Archive for the Futuropolis Category

Luc Brunschwig et Roberto Ricci – Urban, Enquête Immobile (Tome 4)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2017], [En cours], [Grand public] with tags , on 7 juillet 2017 by Yvan

Avant-dernier tome d’une saga incontournable !

Luc Brunschwig et Roberto Ricci - Urban, Enquête Immobile (Tome 4)Avec trois albums simultanés dans les vitrines de toutes les bonnes librairies, Lucky Luc dégaine les bandes dessinées plus vite que son ombre pour l’instant. Si la conclusion de « La Mémoire dans les Poches » est un véritable petit bijou et que le « XIII Mystery » consacré à Jonathan Fly est probablement le meilleur de la série, il ne fallait pas s’appeler Nostradamus pour savoir que ce quatrième tome d’ « Urban » allait être une véritable tuerie !

Suite à l’attaque terroriste qui a plongé le parc d’attraction de Monplaisir dans un chaos total et à son refus d’abattre un homme, Zacchary Buzz se retrouve confiné dans son appartement. Le jeune Interceptor ayant toujours un accès illimité aux archives de Monplaisir, cette immobilisation ne l’empêche cependant pas de faire avancer son enquête et de se rapprocher de la vérité…

Si le début de cette saga absolument incontournable laissait déjà entrevoir toute la noirceur des coulisses peu glamour de ce paradis artificiel dorénavant privé de paillettes, Luc Brunschwig lève désormais progressivement le voile sur la genèse du « dernier endroit où ça rigole dans la galaxie » et sur son créateur et dirigeant mégalo, Springy Fool. Distillant ses flash-backs avec toujours autant de précision, il poursuit la mise à nu de toute la superficialité de cette société accro à la téléréalité, construite sur des inégalités sociales et donnant à l’argent le pouvoir de l’illusion du bonheur. Après avoir livré les regards innocents de Zach et du jeune Niels sur ce gigantesque parc d’attractions, l’auteur fait maintenant tomber le masque de l’homme déguisé en lapin blanc qui anime cette cité à l’apparence idyllique.

Faisant preuve d’une narration toujours aussi experte, l’auteur montre le vrai visage de Springy Fool, démontrant à nouveau sa capacité à construire des personnages complexes. Si les portraits d’Ishrat, la splendide jeune fille couverte de tatouages, et de Zach, le héros délicieusement naïf de cette saga, révélaient des individus foncièrement attachants, l’éclairage apporté aux personnages de Springy Fool et de son homme de main Membertou, s’avère beaucoup plus sombre. La noirceur de ces portraits n’est cependant jamais totale, à l’image de cette incapacité touchante du fondateur de la mégapole à séduire les femmes qui lui plaisent…

Dénouant les fils de son intrigue et apportant un nouvel éclairage aux événements des tomes précédents, Luc Brunschwig place progressivement les dernières pièces de ce puzzle qui nous tient en haleine depuis quatre tomes et dont on attend déjà la conclusion avec grande impatience.

Visuellement, il faut bien avouer que les italiens ne font pas que parler avec leurs mains, ils savent également dessiner. L’artiste transalpin, qui avait déjà eu la gentillesse de dessiner mes enfants déguisés en Mega Mindy et Mega Toby lors de la page 53 du précédent album, fait une nouvelle fois parler tout son talent. En véritable architecte de ce lieu de plaisir et de débauche, il parvient à plonger ce monde fait de néons, de paillettes et de couleurs dans une ambiance oppressante, distillant progressivement la noirceur qui anime les coulisses de cet univers enjôleur. J’ai beau finir dernier à chaque partie de Pictionary et accorder plus d’importance au scénario d’une bande dessinée qu’à son graphisme, cela ne m’empêche pas de me sentir privilégié quand un dessinateur prend soin de peaufiner ses planches avec tant d’attention. Forza Italia !

