps !

Jason - J’ai tué Adolf HitlerCela faisait déjà un moment que j’étais attiré par les œuvres de cet artiste norvégien, mais, malgré les critiques élogieuses et les nombreux prix (nominations à Angoulême pour le meilleur premier album en 2003 et le meilleur scénario en 2005, Eisner Award en 2008), il y avait toujours quelque chose qui me rebutait lorsque je feuilletais ses albums. J’ai finalement craqué et comme c’est cet album qui m’intriguait le plus, j’ai commencé par celui-ci.

Déjà, la couverture et le titre prennent le lecteur solidement à contre-pied car le thème principal de l’album est une histoire d’amour. Pourtant, à la base, on est invité à suivre un tueur à gages qui accepte n’importe quel contrat sans trop se poser de questions. Si les demandes qu’il reçoit vont dans tous les sens, la dernière en date décroche tout de même le bouquet : remonter le temps pour tuer Adolf Hitler !

« – Mon boss m’avait promis une augmentation et le bureau du fond. Et qui l’a eue cette promotion !? Wagner du département ventes. Je le hais !
– Qui voulez vous supprimer, votre boss ou Wagner ?
– Les deux, c’est possible ? »

C’est au moment où notre tueur s’apprête à éliminer le Führer avant qu’il ne déclenche la seconde guerre mondiale que l’auteur nous prend à contre-pied. Il aurait pu s’attarder sur les conséquences d’un monde sans Hitler ou démarrer une course-poursuite haletante entre Adolf et notre assassin, mais non, il délaisse ces nombreuses possibilités alléchantes pour nous servir une « banale » histoire d’amour. Notre tueur va certes jusqu’au bout de sa mission, mais l’on comprend bien vite que ceci n’est plus qu’un prétexte pour nous servir une belle histoire d’amour qui traverse les époques. Arrivé à la conclusion émouvante de ce récit pourtant empli de noirceur, force est de constater que l’auteur nous a bien eu et que son approche s’avère brillante !

Visuellement, le trait épuré proche de la ligne claire de l’auteur sert admirablement le récit, tout comme la superbe colorisation de Hubert. Jason propose des personnages anthropomorphiques qui se ressemblent fortement et qui sont peu expressifs, mais cela confère un certain stoïcisme et une nonchalance à ces protagonistes qui semblent constamment détachés face à la gravité des différentes situations. Cette approche graphique minimaliste et cette déshumanisation se poursuivent au niveau des décors, des nombreux passages muets riche en non-dits et du formatage en cases identiques servies sous forme de gaufrier. Derrière la solitude des personnages, le vide apparent de leurs existences et la noirceur du monde qui les entoure, Jason parvient néanmoins à dégager des sentiments profonds, une petite lueur d’espoir et de nombreux regrets, comme souvent à la fin d’une vie… Brillant !

Ils en parlent également : Mo’

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Richard Marazano & Camille Le Gendre – Guerrero

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Carabas, Diptyques, Franco-Belge, [Avancé], [DL 2008] with tags on 2 novembre 2011 by Yvan

À la découverte de l’autre …

Richard Marazano & Camille Le Gendre - GuerreroCe récit de Richard Marazano (Cuervos, « Genetiks », « Le complexe du chimpanzé », « Chaabi ») et Camille Le Gendre (« La Colère d’Achille ») s’inspire de l’histoire de Gonzalo Guerrero. Ce Castillan est un des seuls survivants d’une expédition ayant fait naufrage en 1511 près de la péninsule du Yucatan. Capturés par les Mayas, Gonzalo Guerrero et le frère franciscain Gerónimo de Aguilar, sont les deux seuls espagnols à survivre à ce périple.

Cette première partie de diptyque montre la capture et la survie en captivité de Guerrero au sein d’une tribu amérindienne. Cet homme bercé par la civilisation européenne se retrouve face aux horreurs des coutumes de ce peuple qui sacrifie les siens en l’honneur des dieux mayas. Mais, au fil des pages, le captif va également entrevoir le quotidien et l’organisation de ces mayas et découvrir une tribu qui vie en totale harmonie. Lentement il va parvenir à regarder au-delà de ses origines et s’intéresser aux valeurs de ce peuple qui n’est pas encore le sien. Il est ainsi partagé entre ses sentiments envers ces autochtones dont il est devenu l’esclave et ses origines. Des origines qui sont ici brillamment représentées par des duègnes de noir vêtues, qui lui avaient prédit un avenir magnifique à sa naissance et qui finissent par se résigner au fil des événements et de l’acclimatation et l’indianisation progressive de Guerrero. La peur vis-à-vis de ce qu’il ne connaît pas finit par faire place à la compréhension et le respect de l’autre. Une réflexion qu’il est toujours bon d’avoir, qu’il s’agisse d’une autre culture, d’une autre période, d’une autre religion ou d’une autre personne, même si elle est ici le fruit d’une situation extrême et dépourvue de liberté.

Le graphisme de Camille Le Gendre est de toute beauté. Elle plonge le lecteur dans un choc de cultures qui baigne dans un mélange de couleurs ocres chatoyantes. Des peintures splendides qui ouvrent les yeux sur les coutumes locales et le quotidien des mayas. Une colorisation chaleureuse à l’image de ces perroquets et de ces habits de plumes aux couleurs vives et chatoyantes, qui est alterné avec les couleurs plus grisâtres de ces planches qui lient Guerrero à son passé et ses origines. Le contraste est frappant et parfaitement à l’image de la dualité qui traverse Guerrero. Quelques planches muettes viennent d’ailleurs parfaitement capturer les sentiments qui traversent notre héros, tout en accélérant le rythme du récit.

Dépaysant et splendide !
WOMEN BD

bd du mercrediAllez découvrir les autres BDs du mercredi sur le blog de Mango !

Durandur – Durandur encule tout le monde

Posted in BANDES DESSINÉES, Carabas, Franco-Belge, One-shots, [DL 2005], [Sélectif] with tags on 29 avril 2010 by Yvan

durandur enculeAmes sensibles, petits esprits et quasi tous les autres : cette bande dessinée va vous choquer, vous déranger et vous mettre mal à l’aise. Ce titre n’est pas fait pour chatouiller votre curiosité, mais est à voir comme un avertissement car Durandur va effectivement pénétrer au plus profond de votre âme et explorer les frontières de votre humour noir, pour finalement aller encore plus loin que ça.

Pas de censure, pas de retenue, pas de tabous, ni dans le titre et encore moins dans le contenu. Vous n’échapperez à rien : pornographie, mutilations, violence, sadomasochisme, nécrophilie, démembrements, vomissements, perversion et j’en passe. C’est d’ailleurs la première fois que Lire la suite