Archive for the Glénat Category

Espé – Le Perroquet

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, Maladie, One-shots, [DL 2017], [Grand public] with tags , , on 7 juin 2017 by Yvan

Une maman bipolaire !

Espé – Le PerroquetÀ travers cette bande dessinée autofictionnelle, Espé (« Château Bordeaux ») évoque son histoire familiale et plus particulièrement la maladie de sa mère.

Le lecteur suit le quotidien de Bastien, dont la mère souffre de troubles bipolaires avec tendance schizophrénique. Entre les crises d’une rare intensité et les séjours en établissements psychiatriques, dont elle revient souvent à l’état de légume, les moments d’accalmie et de lucidité se font de plus en plus rares. Du haut de ses huit ans, Bastien tente de comprendre et observe la lente descente aux enfers de sa mère à travers son regard d’enfant, plein d’innocence et d’imagination…

C’est à travers de petites tranches de vie indépendantes que l’auteur partage son vécu. Ces courts chapitres de seulement quelques pages reviennent sur des épisodes-clés de la vie de Bastien, restituant avec brio la détresse de toute la famille, du grand-père qui refuse d’accepter la maladie de sa fille au fiston qui se réfugie dans l’imaginaire et transforme sa mère en super-héroïne.

Visuellement, le trait sobre et efficace de l’auteur accompagne ce récit riche en émotions avec beaucoup de pudeur. La colorisation, rouge lors des crises et vert lors des rares instants de bonheur, intensifie encore un peu plus l’ambiance du moment.

Un excellent one-shot que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Loulou Dedola et Merwan – Jeu d’ombres, Ni ange ni maudit (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Glénat, [Accessible], [DL 2017] with tags on 20 février 2017 by Yvan

Conclusion un peu trop confuse…

Loulou Dedola et Merwan - Jeu d’ombres, Ni ange ni maudit (Tome 2)« Ni ange ni maudit » propose la suite et fin de ce diptyque signé Loulou Dedola et Merwan (« L’Or et le sang » et « Pour l’Empire »), qui plonge le lecteur dans la réalité des banlieues françaises.

Si le tome précédent se concentrait principalement sur Viviane et Cengiz, le retour dans la banlieue Lyon du grand-frère de ce dernier change totalement la donne. Sayar, ex-caïd de la cité, est en effet parvenu à s’évader de sa geôle turque et a visiblement quelques comptes à régler avec ceux qui ont pris sa place durant son incarcération. Cengiz, qui avait brillamment réussi sa licence de droit et était devenu la vedette locale après avoir joué les médiateurs entre des jeunes qui voulaient mettre le feu au quartier et des flics prêts à réagir au quart de tour, doit dorénavant composer avec la présence de son frère. Entre ses études, une histoire d’amour compliquée, son frère, les enjeux politiques locaux et les tensions qui règnent dans ce quartier où le trafic de drogue constitue l’un des principaux débouchés, le fils d’immigré turc aura de plus en plus de mal à faire les bons choix…

Ce thriller social parvient non seulement à planter un décor particulièrement réaliste, mais propose également de suivre deux personnages engagés, qui semblent vouloir faire bouger les choses dans cette cité gangrenée par la délinquance. À travers le personnage de Cengiz, l’auteur invite à découvrir la communauté turque de France, tout en dressant le portrait réaliste d’un quartier aux tensions politiques, religieuses et sociales. Pourtant, malgré le réalisme du scénario, cette suite ne parvient pas à convaincre et a même tendance à perdre le lecteur, principalement à cause d’une narration un peu trop confuse et difficile à suivre. Visuellement, le trait nerveux et réaliste de Merwan, rehaussé par une colorisation au lavis d’aquarelles de toute beauté, continue de faire mouche, mais même lui a du mal à sauver les meubles, peinant à clarifier le scénario et proposant même des personnages aux traits parfois trop similaires, ce qui n’est pas pour arranger les choses.

Bref, une bonne mise en place, une excellente tentative de restituer la complexe réalité des banlieues françaises, mais une conclusion à la narration trop confuse qui n’a pas réussi à exploiter tout le potentiel de la saga. Dommage.

Loulou Dedola et Merwan – Jeu d’ombres, Gazi !

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Glénat, [Accessible], [DL 2016] with tags on 6 février 2017 by Yvan

Au cœur des banlieues françaises !

Loulou Dedola et Merwan - Jeu d’ombres, Gazi !Ce diptyque signé Loulou Dedola et Merwan (« L’Or et le sang » et « Pour l’Empire ») plonge le lecteur dans la réalité des banlieues françaises.