Il ne me reste plus qu’à terminer par un avis aux quelques Robinsons qui n’ont pas encore entamé cette série, en leur signalant la parution d’un pack à prix réduit, comprenant les deux premiers tomes de la saga. Franchement les gars, il est temps de quitter votre île car le voyage en vaut la peine !

Je ne surprendrai probablement personne en mentionnant finalement que vous pouvez également retrouver cet album dans mon Top BD de l’année !

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Luc Brunschwig et Etienne Le Roux – La mémoire dans les poches, Troisième partie

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Guerre, Luc Brunschwig, Trilogies, [Accessible], [DL 2017] with tags , , , on 23 juin 2017 by Yvan

Enfin toutes les réponses !

Luc Brunschwig et Etienne Le Roux - La mémoire dans les poches, Troisième partieCeux qui n’ont pas la mémoire en poche, se souviendront probablement du premier volet de cette saga, datant déjà de 2006. Le chemin parcouru fut donc presque aussi long que celui de ce papy qui doit user de copions pour rafraîchir ses souvenirs… mais l’attente valait certainement le coup.

N’ayant pas d’aide-mémoires planqués dans mes vêtements, j’ai commencé par relire les deux premiers volets avant de plonger dans la conclusion de cette chronique sociale qui devait encore révéler la plupart de ses secrets. Si le premier volet suivait principalement les pas de ce mystérieux papy souffrant de troubles de la mémoire et trimballant un nourrisson affamé au milieu d’une banlieue populaire, le lecteur suit dorénavant d’un Laurent Létignal, bien décidé à retrouver la trace de son père, disparu depuis plusieurs années. Accompagné de Marion, filmant chaque étape des éventuelles retrouvailles pour une émission télévisée, Laurent remonte donc la piste des indices abandonnés par son père en cours de route. Au fil des rencontres, il découvre les secrets et les véritables origines de son géniteur.

A l’aide de flashbacks habilement distillés et d’une narration exemplaire, qui soigne particulièrement les transitions entre les différentes époques, Brunschwig dévoile les mensonges qui fissurent progressivement cette famille en apparence tellement heureuse. Entre une mère devenue dépressive, un fils qui voit son père se transformer en véritable inconnu et le passé traumatisant du septuagénaire, Brunschwig libère progressivement toutes les souffrances de ses personnages. Si cette conclusion est une nouvelle fois d’une grande justesse et débordante d’humanité, elle s’avère surtout riche en émotions. Puisant dans son propre patrimoine familial, on sent que l’auteur a mis tout son cœur dans cette relation père-fils qui atteint son apogée sentimentale lors d’une scène finale particulièrement bouleversante.

Si la vie du septuagénaire est chargée en émotions, la découverte de son passé à travers le regard de ses proches permet également d’apporter une réponse à toutes les questions laissées en suspens lors des tomes précédents. Cet ultime volet est donc également celui des révélations, qui ne manqueront pas de surprendre le lecteur, tout comme elles abandonnent régulièrement Laurent sur le cul.

La première et la dernière case de cette conclusion ont beau être similaires, ce qui se déroule entre les deux est d’une grande densité. Pourtant, malgré la complexité et la richesse de l’existence de ce septuagénaire marqué par l’occupation allemande, Luc Brunschwig parvient à livrer un récit d’une fluidité exemplaire, qui ne perd jamais son lecteur.

Au niveau du graphisme, j’ai toujours été fan du graphisme d’Etienne Le Roux et, malgré le très bon travail de Jérôme Brizard sur la colorisation du tome précédent, je suis tout de même ravi de retrouver le dessinateur aux manettes de la colorisation. Outre sa capacité à donner vie aux petites gens, j’ai donc également pris grand plaisir à replonger dans l’ambiance unique, pleine de douceur, qu’il parvient à insuffler à ses planches à l’aide de tons savamment choisis.

Une saga qui restera dans les mémoires et un coup de cœur qui mérite une petite place dans mon Top BD de l’année !

Gipi – La terre des fils

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Gipi, One-shots, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 28 avril 2017 by Yvan

Après la fin !

