Archive for the Panini Category

Greg Rucka et Salvador Larroca – Ultimate Daredevil et Elektra, La part du Diable

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Daredevil, Deluxe, Greg Rucka, Intégrales, Panini, [Avec super-héros], [DL 2016] with tags on 19 août 2016 by Yvan

Les origines « Ultimates » de la redoutable ninja grecque !

Greg Rucka et Salvador Larroca - Ultimate Daredevil et Elektra, La part du DiableÀ l’université de Colombia, la jeune Elektra Natchios fait la connaissance de sa colocataire Phoebe McAllister. En se rendant en cours, les deux tombent sur une étudiante qui se fait importuner par Trey Langstrom. Douée en arts martiaux et n’ayant pas l’intention de laisser un gosse de riche dicter la loi sur le campus, Elektra intervient… même si elle devra visiblement assumer ce choix par la suite. Le seul garçon qui parvient à l’impressionner est un certain Matt Murdock, qui effectue des prouesses aux barres asymétriques en salle de gym… et qui s’avère de surcroît aveugle.

À l’instar des autres séries de l’univers Ultimate Marvel, Ultimate Daredevil & Elektra propose une version modernisée des personnages, visant à conquérir un jeune public parfois rebuté par quarante ans de continuité. Cette revisite imaginée par Greg Rucka et mise en images par Salvador Larroca ramène le lecteur aux débuts du binôme, alors qu’ils passent encore la plupart de leur temps sur les bancs de la fac. Les couvertures sont à ce titre assez trompeuses, car Elektra Natchios ne mène pas encore une carrière d’assassin et Matt Murdock n’est pas encore un justicier (et ne porte même jamais son célèbre costume rouge dans ce tome). Ce dernier est d’ailleurs plus à considérer comme un personnage secondaire servant principalement à souligner les mauvais choix effectués par une Elektra qui se dirige progressivement vers le côté obscur de la force.

Si le récit se concentre principalement sur les origines d’Elektra, omettant même de revenir sur la provenance des pouvoirs de Matt, il ne met pas en avant le côté super-héroïque des protagonistes, mais privilégie les relations humaines. Du coup de foudre entre Elektra et Matt aux rapports entretenus avec leurs amis de faculté, en passant par la famille d’Elektra ou sa Sensei, Greg Rucka ne livre pas forcément une relecture très ambitieuse, mais elle n’en demeure pas moins agréable à lire. Au niveau de l’intrigue, il faut attendre l’arrivée de Wilson Fisk et de Bulleye (renommé Pointdexter) pour avoir un peu de piment, car le fils à papa qui maltraite les étudiantes s’avère être un peu trop léger/banal dans le rôle du vilain. Graphiquement, par contre, il n’y pas grand-chose à redire à la prestation de Salvador Larroca, qui installe un environnement très réaliste, tout en offrant un dessin particulièrement lisible.

Un récit qui n’arrive forcément pas à la cheville du travail de Frank Miller sur ce personnage qu’il créa au début des années 80 lors de son run mythique sur Daredevil, mais qui devrait tout de même ravir les néophytes qui désirent en apprendre plus sur « la » genèse de cette redoutable ninja grecque.

Alan Moore et Jacen Burrows – Providence

Posted in Alan Moore, BANDES DESSINÉES, Comics, Panini, Séries, [DL 2016], [En cours], [Sans super-héros] with tags on 15 avril 2016 by Yvan

Revisite de l’univers de H.P. Lovecraft !

Alan Moore et Jacen Burrows - ProvidenceNew York, 1919. Afin de remplir au plus vite une demi-page du New York Herald, le journaliste Robert Black propose de faire un article sur le lien entre le livre Sous le monde et une étrange vague de suicides parmi les lecteurs de l’ouvrage. Pour ce faire, il contacte un certain Docteur Alvarez, qui avait jadis écrit un papier sur le sujet. C’est le début d’une longue enquête à travers les États-Unis, à la recherche d’un mystérieux tome alchimique…

À l’instar de Neonomicon, ce nouvel ouvrage d’Alan Moore (Watchmen, V pour Vendetta, La Ligue des Gentlemen extraordinaires, From Hell) rend hommage à H.P. Lovecraft. En multipliant les références au travail et à la vie du célèbre écrivain américain, Moore plonge immédiatement le lecteur dans un univers lovecraftien, tout en créant des liens avec ses précédents comics, The Courtyard et Neonomicon.