Le récit débute dans la banlieue Lyon en compagnie de Viviane et Cengiz, qui retrouvent respectivement leur cité à la fin de l’année universitaire. Elle, a loupé ses examens et se met à la recherche d’un emploi, de préférence dans la politique. Lui, a brillamment réussi sa licence de droit et devient la vedette locale après avoir joué les médiateurs entre des jeunes qui voulaient mettre le feu au quartier et des flics prêts à réagir au quart de tour. Le fait d’avoir un grand-frère, ex-caïd de la cité, actuellement incarcéré à Istanbul, contribue également à la popularité de ce fils d’immigré turc, dans un quartier où le trafic de drogue constitue l’un des principaux débouchés.

Le premier volet de ce thriller social sert surtout à planter un décor particulièrement réaliste, ainsi que deux personnages engagés, qui semblent vouloir faire bouger les choses dans cette cité gangrenée par la délinquance. À travers Cengiz, l’auteur invite également à découvrir la communauté turque de France. Outre le réalisme du scénario, il faut surtout saluer la mise en images de Merwan. La colorisation au lavis d’aquarelles est de toute beauté et son trait nerveux et réaliste contribue également à dynamiser l’ensemble.

Une très bonne mise en place… en attendant la suite.

Corentin Rouge et Louise Garcia – Rio, Les yeux de la favela (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, Séries, [DL 2016], [En cours], [Grand public] with tags , , on 21 novembre 2016 by Yvan

Une favela au bord de l’explosion !

Corentin Rouge et Louise Garcia - Rio, Les yeux de la favela (Tome 2)Avec ce deuxième tome Corentin Rouge et Louise Garcia proposent la suite de cette excellente série prévue en quatre tomes, qui se déroule dans les favelas de la ville de Rio de Janeiro.

Si le premier volet de ce thriller social invitait à suivre deux enfants livrés à eux-mêmes depuis que leur mère avait été assassinée par un flic véreux à qui elle servait d’indic, cette suite a l’originalité de se dérouler dix ans plus tard. Suite à leur adoption par un couple de riches Américains, Rubeus et Nina vivent dorénavant dans le grand luxe. Si cette dernière semble s’être bien habituée à sa nouvelle vie, Rubeus a néanmoins plus de mal à se débarrasser de son côté « sauvage », au plus grand dam de ses parents adoptifs.

Malgré les dix années qui se sont écoulées, Rubues semble toujours hanté par son passé et par cette étrange malédiction qui pèse sur sa famille, tandis que les tensions au sein de la favela continuent encore de s’accroître. L’enlèvement de Nina, afin de faire chanter ses parents, pourrait ainsi bien être la goutte d’eau qui fait déborder le vase… surtout qu’il n’en faut pas plus pour que Rubeus renoue avec ses origines, avec ses anciens amis devenus membres de gangs et avec un flic corrompu qui ne l’a visiblement pas oublié…

Ayant grandi à Rio, Louise Garcia continue de dépeindre une capitale brésilienne on ne peut plus réaliste. Dans ces quartiers les plus démunis, où le quotidien est fait de violence, de misère, de corruption, de prostitution et de trafiques en tous genres, les gamins des rues doivent faire preuve d’inventivité et de courage pour survivre. Pointant du doigt les injustices et les inégalités qui divisent la société brésilienne, elle livre un récit empli de violence, qui gagne en noirceur au fil des tomes.

Visuellement, Corentin Rouge livre à nouveau une prestation remarquable. J’avais déjà apprécié son travail sur le très bon « Juarez » et son style réaliste et énergique fait à nouveau mouche, que ce soit au niveau des personnages, des scènes d’action ou du découpage.

Bref, un deuxième volet qui confirme tout le bien du tome précédent et que vous retrouverez donc dans mon Top BD de l’année.

Lisez également l’excellente saga « Cuervos » !

Lorenzo Ceccotti – Golem

Posted in BANDES DESSINÉES, Glénat, Manga / Manhwa, One-shots, [DL 2016] with tags on 2 novembre 2016 by Yvan

Divertissant, mais brouillon…

Lorenzo Ceccotti - GolemEn 2030, Steno vit dans une Italie prospère, où les habitants sont constamment stimulés à assouvir leurs moindre besoins. Un groupe de terroristes, baptisé Shorai, multiplie néanmoins les actions d’éclats afin d’alerter l’opinion publique contre ce système dirigé par quelques multinationales. Un jour, en revenant de l’école, le jeune ado est d’ailleurs témoin de l’une des interventions de ces activistes et assiste au kidnapping de sa meilleure amie, qui est également la fille d’un homme politique influent. En voulant la secourir, il va découvrir l’envers du décor et l’origine des rêves étranges qui le hantent chaque nuit…

Avec Golem, les éditions Glénat proposent une œuvre estampillée comics, venue d’Italie, mais lorgnant plus vers le manga. Pour son premier roman graphique, Lorenzo Ceccotti, alias LRNZ, signe en effet un récit d’anticipation aux influences multiples. Plongeant le lecteur dans un univers futuriste, teinté de science-fiction, il invite à suivre les pas d’un garçon qui se retrouve subitement embarqué dans une intrigue géopolitique musclée. L’auteur transalpin profite de ce futur pas si lointain pour dresser le portrait d’une société de consommation à outrance et pointer du doigt la mondialisation et les dérives sécuritaires.