Gipi - La terre des filsTrois ans après « Vois comme ton ombre s’allonge », Gipi (Ma vie mal dessinée, S., Notes pour une histoire de guerre) revient avec une œuvre post-apocalyptique en noir et blanc.

Le récit se déroule après le chaos, sur les rives d’un lac où quelques rescapés vivent de chasse et de troc. Parmi eux, le lecteur est invité à suivre un père et ses deux fils qu’il élève à la dure, allant même jusqu’à interdire l’utilisation de certains mots, comme le verbe « aimer », afin de les préparer à ce monde hostile dans lequel ils doivent dorénavant (sur)vivre. En pleine adolescence, les deux enfants commencent néanmoins à se rebeller et se demandent ce que leur père écrit quotidiennement dans son cahier. Malheureusement, ils sont tous les deux analphabètes car, dans cet environnement hostile, il est bien plus important d’apprendre à dépecer qu’à lire…

L’origine de ce monde totalement dévasté et partiellement inondé n’est jamais révélée par l’auteur, mais ce n’est pas primordial car il s’agit là d’un prétexte pour démontrer à quelle vitesse l’humanité peut sombrer. L’utilisation d’un vocabulaire réduit, dont certains mots découlent encore clairement de l’utilisation de réseaux sociaux bien connus, fait ainsi carrément froid dans le dos. L’auteur utilise également ce décor délabré pour livrer un récit initiatique montrant deux jeunes qui, en passant à l’âge adulte, se posent de plus en plus de questions, tout en ayant de plus en plus de mal à accepter l’autorité parentale. Si ce one-shot aborde l’éducation et la transmission, sa chute, absolument brillante, apporte un brin d’amour et d’espoir tellement bienvenu dans ce monde plein de noirceur.

Visuellement, la maîtrise du noir et du blanc de Gipi est époustouflante. Son coup de crayon hachuré transmet avec brio toute la désolation de l’univers qu’il a imaginé, tout en insufflant beaucoup d’expressivité aux personnages.

Un coup de cœur que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Yaneck

Pascal Rabaté – La Déconfiture, Première Partie

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Futuropolis, Guerre, Pascal Rabaté, [Accessible], [DL 2016] with tags , on 6 mars 2017 by Yvan

Au cœur de la débâcle !

Pascal Rabaté - La Déconfiture, Première PartieAvec « La Déconfiture », l’auteur des « Les petits ruisseaux » et de l’incontournable « Ibicus » propose une nouvelle œuvre en solo afin de nous conter la débâcle de l’armée française au début de la Deuxième Guerre mondiale.

En accompagnant deux soldats qui tentent de retrouver leur régiment, ce récit qui se déroule en juin 1940, invite à suivre la déroute de la France à hauteur d’hommes. Amédée Videgrain, soldat du 11ème régiment isolé de ses compagnons suite à un raid aérien qui a percé le réservoir de sa moto, et André, à la recherche du 65ème, vont symboliser toute l’impuissance et la résignation d’un pays face à la progression rapide et efficace de l’armée allemande.

C’est en se promenant sur les routes de France que les deux constatent le chaos ambiant. Il y a d’une part ces troupes françaises mal préparées, qui se font balayer par les Allemands en seulement quelques semaines, symbolisés par des soldats qui perdent leur régiment dans la confusion générale. Il y a d’autre part l’exode massif de citoyens sans défense qui, dans la panique générale, trimballent le peu de biens qui leur restent sur des routes périlleuses régulièrement frappées par les raids ennemis.

Le lecteur suit donc l’errance de deux hommes confrontés à l’absurdité de la guerre. Deux êtres humains qui, à défaut de tirer un seul coup de feu, croiseront beaucoup de morts. Malgré la tragédie qui les entoure, ils parviennent à créer de beaux liens d’amitié, insufflant ainsi un brin d’humanité à ce monde plongé dans l’horreur. Pascal Rabaté (Le petit rien tout neuf avec le ventre jaune, La Marie en plastique, Bienvenue à Jobourg) multiplie d’ailleurs les dialogues truffés d’humour, alliant ainsi le tragique au comique. La sobriété de son dessin noir et blanc permet au graphisme de se mettre entièrement au service de l’histoire, concentrant toute l’attention du lecteur sur le destin tragique de ces hommes.