Si le personnage principal, homosexuel et attiré par le surnaturel, sort déjà des sentiers battus de l’époque, son enquête littéraire l’amène à croiser des gens encore bien plus étranges, voire malsains. Ce road-trip à travers le pays permet à l’auteur de mettre à nu les dessous d’une Amérique occulte, tout en évoquant des sujets délicats tels que le nazisme, la Shoah ou l’inceste. La présence de textes, principalement issus du journal intime de Robert Black, à la fin de chaque épisode augmente encore la densité et la richesse du récit. De prime abord, ces ajouts peuvent sembler redondants, mais ils viennent compléter utilement chaque chapitre et offrent des points de vue différents particulièrement intéressants, tout en partageant le ressenti du héros et en approfondissant les idées de Moore.

Classé dans le genre horrifique, l’album ne propose cependant pas une forme d’épouvante explicite, mais plutôt latente, enfuie et omniprésente. Le réalisme froid du dessin de Jacen Burrows contribue à ce titre à installer une paranoïa grandissante au fil des pages.

Indispensable pour les fans de H.P. Lovecraft !

David Hine et Michael Gaydos – Daredevil, Redemption

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Daredevil, One-shots, Panini, [Avec super-héros], [DL 2016] with tags on 6 avril 2016 by Yvan

Un thriller classique, centré sur Matt Murdock !

David Hine et Michael Gaydos – Daredevil, RedemptionCette mini-série en six épisodes datant de 2015, écrite par David Hine et dessinée par Michael Gaydos, aura mis du temps à être éditée en français. C’est bizarre car, malgré un récit assez classique, la qualité est au rendez-vous.

Bon, à la base, je ne suis pourtant pas fan d’histoires qui s’amusent à sortir mes héros préférés de leur environnement habituel. Si ça ne tenait qu’à moi, Batman resterait donc à Gotham et le Diable de Hell’s Kitchen… et bien forcément dans les rues sombres d’Hell’s Kitchen ! En envoyant Matt Murdock à Redemption Valley, en Alabama, afin d’y défendre un jeune homme accusé d’avoir tué un petit garçon, David Hine prend néanmoins le risque de changer de décor. Il a heureusement la bonne idée de se concentrer sur Matt Murdock dans son rôle d’avocat, ne sortant le déguisement de Daredevil qu’à de rares occasions. Le lecteur n’a donc pas vraiment droit à un récit de super-héros, mais à l’histoire classique d’un type qui se fait accusé à tort dans un bled perdu des États-Unis parce qu’il est différent des autres membres de cette communauté fort croyante… où il ne fait pas bon d’être sataniste (comme le pauvre accusé) ou de se déguiser en Diable (comme son avocat). De plus, le scénariste fait preuve d’ingéniosité afin que notre ami aux sens ultra-développés ne puisse pas déceler si le jeune homme est coupable ou non.

Inspirée d’une histoire véridique, ce récit qui met l’accent sur Matt Murdock et qui emmène le lecteur dans un bled perdu qui dévoile progressivement ses secrets, ne déborde certes pas d’originalité, mais le scénariste parvient tout de même à livrer un récit prenant et efficace. De plus, la mise en images de Michael Gaydos, rehaussé par la colorisation experte de Lee Loughridge, s’avère plutôt réussie.

Un bon one-shot !

Mark Millar et Frank Quitely – Jupiter’s Legacy, Lutte de pouvoirs

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Mark Millar, Panini, Séries, [Avec super-héros], [DL 2016], [En cours] with tags , on 28 mars 2016 by Yvan

Problèmes de progéniture chez les super-slips !

Mark Millar et Frank Quitely - Jupiter's Legacy, Lutte de pouvoirsEn 1932, alors que l’Amérique est frappée par une crise économique sans précédent, un petit groupe mené par Sheldon Sampson met le cap sur une île qui n’apparaît sur aucune carte, mais qui hante les rêves du charismatique leader. Sur place, les membres de l’expédition acquièrent des pouvoirs surhumains qui changeront à jamais la face du monde et des États-Unis en particulier…
En 2013, la descendance des Sheldon n’est pas vraiment encline à assumer l’héritage de leurs parents, préférant profiter de leur statut de stars, plutôt que de mettre leurs capacités au service de l’humanité. De plus, parmi les anciens, l’ambiance n’est pas non plus au beau fixe, car, la majorité des menaces ayant été définitivement neutralisées, les opinions commencent à diverger concernant leur rôle au sein de la société…

Mark Millar (Kick-Ass, Wanted, Nemesis) adore s’attaquer au mythe super-héroïque et remet le couvert à travers les cinq premiers épisodes de cette saga dessinée par Frank Quitely et mise en couleurs par Peter Doherty. Les super-vilains ayant pour la plupart été éradiqués depuis des années, le scénariste écossais confronte tout d’abord ses héros à des problèmes qui ne peuvent pas toujours se résoudre par la force. Pointer du doigt l’attitude non-interventionniste de « super-slips » qui se contentent de faire face aux périls surhumains alors que les problèmes majeurs de la société actuelle se situent notamment au niveau politique, environnemental, économique ou social, n’est pas nouveau. Ce postulat de départ permet néanmoins d’ancrer le récit dans les réalités de notre époque.