Malgré des propos très engagés, le contenu s’avère parfois un peu naïf, la narration régulièrement trop brouillonne et les nombreux sujets trop vite survolés. Le divertissement pur demeure néanmoins constamment au rendez-vous, soutenu par un graphisme élégant et particulièrement dynamique. L’auteur ne se laisse pas enfermer dans un genre ou dans un format particulier pour délivrer son message. Mêlant de nombreuses influences, il propose un récit très rythmé, riche en scènes d’action. Pourvu d’un colorisation flashy qui contraste avec l’univers assez sombre, ce dessin à l’allure nippone sied finalement très bien à cette histoire énergique et divertissante.

Hubert et Virginie Augustin – Monsieur Désire ?

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, One-shots, [Accessible], [DL 2016] with tags on 12 octobre 2016 by Yvan

Vision acerbe de l’Angleterre victorienne !

Hubert et Virginie Augustin - Monsieur Désire ?Après « Miss Pas Touche », « Beauté » et « Les Ogres-Dieux », Hubert s’attaque l’Angleterre victorienne.

« Monsieur Désire ? » invite en effet à suivre l’étrange relation entre un Lord anglais et sa bonne. Il y a d’une part Monsieur Edouard, un dandy qui mène une vie de débauche en remplissant le vide de son existence d’un maximum d’alcool et de sexe. Puis il y a la brave Lisbeth, une simple femme de chambre au physique ingrat, mais pourvue d’un regard de madone et d’une capacité à écouter les frasques provocantes de son maître sans sourciller. En devenant la confidente des confessions les plus intimes du jeune noble britannique, elle transgresse cependant les règles d’une société britannique où la domestique se situe tout en bas de la hiérarchie…

Si l’auteur invite à découvrir une histoire d’amitié peu commune, celle-ci est également assez sombre et cruelle. Par l’intermédiaire de cette relation ambiguë, Hubert plonge le lecteur dans l’Angleterre du XVIIIe siècle et livre une vision acerbe d’une société victorienne pleine d’hypocrisie. Graphiquement, le style réaliste et détaillé au niveau des décors et des costumes et plus caricatural au niveau des personnages de Virginie Augustin (« Alim le tanneur ») contribue également à plonger le lecteur dans une ambiance à la fois british et élégante, mais également sombre et dépravée.

Un très bon one-shot, pourvu d’un impressionnant bonus, riche en informations historiques sur la société victorienne.

Teresa Radice et Stefano Turconi – Le port des marins perdus

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, One-shots, [Accessible], [DL 2016] with tags , on 10 août 2016 by Yvan

Une aventure maritime onirique de toute beauté !

Teresa Radice et Stefano Turconi - Le port des marins perdusQuelle bonne idée d’avoir traduit ce one-shot transalpin écrit et dessiné par le couple d’Italiens Teresa Radice et Stefano Turconi et récompensé par le prix du meilleur roman graphique au festival de BD de Lucca en 2015 !

« Le port des marins perdus » invite à suivre la quête identitaire d’un jeune homme amnésique retrouvé sur la plage d’une île au large du Siam, à l’automne 1807. Au fil de nombreuses rencontres, ce garçon qui ne se souvient que de son prénom, retrouve progressivement les traces de son passé. Du jeune capitaine William, qui l’a recueilli, aux trois filles du capitaine Stevenson, qui le logent dans l’auberge de leur père, en passant par Rebecca, une tenancière de maison close éprise de poésie, ou Nathan Mc Leod, un capitaine de la marine marchande qui le prend son aile, Abel croise la route de nombreux personnages hauts en couleurs.

Cette aventure maritime saupoudrée de fantastique happe le lecteur durant plus de 300 pages, l’emmenant des côtes du Siam à l’Angleterre, en passant par l’île de Pâques. Ce récit mêlant chasse au trésor, tempêtes et chants marins est non seulement romanesque, mais également littéraire et poétique car, en intégrant de larges extraits des œuvres de Samuel Taylor Coleridge à William Blake, en passant par Lord Byron, l’auteure y met à l’honneur les grands poètes anglais du début du XIXe siècle.

L’aspect onirique et romantique de l’ouvrage est encore renforcé par le trait fin et élégant de Stefano Turconi. Malgré une impression d’inachevé propre au crayonné et le regret de ne pas retrouver la superbe colorisation de la couverture à l’intérieure de l’album, ce dessin à la mine de plomb finit par séduire au fil des pages, tellement il insuffle de l’expressivité aux personnages et de la beauté aux paysages.

Un roman graphique que l’on referme en regrettant d’être arrivé à destination tellement le voyage était plaisant.

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top BD de l’année !