Une très bonne première partie de diptyque, qui donne envie de poursuivre la route en compagnie d’Amédée.

Ils en parlent également : Jérôme

Jeff Lemire – Winter road

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Futuropolis, One-shots, [DL 2016], [Sans super-héros] with tags on 23 novembre 2016 by Yvan

La vie d’un voyou dans le fin fond du Canada !

Jeff Lemire - Winter roadÀ l’instar d’ « Essex County », Jeff Lemire (Sweet Tooth, Jack Joseph soudeur sous-marin, Trillium)nous emmène une nouvelle fois dans son pays natal. L’action de « Roughneck » (titre original) se déroule en effet dans un bled perdu de la province de l’Ontario au Canada.

Dans cet univers hostile et enneigé qui n’est pas sans faire penser à celui de « Fargo », l’auteur invite à suivre les pas de Derek Ouelette. Cet ancien joueur de hockey, reconverti en loser qui dort dans un petit local de la patinoire, passe ses journées accoudé au bar en attendant la prochaine occasion de se bagarrer. Sa sœur Bethy n’est pas beaucoup mieux lotie : partie treize ans auparavant en direction de Toronto, elle revient dans sa ville natale sans un radis, complètement camée et poursuivie par un ex violent. Avec son frère comme seul espoir, ses chances de s’en sortir semblent bien minces… à moins qu’elle lui redonne un but dans la vie…

Jeff Lemire signe donc un one-shot basé sur les relations familiales, dans un environnement où les conflits se règlent par la violence. L’auteur nous immerge lentement dans ce huis clos au milieu de nulle part, dévoilant progressivement le poids qui pèse sur les différents personnages. Les décors dépouillés et la colorisation bleutée renforcent encore la froideur et le calme qui règnent dans cet endroit aux conditions climatiques rudes, où le silence est roi. Seul les flash-backs sont en couleurs, comme pour souligner des temps meilleurs. Le trait brut et particulièrement expressif contribue également à faire ressortir la dureté des visages de ces personnages torturés par une vie difficile et marqués par ce climat hostile.

Très bon, même si l’intrigue ne déborde pas forcément d’originalité.

Ils en parlent également : Mo’, Jérôme

Kris, Barbara Pellerin et Vincent Bailly – Mon père était boxeur

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Kris, One-shots, [Accessible], [DL 2016] with tags on 17 août 2016 by Yvan

Un uppercut riche en émotions !

Kris, Barbara Pellerin et Vincent Bailly - Mon père était boxeurAprès l’adaptation d’ « Un sac de Billes » de Joseph Joffo, Kris (Coupures irlandaises, Le monde de Lucie, Notre mère la guerre, Les Ensembles contraires, Un homme est mort) et Vincent Bailly (Coupures irlandaises) s’attaquent au portrait d’un père… qui était avant tout un boxeur.

Le titre est cependant assez trompeur car ce one-shot est tout sauf un album dédié à ce sport de combat, mais surtout l’histoire d’une relation difficile entre Barbare Pellerin et son père. L’album s’ouvre certes sur la troisième finale des Championnats de France Poids Lourds perdue par Hubert Pellerin, mais les auteurs raccrochent ses gants après seulement quelques pages afin de raconter l’histoire de cette fille qui redécouvre son père au fil des pages. Elle réalisera d’ailleurs un documentaire (offert en DVD avec l’album) sur ce père dont elle aimerait avoir une autre image que celle dont elle se souvient en tant que petite fille : un ancien boxeur dont les abus d’alcool et les crises de violence étaient la cause d’un contexte familial tendu…

Aidée par quelques photos et une vidéo super 8, qui font office d’unique héritage, l’auteure se souvient et reconstruit progressivement l’image de ce père qu’elle n’a jamais vraiment connu,… décédé seulement quelques mois après le reportage qu’elle lui a consacré. Si le portrait est sans concession, les retrouvailles s’avèrent malheureusement trop brèves et trop tardives… Visuellement, le trait de Vincent Bailly insuffle beaucoup de punch et d’énergie à ce récit pourtant très intimiste.