Mais ce n’est pas tout, car les sujets hors normes vieillissants de Millar doivent également faire face à des tensions familiales importantes, ainsi qu’à un conflit générationnel particulièrement intéressant. L’auteur ne joue plus uniquement la carte de l’action et ne se contente pas de s’attaquer aux codes du genre avec l’irrévérence et le cynisme dont il a déjà souvent fait preuve. Il prend également le temps de développer ses personnages sur trois époques. En brossant le portrait d’une progéniture irresponsable et en mal d’objectifs, qui verse dans les excès en se contentant d’exploiter une célébrité non-méritée, il livre un récit finalement très humain et particulièrement réaliste, centré sur les états d’âme d’une famille composée de membres extra-ordinaires qui se déchire au fil du temps.

Les transitions elliptiques un peu brusques induites par le choix de narrer les destinées super-héroïques sur plusieurs générations en seulement cinq chapitres pourront certes frustrer certains lecteurs. Mais l’exercice profite au rythme de lecture, soutenu, et à l’intrigue qui multiplie les rebondissements surprenants. Ajoutez à cela un Frank Quitely, dont le dessin allie une nouvelle fois élégance et puissance, et vous obtenez un album absolument indispensable à tout fan de comics.

Si une suite est prévue, notons également l’existence d’un spin-off intitulé Jupiter’s Circle, qui se déroule avant la série originale et qui revient sur les débuts super-héroïques de Sheldon Sampson et de ses camarades.

Retrouvez cet album dans mon Top comics de l’année !

Jeff Lemire et Ramón Pérez – All-New Hawkeye, Wunderkammer

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, One-shots, Panini, [Avec super-héros], [DL 2016] with tags on 25 mars 2016 by Yvan

Les origines de Hawkeye !

Jeff Lemire et Ramón Pérez - All-New Hawkeye, WunderkammerJe suis plutôt fan du travail de Jeff Lemire, mais en acceptant de reprendre les commandes de la série Hawkeye après l’excellent run de Matt Fraction et David Aja, le garçon s’attaquait à du très lourd. Il faut dire que les deux avaient réussi à remettre l’archer sur le devant de la scène grâce à une série particulièrement originale, primée aux Eisner Awards.

Pour la suite des aventures de Clint Barton et Kate Bishop, Jeff Lemire développe deux trames narratives qui se font écho au fil des pages. La première invite à suivre une mission secrète de Kate Bishop et Clint Barton dans une base de l’Hydra. La seconde se déroule dans le passé et revient sur la jeunesse de Clint et de son frère Barney, lorsque les deux gamins s’enfuient de leur foyer d’accueil afin de rejoindre un cirque. Etant donné que l’arme secrète sur laquelle travaille l’Hydra est un trio d’enfants aux capacités surprenantes, les deux récits se répondent intelligemment, donnant à Clint l’occasion de secourir des enfants, comme il fut aidé dans le temps.

Si Lemire excelle une nouvelle fois dans la caractérisation de ses personnages et qu’il développe à nouveau un récit particulièrement humain, Ramón Pérez s’en sort également très bien au niveau du visuel. Si sur la partie dédiée au présent il conserve un style qui se rapproche encore de celui de David Aja sur le run précédent, ce sont ses planches à l’aquarelle dédiées au passé de Clint qui font surtout mouche. Ces flash-backs aux teintes pastelles restituent en effet à merveille la sensation d’imprécision que peuvent avoir les souvenirs d’enfance.

Well done Jeff !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top comics de l’année !

Jason Aaron et Simone Bianchi – Thanos, L’ascension de Thanos

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Jason Aaron, One-shots, Panini, [Avec super-héros], [DL 2016] with tags on 26 février 2016 by Yvan

La genèse d’un tueur de peuples !

Jason Aaron et Simone Bianchi - Thanos, L'ascension de ThanosThanos est un super-vilain qui est apparu pour la première fois en 1973, sous la plume de Jim Starlin. Si le personnage a pris du galon lors du crossover « Le Gant de l’Infini », c’est son apparition lors du générique de fin du film Avengers qui l’a fait connaître auprès du grand public.

Les informations sur les origines du Titan étant plutôt limitées et de surcroît éparpillées dans plusieurs récits, c’est donc une excellente idée d’avoir demandé à Jason Aaron et Simone Bianchi de narrer la genèse du personnage.