Un très bon one-shot !

Luc Brunschwig, David Nouhaud et Laurent Hirn – Car l’enfer est ici, Deux visions pour un pays (Tome 4)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2016], [En cours], [Grand public] with tags , on 20 mai 2016 by Yvan

Pour une politique plus humaine !

Luc Brunschwig, David Nouhaud et Laurent Hirn - Car l'enfer est ici, Deux visions pour un pays (Tome 4)« Deux visions pour un pays » est le quatrième volet tant attendu du second cycle du cultissime polar « Le Pouvoir des innocents« .

À la fin du tome précédent, Luc Brunschwig abandonnait mon personnage préféré pour morte, dans les bras d’un Domenico Coracci, chargé de se débarrasser du corps de la jeune punkette démocrate. N’ayant pas vraiment apprécié la victoire surprenante de Lou Mac Arthur à l’élection du nouveau gouverneur de l’État, Angelo Frazzier, le parrain de la maffia locale, venait en effet de passer ses nerfs sur la pauvre petite. La victoire du démocrate soutenu par Jessica Ruppert et sa prise de position contre la peine de mort provoquent d’ailleurs également une émeute à la prison de Rickers Island, où les détenus ne partagent visiblement pas l’idée d’épargner la vie de Joshua Logan, l’auteur présumé de l’attentat qui coûta la vie aux 508 partisans de la démocrate Jessica Ruppert.

« Deux visions pour un pays » plonge le lecteur au sein d’une Amérique partagée entre deux visions antagonistes : l’une particulièrement radicale, en faveur de la peine de mort et basée sur la répression, puis l’autre, celle de Lou Mac Arthur, de Jessica Ruppert… et de Luc Brunschwig, plus sociale, plus humaine et donnant sa chance à la rédemption. Des politiciens qui s’impliquent sur le terrain, la création d’une police de proximité, un système carcéral plus participatif basé sur la réinsertion, offrant une seconde chance aux brebis égarées… Yep, moi je vote Brunschwig !

« On peut tuer légalement une personne et s’imaginer avoir réglé le problème qu’elle représentait. On peut aussi la laisser en vie… Recueillir sa parole… Savoir ce qui l’a poussé à ce geste fou… Comprendre quels mouvements haineux couvent au sein de notre ville et peut-être trouver comment apaiser durablement cette fureur. »

Si le fond de l’intrigue est clairement politique et sociétal, Luc Brunschwig vous sert néanmoins sa vision des choses avec grande maestria, en basant l’ensemble sur une intrigue en béton armée et des personnages profondément humains et attachants. Procès médiatique, enquête policière et histoire d’amour sont donc au rendez-vous de ce tome qui se déroule entre le mercredi 10 novembre 1999 et le mardi 27 février 2001 et fait évoluer les différents protagonistes au fil de chapitres de quelques pages, au rythme soutenu, qui s’intègrent avec brio dans l’ensemble, tout en multipliant les rebondissements. Du grand art !

Et comment parler d’art sans évoquer le travail à quatre mains absolument remarquable de Laurent Hirn et de David Nouhaud. Si le dessinateur originel de la série s’occupe avec brio du story-board et de la colorisation de la saga et que David Nouhaud (« Maxime Murène ») propose un dessin réaliste, détaillé et expressif, il faut également noter la contribution pour le moins surprenante de Thomas Priou, qui signe deux pages en forme de dessin animé satyrique, parodiant le quotidien de Wyatt Whitaker, un candidat à la présidence fortement inspiré de Georges W. Bush.

Le meilleur tome de ce second cycle !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top BD de l’année !

Lisez également Les Enfants de Jessica !