Lors de cette mini-série en cinq épisodes, Jason Aaron revient donc sur la vie du super-vilain, de sa naissance jusqu’à ce surpuissant cosmique craint de tous. Cette ascension du personnage passe par plusieurs événements marquants qui l’ont fait basculer du côté obscur de la force. De la réaction de sa mère après sa naissance à sa carrière de pirate, en passant par cette étrange camarade de classe qui l’entraîne sur le chemin de la violence, Jason Aaron dresse le portrait d’un génie solitaire en quête de réponses, à la recherche de sa raison d’être.

Le lecteur n’a donc pas droit à un récit porté sur l’action, mais au développement psychologique lent et efficace d’un garçon initialement incapable d’effectuer une biopsie, mais qui finira par devenir le responsable de multiples génocides. Le parcours de ce gamin différent des autres, qui prend progressivement goût au meurtre, fait à ce titre penser à celui d’autres tueurs en série. Si l’auteur aborde intelligemment l’attirance de Thanos pour la mort, il a néanmoins plus de mal à créer de l’empathie envers son personnage.

Graphiquement, le travail de Simone Bianchi est excellent. Il parvient non seulement à plonger ce récit psychologique dans une atmosphère sombre, mais il livre également un Thanos aussi imposant que puissant.

Un très bon récit qui ravira les néophytes et tous ceux qui désirent en apprendre plus sur les origines de Thanos !

Allez hop, j’ouvre mon Top comics de l’année !

Haden Blackman, Alex Sanchez et Michael Del Mundo – Elektra, Mort à la guilde des assassins (Tome 2)

Posted in Comics, Diptyques, Marvel Now, Panini, [Avec super-héros], [DL 2015] with tags on 29 janvier 2016 by Yvan

Conclusion d’un excellent diptyque !

Haden Blackman, Alex Sanchez et Michael Del Mundo - Elektra, Mort à la guilde des assassins (Tome 2)Ce tome reprenant les épisodes #6 à #11 de cette mini-série met donc fin à cet excellent récit consacré à Elektra Natchos. S’il s’agit certes d’un personnage secondaire de Marvel, on parle tout de même d’une héroïne entrée par la grande porte dans l’univers des comics. Comme tous les fans de Daredevil, je suis donc inévitablement attiré par les récits dédiés à cette redoutable ninja grecque, créée par Frank Miller au début des années 80 lors de son run mythique sur Daredevil et c’est donc avec grand plaisir que je me suis attaqué à cette conclusion.

Au scénario, Haden Blackman (Batwoman) a choisi de retourner à l’essence même du personnage et de lui laisser faire ce qu’elle fait de mieux : traquer et assassiner ! Si le tome précédent proposait un chasse à l’homme riche en affrontements, où la ninja tentait de retrouver le célèbre tueur nommé Cape Crow et de le ramener vivant à son commanditaire, elle doit surtout en découdre avec la Guilde des Assassins lors de ce deuxième volet. En essayant de protéger Cape Crow, elle se retrouve en effet traquée par ses pairs…

Ayant la redoutable organisation criminelle à ses trousses, l’ex-petite amie de Matt Murdock doit tout d’abord affronter quelques vilains de seconde zone, question de mettre le lecteur en appétit. Elle prend cependant vite les choses en mains et se met à la recherche de l’identité du chef de la Guilde des Assassins, n’hésitant pas à pénétrer dans l’une des forteresse du S.H.I.E.L.D. pour arriver à ses fins. Haden Blackman multiplie donc les rebondissements et ne lésine pas sur le nombre de ninjas qu’Elektra doit affronter, tout en gardant les adversaires les plus coriaces pour la fin, tel que Bullseye ou Lady Bullseye.

Visuellement, les deux premiers épisodes sont illustrés par Alex Sanchez, qui livre de l’excellent travail, mais le plaisir de retrouver Michael Del Mundo lors des épisodes suivants est tout de même assez grand. L’artiste d’origine philippine étale une nouvelle fois tout son talent et nous en met plein la vue. Si le talentueux dessinateur était jusqu’ici surtout connu pour ses couvertures, il livre ici un découpage audacieux qui apporte un plus au récit et aux nombreuses scènes d’action, ainsi qu’un graphisme d’une beauté quasi poétique, qui enveloppe l’ensemble dans une ambiance quelque peu onirique, à l’image des nouvelles capacités d’une Lady Bullseye dont le corps se transforme en une brume intangible afin de la rendre invulnérable…

Vivement conseillé !

Retrouvez d’ailleurs cette saga dans mon Top comics de l’année !